l'Association
canadienne pour les Nations Unies avec l'appui du CRDI présente,
Le mot est sur toutes les
lèvres... on dit que le monde est petit, et tout de suite, on pense « MONDIALISATION »!! Mais qu’est-ce
que la mondialisation? Que signifie ce mot? Est-ce un phénomène récent? Est-ce
un mouvement occulte réservé aux initiés ou un grand palais des plaisirs ouvert
à tout le monde?
Contrairement à la croyance
populaire, la mondialisation ne concerne pas seulement l’économie; elle touche
aussi la culture, l’immigration, les droits de la personne, l’environnement, et
bien d’autres réalités. À la base, c’est le phénomène par lequel la planète
rétrécit parce que les pays sont de plus en plus ouverts. Aujourd’hui, quand on
pense aux causes de la mondialisation, Internet vient tout de suite à l’esprit.
Cependant, si on remonte dans le temps, on constate qu’au début du siècle, les
avions ont fait beaucoup pour abolir les distances en rendant beaucoup plus
rapides les voyages transatlantiques. Beaucoup de gens d’ailleurs redoutaient
les effets de ce genre de nouveauté.
Cela dit, il est vrai que la
plupart des gens, quand ils parlent de « mondialisation », pensent
d’abord à l’économie. De fait, l’économie mondiale tourne à un rythme effarant.
Imaginez : en 1999, il s’est échangé quelque 8 120 milliards de
dollars canadiens de biens et services dans le monde. Cela représente
15 444,05 $CAN* de biens vendus et achetés par minute!
Il existe bien des opinions
et bien des inconnues au sujet de la mondialisation économique. Chose certaine,
le phénomène existe depuis longtemps, mais il s’accélère actuellement à un
rythme sans précédent! Les gouvernements
font valoir les mérites de leur pays pour vendre leurs produits et créer de
l’emploi. Les
militants et les intellectuels nous préviennent que ces
accords commerciaux ne sont pas sans conséquences, et certains annoncent même
la fin de l’identité culturelle. Les entreprises
comptent faire des affaires d’or en ouvrant les marchés et en s’installant dans
d’autres pays. C’est ainsi que se multiplient les mouvements et les opinions au
sujet des nouveaux enjeux pour la planète et ses
citoyens. (Cliquez sur les liens pour savoir ce que chacun de ces intervenants
a à dire!)
2 Le
Governement
Les
gouvernements jouent un rôle central dans les relations internationales, les
négociations commerciales et la promotion des entreprises. Bien que ne faisant
pas partie du monde des affaires, le gouvernement canadien se préoccupe de la
création d’emplois au Canada et de débouchés commerciaux à l’étranger. La
concurrence est féroce. Imaginez : en l’an 2000, les pays développés ont
exporté l’équivalent de 5 940 milliards de dollars canadiens, alors
que les exportations des pays en voie de développement représentaient moins de
la moitié de ce montant, soit 2 820 milliards de dollars canadiens
(source : OMC).

Pourquoi promouvoir nos produits sur la scène
internationale? Pour maintenir la vigueur de l’économie nationale afin de se
prémunir contre la concurrence étrangère. Pour se protéger, les gouvernements
instaurent des tarifs douaniers, c’est-à-dire une taxe
appliquée aux produits étrangers pour les rendre plus chers que les produits locaux. Un pays
peut réduire ses tarifs douaniers pour un autre pays en échange d’un avantage
équivalent. C’est l’objet des négociations commerciales. Généralement, le
gouvernement canadien se sert de ces négociations pour exporter des matières
premières au plus grand nombre de pays possible.
