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une culture de la paix > le rôle des Nations Unies

 

Les Nations Unies et la prévention des conflits
Les autres organes de l’ONU contribuant à la paix
Les Nations Unies et le Maintien de la Paix
L’après conflit, la justice internationale et les autres organisations
Activités

 

L’idée de la paix dans le monde est, en soi, une idée relativement récente. Il y a peu, en Europe en particulier, mais dans le monde en général, toutes les générations avaient fait « leur » guerre. Un certain fatalisme face à la guerre était ancré dans les mentalités. La guerre était quasiment considérée comme inévitable et la paix n’était qu’une lointaine utopie. Les premiers mouvements pacifistes du XXe siècle sont nés dans l’entre-deux guerres (c’est-à-dire dans les années 1920 et 1930) et ont donné lieu à la création de la Société des Nations. Cette dernière fut malheureusement un échec car les États membres n’avaient pas réussi à doter celle-ci des instruments nécessaires à instaurer la paix, telle que les casques bleus aujourd’hui. La montée des nationalismes au XIXe et au XXe siècle provoquant deux guerres mondiales ont, selon certains, été pour beaucoup dans l’idée d’instaurer la paix dans le monde. La première guerre mondiale aura fait 9 millions de morts, tuant entre 20 et 25% de la population masculine en France et en Allemagne, la seconde guerre mondiale quant à elle, en a tué 55 millions dont 6 millions de juifs dans les camps de concentration.

Devant ces plus importantes catastrophes survenues dans l’histoire de l’humanité, les hommes et les femmes, de part le monde, se sont pris à rêver d’un monde meilleur, d’un monde vivant dans la paix.

C’est ainsi qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, le 24 octobre 1945, 51 états ratifièrent la charte des Nations Unies, avec l’espoir d’avoir un monde libéré de tout risque de guerres. L’ONU était créée et celle-ci fut dotée des instruments qui manquait à son prédécesseur. C’est ainsi que l’ONU instaura plusieurs programmes destinés à prévenir au maximum tout ce qui peut contribuer à l’éclatement de conflits. Il ne s’agit donc pas seulement des casques bleus et des missions de maintien de la paix, qui interviennent lorsque les conflits ont déjà éclaté, mais aussi du développement économique et social, des droits de l’Homme, de la lutte contre la pauvreté ou la faim dans le monde. En effet, tous ces programmes des Nations Unies contribuent d’une manière directe ou indirecte à la prévention des conflits et donc à la paix dans le monde. Depuis 50 ans, la paix n’est certes pas une réalité pour tous les êtres humains, mais elle se répand. L’idée de la paix dans le monde est de moins en moins une utopie : elle devient de plus en plus un rêve réalisable.

Si les trois fiches précédentes présentaient la culture de la paix dans notre quotidien, celle-ci la présente sur le plan international. Elle présente le rôle des agences, programmes et départements des Nations Unies dans la prévention et la résolution pacifique des conflits sur le plan international. Mais, il existe aussi d’autres organisations internationales qui aident au maintien de la paix dans le monde, telles que les organisations non-gouvernementales (ONG) ou les organisations régionales.

Le préambule de la charte des Nations Unies stipule clairement la mission de cette organisation[1]. Selon le préambule, les Nations Unies ont été fondées afin d’assurer la prévention et la résolution des conflits au niveau international et de favoriser l’enracinement d’une culture de paix sur le plan mondial. Les différents organes, agences, départements, et programmes de l’organisation onusienne reflètent ces intentions.

[1] Disponible sur : http://www.un.org/french/aboutun/charte/

 

Les Nations Unies et la prévention des conflits

À l’occasion du sommet du millénaire qui aura lieu en septembre prochain, le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, a publié un rapport intitulé : « ‘Nous les peuples’ Le rôle des Nations Unies au XXIe siècle. »[1] Dans ce rapport, M. Annan souligne l’importance de la prévention des conflits afin de vivre dans un monde libéré de la peur.

