Événements

Les évènements du cinquantième anniversaire des missions de maintien de la paix de l'ONU à Ottawa sur La Responsabilité de protéger et le cas du Darfour

Jour 1 : Discussion internationale de niveau universitaire

En l'honneur du cinquantième anniversaire des missions de maintien de la paix de l'ONU

22 novembre 2006, Centre national des arts

Les invités distingués incluent :

  • Geoffrey H. Pearson, O.C. : Le maintien de la paix et la connexion canadienne
  • Justin Trudeau : modération de la discussion
  • Débateurs de York University, Simon Fraser University, University of Colorado et de l'Université du Nouveau-Brunswick

Vue d'ensemble de la discussion

Cette discussion sur le sujet « Darfour : qui est responsable ? » avait pour objectif de faire connaître davantage les obligations de la communauté internationale dans la crise prolongée au Darfour, d’engager la jeunesse au cours d'une discussion universitaire sur ces questions et d’honorer le cinquantième anniversaire des missions de maintien de la paix des Nations Unies. Les points de vue des rebelles du Darfour, du gouvernement du Soudan, des Nations Unies et de l'Union africaine ont été présentés. Plus de 300 étudiants d'écoles secondaires et d'universités ont assisté au débat et se sont engagés dans une discussion animée et interactive sur la question et, plus particulièrement, sur le rôle du Canada.

Concept du débat:

Il y avait un total de quatre participants au débat. Chacun d’entre eux a présenté le point de vue d’un groupe en particulier.

Quels sont les groupes représentés et quels sont leurs points de vue?

Groupes rebelles au Darfour:

Les deux principaux groupes de rebelles au Darfour sont l’Armée de Libération du Soudan (MLS) et le Mouvement de justice et d’égalité (MJE) même si ces factions sont elles-mêmes divisées. Les dissidents qui ont refusé de signer l’Accord de Paix au Darfour (APD) ont formé, avec le soutien du Tchad et de l’Erythrée, le Front National de Rédemption (FNR) et ont lancé une série d’attaques depuis juin 2006. Le seul groupe rebelle à avoir signé le traité de paix, la faction du MLS de Minni Minawi (MLS/M), a été accusé par Amnistie Internationale de violations des droits de la personne. Le seul résultat tangible de l’APD a été d’accélérer la division des groupes rebelles en de plus petites factions qui s’alignent de façon très générale sur les origines ethniques.

Les Nations Unies:

En août 2006, la Résolution 1706 du Conseil de Sécurité des Nations Unies a étendu sa mission de maintien de la paix au Soudan à la province du Darfour, tout en essayant d’obtenir la permission du gouvernement soudanais pour le déploiement de 20 600 Casques bleus dans la région en remplacement des troupes de la Mission de l’Union Africaine au Soudan. Le pays a rejeté la proposition qui, selon le gouvernement, portait atteinte à la souveraineté de l’État. En octobre 2006, Khartoum expulse Jan Pronk, Représentant Spécial des Nations Unies en l’accusant d’hostilité envers le gouvernement.

La communauté internationale reste divisée sur la question d’envoyer une mission sous l’égide de l’ONU ou de renforcer les troupes de l’Union africaine. Le Canada fournit de l’aide logistique et technique à l’Union africaine, s’implique dans l’implantation initiale de l’Accord de Paix au Darfour signé récemment et aimerait jeter les bases d’un changement de commandement réussi à une mission de maintien de la paix de l’ONU le plus rapidement possible.

Gouvernement du Soudan:

Le gouvernement du Soudan avec à sa tête le Président Bashir partage le pouvoir avec le Soudan-Sud au sein du Gouvernement de l’Unité Nationale depuis l’accord de paix de 2005 entre le Nord et le Sud. Khartoum se défend d’entretenir des relations avec les milices Janjaweed malgré les affirmations contraires des troupes de maintien de la paix de l’Union Africaine qui insistent sur leur collaboration.

Malgré de nombreux engagements, le gouvernement n’a toujours pas désarmé les troupes Janjaweed. Le Soudan estime qu’un contingent des Nations Unies au Darfour saperait le contrôle qu’il exerce sur la région et conduirait à l’arrestation de membres du régime en place suite aux enquêtes de la Cour Pénale Internationale.

Union africaine:

Les contingents de la Mission de l’Union africaine au Soudan ont été déployés en 2004, mais les 7 000 soldats de maintien de la paix n’ont eu à leur disposition que des ressources limitées et n’ont pu prévenir l’intensification des hostilités. En 2005, la communauté internationale a renforcé de façon importante son appui aux efforts de l’UA. Dès avril 2005, la Mission de l’Union africaine au Soudan s’est vue promettre 248 millions de dollars américains ainsi qu’un appui au niveau de ponts aériens et une formation en service de renseignements de la part de l’OTAN et de l’UE. En 2006, l’Union africaine a tenté d’engager toutes les parties impliquées dans des pourparlers de paix qui ont culminé par la signature de l’APD.

