l'Association canadienne pour les Nations Unies avec l'appui du CRDI présente,

 

 


La mondialisation dans votre cour

 

1………….  Introduction                                                               7………  Le mouvement féministe

2………….  Le Governement                                                          8……… Les intellectuels

3………….  LES ENTREPRISES                                                            9……… Les anarchistes

4………….Groupes militants et intellectuels                10……..  Organisation mondiale du Commerce

 5………….L’environnement                                                         11……..La démocratie

6………….Les groupes de défense des                                     12……..  Unions et fusions

 
 1  Introduction

Le mot est sur toutes les lèvres... on dit que le monde est petit, et tout de suite, on pense « MONDIALISATION »!! Mais qu’est-ce que la mondialisation? Que signifie ce mot? Est-ce un phénomène récent? Est-ce un mouvement occulte réservé aux initiés ou un grand palais des plaisirs ouvert à tout le monde?

Contrairement à la croyance populaire, la mondialisation ne concerne pas seulement l’économie; elle touche aussi la culture, l’immigration, les droits de la personne, l’environnement, et bien d’autres réalités. À la base, c’est le phénomène par lequel la planète rétrécit parce que les pays sont de plus en plus ouverts. Aujourd’hui, quand on pense aux causes de la mondialisation, Internet vient tout de suite à l’esprit. Cependant, si on remonte dans le temps, on constate qu’au début du siècle, les avions ont fait beaucoup pour abolir les distances en rendant beaucoup plus rapides les voyages transatlantiques. Beaucoup de gens d’ailleurs redoutaient les effets de ce genre de nouveauté.

Cela dit, il est vrai que la plupart des gens, quand ils parlent de « mondialisation », pensent d’abord à l’économie. De fait, l’économie mondiale tourne à un rythme effarant. Imaginez : en 1999, il s’est échangé quelque 8 120 milliards de dollars canadiens de biens et services dans le monde. Cela représente 15 444,05 $CAN* de biens vendus et achetés par minute!

Il existe bien des opinions et bien des inconnues au sujet de la mondialisation économique. Chose certaine, le phénomène existe depuis longtemps, mais il s’accélère actuellement à un rythme sans précédent! Les gouvernements font valoir les mérites de leur pays pour vendre leurs produits et créer de l’emploi. Les militants et les intellectuels nous préviennent que ces accords commerciaux ne sont pas sans conséquences, et certains annoncent même la fin de l’identité culturelle. Les entreprises comptent faire des affaires d’or en ouvrant les marchés et en s’installant dans d’autres pays. C’est ainsi que se multiplient les mouvements et les opinions au sujet des nouveaux enjeux pour la planète et ses citoyens. (Cliquez sur les liens pour savoir ce que chacun de ces intervenants a à dire!)

 

 

 

 2   Le Governement

 

Les gouvernements jouent un rôle central dans les relations internationales, les négociations commerciales et la promotion des entreprises. Bien que ne faisant pas partie du monde des affaires, le gouvernement canadien se préoccupe de la création d’emplois au Canada et de débouchés commerciaux à l’étranger. La concurrence est féroce. Imaginez : en l’an 2000, les pays développés ont exporté l’équivalent de 5 940 milliards de dollars canadiens, alors que les exportations des pays en voie de développement représentaient moins de la moitié de ce montant, soit 2 820 milliards de dollars canadiens (source : OMC).

Text Box: Si le chiffre est moins élevé pour les pays en voie de développement, ce n’est pas nécessairement parce qu’ils exportent moins. En fait, c’est généralement le contraire. Cependant, ces pays exportent des matières premières qui sont transformées par les pays développés, et les produits finis qui en résultent ont une valeur plus grande.

Pourquoi promouvoir nos produits sur la scène internationale? Pour maintenir la vigueur de l’économie nationale afin de se prémunir contre la concurrence étrangère. Pour se protéger, les gouvernements instaurent des tarifs douaniers, c’est-à-dire une taxe appliquée aux produits étrangers pour les rendre plus chers que les produits locaux. Un pays peut réduire ses tarifs douaniers pour un autre pays en échange d’un avantage équivalent. C’est l’objet des négociations commerciales. Généralement, le gouvernement canadien se sert de ces négociations pour exporter des matières premières au plus grand nombre de pays possible.

