La route vers las sécurité humaine, le désarmement et la non-prolifération
Étude de cas Le maintien de la paix
Contexte :
« Dans l'après-guerre froide, les soldats de la paix furent appelés à effectuer des activités plus exigeantes et dangereuses qu’autrefois, notamment, l’imposition de la paix, les opérations maritimes d'interdiction, le désarmement, assurer la sécurité des populations locales, l’organisation d’élections, la protection des convois d’aide humanitaire et le déminage, pour ne nommer que celles-là. L’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) précise : le maintien de la paix a évolué à un point tel que ce que l’on demande de faire aux soldats de la paix transcende leur rôle traditionnel, les rendant pratiquement méconnaissables aux yeux de leurs fondateurs. »
Le rôle de soldat de la paix a évolué pour s’apparenter à un rôle spécialisé de résolution de conflits et de stabilisation et il est maintenant devenu une approche multidisciplinaire, les champs de la diplomatie, du travail humanitaire et de la stabilisation travaillant en harmonie.
Après le 11 septembre, une nouvelle dimension est apparue. Plus de 8 000 membres des Forces canadiennes ont été déployés pour participer à des opérations dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Au plus fort de ses activités, le groupe opérationnel naval comprenait six navires de combat et environ 1 500 employés de la Marine. Les Forces armées canadiennes continuent de transporter du matériel militaire, de l’aide humanitaire et font la navette entre les différentes zones d’opérations pour y transporter des milliers d’employés. En 2002, plus de 800 membres des Forces armées canadiennes se sont joints à un groupement tactique au côté des forces américaines, à Kandahar et dans ses environs, en Afghanistan. En août 2003, le Canada a participé à deux déploiements de quelque 2 000 troupes dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) à Kaboul, une opération autorisée par l’ONU mais non pas par l’OTAN.
À plus d'un égard, compte tenu de l'éventail d'activités qui vont du combat (ou imposition de la paix) jusqu’à la stabilisation et la reconstruction après un conflit, l’Afghanistan représente l’opération de paix la plus fondamentale des temps modernes. Et, non seulement ces opérations de paix modernes agrandissent-elles le spectre du conflit et demandent-elles la contribution de l’ensemble des Forces armées canadiennes armée, marine et armée de l’air mais elles requièrent en plus la participation de l’ensemble du gouvernement du Canada (GDC). En Afghanistan, la stratégie du GDCappelée ‘démarche 3D’ a uni les fronts diplomatiques, du développement et de la défense par le biais du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), Agence canadienne de développement international (ACDI) et du MDN/FC, respectivement. Dit simplement, le champ de bataille du XXIe siècle n’est plus strictement réservé aux soldats et une coopération civilo-militaire améliorée (COCIM) y joue un rôle essentiel.
En résumé, le maintien de la paix pendant la Guerre froide consistait à observer et parfois à maintenir l'ordre, ces deux interventions servant principalement à éteindre les feux de broussailles avant que ceux-ci ne dégénèrent en guerre nucléaire.
Les soldats de la paix d’aujourd’hui sont des soldats, des diplomates et des travailleurs humanitaires.
Voici les divers rôles qu’ils jouent :
- Combat
- Règlement de disputes au niveau local
- Collecte de renseignements
- Évaluation des besoins de la collectivité
- Distribution de l’aide humanitaire
- Interdiction de l’usage de drogue
- Participation à diverses activités non traditionnelles
- Collaboration avec les civils provenant d’autres ministères du gouvernement, ainsi que les travailleurs humanitaires, les membres des médias d’information, les organisations non gouvernementales et les entrepreneurs.
Ces nouveaux rôles exigent des règles d’engagement très sévères, des forces armées aptes au combat et aptes à réagir ainsi qu’une expertise technique sans cesse croissante.
Questions de discussion
1. Que signifie le terme « maintien de la paix »?
2. Qui accorde l’autorisation aux Nations Unies de s’engager dans des missions de maintien de la paix?
3. En quoi le maintien de la paix est-il différent du rétablissement de la paix?
4. En quoi les fonctions des soldats de la paix ont-elles changé au fil des années?
5. Quelle place occupe la dimension de la sécurité humaine dans les opérations modernes de soutien de la paix?
6. Pourquoi certains pays, qui ne sont ni en guerre ni en conflit, envoient-ils des soldats de la paix dans les régions touchées par la guerre?
7. Comment décide-t-on à quel moment il est temps de renvoyer chez eux les soldats de la paix et d’appliquer des mesures d’imposition de la paix aux gouvernements locaux?