Les conflits sont de toutes natures, ont des origines diverses et des conséquences nombreuses. Les conflits peuvent être inter-étatiques ou au contraire se produire au sein même d’un état. Les premiers sont souvent le fait de revendications territoriales, de contrôle d’une ressource naturelle telle que l’eau, le pétrole ou les diamants (cf. Sierra Leone) et d’autres encore. Les conflits au sein d’un même pays sont en général le fruit d’autres antagonismes. Ils peuvent être ethniques, religieux, environnementaux, dû à l’analphabétisme ou encore à des problèmes de répartition des ressources. En fait, La pauvreté, la diminution des ressources naturelles et économiques des États, la faiblesse des institutions politiques, l’épuisement des ressources naturelles, les violations à la déclaration des droits de l’Homme sont quelques-unes des causes de conflits internes.

Sous la tutelle du Conseil Économique et Social (ECOSOC), des programmes et agences spécialisées comme le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, en anglais), l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), le programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE, en anglais), le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (UNHCHR) ou encore l’Institut des Nations Unies pour la Recherche sur le Désarmement (UNIDIR) et bien d’autres encore, tentent d’empêcher la multiplication de conflits meurtriers en s’attaquant aux racines des conflits et pas uniquement aux actes de violences qui en sont les symptômes.

L’ONU cherche à s’adresser à tout ce qui peut être à l’origine d’un conflit. La prévention des conflits et la promotion de la paix prennent pour cela des formes variées. Tout ce travail de l’ONU est devenu d’autant plus nécessaire que depuis la seconde guerre mondiale, les armes se sont encore perfectionnées et sont devenues encore plus dangereuses. Le monde s’est globalement enrichi mais de manière inéquitable. Cette fracture entre riches et pauvres est visible partout, dans tous les pays, mais aussi et de plus en plus entre les pays dit « du Nord » et les pays « du Sud. »

Le PNUD est fait pour résoudre ce dernier problème. En effet, la pauvreté est un terreau fertile pour les conflits. Son mandat l’autorise à contribuer à l’élimination de la pauvreté, à la mobilisation sociale et des femmes, au respect de l’environnement et à la consolidation des institutions démocratiques. La supervision des élections en est une bonne illustration. Le PNUD n’est pas seul pour accomplir sa mission, des milliers d’Organisations Non-Gouvernementales (ONG) contribuent d’une manière ou d’une autre à cette tâche.

L’analphabétisme contribue aussi à l’éclosion de nouveaux conflits. Une société dont les membres ont un niveau minimum d’éducation est plus à même de comprendre pour qui elle s’apprête à voter ou quelles décisions prennent ses dirigeants. En effet, l’analphabétisme tout comme l’illettrisme crée souvent un fossé au sein d’une même société entre ceux qui sont éduqués et qui par conséquent peuvent exercer un pouvoir sur leurs semblables mais aussi entre l’État et ses citoyens qui peuvent être plus facilement « contrôlable » s’ils restent dans l’ignorance. L’UNESCO est là pour promouvoir et donner un accès à l’éducation, la science, la culture et la communication. Le but de l’UNESCO réside aussi dans l’idée d’assurer le respect universel de la justice, de la Loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.

Les conflits qui éclatent aujourd’hui peuvent aussi être liés au contrôle des ressources naturelles. Une meilleure gestion des ressources naturelles peut contribuer à éviter l’éclatement de futurs conflits. En effet, les conséquences d’une pollution peuvent rapidement dégénérer et demande une plus grande coopération internationale. Les pollutions ignorent souvent les frontières tracées par les hommes. C’est le cas des pluies acides comme entre les États-Unis et le Canada ou encore la pollution du Danube par une usine de produits chimiques qui a traversé de nombreux pays ou encore les marées noires (déversement de pétrole en mer suite à un naufrage) qui arrivent si souvent. La dernière en date au Canada fut le Tanker Odyssey en 1988 sur les côtes de Terre Neuve. Ces catastrophes écologiques sont souvent dues à l’incapacité des pays à adopter des règles communes en matière de sécurité et d’environnement. Cette incapacité encourage certains États à adopter des règles laxistes de manière à encourager les entreprises à s’implanter chez eux. Mais, les marées noires les plus régulières et les plus importantes ont lieu dans les détroits souvent cernés par plusieurs pays. La Manche en Europe, subit régulièrement de grosses marées noires tout comme le détroit du Bosphore qui ferme la Mer Noire en Turquie créant parfois de nombreux problèmes entre États.