 

Le premier accord de libre-échange, au XVIIIe siècle, illustre bien le principe. La population de la Grande-Bretagne appréciait le porto (un dérivé du vin), mais ce produit se voyait imposé une importante taxe à l’importation imposée par le gouvernement britannique. La Grande-Bretagne a donc convenu avec le Portugal, en 1703, d’abolir toute taxe sur les produits échangés entre les deux pays. Ainsi, les importations portugaises de porto en Grande-Bretagne coûtaient moins cher que les produits britanniques équivalents, mais la Grande-Bretagne pouvait vendre tous ses produits au Portugal sans faire l’objet d’une taxe. C’était le premier accord officiel de libre-échange de l’époque moderne! Aujourd'hui, les ententes sont plus complexes, mais l’idée de base reste la même : ouvrir les frontières et éliminer les tarifs douaniers.

 

Pourquoi le commerce international?

Le Canada compte beaucoup sur les négociations commerciales parce que c’est un « pays exportateur ». Autrement dit, il produit surtout des matières premières à des fins d’exportation. Le Canada est très riche en minéraux (fer, pétrole, diamant) et en produits naturels (hydroélectricité, bois). Il destine ces produits à des « pays importateurs », comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui concentrent leurs activités économiques sur la transformation en produits finis, qu’ils exporteront ensuite à travers le monde, y compris au Canada.

Les accords de libre-échange sont très importants pour les gouvernements et pour la plupart des Text Box: Le rôle du gouvernement. Équipe Canada a été mise sur pied par Jean Chrétien en 1994. Son objectif était d’effectuer des tournées internationales pour faire valoir les entreprises canadiennes. En six missions, l’équipe à contribué à la conclusion de contrats d’une valeur de quelque 30,1 milliards de dollars canadiens. Ce n’est pas négligeable quand on sait que chaque milliard de dollars d’exportations représente 11 000 emplois au Canada.
Le gouvernement mène aussi des négociations internationales et favorise l’expansion de notre commerce international. Essentiellement, dans les sessions de négociation, chaque pays tire la couverture de son côté et tente d’obtenir les meilleures conditions en vantant ses mérites tout en faisant des concessions.
entreprises. Des ententes comme l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la Communauté économique européenne (maintenant intégrée à l’UE) et la Communauté économique Asie-Pacifique (APEC) ouvrent aux signataires un marché plus vaste, créent de l’emploi et accroissent le revenu d’un pays.

 

 

 

Ententes intergouvernementales

Ces accords de libre-échange créent des liens entre bon nombre de pays. Il en résulte l’émergence d’unions et de blocs politiques sur la planète. Ne dit-on pas que l’union fait la force? L’exemple le plus actuel est celui de l’Union européenne (UE). Cependant, il y a beaucoup d’autres alliances sur la planète, comme l’Union africaine, anciennement OUA, l’Organisation des États américains (OEA) et l’Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN).

 

Le meilleur moyen de connaître toutes les associations et les accords de libre-échange consiste à consulter la rubrique « Renseignements sur le marché mondial » du site web d’Équipe Canada inc.

 

Cependant, tout n’est pas rose selon certains gouvernements. Le libre-échange et les unions ne sont pas toujours avantageuses pour tous les pays ou pour toute leur population.

 

Pour en savoir plus…

Ententes intergouvernementales

Union africaine

Organisation des États américains (OEA)

Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN)

Union européenne (UE)

 

Accords de libre-échange

Confédération internationale des syndicats libres (CISL)

Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)

Communauté économique Asie-Pacifique (APEC)

Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA)

Association européenne de libre-échange

 

Sites canadiens connexes

Gouvernement du Canada

Cabinet du premier ministre

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI)

Industrie Canada

Équipe Canada inc.

 

 

 3   LES ENTREPRISES

La plus grande entreprise dans le monde des médias est AOL-Time Warner. En l’an 2000, avec ses 2 000 titres, cette société a officiellement touché 24% du total des recettes publicitaires générées aux États-Unis. Elle offre ses services en 8 langues dans 16 pays et compte quelque 6 millions de membres hors des États-Unis. Le groupe possède entre autres CNN, qui est regardé par 151 millions de foyers hors des États-Unis, dans 212 pays et territoires. C’est le nouveau visage de la mondialisation.