Le premier accord de libre-échange, au XVIIIe siècle,
illustre bien le principe. La population de la Grande-Bretagne appréciait le
porto (un dérivé du vin), mais ce produit se voyait imposé une importante taxe
à l’importation imposée par le gouvernement britannique. La Grande-Bretagne a
donc convenu avec le Portugal, en 1703, d’abolir toute taxe sur les produits
échangés entre les deux pays. Ainsi, les importations portugaises de porto en
Grande-Bretagne coûtaient moins cher que les produits britanniques équivalents,
mais la Grande-Bretagne pouvait vendre tous ses produits au Portugal sans faire
l’objet d’une taxe. C’était le premier accord officiel de libre-échange de
l’époque moderne! Aujourd'hui, les ententes sont plus complexes, mais l’idée de
base reste la même : ouvrir les frontières et éliminer les tarifs douaniers.
Le Canada compte beaucoup sur les négociations commerciales parce que
c’est un « pays exportateur ». Autrement dit, il produit surtout des
matières premières à des fins d’exportation. Le Canada est très riche en
minéraux (fer, pétrole, diamant) et en produits naturels (hydroélectricité,
bois). Il destine ces produits à des « pays importateurs », comme les
États-Unis et la Grande-Bretagne, qui concentrent leurs activités économiques
sur la transformation en produits finis, qu’ils exporteront ensuite à travers
le monde, y compris au Canada.
entreprises.
Des ententes comme l’Accord de
libre-échange nord-américain (ALENA), la Communauté économique européenne
(maintenant intégrée à l’UE) et la Communauté
économique Asie-Pacifique (APEC) ouvrent aux signataires un
marché plus vaste, créent de l’emploi et accroissent le revenu d’un pays.
Ces
accords de libre-échange créent des liens entre bon nombre de pays. Il en
résulte l’émergence d’unions et de blocs politiques sur la planète. Ne dit-on
pas que l’union fait la force? L’exemple le plus actuel est celui de l’Union
européenne (UE). Cependant, il y a beaucoup d’autres
alliances sur la planète, comme l’Union africaine,
anciennement OUA, l’Organisation des États
américains (OEA) et l’Association des
Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN).
Le meilleur moyen de
connaître toutes les associations et les accords de libre-échange consiste à
consulter la rubrique « Renseignements sur le marché mondial » du site web
d’Équipe Canada inc.
Cependant, tout n’est pas rose
selon certains gouvernements. Le libre-échange et les unions ne sont pas
toujours avantageuses pour tous les pays ou pour toute leur population.
Pour en savoir plus…
Ententes intergouvernementales
Organisation
des États américains (OEA)
Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou
ASEAN)
Accords de libre-échange
Confédération internationale des syndicats libres (CISL)
Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)
Communauté économique Asie-Pacifique (APEC)
Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA)
Association européenne de libre-échange
Sites canadiens connexes
Ministère des Affaires étrangères et du Commerce
international (MAECI)
La
plus grande entreprise dans le monde des médias est AOL-Time
Warner. En l’an 2000, avec ses 2 000 titres, cette
société a officiellement touché 24% du total des recettes publicitaires
générées aux États-Unis. Elle offre ses services en 8 langues dans 16 pays
et compte quelque 6 millions de membres hors des États-Unis. Le groupe possède
entre autres CNN, qui est regardé par 151 millions de foyers hors des États-Unis, dans 212 pays
et territoires. C’est le nouveau visage de la mondialisation.
La mondialisation est-elle profitable à toutes les entreprises? On ne
peut pas répondre à cette question par un simple oui ou non. Tout dépend essentiellement
de la taille des entreprises. Généralement, les petites et moyennes entreprises
(PME) souffrent des ententes de libre-échange et de la mondialisation, tandis
que les grandes multinationales en profitent.
Comme
nous l’expliquons dans une autre
section, les gouvernements, ces derniers négocient les
ententes de libre-échange non seulement au nom des entreprises mais aussi pour
améliorer la qualité de vie des citoyens et citoyennes d’un pays. L’argument
présenté est que la signature d’ententes de libre-échange mène à
l’accroissement du revenu et à la création d’emplois au pays, ceci se
traduisant directement en une amélioration de la qualité de vie des citoyens.
