La Déclaration universelle des droits de l'homme

« L'adoption de la Déclaration sans voix dissidente fut donc tout un exploit : en fait cela relève du miracle. On se demande si ce serait possible aujourd'hui. »

John Peters Humphrey

Pour être en mesure de promouvoir plus activement les droits de la personne, il faut prendre la peine de mieux connaître ce que signifient les droits de l’homme pour nous, Canadiens et Canadiennes. Il faut être informé si on veut faire bouger les choses. Être informé, c’est d’abord apprendre à connaître la Déclaration elle-même et les lois qui protègent les droits de la personne au Canada. Espérons que le 50e anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme fournira un prétexte pour traiter des droits de la personne dans votre école et lutter contre l’indifférence et l’ignorance dans votre milieu!

Voir la Déclaration universelle des droits de l'homme

Les droits universels de la personne, nouvelle priorité internationale

La signature, le 10 décembre 1948, de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été un événement historique. Des représentants de 48 pays se sont réunis aux Nations Unies à New York pour faire une déclaration importante sur la valeur et la dignité de la vie. Après plusieurs ébauches et de nombreux débats, la version définitive de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée. C’était une liste de droits fondamentaux que la communauté internationale reconnaissait comme " inhérents " et " égaux " pour tous les êtres humains.

Les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale, plus particulièrement le génocide commis par les nazis, avaient choqué le monde entier. La guerre n’était plus une excuse pour commettre des crimes contre l’humanité, et on ne pouvait plus faire fi de la souffrance et la mort de millions d’innocents. Pour la première fois, la communauté internationale reconnaissait qu’on ne pouvait tolérer les violations flagrantes des droits de la personne. Cette décision revêt une importance capitale. Les droits de la personne étaient enfin reconnus comme une question d’intérêt mondial.

Pour empêcher que de pareilles atrocités ne se reproduisent, il fallait une déclaration commune et sans équivoque contre les violations flagrantes des droits de la personne. Les Nations Unies, fondées en 1945, ont commencé à formuler une politique qui ferait du respect des droits de la personne une priorité internationale. Un des éléments importants de leur mandat consistait à rédiger une charte internationale des droits de l’homme. Une commission a été nommée pour rédiger une série de documents, dont le premier fut une liste des droits et des libertés reconnus universellement, liste qui allait bientôt devenir la Déclaration universelle des droits de l’homme.

La Commission des droits de l’homme des Nations Unies, présidée par Eleanor Roosevelt, s’est mise au travail. Elle devait mettre au point une déclaration que tous les pays du monde pourraient faire leur. Ce n’était pas une mince affaire. Les notions devaient être " universelles ", ce qui signifie qu’elles devaient transcender les particularités politiques, religieuses et culturelles. La commission s’est assurée le concours de plusieurs personnes, dont un Canadien du nom de John Peters Humphrey.

M. Humphrey était un jeune professeur de droit à l’Université McGill de Montréal et une autorité en matière de droit international. Il rédigea la première ébauche de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la guida jusqu’à son adoption, le 10 décembre 1948. Sa contribution remarquable à la Déclaration ainsi qu’à l’élaboration d’une loi subséquente sur les droits de la personne est source de fierté pour tous les Canadiens et les Canadiennes.

La Déclaration universelle des droits de l’homme

La Déclaration universelle des droits de l’homme se veut le reflet des convictions fondamentales partagées par tous les pays du monde en matière de droits de la personne. Elle se compose de deux parties : le préambule, qui décrit les raisons pour lesquelles la Déclaration universelle des droits de l’homme a été créée, et les trente articles qui énumèrent les droits fondamentaux de la personne.

Le préambule évoque deux grandes notions. La première est celle qui dit que pour " promouvoir le progrès social et de meilleures conditions de vie ", les lois qui protègent les droits de la personne doivent être appliquées et respectées partout dans le monde. Le deuxième affirme que le respect des droits de la personne entraîne l’avènement de " la liberté, la justice et la paix dans le monde ". Bref, le respect des droits de la personne se traduit par un monde meilleur pour tous.

Les trente articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme couvrent six catégories de droits : 

1. les droits politiques, p. ex. le droit de voter et d’être élu,

2. les droits civiques, p. ex. le droit à la liberté d’opinion et d’expression,

3. les droits égalitaires, p. ex. le droit de ne pas être victime de discrimination,

4. les droits économiques, p. ex. le droit de recevoir un salaire juste et de travailler dans des conditions de sécurité,

5. les droits sociaux, p. ex. le droit à l’instruction et aux soins de santé,

6. les droits culturels, p. ex. le droit de s’exprimer dans sa langue maternelle.

 

Bien que ces droits diffèrent les uns des autres, ils sont tous considérés comme des droits de la personne.

Voir la Déclaration universelle des droits de l'homme

La Déclaration universelle des droits de l’homme est d’une importance capitale pour tous les peuples de la Terre parce qu’elle repose sur trois principes fondamentaux. En effet, les droits de la personne sont inaliénables : on ne les perd jamais. Les droits de la personne sont aussi indivisibles : on a droit à tous les droits et non pas seulement à certains d’entre eux. Enfin, les droits de la personne sont interdépendants : ils forment un tout pour que chacun et chacune puisse vivre en sécurité, être libre et mener une vie productive.

Pourtant, la Déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas force de loi. Les pays qui l’ont signée ne peuvent être traînés en justice s’ils ne respectent pas les droits et libertés de la personne. C’est une norme qui exprime les principes fondamentaux considérés dans le monde comme étant les droits de la personne.

En se fondant sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, il appartient aux gouvernements d’édicter des lois qui protègent ces droits. Les citoyens peuvent ensuite se prévaloir du système judiciaire pour poursuivre les personnes ou les groupes qui violent les droits de la personne. Au Canada, la Charte canadienne des droits et libertés reprend les normes de la Déclaration universelle des droits de l’homme pour les intégrer à la loi.


Table des matières | Page des droits de la personne | Calendrier des activités | Déclaration DH


[Accueil] [A propos de l'ACNU] [English Homepage] [Devenez membre] [Contactez l'ACNU]