 

La mondialisation est-elle profitable à toutes les entreprises? On ne peut pas répondre à cette question par un simple oui ou non. Tout dépend essentiellement de la taille des entreprises. Généralement, les petites et moyennes entreprises (PME) souffrent des ententes de libre-échange et de la mondialisation, tandis que les grandes multinationales en profitent.

 

Comme nous l’expliquons dans une autre section, les gouvernements, ces derniers négocient les ententes de libre-échange non seulement au nom des entreprises mais aussi pour améliorer la qualité de vie des citoyens et citoyennes d’un pays. L’argument présenté est que la signature d’ententes de libre-échange mène à l’accroissement du revenu et à la création d’emplois au pays, ceci se traduisant directement en une amélioration de la qualité de vie des citoyens. Cependant, en temps difficile, la façon la plus facile pour une compagnie de maintenir sa marge de profit ou de survivre est d’abolir des postes.

 

« Big is beautiful »

Il est plus facile pour les grandes entreprises que pour les petites de créer des emplois et de profiter des débouchés. Souvent, les petites entreprises sont mal outillées pour affronter la concurrence féroce dans l’arène de la mondialisation. Même les grandes entreprises fusionnent entre elles (ex. : Time Warner-AOL) pour accroître leur poids et leurs chances. Les mégacompagnies qui en résultent font souvent des recettes plus élevées que le produit intérieur brut (PIB) de certains pays. Par exemple, les recettes du groupe AOL-Time Warner (106 milliards de dollars US), sont du même ordre que le PIB de l’Inde (139 milliards de dollars US).

 

Le libre-échange accroît la concurrence, ce qui rend plus difficile pour plusieurs compagnies la réussite sur la scène internationale. Le meilleur moyen pour elles de se défendre est de se regrouper en associations internationales. Ce faisant, elles améliorent généralement leurs chances de survie face aux grandes sociétés.

 

Au-delà de la concurrence qui les oppose les unes aux autres, les entreprises cherchent aussi à assurer l’inclusion de leurs points de vues lors des processus décisionnels du gouvernement qui concerne le libre-échange. Pour ce faire, la plupart recourent à la Chambre de commerce du Canada. Les entreprises s’intéressent non seulement aux accords internationaux, mais aussi aux ententes nationales. Les accords internationaux font souvent tomber les obstacles au commerce, mais non les obstacles interprovinciaux, ce qui fait qu’il est plus difficile de concurrencer les compagnies étrangères puisque les produits des autres pays sont taxés peu ou prou tandis que ceux d’une autre province le sont pleinement. (Voir la section sur la politique commerciale interne de la Chambre de commerce du Canada).

                                                                                                                                   

Pour en savoir plus...

Chambre de commerce du Canada

Associations internationales de PME

 

 

 

 4  Groupes militants et intellectuels

 

Il existe tout un éventail de groupes militants exprimant des points de vue les plus divers au sujet de la mondialisation et de ses effets sur la planète, l’économie, l’environnement et les populations.

 

Nous avons subdivisé cette section en tentant de représenter tous les groupes actifs dans les manifestations, sur le Web et ailleurs. Les premiers sont les groupes intéressés par l’environnement, comme Greenpeace et le Sierra Club.

 

Il y a ensuite les groupes de défense des droits de la personne, qui jugent très sévèrement les entreprises qui s’établissent dans les pays en voie de développement pour augmenter leur marge bénéficiaire en exploitant une main-d’œuvre à bon marché. Dans la même veine, citons le mouvement féministe, qui lutte pour les droits des femmes dans le monde entier.

 

De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) prennent part à des actions directes et indirectes pour aider les gens en difficulté. Les ONG sont actives dans tous les domaines du développement durable; certaines défendent les droits de la personne tandis que d’autres luttent pour la liberté d’expression dans les pays totalitaires. L’élite intellectuelle est très souvent étroitement reliée aux ONG. Elle tente de sensibiliser le public aux enjeux liés à la mondialisation, au commerce international, aux droits de la personne et à divers autres problèmes en rédigeant des livres et des articles, en donnant des conférences et en participant à l’élaboration des politiques gouvernementales.