Cependant, en temps difficile, la façon la plus facile pour une compagnie de
maintenir sa marge de profit ou de survivre est d’abolir des postes.
Il
est plus facile pour les grandes entreprises que pour les petites de créer des
emplois et de profiter des débouchés. Souvent, les petites entreprises sont mal
outillées pour affronter la concurrence féroce dans l’arène de la
mondialisation. Même les grandes entreprises fusionnent entre elles (ex. :
Time Warner-AOL) pour accroître leur poids et leurs chances. Les mégacompagnies
qui en résultent font souvent des recettes plus élevées que le produit
intérieur brut (PIB) de certains pays. Par exemple, les recettes du groupe AOL-Time Warner (106 milliards
de dollars US), sont du même ordre que le PIB de l’Inde (139 milliards de dollars US).
Le
libre-échange accroît la concurrence, ce qui rend plus difficile pour plusieurs
compagnies la réussite sur la scène internationale. Le meilleur moyen pour
elles de se défendre est de se regrouper en associations
internationales. Ce faisant, elles améliorent généralement
leurs chances de survie face aux grandes sociétés.
Au-delà
de la concurrence qui les oppose les unes aux autres, les entreprises cherchent
aussi à assurer l’inclusion de leurs points de vues lors des processus
décisionnels du gouvernement qui concerne le libre-échange. Pour ce faire, la
plupart recourent à la Chambre de commerce
du Canada. Les entreprises s’intéressent non seulement aux
accords internationaux, mais aussi aux ententes nationales. Les accords
internationaux font souvent tomber les obstacles au commerce, mais non les obstacles interprovinciaux, ce qui fait
qu’il est plus difficile de concurrencer les compagnies étrangères puisque les
produits des autres pays sont taxés peu ou prou tandis que ceux d’une autre
province le sont pleinement. (Voir la section sur la politique commerciale
interne de la Chambre de commerce du Canada).
Pour en savoir plus...
Associations
internationales de PME
4 Groupes
militants et intellectuels
Il existe
tout un éventail de groupes militants exprimant des points de vue les plus
divers au sujet de la mondialisation et de ses effets sur la planète,
l’économie, l’environnement et les populations.
Nous
avons subdivisé cette section en tentant de représenter tous les groupes actifs
dans les manifestations, sur le Web et ailleurs. Les premiers sont les groupes
intéressés par l’environnement, comme Greenpeace et
le Sierra Club.
Il y
a ensuite les groupes de défense des droits de la
personne, qui jugent très sévèrement les entreprises qui
s’établissent dans les pays en voie de développement pour augmenter leur marge
bénéficiaire en exploitant une main-d’œuvre à bon marché. Dans la même veine,
citons le mouvement féministe, qui lutte pour les
droits des femmes dans le monde entier.
De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) prennent part à
des actions directes et indirectes pour aider les gens en difficulté. Les ONG
sont actives dans tous les domaines du développement durable; certaines
défendent les droits de la personne tandis que d’autres luttent pour la liberté
d’expression dans les pays totalitaires. L’élite intellectuelle
est très souvent étroitement reliée aux ONG. Elle tente de sensibiliser le
public aux enjeux liés à la mondialisation, au commerce international, aux
droits de la personne et à divers autres problèmes en rédigeant des livres et
des articles, en donnant des conférences et en participant à l’élaboration des
politiques gouvernementales.
Finalement,
il y a les anarchistes. Il est
important de leur consacrer une section car ces groupes sont souvent ceux dont
parlent les médias, ceci ayant pour résultat de laisser peu de place aux autres
organisations. Le Black Bloc et les groupes punks sont souvent sous les
projecteurs parce qu’ils préconisent des affrontements plus directs avec la
police et les représentants du statu quo. Leur philosophie est souvent
mal expliquée, alors il est utile de s’y arrêter un peu.
Il
est impossible de rendre compte de tous les points de vue dans cette section;
cependant, nous tentons de vous proposer le plus grand nombre possible de liens
vers d’autres sites où vous obtiendrez toute l’information qu’il vous faut.
