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Les Nations Unies et la prévention des
conflits
Les autres organes de l’ONU contribuant
à la paix
Les Nations Unies et le Maintien de la
Paix
L’après conflit, la justice internationale
et les autres organisations
Activités
L’idée de la paix dans le monde est, en soi, une idée relativement
récente. Il y a peu, en Europe en particulier, mais dans le monde
en général, toutes les générations avaient fait « leur » guerre.
Un certain fatalisme face à la guerre était ancré dans les mentalités.
La guerre était quasiment considérée comme inévitable et la paix
n’était qu’une lointaine utopie. Les premiers mouvements pacifistes
du XXe siècle sont nés dans l’entre-deux guerres (c’est-à-dire
dans les années 1920 et 1930) et ont donné lieu à la création
de la Société des Nations. Cette dernière fut malheureusement
un échec car les États membres n’avaient pas réussi à doter celle-ci
des instruments nécessaires à instaurer la paix, telle que les
casques bleus aujourd’hui. La montée des nationalismes au XIXe
et au XXe siècle provoquant deux guerres mondiales ont, selon
certains, été pour beaucoup dans l’idée d’instaurer la paix dans
le monde. La première guerre mondiale aura fait 9 millions de
morts, tuant entre 20 et 25% de la population masculine en France
et en Allemagne, la seconde guerre mondiale quant à elle, en a
tué 55 millions dont 6 millions de juifs dans les camps de concentration.
Devant ces plus importantes catastrophes survenues dans l’histoire
de l’humanité, les hommes et les femmes, de part le monde, se
sont pris à rêver d’un monde meilleur, d’un monde vivant dans
la paix.
C’est ainsi qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, le
24 octobre 1945, 51 états ratifièrent la charte des Nations Unies,
avec l’espoir d’avoir un monde libéré de tout risque de guerres.
L’ONU était créée et celle-ci fut dotée des instruments qui manquait
à son prédécesseur. C’est ainsi que l’ONU instaura plusieurs programmes
destinés à prévenir au maximum tout ce qui peut contribuer à l’éclatement
de conflits. Il ne s’agit donc pas seulement des casques bleus
et des missions de maintien de la paix, qui interviennent lorsque
les conflits ont déjà éclaté, mais aussi du développement économique
et social, des droits de l’Homme, de la lutte contre la pauvreté
ou la faim dans le monde. En effet, tous ces programmes des Nations
Unies contribuent d’une manière directe ou indirecte à la prévention
des conflits et donc à la paix dans le monde. Depuis 50 ans, la
paix n’est certes pas une réalité pour tous les êtres humains,
mais elle se répand. L’idée de la paix dans le monde est de moins
en moins une utopie : elle devient de plus en plus un rêve réalisable.
Si les trois fiches précédentes présentaient la culture de la
paix dans notre quotidien, celle-ci la présente sur le plan international.
Elle présente le rôle des agences, programmes et départements
des Nations Unies dans la prévention et la résolution pacifique
des conflits sur le plan international. Mais, il existe aussi
d’autres organisations internationales qui aident au maintien
de la paix dans le monde, telles que les organisations non-gouvernementales
(ONG) ou les organisations régionales.
Le préambule de la charte des Nations Unies stipule clairement
la mission de cette organisation[1]. Selon le préambule, les Nations
Unies ont été fondées afin d’assurer la prévention et la résolution
des conflits au niveau international et de favoriser l’enracinement
d’une culture de paix sur le plan mondial. Les différents organes,
agences, départements, et programmes de l’organisation onusienne
reflètent ces intentions.
[1] Disponible sur : http://www.un.org/french/aboutun/charte/
Les Nations Unies et la prévention
des conflits
À l’occasion du sommet du millénaire qui aura lieu en septembre
prochain, le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan,
a publié un rapport intitulé : « ‘Nous les peuples’ Le rôle des
Nations Unies au XXIe siècle. »[1] Dans ce rapport, M. Annan souligne
l’importance de la prévention des conflits afin de vivre dans
un monde libéré de la peur.