Étude de cas : « Un grand pas dans la bonne direction »
(le désarmement de Kaboul par la FIAS)
La présente étude de cas aidera les étudiants à fouiller en profondeur la dimension de la sécurité humaine des activités du Canada en Afghanistan.
Vous pourriez animer une discussion sur la situation en Afghanistan avant de faire écouter la séquence ci-dessous, qui est tiré d’un article récent de La feuille d’érable. Les étudiants prendront connaissance du scénario de l’étude de cas. À la suite de l’étude de cas, les étudiants pourront lire l'article de La feuille d’érable portant sur les récentes initiatives du Canada en matière de désarmement à Kaboul; ils pourront lire également au sujet des efforts de développement de l’ACDI.
L’ordre de la présentation sera quelque peu différent en ce sens que les étudiants :
- se verront attribuer le contexte (à l’exception de l’approche du Canada)
- se verront donner le « scénario de l’étude de cas », qui au fond correspond à ce que doit affronter le Canada en Afghanistan
- devront présenter leurs solutions, et enfin
- seront exposés aux efforts que déploie le Canada « dans la vraie vie » et pourront les comparer.
Étude de cas : la contribution du Canada à la reconstruction de l’Afghanistan
« J’ai expliqué à la foule que le Canada (en pointant le drapeau sur mon épaule) faisait partie de la FIAS pour aider à reconstruire l’Afghanistan et en faire un endroit plus sécuritaire. Les gens écoutaient attentivement. Un jeune homme m’a demandé si, selon moi, l’Afghanistan deviendrait éventuellement un pays sécuritaire. Je lui ai répondu que oui et que le Canada était l’un des nombreux pays qui lui viendraient en aide. Il n’était pas d’accord avec moi car, selon lui, les habitants de l’Afghanistan ne seront jamais à l’abri du danger puisqu’il y a encore trop de talibans. Cette remarque a suscité de nombreuses discussions dans la foule. D’après ce que me disaient les interprètes, j’ai compris que les Afghans constataient les bienfaits du déminage, des ouvertures de routes et d’écoles ainsi que de la reconstruction de bâtiments. Malheureusement, leurs expériences personnelles et le passé de leur pays les rendent pessimistes. Le Lt Kevin Stewart était posté à Kaboul en Afghanistan, février 2004.
Situation
Après la guerre, les Forces canadiennes et l’Agence canadienne de développement international (ACDI) ont été postées à Kaboul, en Afghanistan, tout comme ce fut le cas de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS). Si elles se trouvent là, c’est qu’elles font partie d’un effort international visant à rétablir la paix et la sécurité dans une région qui vivait depuis 20 ans dans un état de guerre civile constant. La capitale, Kaboul, est aux prises avec les seigneurs de la guerre qui menacent le niveau de sécurité en utilisant des armes légères et des armes lourdes. En outre, la grande quantité d'armes légères et de petit calibre qui se trouve dans les mains du public indique que la tension est très élevée.
Divisez la classe en trois groupes; chacun des groupes prendra les rôles/intérêts suivants :
1. Les Forces canadiennes Voici quelques-unes des missions que ce groupe se verra confier :
-
- Assurer la protection
- Assurer la liberté de mouvement à Kaboul et dans les environs
2. L’ACDI L’ACDI ne dispose que d’un budget réduit pour contribuer à la reconstruction de l’Afghanistan et pour aider à assurer la sûreté et la sécurité.
3. Les seigneurs de la guerre Les seigneurs de la guerre sont des Afghans d’origine culturelle et ethniques diverses. Ils se sont battus pendant la guerre et ils ont vu leur pays passer de la guerre civile au chaos. Ils ne savent plus en qui avoir confiance et ils craignent pour leur vie et pour leur sécurité. Depuis des décennies, ils ont des armes légères et des armes lourdes et savent comment s’en servir. Plusieurs seigneurs de la guerre sont pauvres, se servent depuis 20 ans d’armes pour assurer leur sécurité et ne disposent que de très peu de solutions de rechange.
Questions de discussion Après l’étude de cas
1. À quels types d’intervention les Forces canadiennes peuvent-elles recourir pour gagner la confiance de la collectivité?
2. Quels problèmes sociaux et économiques devra-t-on régler, en plus de l’exigence de base consistant à rétablir l’ordre et la sécurité?
3. Pourquoi les seigneurs de la terre hésiteront-ils à remettre leurs armes? Qu’est-ce qui pourrait les convaincre de le faire?