5 L’environnement
« Les scientifiques ont détecté une réduction
de 40 % de l’épaisseur moyenne de la glace dans l’Arctique au cours des 40
dernières années; au taux de réchauffement actuel, toute la glace de l’Arctique
pourrait fondre en été d’ici le milieu du siècle, ce qui pourrait avoir un
effet grave sur le Gulf Stream et sur le climat de l’Europe du Nord »,
selon le Worldwatch Institute.
« De 1970 à 1995, en 25 ans, le monde a perdu
10 pour 100 de sa couverture forestière naturelle, ce qui représente
15 millions d’hectares par année, superficie plus grande que la Grèce ou
le Bangladesh. Quelques 36 hectares, soit l’équivalent de 37 terrains de
football, sont détruits chaque minute », déclare People
and the Planet.
De tels faits et chiffres inquiètent bien des gens, jeunes et vieux, au
sujet de l’avenir de notre planète. Pourquoi détruisons-nous notre
environnement? Que se passe-t-il? Quel sera l’avenir de notre planète et de nos
enfants? La vraie réponse est loin d’être rassurante : nous ne le savons pas.
Les accords commerciaux internationaux compromettent les progrès
réalisés par les pays pour la protection de l’environnement puisque dans bien
des cas, ces ententes ont priorité sur les lois nationales. Il en va de même
pour les nombreuses conventions
multilatérales sur l’environnement (CME)[FL1] négociées au cours des vingt dernières années. Sur la scène
internationale, l’ONU consacre des efforts importants à l’intégration des CME
dans les accords commerciaux.
« Depuis les années 90,
et surtout depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les
mesures de protection de l’environnement sont menacées par le régime de
commerce international, y compris la procédure de règlement des différends de
l’OMC, l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), etc. C’est pourquoi Greenpeace conteste de plus en plus les
règles et pratiques de commerce international qui compromettent le respect des
normes mondiales d’environnement et du principe de précaution, la santé humaine
et le bien-être des gens, en particulier des pauvres. »
Beaucoup d’autres groupes contestent ces
ententes qui, selon eux, contribuent au changement climatique, à
l’accroissement du smog dans les villes, à l’accélération de la déforestation
et à la disparition de milliers d’espèces animales chaque année.
Selon des écologistes comme Joseph Romm, les
changements climatiques, les déversements de pétrole, la pluie acide, la
déforestation et l’amincissement de la couche d’ozone menacent directement la
vie humaine et doivent donc être considérés comme des menaces à la sécurité
nationale. Si les gouvernements adoptaient ce point de vue, ils devraient non
seulement tenir compte de ces réalités, mais aussi en faire une priorité.
Pour en
savoir plus...
Association "FOR SUSTAINABLE HUMAN
DEVELOPMENT"
Society for Conservation and Protection of Environment
(SCOPE)
World Information Transfer (WIT)
The Wittenberg Center for Alternative Resources
World Safety Organization (WSO)
6 Les groupes de défense des droits de la
personne
10
décembre 1948. L'Assemblée générale des Nations Unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme.
En 1975, à Helsinki, l’Ouest rencontre l’Est. Dans le cadre du pacte de
Varsovie, les deux superpuissances s’engagent à faire respecter les droits de
l’homme sur leurs territoires respectifs.
En
1948, les droits de la personne étaient présentés comme universels. Pourtant,
on ne compte plus le nombre de cas où ils ont été violés. Encore aujourd’hui,
des ONG internationales comme Amnistie
internationale luttent pour faire traduire en justice les
auteurs de ces actes.
Les
groupes de surveillance des droits de la personne ont une histoire assez
récente. Un des premiers et des plus connus fut le groupe tchèque dit de la Charte 77. Quelque
230 intellectuels avaient signé un manifeste exhortant leur gouvernement à
respecter les droits de l’homme. Pendant des années, jusqu’à la chute du communisme
en 1989, le Groupe de la Charte 77 a dénoncé auprès de ses contacts de l’Ouest
les violations commises par le gouvernement tchécoslovaque. Grâce à cette
action, plusieurs prisonniers politiques ont été libérés à la suite de
pressions internationales.