Les conflits sont de toutes natures, ont des origines diverses
et des conséquences nombreuses. Les conflits peuvent être inter-étatiques
ou au contraire se produire au sein même d’un état. Les premiers
sont souvent le fait de revendications territoriales, de contrôle
d’une ressource naturelle telle que l’eau, le pétrole ou les diamants
(cf. Sierra Leone) et d’autres encore. Les conflits au sein d’un
même pays sont en général le fruit d’autres antagonismes. Ils
peuvent être ethniques, religieux, environnementaux, dû à l’analphabétisme
ou encore à des problèmes de répartition des ressources. En fait,
La pauvreté, la diminution des ressources naturelles et économiques
des États, la faiblesse des institutions politiques, l’épuisement
des ressources naturelles, les violations à la déclaration des
droits de l’Homme sont quelques-unes des causes de conflits internes.
Sous la tutelle du Conseil Économique et Social (ECOSOC), des
programmes et agences spécialisées comme le
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, en
anglais), l’Organisation des Nations
Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO),
le programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE, en anglais), le
Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (UNHCHR) ou encore
l’Institut des Nations Unies
pour la Recherche sur le Désarmement (UNIDIR) et bien d’autres
encore, tentent d’empêcher la multiplication de conflits meurtriers
en s’attaquant aux racines des conflits et pas uniquement aux
actes de violences qui en sont les symptômes.
L’ONU cherche à s’adresser à tout ce qui peut être à l’origine
d’un conflit. La prévention des conflits et la promotion de la
paix prennent pour cela des formes variées. Tout ce travail de
l’ONU est devenu d’autant plus nécessaire que depuis la seconde
guerre mondiale, les armes se sont encore perfectionnées et sont
devenues encore plus dangereuses. Le monde s’est globalement enrichi
mais de manière inéquitable. Cette fracture entre riches et pauvres
est visible partout, dans tous les pays, mais aussi et de plus
en plus entre les pays dit « du Nord » et les pays « du Sud. »
Le PNUD est fait pour résoudre ce dernier problème. En
effet, la pauvreté est un terreau fertile pour les conflits. Son
mandat l’autorise à contribuer à l’élimination de la pauvreté,
à la mobilisation sociale et des femmes, au respect de l’environnement
et à la consolidation des institutions démocratiques. La supervision
des élections en est une bonne illustration. Le PNUD n’est pas
seul pour accomplir sa mission, des milliers d’Organisations Non-Gouvernementales
(ONG) contribuent d’une manière ou d’une autre à cette tâche.
L’analphabétisme contribue
aussi à l’éclosion de nouveaux conflits. Une société dont les
membres ont un niveau minimum d’éducation est plus à même de comprendre
pour qui elle s’apprête à voter ou quelles décisions prennent
ses dirigeants. En effet, l’analphabétisme tout comme l’illettrisme
crée souvent un fossé au sein d’une même société entre ceux qui
sont éduqués et qui par conséquent peuvent exercer un pouvoir
sur leurs semblables mais aussi entre l’État et ses citoyens qui
peuvent être plus facilement « contrôlable » s’ils restent dans
l’ignorance. L’UNESCO est là pour promouvoir et donner
un accès à l’éducation, la science, la culture et la communication.
Le but de l’UNESCO réside aussi dans l’idée d’assurer le respect
universel de la justice, de la Loi, des droits de l’Homme et des
libertés fondamentales, sans distinction de race, de sexe, de
langue ou de religion.
Les conflits qui éclatent aujourd’hui peuvent aussi être liés
au contrôle des ressources naturelles.
Une meilleure gestion des ressources naturelles peut contribuer
à éviter l’éclatement de futurs conflits. En effet, les conséquences
d’une pollution peuvent rapidement dégénérer et demande une plus
grande coopération internationale. Les pollutions ignorent souvent
les frontières tracées par les hommes. C’est le cas des pluies
acides comme entre les États-Unis et le Canada ou encore la pollution
du Danube par une usine de produits chimiques qui a traversé de
nombreux pays ou encore les marées noires (déversement de pétrole
en mer suite à un naufrage) qui arrivent si souvent. La dernière
en date au Canada fut le Tanker Odyssey en 1988 sur les côtes
de Terre Neuve. Ces catastrophes écologiques sont souvent dues
à l’incapacité des pays à adopter des règles communes en matière
de sécurité et d’environnement. Cette incapacité encourage certains
États à adopter des règles laxistes de manière à encourager les
entreprises à s’implanter chez eux. Mais, les marées noires les
plus régulières et les plus importantes ont lieu dans les détroits
souvent cernés par plusieurs pays. La Manche en Europe, subit
régulièrement de grosses marées noires tout comme le détroit du
Bosphore qui ferme la Mer Noire en Turquie créant parfois de nombreux
problèmes entre États.