Dans cette optique, le PNUE travaille au changement des mentalités vis-à-vis de l’écologie à travers le monde. Il initie ou organise des conventions multilatérales sur l’environnement et essaye ainsi de faire avancer l’état du droit international sur la protection de l’environnement. On peut espérer d’une plus grande coopération internationale une baisse du nombre de catastrophes et par conséquent une baisse des conflits latents liés à l’environnement.

Le respect des droits de l’Homme est une condition sine qua non à l’instauration d’un monde en paix. Les membres des Nations Unies ont adopté et proclamé le 10 décembre 1948 la déclaration universelle des droits de l’Homme. Celle-ci instaure des droits de base à tous les êtres humains. Les droits de l’Homme ne sont que rarement observés en temps de guerre mais leur respect permet la plupart du temps d’éviter que des situations tendues dégénèrent en conflit armé. C’est le rôle du UNHCHR de promouvoir le respect des droits de l’Homme. Cet organisme doit montrer par des actes concrets la volonté et la détermination de la communauté internationale à faire respecter les droits de l’Homme. Par ailleurs, il essaye de faire signer et ratifier des conventions internationales en matière de respect des droits de l’Homme comme par exemple « la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus » adopté par l’assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998. Le UNHCR ne fait pas qu’informer sur le nécessaire respect des droits de l’Homme, il mène aussi des actions sur le terrain qui consiste aussi bien en une coopération technique qu’en la formation de policiers ou de militaires. Dans le domaine des droits de l’Homme, là encore l’ONU n’est pas seule sur le terrain de nombreuses ONG travaillent avec elle pour la promotion des droits de l’Homme. On peut citer, entre autres, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Amnistie internationale (www.amnesty.ca en anglais), et tant d’autres…

Le pendant de tout conflit est bien entendu la disponibilité d’armes et surtout d’armes à feu. Depuis les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 8 août 1945, les armes nucléaires ont, malheureusement fait des progrès gigantesques, et la technologie des armes en général a, elle aussi, fait beaucoup de progrès. Kofi Annan a appelé, dans son rapport du millénaire, les États à travailler à l’élimination de tout risque nucléaire. La majorité des États dépensent trop en matière d’armement et pour certains État cela représente la partie majeure du budget de l’État au détriment d’autres secteurs tel que l’éducation ou l’agriculture. L’ONU a là encore, bien entendu son rôle à jouer pour promouvoir le désarmement, essentiel pour assurer la paix. Le département pour les affaires de désarmement de l’ONU se charge de faire état de la situation des armements dans le monde et d’établir des normes et objectifs en matière de désarmement en collaboration avec d’autres organismes de l’ONU. De son côté, l’UNIDIR effectue des recherches sur la possibilité d’entrevoir un avenir plus sûr et la possibilité d’organiser des colloques et conférences visant à obtenir des accords portant sur le désarmement.

[1] Disponible sur : http://www.un.org/french/millenaire/sg/report/index.html

 

Les autres organes de l’ONU contribuant à la paix

Il existe aussi d’autres organismes de l’ONU qui contribuent à la promotion d’une culture de paix. L’UNICEF (Fond des Nations Unies pour l’Enfance), aide pour sa part à la protection des droits des enfants. Il intervient aussi bien préventivement dans les pays en développement de manière à promouvoir l’éducation des enfants, qu’en situation d’urgence pour les protéger des combats où ils sont souvent les victimes les plus vulnérables. Il est en effet important pour assurer l’avenir que les enfants ne soient pas maltraités et reçoivent une formation. Les enfants assurent le futur d’un pays. S’assurer que ceux-ci ne soient pas maltraités permet à la fois le développement des capacités du pays tout en évitant dans la mesure du possible l’éclatement de futurs conflits.