Beaucoup de gens croient que les violations des droits de la personne
et l’esclavage sont disparus avec l’effondrement du bloc communiste. Or, les
droits de la personne sont toujours bafoués par de nombreuses dictatures, et il
existe d’ailleurs encore des gouvernements communistes, notamment en Chine.
Cependant, la plupart des dénonciations portent maintenant sur les industries
occidentales installées à l’étranger pour exploiter la population locale dans
des conditions d’esclavage. Pensons à Nike en Thaïlande.
Aujourd’hui,
de nombreuses ONG comme la Croix-Rouge,
Reporters sans frontières ou Médecins
sans frontières se rendent directement sur place pour aider
les gens. D’autres envoient des observateurs d’élections. Enfin, un très grand
nombre, comme le Groupe de la Charte 77, s’emploient aussi à dénoncer les
agissements de leur gouvernement.
Les
violations des droits de la personne sont particulièrement fréquentes dans les
pays en voie de développement. Ce phénomène s’explique en partie par le fait
que des compagnies multinationales et supranationales profitent de la
dépendance de ces pays à l’égard du commerce international et de l’aide
étrangère. En effet, beaucoup de gouvernements sont prêts à fermer les yeux sur
les violations des droits de la personne pour encourager ces compagnies à venir
s’installer chez eux et générer des revenus. Le but ultime est celui de
plaire aux gouvernements riches étrangers afin d’obtenir leur support leur aide
financière. Par ailleurs, de nombreux gouvernements suppriment leurs propres
populations en recourant à la torture et
à des escadrons de la mort pour consolider leur pouvoir et
demeurer attrayants pour les investisseurs étrangers.
·
Dans le rapport annuel 2001 de Human Rights Watch,
on trouve des chiffres qui font frémir.
·
On estime qu’encore aujourd'hui, malgré les pressions croissantes
exercées contre cette pratique, quelque 250 millions d’enfants dans le monde
travaillent pour vivre, et 50 millions de ces enfants de moins de
12 ans le font dans des conditions dangereuses et exténuantes.
·
Aux États-Unis, 300 000 enfants travaillent sur des fermes dans des
conditions que Human Rights Watch considère comme dangereuses; ces enfants
accomplissent de longues heures de travail et encourent des risques
d’empoisonnement aux pesticides, de coups de chaleur, de blessures et
d’invalidité à vie. Ces enfants représentent 8 % des enfants qui
travaillent aux États-Unis mais 40 % des décès liés au travail.
7 Le mouvement féministe
Le
mouvement féministe comporte plusieurs branches, parfois très différentes l’une
de l’autre quant à leur approches. Une d’entre elles lutte contre la
mondialisation; elle prend de l’ampleur à chaque manifestation
anti-mondialisation. En effet, les femmes s’inquiètent d’un grand nombre de
problèmes découlant de la mondialisation qui les touchent et touchent leurs
enfants et leur famille.
Dans
Gender and International Relations,
Ann Tickner écrit que « la politique internationale est un monde d’hommes,
un monde de pouvoir et de conflits où la guerre est une activité privilégiée ».
De nombreux penseurs politiques croient, comme elle, que la politique a
toujours été et demeure encore dominée par les hommes, etque c’est à cause
d’eux que les relations internationales sont centrées sur l’appareil militaire
et le pouvoir. Dans la pensée de Tickner, les hommes incarnent la violence et
créent les engins de guerre, et pour bâtir un monde pacifique, il faut faire
participer plus de femmes à la politique.
Toutefois,
de nombreuses personnes critiquent ce point de vue en faisant valoir que les
dictatrices comme Indira Gandhi n’ont pas été moins
tyranniques parce qu’elles étaient des femmes.