 

Finalement, il y a les anarchistes. Il est important de leur consacrer une section car ces groupes sont souvent ceux dont parlent les médias, ceci ayant pour résultat de laisser peu de place aux autres organisations. Le Black Bloc et les groupes punks sont souvent sous les projecteurs parce qu’ils préconisent des affrontements plus directs avec la police et les représentants du statu quo. Leur philosophie est souvent mal expliquée, alors il est utile de s’y arrêter un peu.

 

Il est impossible de rendre compte de tous les points de vue dans cette section; cependant, nous tentons de vous proposer le plus grand nombre possible de liens vers d’autres sites où vous obtiendrez toute l’information qu’il vous faut.

 

 

 5  L’environnement

 

« Les scientifiques ont détecté une réduction de 40 % de l’épaisseur moyenne de la glace dans l’Arctique au cours des 40 dernières années; au taux de réchauffement actuel, toute la glace de l’Arctique pourrait fondre en été d’ici le milieu du siècle, ce qui pourrait avoir un effet grave sur le Gulf Stream et sur le climat de l’Europe du Nord », selon le Worldwatch Institute.

 

« De 1970 à 1995, en 25 ans, le monde a perdu 10 pour 100 de sa couverture forestière naturelle, ce qui représente 15 millions d’hectares par année, superficie plus grande que la Grèce ou le Bangladesh. Quelques 36 hectares, soit l’équivalent de 37 terrains de football, sont détruits chaque minute », déclare People and the Planet.

 

De tels faits et chiffres inquiètent bien des gens, jeunes et vieux, au sujet de l’avenir de notre planète. Pourquoi détruisons-nous notre environnement? Que se passe-t-il? Quel sera l’avenir de notre planète et de nos enfants? La vraie réponse est loin d’être rassurante : nous ne le savons pas.

Les accords commerciaux internationaux compromettent les progrès réalisés par les pays pour la protection de l’environnement puisque dans bien des cas, ces ententes ont priorité sur les lois nationales. Il en va de même pour les nombreuses conventions multilatérales sur l’environnement (CME)[FL1]  négociées au cours des vingt dernières années. Sur la scène internationale, l’ONU consacre des efforts importants à l’intégration des CME dans les accords commerciaux.


« Depuis les années 90, et surtout depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les mesures de protection de l’environnement sont menacées par le régime de commerce international, y compris la procédure de règlement des différends de l’OMC, l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), etc. C’est pourquoi Greenpeace conteste de plus en plus les règles et pratiques de commerce international qui compromettent le respect des normes mondiales d’environnement et du principe de précaution, la santé humaine et le bien-être des gens, en particulier des pauvres. »

 

Beaucoup d’autres groupes contestent ces ententes qui, selon eux, contribuent au changement climatique, à l’accroissement du smog dans les villes, à l’accélération de la déforestation et à la disparition de milliers d’espèces animales chaque année.

 

Selon des écologistes comme Joseph Romm, les changements climatiques, les déversements de pétrole, la pluie acide, la déforestation et l’amincissement de la couche d’ozone menacent directement la vie humaine et doivent donc être considérés comme des menaces à la sécurité nationale. Si les gouvernements adoptaient ce point de vue, ils devraient non seulement tenir compte de ces réalités, mais aussi en faire une priorité.

 

Pour en savoir plus...

Liste des principaux groupes écologistes

Association "FOR SUSTAINABLE HUMAN DEVELOPMENT"

Earth Charter

Global Education Associates

Legacy International

Society for Conservation and Protection of Environment (SCOPE)

TEMA

TRANS Youth Association

World Information Transfer (WIT)

The Wittenberg Center for Alternative Resources

World Safety Organization (WSO)

Worldwatch

People and the Planet

Autres sources :
Programme des Nations Unies pour l’environnement
Environnement Canada
Accord canado-chilien de coopération dans le domaine de l’environnement
Service canadien des glaces
Service canadien de la faune
L’air pur
Les changements climatiques
Inventaire national des rejets de polluants
Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l’environnement

 

 

 6  Les groupes de défense des droits de la personne

 

10 décembre 1948. L'Assemblée générale des Nations Unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. En 1975, à Helsinki, l’Ouest rencontre l’Est. Dans le cadre du pacte de Varsovie, les deux superpuissances s’engagent à faire respecter les droits de l’homme sur leurs territoires respectifs.

