Les Opérations de Maintien de la Paix de L'ONU

Le Canada et les opérations de maintien de la paix de l'ONU

Historique: les opérations de maintien de la paix de l’ONU

Malgré le fait que les opérations de maintien de la paix n’aient jamais été envisagées dans la Charte des Nations Unies, celles-ci sont tout de même devenues une composante intégrale et de haut niveau des opérations de l’ONU. Une opération de maintien de la paix de l’ONU signifie “le déploiement de personnel militaire et civil international dans une zone de conflit, à l'appel ou avec le consentement des parties en cause, afin de: arrêter le conflit ou l'empêcher de s'aggraver ou bien veiller à la bonne mise en oeuvre d'un accord de paix.” Alors que cette définition sert de point de repère indispensable, il n’existe pas de définition unique des opérations de maintien de la paix. À vrai dire, celles-ci continuent d’évoluer à chaque fois qu’un nouveau conflit apparaît et que les exigences placées sur l’ONU pour résoudre le conflit se multiplient.

Une initiative canadienne

La première mission de maintien de la paix de l’ONU qui se rapproche le plus de ce que nous connaissons aujourd’hui, a été proposée par un Canadien. Les opérations de l’ONU déployées avant 1956 (à l’exception de la guerre de Korée), devaient s’en tenir à l’observation et au maintien, sans l’usage de la force, des cessez-le feu. En 1956, le Canada obtient une reconnaissance mondiale pour des efforts diplomatiques lorsque l’Angleterre, la France et l’Israel essaient d’empêcher l’Égypte d’obtenir le contrôle du canal de Suez. Le Ministre canadien des affaires étrangères du moment, Lester B. Pearson, propose donc la création et le déploiement d’une force des Nations Unies afin d’ “assurer et de superviser la cessation des hostilités.” Le Général Canadien E.L.M. Burns est nommé commandant de la force. En 1957, Pearson reçoit le prix Nobel pour la Paix pour son esprit innovateur et son engagement continu envers la paix.

L’évolution du rôle des Casques bleus

Traditionnellement, les Casques bleus surveillent les cessez-le-feu et observent les mouvements des groupes opposés dans le but d’amener le calme dans la région et de faciliter la négotiation d’un accord de paix. Les Casques bleus sont rarement autorisés à utiliser la force pour faire respecter les termes d’un cessez-le-feu ou d’un accord de paix. Les pouvoirs principaux des Casques bleus émanent de l’autorité morale et de la légitimité de l’ONU. Ces qualités sont à leur tour, directement liées au support de la communaté internationale. Le succès d’une opération de maintien de la paix dépend du niveau de coopération entre les groupes en conflit. Les Casques bleus n’ont pas l’autorisation d’imposer par la force une ‘solution’ à ces groupes.

De plus en plus, les Casques bleus sont déployés dans des situations hostiles où il n’y a souvent pas de paix à maintenir. Par conséquent, les Casques bleus ont beaucoup plus de responsabilités qu’ils avaient lors des missions précédentes. Parmi les responsabilités des Casques bleus, on retrouve: le désarmement des forces milices, l’établissement de la sécurité, l’organization des élections, la prévoyance des conflits, l’encouragement des accords de paix, l’entraînement et la direction de groupes locaux de déminage, la protection des convois d’aide humanitaire et l’exécution de fonctions civiles. Ceci dit, l’évolution des opérations de maintien de la paix a entraîné plusieurs débats concernant l’application des opérations de maintien et de consolidation de la paix en tant qu’instruments pour résoudre les conflits.

Le Canada en tant que leader: un engagement soutenu?

Le Canada a toujours été un grand supportaire des Nations Unies et des opérations de maintien de la paix et a participé à la majorité des missions depuis leur création. Les Forces canadiennes sont reconnues dans le monde entier comme étant des Casques bleus de première qualité. Parcontre et à la surprise de beaucoup de Canadiens, le Canada, en date du 30 août 2006, ne contribue que 126 personnes aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, dont des militaires d’observation, des polices de l’ONU et des soldats. Des 108 pays qui contribuent des troupes, le Canada est 55ième. Tandis que, de plus en plus, les pays reconnaissent que les opérations de maintien de la paix sont bénéfiques pour la communauté internationale, la contribution financière du Canada au budget de l’ensemble des opérations de maintien de la paix de l’ONU est minime. En 2006, le Canada a contribué 3% du budget annuel des opérations de maintien de la paix de l’ONU, qui est d’environs $4.75 milliard.

En plus du rôle joué par les Forces armées canadiennes, plusieurs civils ont aussi beaucoup contribués (et continuent de contribuer) aux opérations internationales de maintien de la paix. Par example, plusieurs politiciens et diplomates canadiens ont contribué aux négotiations d’accords de paix dans plusieurs pays. Plusieurs membres de la Gendarmerie royale du Canada et d’autres forces policières canadiennes ont entrepris des fonctions policières dans plusieurs pays, comme la Yougoslavie et Haïti, afin d’améliorer la stabilité de ces pays. La police canadienne a aussi entraîné les forces policières de ces pays dans le but d’encourager le respet des droits de l’homme au sein de l’administration judiciaire et de promouvoir des liens plus étroits entre les agents de la police et de la communauté. D’autres Canadiens jouent aussi des rôles importants en ce qui concerne la promotion de la démocratie—préparer et surveiller les élections dans divers pays comme le Cambodge, le Salvador et l’Angola.

L’engagement de la communauté internationale face aux opérations de maintien de la paix ne se fait pas sans sacrifices. Depuis le début des opérations de maintien de la paix en 1956, plus de 2,298 Casques bleus ont perdu la vie. 114 d’entres eux étaient des Canadiens et Canadiennes.

Malgré le record examplaire du Canada en ce qui à trait aux opérations de maintien de la paix, l’ampleur des contributions, en termes de personnel et de pourcentages des coûts des opérations de maintien de la paix, est en décroissance. Alors qu’un nombre croissant de pays s’engage dans les opérations de maintien de la paix et que le coût des opérations diminue, la contribution du Canada est à la baisse. Il reste à voir si le Canada décidera d’augmenter ou de maintenir ses engagements dans le futur.

Des Canadiens et Canadiennes ayant eu des postes d’importance à l’ONU reliés aux opérations de maintien de la paix

  • Lester B. Pearson – prix Nobel de la Paix, Suez 1956
  • Major général (à la retraite) Lewis MacKenzie – Chef d’état-major de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) en Yougoslavie en 1992.
  • Général Maurice Baril – Conseiller militaire du Secrétaire général au Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies de 1992 à 1995 et commandant de la force multinationale au Zaïre en 1996-1997.
  • Lieutenant général Roméo Dallaire – Commandant de la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda Rwanda (MONUOR) et de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) entre 1993 et 1994.
  • Justice Louise Arbour – Procureur général pour le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et pour le Tribunal pénal international pour le Rwanda, maintenant Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
  • Louise Fréchette – Ex-représentante permanente du Canada auprès de l'Organisation des Nations Unies à New York, première titulaire du poste de Vice-Secrétaire générale de l’ONU de 1997 à 2005.
  • Carolyn McAskie – Sous-Secrétaire générale à l’appui à la consolidation de la paix de l’ONU depuis mai 2006.
  • Brigadier général (à la retraite) Gregory Mitchell – Ex-commandant de la Brigade multinationale d'intervention rapide des forces en attente des Nations Unies (BIRFA) au Soudan et commandant adjoint de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) entre 2004 et 2006.

Source: Département des operations de maintien de la paix de l’ONU