Le FNUAP (Fond des Nations Unies pour la Population) aide aussi à la promotion d’une culture de la paix en développant des programmes d’informations à destination des femmes, en particulier en matière d’éducation sexuelle. Il met à la disposition des femmes en particulier toutes les informations et ressources nécessaires, leur permettant ainsi de prendre des décisions en toute connaissance de cause, permettant ainsi une meilleure gestion à l’échelle planétaire de la population mondiale. L’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé, en anglais) promeut de son côté la collaboration scientifique en matière de santé ainsi que la consolidation des systèmes de santé et fournit aussi de l’aide aux gouvernements qui le demandent en cas d’urgence. La fourniture de soins a des populations en détresse, soulage de nombreux maux que ceux-ci soient physiques ou psychologiques. Le PAM (Programme Alimentaire Mondial, en anglais) promeut une meilleure nutrition et pour cela utilise l’aide alimentaire comme soutien du développement économique et social. Il est aidé dans cette tâche par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) qui met en place des programmes permettant de promouvoir une plus grande productivité agricole et ainsi combattre la faim et la pauvreté dans le monde. La faim et la pauvreté restent deux facteurs importants dans le déclenchement des conflits.

Tous ces programmes de l’ONU tentent par tous les moyens dont nous disposons de prévenir les conflits et d’avoir un monde dénué de violences. Mais, les conflits sont encore loin d’avoir disparu de la planète. L’ONU, en cela, doit aussi intervenir pour séparer les belligérants : ce sont les missions de maintien de la paix.

 

Les Nations Unies et le Maintien de la Paix

Le Conseil de sécurité de l’ONU reste quand même le principal organe des Nations Unies dont le rôle est la résolution des conflits et le maintien de la paix. Il se compose de quinze membres, dont cinq membres permanents – la Chine, les États-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni, et de dix membres élus par l’Assemblée Générale pour deux ans.

Lorsque le Conseil de sécurité est saisi d’un problème qui peut constituer une menace à la paix et à la sécurité internationale, il doit premièrement tenter de le régler de façon pacifique. Ainsi, il est arrivé au conseil de servir de médiateur ou encore, dans le cas de conflits armés, de proposer un cessez-le-feu. Le Conseil peut aussi renforcer ses décisions en mettant en place un régime de sanctions. Selon le rapport « ‘Nous les peuples’… » les sanctions sont un moyen pour le Conseil de faire appliquer ses décisions et constituent une étape entre la simple condamnation et le recours à l’intervention armée. Il peut s’agir d’embargo sur les armes, de restrictions commerciales et financières, d’une interruption des relations aériennes et maritimes ou encore d’un isolement diplomatique. Toutefois, le Conseil peut aussi opter pour des mesures faisant appel à plus d’hommes et de matériel, comme les opérations de maintien de la paix.

Au travers des opérations de maintien de la paix – l’envoi de casques bleus – le Conseil de Sécurité peut surveiller les cessez-le-feu et participer à la création des conditions de paix. En de rares occasions, il est arrivé au Conseil d’autoriser les États membres à utiliser tous les moyens nécessaires afin de maintenir la paix, ce qui inclut des actions militaires collectives.

Le général Indar Jit Riktye, qui a participé à des missions de maintien de la paix et ancien président de l’Académie mondiale pour la paix définit le maintien de la paix comme étant « la prévention, la limitation, la modération et la cessation des hostilités entre ou au sein des États grâce à l’intervention d’une tierce partie, organisée et dirigée à l’échelle internationale faisant appel à du personnel militaire, policier et civil pour restaurer la paix. »[1]

Jusqu'à la fin de la guerre froide, l’ONU n’intervenait dans la majorité des cas que si le conflit concernait deux ou plusieurs États. C’est le principe de non-ingérence. Le principe de la souveraineté de l’État était « officiellement » respecté plus qu’il ne l’est aujourd’hui. Depuis la première mission de l’ONU, en 1948 en Palestine (baptisé ONUST : mission chargée de la surveillance de la trêve et qui est toujours en activité), les missions ont beaucoup changé. En effet, l’ONUST n’était composé que d’observateurs chargés de surveiller le respect de la trêve. Mais, sous l’impulsion de Lester B. Pearson, la première force d’urgence des Nations Unies (FUNU I) fût mis sur pied à l’occasion de la crise du Canal de Suez en 1956. C’était le début de véritables missions de maintien de la paix appuyé par des contingents de militaires, de policiers et de civils.