D’autres
intervenants, comme on l’a vu au Forum des femmes organisé pendant le
Sommet des peuples des Amériques à Québec en avril 2001, accusent de sexisme
les architectes de la mondialisation parce qu’ils ne tiennent pas compte des
besoins des femmes dans la négociation des accords de libre-échange. Ces
groupes publient des chiffres étonnants :
Les accords de commerce international permettent aux entreprises de
s’installer dans les pays pauvres où la main-d’œuvre coûte moins cher. Les
employés de ces entreprises, en l’absence de toute législation nationale du
travail, travaillent souvent pendant de très longues journées, dans des
conditions misérables, pour toucher l’équivalent de 1 $US par jour.
Beaucoup de ces travailleurs sont des femmes et des enfants qui sont en outre
victimes de harcèlement sexuel.
8 Les intellectuels
Les
intellectuels jouent un rôle très important dans le débat sur la
mondialisation. La plupart s’opposent aux agissements des gouvernements et des
entreprises dans ce domaine. Certains sont très connus, comme Naomi[FL2]
Klein et John Ralston Saul, tandis que d’autres s’en tiennent aux conversations
de salon.
Noam Chomsky est
probablement le plus connu. Auteur d’un grand nombre de livres et d’articles,
il a aussi donné maintes conférences dans le monde. Reconnu comme un des plus
grands critiques du gouvernement états-unien, il a écrit des ouvrages sur la
démocratie (ou l’absence de démocratie), sur l’invasion de divers pays par les
multinationales et sur la situation en Amérique latine, au Moyen-Orient, en
Europe et en Asie. Il y a aussi fait une critique des médias populaires dans
l’un de ses ouvrages les plus connus, Manufacturing
Consent.
Au
Canada, une des grandes personnalités de ce milieu est Maude Barlow, reconnue
notamment pour sa critique de l’Accord multilatéral sur l'investissement (AMI)
publiée sous le titre MAI: The Threat to
Canadian Sovereignty. Maude Barlow est membre actif du Conseil des Canadiens, organisme
critique non partisan commentant divers dossiers d’intérêt national et
international.
Beaucoup
d’autres intellectuels participent au débat sur la mondialisation. Un des plus
connus est James Tobin, de l’Université de Yale. C'est James Tobin qui a lancé
l’idée de la « taxe Tobin », qui consisterait à prélever une taxe
internationale de 1 % sur tous les échanges de devises. Cette mesure
aurait pour effet de ralentir les marchés internationaux et procurer des fonds
d’aides aux pays sous-développés en acheminant l’argent ainsi recueillis vers
ces derniers. Ce principe est très populaire chez les intellectuels et les
militants antimondialisation du monde entier; le 28 août 2001, Lionel
Jospin, Premier ministre de France, a donné son appui à la
« taxe Tobin »
Ce
genre de principe prend de plus en plus d’ampleur au sein des mouvements
militants. Des groupes comme l’Association pour une Taxation des Transactions
financières pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) jouent un rôle majeur
dans les mouvements d’opposition et obtiennent l’appui des gouvernements en
exigeant des changements importants et sans équivoque et en proposant des
solutions (comme la taxe Tobin).
L’élite
intellectuelle joue donc un rôle de leadership dans le mouvement
antimondialisation. C’est grâce à elle que de nombreux opposants sont au
courant des enjeux, de la teneur des ententes, de leurs répercussions sur la
société et surtout des effets de la pénétration des multinationales dans les
pays étrangers.
www.zmag.org/chomsky/index.cfm
www.transnational.org/tff/people/m_chossudovsky.html
www.abc.net.au/specials/saul/default.htm
9 Les anarchistes
Les
anarchistes rejettent toute forme d’autorité ou de hiérarchie. Très souvent,
pendant les manifestations antimondialisation, on entend parler du comportement
violent du « Black Bloc » ou des « punks » contre la
police. Bien que les deux groupes soient anarchistes, leurs visées ne sont pas
les mêmes.