 

En 1948, les droits de la personne étaient présentés comme universels. Pourtant, on ne compte plus le nombre de cas où ils ont été violés. Encore aujourd’hui, des ONG internationales comme Amnistie internationale luttent pour faire traduire en justice les auteurs de ces actes.

 

Les groupes de surveillance des droits de la personne ont une histoire assez récente. Un des premiers et des plus connus fut le groupe tchèque dit de la Charte 77. Quelque 230 intellectuels avaient signé un manifeste exhortant leur gouvernement à respecter les droits de l’homme. Pendant des années, jusqu’à la chute du communisme en 1989, le Groupe de la Charte 77 a dénoncé auprès de ses contacts de l’Ouest les violations commises par le gouvernement tchécoslovaque. Grâce à cette action, plusieurs prisonniers politiques ont été libérés à la suite de pressions internationales.

 

Beaucoup de gens croient que les violations des droits de la personne et l’esclavage sont disparus avec l’effondrement du bloc communiste. Or, les droits de la personne sont toujours bafoués par de nombreuses dictatures, et il existe d’ailleurs encore des gouvernements communistes, notamment en Chine. Cependant, la plupart des dénonciations portent maintenant sur les industries occidentales installées à l’étranger pour exploiter la population locale dans des conditions d’esclavage. Pensons à Nike en Thaïlande.

 

Aujourd’hui, de nombreuses ONG comme la Croix-Rouge, Reporters sans frontières ou Médecins sans frontières se rendent directement sur place pour aider les gens. D’autres envoient des observateurs d’élections. Enfin, un très grand nombre, comme le Groupe de la Charte 77, s’emploient aussi à dénoncer les agissements de leur gouvernement.

 

Les violations des droits de la personne sont particulièrement fréquentes dans les pays en voie de développement. Ce phénomène s’explique en partie par le fait que des compagnies multinationales et supranationales profitent de la dépendance de ces pays à l’égard du commerce international et de l’aide étrangère. En effet, beaucoup de gouvernements sont prêts à fermer les yeux sur les violations des droits de la personne pour encourager ces compagnies à venir s’installer chez eux et générer des revenus. Le but ultime est celui de plaire aux gouvernements riches étrangers afin d’obtenir leur support leur aide financière. Par ailleurs, de nombreux gouvernements suppriment leurs propres populations en recourant à la torture et à des escadrons de la mort pour consolider leur pouvoir et demeurer attrayants pour les investisseurs étrangers.

 

·         Dans le rapport annuel 2001 de Human Rights Watch, on trouve des chiffres qui font frémir.

·         On estime qu’encore aujourd'hui, malgré les pressions croissantes exercées contre cette pratique, quelque 250 millions d’enfants dans le monde travaillent pour vivre, et 50 millions de ces enfants de moins de 12 ans le font dans des conditions dangereuses et exténuantes.

 

 

·         Aux États-Unis, 300 000 enfants travaillent sur des fermes dans des conditions que Human Rights Watch considère comme dangereuses; ces enfants accomplissent de longues heures de travail et encourent des risques d’empoisonnement aux pesticides, de coups de chaleur, de blessures et d’invalidité à vie. Ces enfants représentent 8 % des enfants qui travaillent aux États-Unis mais 40 % des décès liés au travail.

 

 

 

 7  Le mouvement féministe

 

Le mouvement féministe comporte plusieurs branches, parfois très différentes l’une de l’autre quant à leur approches. Une d’entre elles lutte contre la mondialisation; elle prend de l’ampleur à chaque manifestation anti-mondialisation. En effet, les femmes s’inquiètent d’un grand nombre de problèmes découlant de la mondialisation qui les touchent et touchent leurs enfants et leur famille.

 

Dans Gender and International Relations, Ann Tickner écrit que « la politique internationale est un monde d’hommes, un monde de pouvoir et de conflits où la guerre est une activité privilégiée­ ». De nombreux penseurs politiques croient, comme elle, que la politique a toujours été et demeure encore dominée par les hommes, etque c’est à cause d’eux que les relations internationales sont centrées sur l’appareil militaire et le pouvoir. Dans la pensée de Tickner, les hommes incarnent la violence et créent les engins de guerre, et pour bâtir un monde pacifique, il faut faire participer plus de femmes à la politique.