Dans cette optique, le PNUE travaille au changement des
mentalités vis-à-vis de l’écologie
à travers le monde. Il initie ou organise des conventions multilatérales
sur l’environnement et essaye ainsi de faire avancer l’état du
droit international sur la protection de l’environnement. On peut
espérer d’une plus grande coopération internationale une baisse
du nombre de catastrophes et par conséquent une baisse des conflits
latents liés à l’environnement.
Le respect des droits de l’Homme
est une condition sine qua non à l’instauration d’un monde en
paix. Les membres des Nations Unies ont adopté et proclamé le
10 décembre 1948 la déclaration universelle des droits de l’Homme.
Celle-ci instaure des droits de base à tous les êtres humains.
Les droits de l’Homme ne sont que rarement observés en temps de
guerre mais leur respect permet la plupart du temps d’éviter que
des situations tendues dégénèrent en conflit armé. C’est le rôle
du UNHCHR de promouvoir le respect des droits de l’Homme. Cet
organisme doit montrer par des actes concrets la volonté et la
détermination de la communauté internationale à faire respecter
les droits de l’Homme. Par ailleurs, il essaye de faire signer
et ratifier des conventions internationales en matière de respect
des droits de l’Homme comme par exemple « la déclaration sur le
droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de
la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et
les libertés fondamentales universellement reconnus » adopté par
l’assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998. Le
UNHCR ne fait pas qu’informer sur le nécessaire respect des
droits de l’Homme, il mène aussi des actions sur le terrain qui
consiste aussi bien en une coopération technique qu’en la formation
de policiers ou de militaires. Dans le domaine des droits de l’Homme,
là encore l’ONU n’est pas seule sur le terrain de nombreuses ONG
travaillent avec elle pour la promotion des droits de l’Homme.
On peut citer, entre autres, la
Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Amnistie
internationale (www.amnesty.ca en anglais), et tant d’autres…
Le pendant de tout conflit est bien entendu la
disponibilité d’armes et surtout d’armes à feu. Depuis
les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 8 août 1945,
les armes nucléaires ont, malheureusement fait des progrès gigantesques,
et la technologie des armes en général a, elle aussi, fait beaucoup
de progrès. Kofi Annan a appelé, dans son rapport du millénaire,
les États à travailler à l’élimination de tout risque nucléaire.
La majorité des États dépensent trop en matière d’armement et
pour certains État cela représente la partie majeure du budget
de l’État au détriment d’autres secteurs tel que l’éducation ou
l’agriculture. L’ONU a là encore, bien entendu son rôle à jouer
pour promouvoir le désarmement, essentiel pour assurer la paix.
Le département pour les
affaires de désarmement de l’ONU se charge de faire état de
la situation des armements dans le monde et d’établir des normes
et objectifs en matière de désarmement en collaboration avec d’autres
organismes de l’ONU. De son côté, l’UNIDIR effectue des
recherches sur la possibilité d’entrevoir un avenir plus sûr et
la possibilité d’organiser des colloques et conférences visant
à obtenir des accords portant sur le désarmement.
[1] Disponible sur : http://www.un.org/french/millenaire/sg/report/index.html
Les autres organes de l’ONU
contribuant à la paix
Il existe aussi d’autres organismes de l’ONU qui contribuent
à la promotion d’une culture de paix. L’UNICEF (Fond
des Nations Unies pour l’Enfance), aide pour sa part à la
protection des droits des enfants. Il intervient aussi bien préventivement
dans les pays en développement de manière à promouvoir l’éducation
des enfants, qu’en situation d’urgence pour les protéger des combats
où ils sont souvent les victimes les plus vulnérables. Il est
en effet important pour assurer l’avenir que les enfants ne soient
pas maltraités et reçoivent une formation. Les enfants assurent
le futur d’un pays. S’assurer que ceux-ci ne soient pas maltraités
permet à la fois le développement des capacités du pays tout en
évitant dans la mesure du possible l’éclatement de futurs conflits.
