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“Les guerres prenant naissance
dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent
être élevées les défense de la paix”
(Principe constitutif de l’UNESCO)
C’est en 1989, à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), lors du Congrès
sur la paix dans l’esprit des hommes que, pour la première fois,
l’idée d’une culture de la paix a été exprimée. En dix ans, cette
idée a fait bien du chemin. En 1994, Frederico Mayor, le Directeur
général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation,
la science et la culture (UNESCO), lançait une réflexion internationale
sur l’instauration d’un droit à la paix; en février 1994 l’UNESCO
mettait sur pied son programme appelé Culture de la paix; en 1997
l’Assemblée générale des Nations Unies proclamait l’an 2000 “Année
internationale de la culture de paix”; et, enfin, en 1998 cette
même Assemblée décidait de proclamer les années 2001-2010 “Décennie
internationale de la promotion d’une culture de la paix et de
la non-violence au profit des enfants du monde”. Ainsi, l’idée
d’une culture de la paix s’est propagée dans le monde.
Que
veut dire “culture de la paix”?
Si l’expression “culture de la paix” a pris forme en 1989, une
telle culture existait bien avant le mot. La création de l’UNESCO
témoigne de la présence d’une telle culture, et ce dès 1945. En
fait, si l’UNESCO entreprend des actions sur plusieurs fronts,
elle n’a qu’une seule mission, la paix:
"L’Organisation se propose de contribuer
au maintien de la paix et de la sécurité en resserant par l’éducation,
la science et la culture, la collaboration entre nations, afin
d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits
de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction
de race, de sexe, de langue ou de religion que la Charte des Nations
unies reconnaît à tous les peuples.”
(Article Premier de l’Acte
Constitutif)
Ainsi, la “culture de la paix” existait avant même d’être
nommée.
L’expression “culture de la paix” sous-entend que la paix signifie
plus que l’absence de guerre. La paix serait un amalgame de valeurs,
d’attitudes et de comportements favorisant la résolution pacifique
des conflits, ou encore la recherche du consensus. En fait, la
paix, est une façon de vivre ensemble. L’expression “culture de
la paix” suppose donc que la paix est une manière d’être, de faire
et de vivre en société qui s’apprend, se développe et surtout,
se cultive.
La “culture de la paix”, c’est la paix en action. Instaurée
une telle culture est un processus à long terme qui nécessite
à la fois la transformation des pratiques institutionnelles, mais
aussi la transformation des comportements individuels.Enfin, afin
de survivre et de s’implanter dans les moeurs, la culture de la
paix a besoin de non-violence, de tolérance et de solidarité.
L’idée de consensus, ou de paix, est parfois confondue avec
absence de conflits ou encore avec le processus d’homogénisation
de la société. Pourtant, pour qu’il y ait consensus, il doit premièrement
y avoir des différences: différences de sexe, de races, de langues,
de religions, ou encore de cultures. La recherche du consensus
part de la reconnaissance de ces différences et d’une volonté
de les surpasser afin d’atteindre un objectif commun. L’obtention
d’un consensus protège la société de l’auto-destruction en lui
permettant de construire les bases afin de concevoir une façon
de vivre ensemble. En effet, la pratique du consensus promouvoit
certaines valeurs indispensables à la paix incluant la non-violence,
le respect d’autrui, la tolérance, la solidarité et l’ouverture
aux autres.
Le consensus n’implique pas non plus l’homogénéisation de la
société. Bien au contraire, une culture de la paix est enrichie
par la variété des traditions. Qu’une vision commune émerge d’une
société pluri-culturelle démontre qu’il est possible de vivre
ensemble, que cette société vit au rythme d’une culture de la
paix.
Ainsi, comme le souligne si bien l’UNESCO, la culture de la
paix est liée à la prévention et à la résolution pacifique des
conflits. Les valeurs-clées de cette culture sont la tolérance,
la convivialité, le partage et le respect des droits de chacun.
Ces principes ont l’avantage de favoriser le pluralisme. Cette
culture se fait un point d’honneur aussi de prévenir les conflits
à leur source en prenant toute la mesure des nouvelles menaces,
armées ou non, à la paix et à la sécurité. Une culture de la paix,
s’attache donc à combattre l’exclusion, l’extrême pauvreté et
la dégradation de l’environnement. Enfin, elle vise à résoudre
les problèmes par la voie du dialogue, de la négociation et de
la médiation afin que les recours à la guerre et à la violence
ne soient plus une tentation. (Ce paragraphe est librement inspiré
du Dossier d’information de l’UNESCO, CAB-99/Ws/4, page 14)
La question est de savoir comment une telle culture peut devenir
une réalité vivante? Il est certainement possible d’en faire la
promotion par la sensibilisation, la mobilisation, la prévention
et l’information. Cependant, la culture de la paix n’est jamais
si bien servie que par la participation de tous. En effet, ce
processus doit être intégré à toutes les actions de concertation
et de réconciliation, qu’elles soient economique, politique, sociale,
ou encore dans une perspective d’éducation.
Une culture de la paix est donc une grande alliance de mouvements
existants. D’où le désir de l’UNESCO de créer un mouvement mondial
pour la culture de la paix et de la non-violence. L’Année internationale
de la culture de la paix sera l’un des moments phares à la création
d’un tel mouvement. Ce mouvement mondial devrait contribuer à
changer la culture de la guerre en une culture de la paix en unissant
tous les groupes, organismes, associations, gouvernements et,
surtout, individus au sein d’un vaste réseau qui travaille à l’émergence
d’une culture de la paix.
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