 

Toutefois, de nombreuses personnes critiquent ce point de vue en faisant valoir que les dictatrices comme Indira Gandhi n’ont pas été moins tyranniques parce qu’elles étaient des femmes.

 

D’autres intervenants, comme on l’a vu au Forum des femmes organisé pendant le Sommet des peuples des Amériques à Québec en avril 2001, accusent de sexisme les architectes de la mondialisation parce qu’ils ne tiennent pas compte des besoins des femmes dans la négociation des accords de libre-échange. Ces groupes publient des chiffres étonnants :

 

 

Les accords de commerce international permettent aux entreprises de s’installer dans les pays pauvres où la main-d’œuvre coûte moins cher. Les employés de ces entreprises, en l’absence de toute législation nationale du travail, travaillent souvent pendant de très longues journées, dans des conditions misérables, pour toucher l’équivalent de 1 $US par jour. Beaucoup de ces travailleurs sont des femmes et des enfants qui sont en outre victimes de harcèlement sexuel.

Pour en savoir plus…
www.ffq.qc.ca/
www.amnesty-usa.org/women/
www.equalitynow.org/brochure_eng_action.html
www3.sympatico.ca/truegrowth/womenstrat1.html
www.imadr.org/pub/web/hanochi.html
www.web.net/~vsw/index.html
www.swc-cfc.gc.ca/

 

 8   Les intellectuels

 

Les intellectuels jouent un rôle très important dans le débat sur la mondialisation. La plupart s’opposent aux agissements des gouvernements et des entreprises dans ce domaine. Certains sont très connus, comme Naomi[FL2]  Klein et John Ralston Saul, tandis que d’autres s’en tiennent aux conversations de salon. 

 

Noam Chomsky est probablement le plus connu. Auteur d’un grand nombre de livres et d’articles, il a aussi donné maintes conférences dans le monde. Reconnu comme un des plus grands critiques du gouvernement états-unien, il a écrit des ouvrages sur la démocratie (ou l’absence de démocratie), sur l’invasion de divers pays par les multinationales et sur la situation en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Europe et en Asie. Il y a aussi fait une critique des médias populaires dans l’un de ses ouvrages les plus connus, Manufacturing Consent.

 

Au Canada, une des grandes personnalités de ce milieu est Maude Barlow, reconnue notamment pour sa critique de l’Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) publiée sous le titre MAI: The Threat to Canadian Sovereignty. Maude Barlow est membre actif du Conseil des Canadiens, organisme critique non partisan commentant divers dossiers d’intérêt national et international.

 

Beaucoup d’autres intellectuels participent au débat sur la mondialisation. Un des plus connus est James Tobin, de l’Université de Yale. C'est James Tobin qui a lancé l’idée de la « taxe Tobin­ », qui consisterait à prélever une taxe internationale de 1 % sur tous les échanges de devises. Cette mesure aurait pour effet de ralentir les marchés internationaux et procurer des fonds d’aides aux pays sous-développés en acheminant l’argent ainsi recueillis vers ces derniers. Ce principe est très populaire chez les intellectuels et les militants antimondialisation du monde entier; le 28 août 2001, Lionel Jospin, Premier ministre de France, a donné son appui à la « taxe Tobin­ »

 

Ce genre de principe prend de plus en plus d’ampleur au sein des mouvements militants. Des groupes comme l’Association pour une Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens (ATTAC) jouent un rôle majeur dans les mouvements d’opposition et obtiennent l’appui des gouvernements en exigeant des changements importants et sans équivoque et en proposant des solutions (comme la taxe Tobin).

 

L’élite intellectuelle joue donc un rôle de leadership dans le mouvement antimondialisation. C’est grâce à elle que de nombreux opposants sont au courant des enjeux, de la teneur des ententes, de leurs répercussions sur la société et surtout des effets de la pénétration des multinationales dans les pays étrangers.

