Les Opérations de Maintien de la Paix de L'ONU

Les mythes et les faits - le Canada et les missions de maintien de la paix des Nations Unies

Mythe no 1

Le Canada est le leader mondial (par habitant) pour ce qui est d’envoyer des gardiens de la paix en mission à l’étranger.

Fait

Le Canada a toujours préconisé un élargissement de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et des missions de maintien de la paix, et il a pris part à presque toutes les missions depuis la création de la première mission. Toutefois, l’ampleur de la contribution du Canada sur le plan du personnel des missions du maintien de la paix (et par rapport au pourcentage des coûts de ces missions) diminue de plus en plus. En effet, en date du 31 août 2006, le Canada se classait au 55e rang parmi les 108 pays dont les troupes prennent part aux missions de maintien de la paix et compte 126 membres du personnel de l’ONU (observateurs militaires, soldats et policiers). Ce chiffre est moins élevé qu’en France (806), qu’au Royaume-Uni (350) et qu’aux États-Unis (345). Les meilleurs collaborateurs sont le Bangladesh, le Pakistan et l’Inde, avec respectivement 10 156, 9 820, et 9 279 troupes au service des missions de maintien de la paix onusiennes.

Il demeure que le Canada apporte son concours aux missions de maintien de la paix de l’ONU d’autres façons. Par exemple, il offre son appui diplomatique, financier et de l’expertise à l’Union africaine par l’entremise du processus de paix. Le Canada lui offre également de l’assistance en matière de planification, de logistique, d’opérations aériennes, de formation, de renseignements et de communications. Pour de plus amples détails sur la contribution du Canada aux missions de maintien de la paix de l’ONU, veuillez consulter le feuillet d’information no 2, qui porte sur ce sujet.

Mythe no 2

Le maintien de la paix équivaut à l’établissement de la paix.

Fait

Le maintien de la paix vise à empêcher que ne s’aggrave un conflit entre des parties. Le déploiement de gardiens de la paix, tant du personnel civil que des forces militaires à l’échelle internationale, se produit lorsqu’un cessez-le-feu a été négocié et nécessite le consentement des parties au conflit. En général, les gardiens de la paix sont déployés pour surveiller la mise en place d’un cessez-le-feu et la résolution du conflit. On peut également demander aux gardiens de la paix d’offrir leur aide pour effectuer des tâches supplémentaires, dont promouvoir la sécurité humaine, le désarmement des opposants et le rapatriement des réfugiés, fournir de l’appui aux élections, renforcer le respect du droit, veiller à la réception du secours humanitaire, et former les forces policières locales.

L’établissement de la paix, quant à lui, fait référence aux efforts pacifiques visant à faire cesser un conflit ou à éviter qu’il ne prenne de l’ampleur en amenant les parties hostiles à un accord. Ces efforts sont habituellement de nature pacifiste et comprennent des techniques utilisées en diplomatie, telles que l’animation, la médiation et l’arbitrage. L’établissement de la paix survient avant ou pendant un conflit et a pour objectif d’aboutir à une résolution du conflit.

Même si les deux termes sont différents, ils sont intrinsèquement liés. Car les efforts d’établissement et de maintien de la paix créent une base solide en vue du rétablissement de la paix après un conflit, et contribuent à empêcher que les actes de violence ne reprennent.

Mythe no 3

Le but principal d’un gardien de la paix consiste à contrôler le conflit entre deux parties ou plus en usant de la force.

Fait

Les principaux objectifs des gardiens de la paix consistent à observer les cessez-le-feu et la séparation des forces, à protéger les opérations humanitaires et à apporter leur concours dans la mise en œuvre de l’accord de paix. Bien que l’utilisation de la force doive toujours être considérée comme un instrument de dernier recours, les Nations Unies reconnaissent que dans certaines situations, les gardiens de la paix sont déployés dans des endroits où la paix est précaire et où les parties en conflit continuent de se battre, même après que le conflit est formellement terminé. Dans de telles circonstances, le Conseil de sécurité peut solliciter une opération de maintien de la paix des Nations Unies dont le mandat est plus « solide ». Une telle opération est justifiée conformément au chapitre VII, qui exige que les gardiens de la paix utilisent « tous les moyens nécessaires » pour protéger les civils, empêcher la violence envers le personnel de l’ONU et dissuader les parties armées d’ignorer les accords de paix.

Mythe no 4

N’importe qui peut participer à une mission de maintien de la paix, en autant que la personne n’ait pas de dossier criminel.