Le
Black Bloc, comme les autres groupes protestataires, est composé en grande
partie d’hommes blancs de la classe moyenne. Tout comme Marx et Engels
préconisaient le soulèvement (forcément violent) des travailleurs de tous les
pays dans le Manifeste
communiste, les penseurs anarchistes croient au pouvoir de la violence.
« En fait, les anarchistes ne sont pas violents. Cela ne signifie pas
qu’ils ne peuvent recourir au vandalisme pour faire valoir leurs idées
politiques. Ce qu’ils veulent démontrer par ce genre d’action, c’est que dans
une société capitaliste, les choses sont
plus importantes que les gens. Les êtres humains sont traités comme des quantités
négligeables, tandis que les biens matériels – de même que la main-d’œuvre,
c'est-à-dire le moteur de la richesse capitaliste – sont considérés comme très
précieux. » – Tiré du site web Anarchy
for Anybody.
Cependant,
le credo des anarchistes n’est pas fondé sur la violence. Bien au contraire :
les anarchistes croient que l’autorité, dans la mesure où elle consiste à
accorder plus de pouvoir à une personne qu’à une autre, est avilissante et
dégradante pour l’humain. En un mot, les anarchistes croient à une société sans
classes où règne la coopération. Pour eux, il est injuste que des dirigeants
(premiers ministres, présidents) prennent des décisions pour tout le monde à
des rencontres internationales.
L’autre
groupe représentant l’anarchie dans les manifestations qui ont lieu pendant les
conférences internationales est habituellement constitué par les punks.
Cependant, les punks s’attaquent généralement à une autre réalité. La plupart
du temps, ils protestent directement contre la police en réaction à la
brutalité et à la violence policières qu’ils disent subir à longueur d’année.
Pour eux, les rencontres internationales constituent une occasion directe de
manifester leur mécontentement sous l’œil avide des médias.
Le
réseau anarchiste francophone
Znet –
Anarchy Watch
(comprend de nombreux liens intéressants)
10 Enjeux : Organisation mondiale du
commerce
La qui???
L’Organisation mondiale du commerce (OMC)
a succédé à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
(GATT) en 1995. Le GATT, né en 1947, devait demeurer un traité parce que les délégués
n’arrivaient pas à s’entendre sur la création d’une organisation internationale
du commerce. Cette deuxième étape allait attendre près d’un demi-siècle.
Après
un certain temps, le GATT est devenu un organisme, puis une organisation
internationale permanente reliée de loin aux Nations Unies. En 1995 est officiellement créée une nouvelle
organisation, l’OMC, fondée sur l’Accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce. Le but visé est de réduire les obstacles
tarifaires dans tous les pays afin de favoriser le commerce international sous
la houlette de l’OMC.
Noam Chomsky
s’en prend à l’OMC dans son livre intitulé World
Orders Old and New. « La nouvelle Organisation mondiale du commerce
qui a pris naissance avec les derniers accords du GATT se liguera avec la
Banque mondiale et le FMI [Fonds monétaire international] pour créer une
nouvelle Trinité institutionnelle qui aura pour fonction de diriger et de
dominer des relations économiques caractérisées par des obligations pour le
monde en voie de développement et par des ententes conclues entre pays
industrialisés [...] hors des enceintes normales, dans les réunions du G-7 et
ailleurs (le G-7, ou Groupe des 7, est composé des sept économies les plus
fortes du monde). » Selon lui, l’OMC ne sera pas indépendante : elle
servira les intérêts économiques des riches en s’alliant avec les deux plus
grands acteurs économiques de la scène internationale, soit le FMI et la Banque
mondiale.
Maude Barlow, du
Conseil des canadiens, critique l’OMC pour avoir voulu instaurer l’Accord
multilatéral sur l'investissement (AMI). Selon elle, cet accord aurait pour
objet de conférer l’équivalent de droits de la personne (donc des droits
beaucoup plus forts) aux entreprises privées établies en pays étranger.