Depuis la fin de la guerre froide, le maintien de la paix se transforme à nouveau. Les opérations sont de plus en plus souvent à l’intérieur d’un même pays. Il y a plusieurs raisons pour cela. Du fait d’un plus grand accès à l’information, tout d’abord, l’opinion publique internationale et les gouvernements sont plus au courant de ce qui se passe dans chaque pays qu’auparavant. Les images d’une violence inouïe qui nous parviennent nous font réagir, on ne peut plus admettre que de tels conflits (ethniques, religieux…) se produisent, fûrent-ils à l’intérieur d’un même pays. Ce fut le cas du Rwanda, de la Bosnie, du Kosovo, du Timor Oriental et plus récemment du Sierra Leone. Il y a peu, nous n’aurions pas été au courant de ce type de conflits ne concernant qu’un seul pays.

L’autre raison provient de l’imposition par les anciennes puissances coloniales de l’implantation du modèle de l’État dans des pays qui ne le connaissait pas. Cela a donné le dessin de frontières totalement arbitraires, rassemblant en leur sein des ethnies différentes dont certaines purent imposer leur volonté du fait de leur nombre ou de leur éducation aux autres. On ne peut plus se permettre de laisser le pouvoir en place dans un État, imposer sa loi aux autres minorités. Il faut imposer ou instaurer la paix de manière à arrêter les belligérants avant de plus amples massacres, ce qui exige une approche plus musclée et plus interventionniste au mépris de la souveraineté de l’État et du principe de non-ingérence. Pour cela, les missions de maintien de la paix demandent de plus en plus de compétences : il faut reconstruire, désarmer, superviser les élections, assurer le respect des droits de l’Homme. Il ne suffit plus de s’interposer. Après de telles missions, il faut bâtir des institutions démocratiques qui n’ont jamais existé – ou qui ont été détruites – capable de donner des droits égaux à tous ses citoyens. C’est des missions de ce type qui ont lieu au Kosovo ou au Timor Oriental.

Mais, peut-on instaurer la paix durablement sans d’abord tenter de rendre justice? L’appareil judiciaire d’un pays sortant d’un conflit est souvent inexistant. Dans cet esprit, l’ONU tente tant bien que mal de se doter des institutions et de l’efficacité nécessaire à l’après conflit qui lui permettront de combler le vide institutionnel d’un pays pendant sa reconstruction.

[1] Traduction libre.

 

L’après conflit, la justice internationale et les autres organisations

The International Criminal Court (ICC) is the first permament international court capable of investigating and prosecuting individuals accused of egregious violations of international humanitarian law. Until now, individuals accused of war crimes, genocide, and crimes against humanity have been tried through ad hoc tribunals such as the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia and the International Criminal Tribunal for Rwanda, established by the UN Security Council in lieu of a more permanent mechanism. It is hoped that a permanent, independent court in The Hague will prove more effective and less prone to political wrangling. The Court enters into force on 1 July 2002, and is expected to begin considering cases in 2003.

La Cour pénale internationale (CPI) est la première cour permanente, chargée d'enquêter et de juger les individus accusés de violations massives du droit international humanitaire. Jusqu'ici, les individus accusés de crime de guerre, de génocide et de crime contre l'humanité étaient poursuivis au moyen de tribunaux spéciaux comme le Tribunal pénal international pour l'ancienne Yougoslavie et le Tribunal pénal international pour le Rwanda; ces tribunaux spéciaux ont été constitués par le Conseil de sécurité des Nations Unies à la place d'un mécanisme permanent. Il est à souhaiter que la CPI, c'est-à-dire un tribunal permanent et indépendant du Tribunal de La Haye, s'avérera plus efficace et se montrera moins prédisposé aux disputes politiques. La Cour entrera en action le 1er juillet 2002 et prévoit commencer sous peu à examiner des causes en septembre 2002 et en janvier 2003.