Fait

Les gardiens de la paix proviennent principalement des forces policières et militaires. Il s’agit de forces qualifiées qui sont envoyées en mission par leur pays d’origine. Au Canada, les Forces canadiennes prennent charge de la composante militaire, tandis que la Gendarmerie royale du Canada (et d’autres forces policières) prend charge de la composante policière. De plus en plus, on demande aux civils de prendre part à des opérations de maintien de la paix et à des interventions humanitaires. Néanmoins, ce n’est pas tout le monde qui peut prendre part à une mission de maintien de la paix. Les civils qui souhaitent devenir gardiens de la paix doivent posséder un diplôme universitaire ainsi que de 4 à 5 ans d’expérience professionnelle dans ce domaine. Un autre pré-requis consiste à être en mesure de travailler dans des conditions physiques difficiles pendant de longues heures. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le recrutement pour des opérations de maintien de la paix, consultez https://jobs.un.org/

Mythe no 5

Le Canada participe présentement à une mission de maintien de la paix de l’ONU en Afghanistan.

Fait

Le personnel des Forces canadiennes sert en Afghanistan dans le cadre de la Force nationale d’assistance à la sécurité (FIAS), qui est dirigée par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Tandis que cette mission est autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, c’est l’OTAN qui assume son mandat et son leadership. Par conséquent, la mission n’est pas considérée comme une mission de maintien de la paix de l’ONU. Depuis sa création en 2001, la FIAS s’est engagée à stabiliser la situation en Afghanistan et à créer un environnement plus sécuritaire au sein duquel la reconstruction du pays est possible. Travailler aux côtés de la mission de l’OTAN est une mission politique des Nations Unies, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA). L’UNAMA travaille en Afghanistan depuis 2002 et a pour but d’appuyer la reconstruction et le processus de réconciliation nationale. La présence des deux missions montre les avantages que présente la collaboration entre diverses organisations, comme la mission de l’OTAN, pour aider à maintenir la sécurité, et elle favorise également un environnement plus stable dans lequel l’UNAMA et d’autres organismes de l’ONU peuvent fonctionner.

Mythe no 6

Les Nations Unies ne sont plus efficaces pour résoudre les conflits d’aujourd’hui.

Fait

On a souvent critiqué l’ONU sur la base de son inefficacité, des coûts élevés pour maintenir l’organisation, et pour faire obstacle aux initiatives diplomatiques qui visent à créer une paix stable et durable. On l’a aussi critiquée à l’égard de sa préparation limitée, de son déploiement plutôt lent à se réaliser et de son manque de capacité préventive de gardiens de la paix. De plus, comme l’ONU ne dispose pas d’une armée établie, elle se fie sur la contribution financière et la contribution des troupes des États Membres. Même ainsi, l’ONU demeure un cadre efficace pour résoudre les conflits d’aujourd’hui. Les opérations des Nations Unies, de par leur universalité, offrent des avantages uniques comme moyens d’aborder les conflits. Leur universalité ajoute à leur légitimité et limite les conséquences pour la souveraineté du pays d’accueil. De plus, les gardiens de la paix provenant de l’extérieur d’un conflit peuvent favoriser la discussion entre des nations en guerre, tout en concentrant l’attention du monde sur des préoccupations locales, en ouvrant des portes qui autrement demeureraient fermées aux efforts de paix collectifs. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les avantages que présentent les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, veuillez consulter http://www.un.org/

Mythe no 7

Le Canada ne prend part qu’aux missions de maintien de la paix de l’ONU.

Fait

Les organisations régionales et les organisations internationales autres que celles des Nations Unies peuvent également entreprendre des missions de maintien de la paix. L’Union européenne (EU), l’Union africaine (UA), l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) figurent au nombre de ces organisations. Une mission de maintien de la paix peut également prendre place par l’entremise « de coalitions » réunissant des pays disposés à les créer. Bien que les opérations dirigées par les acteurs régionaux et internationaux aient lieu à l’extérieur des Nations Unies, elles sont généralement autorisées par le Conseil de sécurité. Par exemple, la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS) est autorisée par l’ONU, mais elle prend place sous l’égide de l’Union africaine.