Le FNUAP (Fond des Nations
Unies pour la Population) aide aussi à la promotion d’une
culture de la paix en développant des programmes d’informations
à destination des femmes, en particulier en matière d’éducation
sexuelle. Il met à la disposition des femmes en particulier toutes
les informations et ressources nécessaires, leur permettant ainsi
de prendre des décisions en toute connaissance de cause, permettant
ainsi une meilleure gestion à l’échelle planétaire de la population
mondiale. L’OMS (l’Organisation
Mondiale de la Santé, en anglais) promeut de son côté la collaboration
scientifique en matière de santé ainsi que la consolidation des
systèmes de santé et fournit aussi de l’aide aux gouvernements
qui le demandent en cas d’urgence. La fourniture de soins a des
populations en détresse, soulage de nombreux maux que ceux-ci
soient physiques ou psychologiques. Le PAM (Programme
Alimentaire Mondial, en anglais) promeut une meilleure nutrition
et pour cela utilise l’aide alimentaire comme soutien du développement
économique et social. Il est aidé dans cette tâche par la FAO
(Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture) qui met en place des programmes
permettant de promouvoir une plus grande productivité agricole
et ainsi combattre la faim et la pauvreté dans le monde. La faim
et la pauvreté restent deux facteurs importants dans le déclenchement
des conflits.
Tous ces programmes de l’ONU tentent par tous les moyens dont
nous disposons de prévenir les conflits et d’avoir un monde dénué
de violences. Mais, les conflits sont encore loin d’avoir disparu
de la planète. L’ONU, en cela, doit aussi intervenir pour séparer
les belligérants : ce sont les missions de maintien de la paix.
Les Nations Unies et le Maintien
de la Paix
Le Conseil de sécurité de l’ONU reste quand même le principal
organe des Nations Unies dont le rôle est la résolution des conflits
et le maintien de la paix. Il se compose de quinze membres, dont
cinq membres permanents – la Chine, les États-Unis, la Fédération
de Russie, la France et le Royaume-Uni, et de dix membres élus
par l’Assemblée Générale pour deux ans.
Lorsque le Conseil de sécurité est saisi d’un problème qui peut
constituer une menace à la paix et à la sécurité internationale,
il doit premièrement tenter de le régler de façon pacifique. Ainsi,
il est arrivé au conseil de servir de médiateur ou encore, dans
le cas de conflits armés, de proposer un cessez-le-feu. Le Conseil
peut aussi renforcer ses décisions en mettant en place un régime
de sanctions. Selon le rapport « ‘Nous les peuples’… » les sanctions
sont un moyen pour le Conseil de faire appliquer ses décisions
et constituent une étape entre la simple condamnation et le recours
à l’intervention armée. Il peut s’agir d’embargo sur les armes,
de restrictions commerciales et financières, d’une interruption
des relations aériennes et maritimes ou encore d’un isolement
diplomatique. Toutefois, le Conseil peut aussi opter pour des
mesures faisant appel à plus d’hommes et de matériel, comme les
opérations de maintien de la paix.
Au travers des opérations de maintien de la paix – l’envoi de
casques bleus – le Conseil de Sécurité peut surveiller les cessez-le-feu
et participer à la création des conditions de paix. En de rares
occasions, il est arrivé au Conseil d’autoriser les États membres
à utiliser tous les moyens nécessaires afin de maintenir la paix,
ce qui inclut des actions militaires collectives.
Le général Indar Jit Riktye, qui a participé à des missions de
maintien de la paix et ancien président de l’Académie mondiale
pour la paix définit le maintien de la paix comme étant « la prévention,
la limitation, la modération et la cessation des hostilités entre
ou au sein des États grâce à l’intervention d’une tierce partie,
organisée et dirigée à l’échelle internationale faisant appel
à du personnel militaire, policier et civil pour restaurer la
paix. »[1]
Jusqu'à la fin de la guerre froide, l’ONU n’intervenait dans
la majorité des cas que si le conflit concernait deux ou plusieurs
États. C’est le principe de non-ingérence. Le principe de la souveraineté
de l’État était « officiellement » respecté plus qu’il ne l’est
aujourd’hui. Depuis la première mission de l’ONU, en 1948 en Palestine
(baptisé ONUST : mission chargée de la surveillance de la trêve
et qui est toujours en activité), les missions ont beaucoup changé.