Il existe, tout de même, une Cour Internationale de Justice (CIJ) qui a été conçu pour régler les conflits entre États, là où la CCI traite uniquement le problème de la responsabilité des individus. Mais, le manque de volonté de la plupart des États de porter leurs différends devant cette cour et de lui accorder une autorité supérieure à la leur a rendu cette institution peu efficace. En effet, seulement une vingtaine de cas par an lui sont soumis là où la Cour suprême du Canada en traite au moins 10 fois plus.

Bien entendu, dans les situations d’après conflits tous les organismes de l’ONU cités précédemment sont présents sur le terrain, soulageant les populations, reconstruisant les infrastructures, formant des fonctionnaires et surveillant le respect des droits de l’Homme. Il faut toutefois y ajouter le Haut commissariat aux Réfugiés (UNHCR) qui s’occupe du relogement des réfugiés, et supervise en quelque sorte le travail fait sur place. Les ONG humanitaires sont là, elles-aussi, et aident les populations à vivre en paix. Elles sont des milliers mais nous pouvons en citer quelques-unes : la croix rouge (et le site de la fédération internationale de la croix rouge et du croissant rouge www.ifrc.org, en anglais), OXFAM (www.oxfam.ca, en anglais), Care Canada ou encore Ingénieurs sans frontière.

Les organisations internationales dans leur ensemble travaillent à la construction d’une culture de la paix car elles participent à la prévention et à la résolution des conflits internationaux. De plus, il est intéressant de noter que pour être un succès, les opérations de prévention et de résolution de conflits nécessitent la coopération des États, des organismes nationaux ainsi que des individus. Les organisations telles que l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), l’Organisation des États Américains (OÉA) ou l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE, en anglais), et bien d’autres encore joue un rôle majeur au niveau régional dans la prévention des conflits.

Les individus, jouent un rôle primordial dans la culture de la paix, et ce même au niveau international. En effet, les organisations et les institutions nationales sont composées d’êtres humains et les normes qu’elles produisent peuvent être changées afin de répondre à de nouveaux besoins. Ainsi, même au niveau international c’est à chaque citoyen de veiller à l’établissement d’une culture de la paix, tout d’abord chez lui, mais aussi au sein des institutions internationales. La paix dans le monde est possible et elle progresse partout. On pourra toujours faire mieux mais cela dépend de chacun d’entre nous.

 

 
 


Activités

1. Simulation des Nations Unies: Organisez ou participez à une simulation des Nations Unies. Une telle activité permet de comprendre le fonctionnement de l’ONU.

2. Simulation du Conseil de sécurité: Organisez ou participez à une simulation du conseil de sécurité. Plus petite qu’une simulation des Nations Unies, cette activité permet quand même de comprendre le fonctionnement du Conseil de sécurité et son implication dans le maintien de la paix internationale.

3. Simulation parlementaire: Organisez ou participez à une simulation du parlement canadien ou celui des provinces. Une telle simulation permet de comprendre comment notre système politique fonctionne et comment les conflits sont réglés.

4. Le souper inéquitable: Il s’agit d’organiser un souper ou tout le monde n’a pas droit à la même quantité et qualité de nourriture. La division des groupes est faites sur des bases injustes (par exemple, des numéros). L’objectif de cette activité est que les gens s’aperçoivent comment l’inégalité dans la richesse et la faim peut conduire à la violence.

5. Le jeu de l’eau: Le but du jeu consiste à accumuler la quantité d’eau potable[1] nécessaire au bien-être de sa population.

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[1] L’eau peut être représentée par des graines, du maïs ou autre