Les troupes canadiennes prennent part aux missions de maintien de la paix des Nations Unies et à celles qui sont organisées par d’autres organisations que l’ONU. Par exemple, le Canada prend part à la Force multinationale et observateurs (FMO), une mission de maintien de la paix indépendante (elle ne relève pas de l’ONU) qui opère principalement dans la péninsule du Sinaï. La FMO a été créée à la suite des accords de Camp David en 1978 et du Traité de paix israélo-égyptien de 1979. Sa mission consiste à surveiller la mise en œuvre des dispositions de sécurité du Traité de paix et de prévenir toute infraction. En comparaison, la contribution du Canada à la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), à la Mission des Nations Unies en République du Congo (MONUC), et à la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS), se fait sous les auspices et le leadership de l’ONU.

Mythe no 8

Les gardiens de la paix canadiens sont tous des hommes.

Fait

Les gardiens de la paix internationaux et canadiens comprennent des femmes et des hommes. Au début de 2006, les femmes représentaient environ 1 % du personnel militaire et 4 % du personnel policier des missions de maintien de la paix. De plus, les femmes comptent pour 30 % du personnel civil international et 28 % des employés civils recrutés à l’échelle nationale. Même si le nombre de femmes est moindre que celui des hommes, en particulier au sein des forces militaires et civiles de police, leur participation augmente toujours. Le Canada, comme plusieurs pays dont les troupes participent aux missions de maintien de la paix, encourage la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix.

En reconnaissant le rôle essentiel que jouent les femmes dans les opérations de maintien de la paix, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, en 2000, la résolution 1325 portant sur les « femmes, la paix et la sécurité » afin de tenir compte des répercussions de la guerre sur les femmes et de souligner l’importance de leur participation à tous les aspects du maintien de la paix des Nations Unies. En fait, les recherches indiquent que les femmes peuvent jouer un rôle clé dans les situations de maintien de la paix. Les femmes gardiens de la paix sont souvent d’un abord plus facile que les hommes et elles peuvent donner un plus grand sens de sécurité à la population locale. Un tel rôle est particulièrement important dans les collectivités composées à majorité de femmes et d’enfants, lorsque les gardiens de la paix doivent secourir des femmes victimes d’abus sexuels, ou lorsqu’ils doivent communiquer avec des femmes à qui on interdit de parler à des hommes autres que des membres de leur famille.

La résolution 1325 reconnaît également la contribution des femmes locales dans le processus décisionnel relatif à la prévention des conflits et leur rôle proactif pour renforcer la capacité locale dans le cadre des efforts de maintien et d’établissement de la paix. Selon ce qui est indiqué dans le Rapport du Secrétaire général de 2004 sur les femmes, la paix et la sécurité, « Les femmes peuvent attirer l’attention sur les tensions qui se font jour avant qu’elles ne dégénèrent en hostilités ouvertes, en recueillant et en analysant des informations dès qu’elles voient se profiler la menace d’un conflit armé. Elles jouent un rôle essentiel en aidant leur communauté à se doter des moyens nécessaire à la prévention de la violence, qu’il s’agisse d’un phénomène nouveau ou récurrent. Bien souvent, les organisations de femmes parviennent à entrer en contact avec les parties au conflit et assurent une liaison entre les gouvernements et les Nations Unies. »

Mythe no 9

La décision de prendre part à une mission de maintien de la paix en est une d’ordre militaire.

Fait

Une fois que la décision de déployer une mission de maintien de la paix a été approuvée par le Conseil de sécurité, les pays dont les troupes participent aux missions de maintien de la paix doivent décider s’ils envoient ou non du personnel. Comme l’ONU ne dispose pas d’une armée établie, elle se fie sur chaque État Membre pour offrir son personnel militaire et policier sur une base bénévole. Le déploiement des gardiens de la paix, y compris les coûts financiers, demeure sous l’autorité du gouvernement qui propose ses troupes pour la mission.

Pour ce qui est du Canada, la décision de participer à une mission de maintien de la paix est d’abord et avant tout une décision politique. La décision est prise par Affaires étrangères Canada (AEC), en collaboration avec le ministère de la Défense nationale (DN) et l’Agence canadienne de développement international (ACDI), ainsi que d’autres ministères gouvernementaux concernés. La Défense nationale est responsable d’évaluer la disponibilité et la capacité du personnel militaire, tandis que la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de concert avec d’autres forces policières, évalue celles du personnel policier. Les ressources servant à financer les contributions des forces militaires proviennent de la Défense nationale, tandis que celles servant à financer les contributions des forces policières proviennent de l’ACDI. La décision finale de participer à une mission de maintien de la paix est prise par le Cabinet. Bien que le Parlement n’ait pas besoin d’approuver la participation canadienne à une mission de maintien de la paix, les discussions demeurent fréquentes au sein des comités parlementaires de la Chambre des communes.

Sources :