En effet, l’ONUST n’était composé que d’observateurs chargés de
surveiller le respect de la trêve. Mais, sous l’impulsion de Lester
B. Pearson, la première force d’urgence des Nations Unies (FUNU
I) fût mis sur pied à l’occasion de la crise du Canal de Suez
en 1956. C’était le début de véritables missions de maintien de
la paix appuyé par des contingents de militaires, de policiers
et de civils.
Depuis la fin de la guerre froide, le maintien de la paix se
transforme à nouveau. Les opérations sont de plus en plus souvent
à l’intérieur d’un même pays. Il y a plusieurs raisons pour cela.
Du fait d’un plus grand accès à l’information, tout d’abord, l’opinion
publique internationale et les gouvernements sont plus au courant
de ce qui se passe dans chaque pays qu’auparavant. Les images
d’une violence inouïe qui nous parviennent nous font réagir, on
ne peut plus admettre que de tels conflits (ethniques, religieux…)
se produisent, fûrent-ils à l’intérieur d’un même pays. Ce fut
le cas du Rwanda, de la Bosnie, du Kosovo, du Timor Oriental et
plus récemment du Sierra Leone. Il y a peu, nous n’aurions pas
été au courant de ce type de conflits ne concernant qu’un seul
pays.
L’autre raison provient de l’imposition par les anciennes puissances
coloniales de l’implantation du modèle de l’État dans des pays
qui ne le connaissait pas. Cela a donné le dessin de frontières
totalement arbitraires, rassemblant en leur sein des ethnies différentes
dont certaines purent imposer leur volonté du fait de leur nombre
ou de leur éducation aux autres. On ne peut plus se permettre
de laisser le pouvoir en place dans un État, imposer sa loi aux
autres minorités. Il faut imposer ou instaurer la paix de manière
à arrêter les belligérants avant de plus amples massacres, ce
qui exige une approche plus musclée et plus interventionniste
au mépris de la souveraineté de l’État et du principe de non-ingérence.
Pour cela, les missions de maintien de la paix demandent de plus
en plus de compétences : il faut reconstruire, désarmer, superviser
les élections, assurer le respect des droits de l’Homme. Il ne
suffit plus de s’interposer. Après de telles missions, il faut
bâtir des institutions démocratiques qui n’ont jamais existé –
ou qui ont été détruites – capable de donner des droits égaux
à tous ses citoyens. C’est des missions de ce type qui ont lieu
au Kosovo ou au Timor Oriental.
Mais, peut-on instaurer la paix durablement sans d’abord tenter
de rendre justice? L’appareil judiciaire d’un pays sortant d’un
conflit est souvent inexistant. Dans cet esprit, l’ONU tente tant
bien que mal de se doter des institutions et de l’efficacité nécessaire
à l’après conflit qui lui permettront de combler le vide institutionnel
d’un pays pendant sa reconstruction.
[1] Traduction libre.
L’après conflit, la justice
internationale et les autres organisations
The International Criminal Court (ICC) is the first permament
international court capable of investigating and prosecuting individuals
accused of egregious violations of international humanitarian
law. Until now, individuals accused of war crimes, genocide, and
crimes against humanity have been tried through ad hoc tribunals
such as the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia
and the International Criminal Tribunal for Rwanda, established
by the UN Security Council in lieu of a more permanent mechanism.
It is hoped that a permanent, independent court in The Hague will
prove more effective and less prone to political wrangling. The
Court enters into force on 1 July 2002, and is expected to begin
considering cases in 2003.
La Cour pénale internationale (CPI) est la première cour permanente,
chargée d'enquêter et de juger les individus accusés de violations
massives du droit international humanitaire. Jusqu'ici, les individus
accusés de crime de guerre, de génocide et de crime contre l'humanité
étaient poursuivis au moyen de tribunaux spéciaux comme le Tribunal
pénal international pour l'ancienne Yougoslavie et le Tribunal
pénal international pour le Rwanda; ces tribunaux spéciaux ont
été constitués par le Conseil de sécurité des Nations Unies à
la place d'un mécanisme permanent. Il est à souhaiter que la CPI,
c'est-à-dire un tribunal permanent et indépendant du Tribunal
de La Haye, s'avérera plus efficace et se montrera moins prédisposé
aux disputes politiques. La Cour entrera en action le 1er juillet
2002 et prévoit commencer sous peu à examiner des causes en septembre
2002 et en janvier 2003.