Les quatre participants au débat :

Eitan Laufer :

Eitan est présentement en train de terminer son diplôme en Études Africaines et Sciences Politiques à l’Université York et il se spécialise en stratégie de développement de l’ONU pour l’Afrique et il s’intéresse à la représentation de ce continent sur la scène internationale. Il est président de SimONU de l’Université York et il a été directeur de la Simulation du Conseil de Sécurité des Nations Unies de York en 2005. Eitan est de plus lauréat de la bourse de Stevenson en Études Africaines pour 2006.

Amanda Wong :

Amanda est présentement en train de terminer un diplôme en Sciences Politiques à l’Université Fraser avec une spécialisation en développement international et une mineure en géographie. Elle a quatre ans d’expérience de travail au sein de groupes de Simulation des Nations Unies et elle siège désormais au Conseil d’administration de SimONU des Écoles Secondaires au Canada. Amanda a été l’ancienne directrice pour l’Union Européenne au SimONU de Richmond et la Secrétaire Générale pour la première édition de SimONU de l’Université Fraser.

Tristan Solome, participant :

Tristan est étudiant à l’Université du Colorado à Colorado Springs où il complète une majeure en Politiques Globales et Économie. Il est président et délégué en chef de SimONU de l’Université du Colorado à Colorado Springs. Il a été lauréat du prix du Meilleur Délégué au sein du comité du SimONU-Canada en 2006 ainsi qu’au SimONU des Rocheuses, également en 2006.

Angélique Wojcik :

Angélique est en train de terminer sa maîtrise en Anglais et elle est étudiante de 2ème année en droit à l’Université du Nouveau-Brunswick. Elle est une ancienne du circuit de SimONU ayant participé à de nombreuses reprises à la Conférence de Simulation Internationale canadienne des Nations Unies (CANIMUN) en tant que déléguée ainsi que membre de l’effectif et Secrétaire Générale de la 6ème annuelle SimONU John Peters Humphrey. Angélique a été parmi les quatre représentants canadiens à participer à la Conférence de Simulation Internationale de la Fédération Mondiale des Associations des Nations Unies (FMANU) à Pékin en 2004. Elle est actuellement présidente de la Société de Droit International de l’Université du Nouveau-Brunswick. Elle a l’intention de faire carrière en Droit de l’Immigration et des Réfugiés.

Jour 2 : Panel de discussion et dîner

la Responsabilité de protéger et le cas du Darfour

le 23 novembre 2006, hôtel Westin, Ottawa

Les invités distingués incluent :

  • Jan Pronk, représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU au Soudan
  • Wendy Gilmour, directrice, Groupe de maintien de la paix et des opérations de paix, Affaires étrangères et Commerce international Canada
  • Carolyn McAskie, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies à l'appui à la consolidation de la paix

Vue d'ensemble de la discussion

L'ACNU présente un événement international à Ottawa le 23 novembre pour marquer le cinquantième anniversaire des opérations de maintien de la paix de l'ONU. Cet événement rassemble des universitaires, des décideurs politiques et la société civile. Deux thèmes émergents sur le sujet du Maintien de la paix de l'ONU seront discutés : (1) l'application de la Responsabilité de protéger au Darfour dans le cadre de l'évolution du Maintien de la paix; et (2) du maintien à la consolidation de la paix.

Responsabilité de protéger:

Dans toutes les crises humanitaires des années 90, la communauté internationale n’a pas su s’entendre sur les règles d'interventions: comment, qui et quand? En septembre 2000, la Commission internationale indépendante de l'intervention et de la souveraineté des États a été établie par le Canada afin de relever ce défi. Le rapport publié en 2001, la Responsabilité de protéger, traite de ces questions légales, morales, opérationnelles et politiques. En 2005, les dirigeants du monde ont convenu que les États ont la responsabilité première de protéger leurs propres populations, et que la communauté internationale a la responsabilité d'agir quand ces gouvernements ne protègent pas les populations les plus vulnérables.

Le Canada et le Darfour:

Le Canada fournit une assistance technique et logistique à l'Union africaine, participe à la mise en application initiale de l'accord de Paix sur le Darfour signé récemment, et contribue à la facilitation des conditions d’une transition réussie vers une mission de l'ONU aussitôt que possible.

Du maintien à la consolidation de la paix:

La consolidation de la paix se rapporte aux activités qui visent « à établir les fondations de la paix et à fournir les outils nécessaires pour construire sur ces fondations » afin d'éviter de retomber dans le conflit. Une Commission intergouvernementale de consolidation de la paix a été établie en juin 2003 par l'ONU afin de mieux prévoir et relever les défis de la consolidation de la paix. La Commission aidera à remplir le vide entre la guerre et la paix en créant des liens institutionnels et systématiques entre les opérations de maintien de la paix et les efforts de consolidation de la paix après un conflit.