 

Pour en savoir plus…

www.ceedweb.org/iirp/

www.economist.com

www.monde-diplomatique.fr

www.zmag.org/chomsky/index.cfm

www.transnational.org/tff/people/m_chossudovsky.html

www.nologo.org

www.abc.net.au/specials/saul/default.htm

 

 

 

 9  Les anarchistes

 

Les anarchistes rejettent toute forme d’autorité ou de hiérarchie. Très souvent, pendant les manifestations antimondialisation, on entend parler du comportement violent du « Black Bloc » ou des « punks » contre la police. Bien que les deux groupes soient anarchistes, leurs visées ne sont pas les mêmes.

 

Le Black Bloc, comme les autres groupes protestataires, est composé en grande partie d’hommes blancs de la classe moyenne. Tout comme Marx et Engels préconisaient le soulèvement (forcément violent) des travailleurs de tous les pays dans le Manifeste communiste, les penseurs anarchistes croient au pouvoir de la violence.


« En fait, les anarchistes ne sont pas violents. Cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent recourir au vandalisme pour faire valoir leurs idées politiques. Ce qu’ils veulent démontrer par ce genre d’action, c’est que dans une société capitaliste, les choses sont plus importantes que les gens. Les êtres humains sont traités comme des quantités négligeables, tandis que les biens matériels – de même que la main-d’œuvre, c'est-à-dire le moteur de la richesse capitaliste – sont considérés comme très précieux. » – Tiré du site web Anarchy for Anybody.

 

Cependant, le credo des anarchistes n’est pas fondé sur la violence. Bien au contraire : les anarchistes croient que l’autorité, dans la mesure où elle consiste à accorder plus de pouvoir à une personne qu’à une autre, est avilissante et dégradante pour l’humain. En un mot, les anarchistes croient à une société sans classes où règne la coopération. Pour eux, il est injuste que des dirigeants (premiers ministres, présidents) prennent des décisions pour tout le monde à des rencontres internationales.

 

L’autre groupe représentant l’anarchie dans les manifestations qui ont lieu pendant les conférences internationales est habituellement constitué par les punks. Cependant, les punks s’attaquent généralement à une autre réalité. La plupart du temps, ils protestent directement contre la police en réaction à la brutalité et à la violence policières qu’ils disent subir à longueur d’année. Pour eux, les rencontres internationales constituent une occasion directe de manifester leur mécontentement sous l’œil avide des médias.

 

Pour en savoir plus…

Le réseau anarchiste francophone

A16 – Seattle

A20 – Québec

Znet – Anarchy Watch (comprend de nombreux liens intéressants)

 

 

 

 

  10  Enjeux : Organisation mondiale du commerce

 

La qui???

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a succédé à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) en 1995. Le GATT, né en 1947, devait demeurer un traité parce que les délégués n’arrivaient pas à s’entendre sur la création d’une organisation internationale du commerce. Cette deuxième étape allait attendre près d’un demi-siècle.

 

Après un certain temps, le GATT est devenu un organisme, puis une organisation internationale permanente reliée de loin aux Nations Unies. En 1995 est officiellement créée une nouvelle organisation, l’OMC, fondée sur l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce. Le but visé est de réduire les obstacles tarifaires dans tous les pays afin de favoriser le commerce international sous la houlette de l’OMC.

 

Le problème
Pour qui travaille l’Organisation mondiale du commerce? Les riches? Les pauvres? Tout le monde? Personne? Elle-même?

Noam Chomsky s’en prend à l’OMC dans son livre intitulé World Orders Old and New. « La nouvelle Organisation mondiale du commerce qui a pris naissance avec les derniers accords du GATT se liguera avec la Banque mondiale et le FMI [Fonds monétaire international] pour créer une nouvelle Trinité institutionnelle qui aura pour fonction de diriger et de dominer des relations économiques caractérisées par des obligations pour le monde en voie de développement et par des ententes conclues entre pays industrialisés [...] hors des enceintes normales, dans les réunions du G-7 et ailleurs (le G-7, ou Groupe des 7, est composé des sept économies les plus fortes du monde). » Selon lui, l’OMC ne sera pas indépendante : elle servira les intérêts économiques des riches en s’alliant avec les deux plus grands acteurs économiques de la scène internationale, soit le FMI et la Banque mondiale.