Il existe, tout de même, une Cour Internationale de Justice
(CIJ) qui a été conçu pour régler les conflits entre États, là
où la CCI traite uniquement le problème de la responsabilité des
individus. Mais, le manque de volonté de la plupart des États
de porter leurs différends devant cette cour et de lui accorder
une autorité supérieure à la leur a rendu cette institution peu
efficace. En effet, seulement une vingtaine de cas par an lui
sont soumis là où la Cour suprême du Canada en traite au moins
10 fois plus.
Bien entendu, dans les situations d’après conflits tous les organismes
de l’ONU cités précédemment sont présents sur le terrain, soulageant
les populations, reconstruisant les infrastructures, formant des
fonctionnaires et surveillant le respect des droits de l’Homme.
Il faut toutefois y ajouter le
Haut commissariat aux Réfugiés (UNHCR) qui s’occupe du relogement
des réfugiés, et supervise en quelque sorte le travail fait sur
place. Les ONG humanitaires sont là, elles-aussi, et aident les
populations à vivre en paix. Elles sont des milliers mais nous
pouvons en citer quelques-unes : la
croix rouge (et le site de la fédération internationale de
la croix rouge et du croissant rouge www.ifrc.org, en anglais),
OXFAM (www.oxfam.ca, en anglais),
Care Canada ou encore Ingénieurs
sans frontière.
Les organisations internationales dans leur ensemble travaillent
à la construction d’une culture de la paix car elles participent
à la prévention et à la résolution des conflits internationaux.
De plus, il est intéressant de noter que pour être un succès,
les opérations de prévention et de résolution de conflits nécessitent
la coopération des États, des organismes nationaux ainsi que des
individus. Les organisations telles que l’Organisation
de l’Unité Africaine (OUA), l’Organisation
des États Américains (OÉA) ou l’Organisation pour la Sécurité
et la Coopération en Europe
(OSCE, en anglais), et bien d’autres encore joue un rôle majeur
au niveau régional dans la prévention des conflits.
Les individus, jouent un rôle primordial dans la culture de la
paix, et ce même au niveau international. En effet, les organisations
et les institutions nationales sont composées d’êtres humains
et les normes qu’elles produisent peuvent être changées afin de
répondre à de nouveaux besoins. Ainsi, même au niveau international
c’est à chaque citoyen de veiller à l’établissement d’une culture
de la paix, tout d’abord chez lui, mais aussi au sein des institutions
internationales. La paix dans le monde est possible et elle progresse
partout. On pourra toujours faire mieux mais cela dépend de chacun
d’entre nous.
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Activités
1. Simulation des Nations Unies: Organisez ou participez
à une simulation des Nations Unies. Une telle activité permet
de comprendre le fonctionnement de l’ONU.
2. Simulation du Conseil de sécurité: Organisez
ou participez à une simulation du conseil de sécurité. Plus
petite qu’une simulation des Nations Unies, cette activité
permet quand même de comprendre le fonctionnement du Conseil
de sécurité et son implication dans le maintien de la paix
internationale.
3. Simulation parlementaire: Organisez ou participez
à une simulation du parlement canadien ou celui des provinces.
Une telle simulation permet de comprendre comment notre
système politique fonctionne et comment les conflits sont
réglés.
4. Le souper inéquitable: Il s’agit d’organiser
un souper ou tout le monde n’a pas droit à la même quantité
et qualité de nourriture. La division des groupes est faites
sur des bases injustes (par exemple, des numéros). L’objectif
de cette activité est que les gens s’aperçoivent comment
l’inégalité dans la richesse et la faim peut conduire à
la violence.
5. Le jeu de l’eau: Le but du jeu consiste à accumuler
la quantité d’eau potable[1] nécessaire au bien-être de
sa population.
Liens
vers le site des projects >>
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[1] L’eau peut être représentée par des graines,
du maïs ou autre
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