L’entente n’a jamais été signée en raison d’un tollé international, mais
beaucoup d’observateurs, comme Maude Barlow, prétendent que sa teneur sera réintégrée
dans d’autres accords.
« Une
fois que l’OMC (représentée par des spécialistes du commerce à la retraite et
des technocrates non élus) a rendu une décision, le monde entier doit s’y
conformer. Chaque pays est obligé d’adapter ses lois à l’OMC, sous peine de
sanctions économiques permanentes. Il n’est donc pas étonnant que les grandes
puissances tiennent à faire adopter l’AMI par l’OMC, organe international le
plus puissant que le monde ait connu », écrit Maude Barlow dans son livre
intitulé MAI: The Multilateral Agreement
on Investment and the Threat to Canadian Sovereignty. En effet, selon cette
auteure, si ce genre d’entente était adopté par l’OMC, tous les pays du monde –
même ceux qui ne sont pas membres de l’OMC – seraient obligés de le respecter.
Au surplus, le processus ne serait pas démocratique puisque la population
internationale ne peut pas intervenir et que les membres de l’OMC et ses
fonctionnaires ne sont pas élus. Ainsi, selon elle, cette décision serait non
seulement injuste, mais aussi antidémocratique.
Le
but des contestations à Seattle en 1999 était de retarder les travaux de
l’Organisation mondiale du commerce pendant au moins un jour. Les
contestataires considèrent l’OMC comme un bloc puissant et
non élu qui régit le commerce international d’une manière non démocratique en
favorisant les pays riches (G-7, G-8). De plus ceux-ci font tout pour que les
pays sous-développés et en voie de développement demeurent dépendants et
continuent de servir de main-d’œuvre bon marché aux pays développés. Selon eux,
les accords de libre-échange ouvrent la porte à la destruction des pays
sous-développés et en voie de développement par la pénétration des grandes
entreprises.
L’Organisation
mondiale du commerce maintient qu’elle est non pas un gouvernement
international, mais tout simplement un organisme qui souhaite faciliter les
échanges entre producteurs et consommateurs. À ses yeux, l’OMC garantit
l’ouverture des marchés pour tout le monde. En concluant ces ententes et en
obligeant les pays à les respecter, elle garantit la multiplication des
débouchés d’exportation en même temps que l’ouverture des marchés pour les
compagnies étrangères afin que celles-ci puissent s’établir dans n’importe quel
pays : « En réduisant les obstacles au commerce, l'OMC s’attaque également
à d'autres obstacles qui se dressent entre les peuples et les pays »,
lit-on dans le site web de l’OMC.
11 La démocratie
Démocratie.
On associe souvent ce mot à la liberté. Les protestataires défendent en
particulier la liberté d’expression et d’opinion, et revendiquent ce qu’ils
estiment être leur droit d’être informés et de participer aux décisions du
gouvernement. Est-ce cela, la démocratie? Qu’est-ce que la démocratie? Est-ce
que ça existe vraiment?
Les droits démocratiques ont été invoqués à plusieurs égards, surtout
pendant le Sommet des Amériques tenu à Québec en avril 2001. À cette occasion,
les chefs d’État de 34 pays américains sur 35 ont discuté de la Zone de
libre-échange des Amériques (ZLEA). Cuba a été exclue parce que ce pays n’est
pas considéré (à juste titre) comme démocratique. Cependant, les systèmes
démocratiques d’autres États présents ne faisaient pas l’unanimité, par exemple
ceux de Haïti, de la Colombie et d’autres pays d’Amérique latine.
Au Québec, les manifestants ont été tenus à l’écart de la conférence par un mur et par les mesures de sécurité les plus importantes jamais vues en temps de paix (6 700 agents de police, 5 000 bombes lacrymogènes, balles de caoutchouc, soldats prêts à intervenir, véhicules d’assaut, et prison vidée pour recevoir