 

Maude Barlow, du Conseil des canadiens, critique l’OMC pour avoir voulu instaurer l’Accord multilatéral sur l'investissement (AMI). Selon elle, cet accord aurait pour objet de conférer l’équivalent de droits de la personne (donc des droits beaucoup plus forts) aux entreprises privées établies en pays étranger. L’entente n’a jamais été signée en raison d’un tollé international, mais beaucoup d’observateurs, comme Maude Barlow, prétendent que sa teneur sera réintégrée dans d’autres accords.

 

« Une fois que l’OMC (représentée par des spécialistes du commerce à la retraite et des technocrates non élus) a rendu une décision, le monde entier doit s’y conformer. Chaque pays est obligé d’adapter ses lois à l’OMC, sous peine de sanctions économiques permanentes. Il n’est donc pas étonnant que les grandes puissances tiennent à faire adopter l’AMI par l’OMC, organe international le plus puissant que le monde ait connu », écrit Maude Barlow dans son livre intitulé MAI: The Multilateral Agreement on Investment and the Threat to Canadian Sovereignty. En effet, selon cette auteure, si ce genre d’entente était adopté par l’OMC, tous les pays du monde – même ceux qui ne sont pas membres de l’OMC – seraient obligés de le respecter. Au surplus, le processus ne serait pas démocratique puisque la population internationale ne peut pas intervenir et que les membres de l’OMC et ses fonctionnaires ne sont pas élus. Ainsi, selon elle, cette décision serait non seulement injuste, mais aussi antidémocratique.

 

Le but des contestations à Seattle en 1999 était de retarder les travaux de l’Organisation mondiale du commerce pendant au moins un jour. Les contestataires considèrent l’OMC comme un bloc puissant et non élu qui régit le commerce international d’une manière non démocratique en favorisant les pays riches (G-7, G-8). De plus ceux-ci font tout pour que les pays sous-développés et en voie de développement demeurent dépendants et continuent de servir de main-d’œuvre bon marché aux pays développés. Selon eux, les accords de libre-échange ouvrent la porte à la destruction des pays sous-développés et en voie de développement par la pénétration des grandes entreprises.

 

L’Organisation mondiale du commerce maintient qu’elle est non pas un gouvernement international, mais tout simplement un organisme qui souhaite faciliter les échanges entre producteurs et consommateurs. À ses yeux, l’OMC garantit l’ouverture des marchés pour tout le monde. En concluant ces ententes et en obligeant les pays à les respecter, elle garantit la multiplication des débouchés d’exportation en même temps que l’ouverture des marchés pour les compagnies étrangères afin que celles-ci puissent s’établir dans n’importe quel pays : « En réduisant les obstacles au commerce, l'OMC s’attaque également à d'autres obstacles qui se dressent entre les peuples et les pays », lit-on dans le site web de l’OMC.

 

Pour en savoir plus...
Organisation mondiale du commerce
Centre du commerce international
Fonds monétaire international (FMI)
Banque mondiale
One World
Noam Chomsky et l’OMC
Stop the MAI
WTO Watch group
Conseil des canadiens
www.a16.org et www.a20.org

 

 

 11   La démocratie

 

Démocratie. On associe souvent ce mot à la liberté. Les protestataires défendent en particulier la liberté d’expression et d’opinion, et revendiquent ce qu’ils estiment être leur droit d’être informés et de participer aux décisions du gouvernement. Est-ce cela, la démocratie? Qu’est-ce que la démocratie? Est-ce que ça existe vraiment?

 

Les droits démocratiques ont été invoqués à plusieurs égards, surtout pendant le Sommet des Amériques tenu à Québec en avril 2001. À cette occasion, les chefs d’État de 34 pays américains sur 35 ont discuté de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). Cuba a été exclue parce que ce pays n’est pas considéré (à juste titre) comme démocratique. Cependant, les systèmes démocratiques d’autres États présents ne faisaient pas l’unanimité, par exemple ceux de Haïti, de la Colombie et d’autres pays d’Amérique latine.

 

Au Québec, les manifestants ont été tenus à l’écart de la conférence par un mur et par les mesures de sécurité les plus importantes jamais vues en temps de paix (6 700 agents de police, 5 000 bombes lacrymogènes, balles de caoutchouc, soldats prêts à intervenir, véhicules d’assaut, et prison vidée pour recevoir