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Qu'est-ce qu'un conflit?
Célébrons les conflits
Face à un conflit, que pouvons-nous faire?
À quoi reconnaît-on la violence, comment
pouvons-nous l’éviter?
Quel est la meilleure façon de régler nos différends?
Activités que l’on peut faire pour
apprendre à régler pacifiquement les conflits
Les fiches précédentes insistent afin de présenter la culture
de la paix comme étant une façon de vivre qui peut être pratiquée
par tous et chacun. Ainsi, la culture de la paix est un ensemble
de valeurs que nous pouvons tous choisir d’appliquer dans notre
vie quotidienne. Une des valeurs clés à la culture de la paix,
en conjonction avec les cinq autres points du Manifeste 2000[1],
est la pratique de la non-violence. Lorsque l’on pense à violence
on pense souvent à conflit, et lorsqu’on pense à conflit on pense
souvent à guerres ou à des conflits internationaux. Pourtant,
les conflits sont présents dans notre vie personelle. Afin d’enraciner
une culture de la paix dans la façon de faire canadienne il est
donc important de développer une pratique de la non-violence à
la fois lors de conflits entre États[2] mais aussi lors de conflits
entre individus. Cette fiche propose certaines pistes afin de
régler de façon pacifique nos différends. Cependant, d’autres
moyens existent et nous vous invitons à pousser plus loin votre
recherche d’information sur les moyens de régler nos conflits.
À la fin de la fiche se trouve une section Lien qui propose des
liens avec des groupes canadiens qui travaillent à la résolution
pacifique des conflits individuels, nous vous invitons à entrer
en contacts avec ces groupes. Cette liste n’est pas exhaustive,
néanmoins elle donne des pistes de recherche.
Qu’est-ce qu’un conflit?
Le mot ‘conflit’ est très présent dans notre langage. On entend
souvent parler de conflit de générations, de conflit de valeurs,
de conflit social. Cependant, savons-nous vraiment ce qu’est un
conflit? Selon le dictionnaire Petit Robert, un conflit est «une
rencontre d’éléments, de sentiments contraires, qui s’opposent»[3].
Ainsi, nous sommes en présence d’un conflit lorsque deux parties
ou plus perçoivent que leurs intérêts sont incompatibles, lorsque
ces parties expriment des attitudes hostiles ou même entreprennent
des actions qui sont nuisibles aux autres parties. Les acteurs
des conflits peuvent être des individus, des groupes ou encore
des pays. Si on se fie à cette définition, les conflits sont inhérents
à la nature humaine : on ne peut pas les éviter, mais on peut
apprendre à bien les gérer.
Par exemple, nous pouvons être en conflit avec nos parents en
ce qui concerne la religion : pour eux c’est important, pour nous
non (et vice-et-versa). C’est un conflit de valeurs, mais aussi
un conflit intergénérationel. Les groupes pro-choix et pro-vie
sont aussi des groupes en conflit puisqu’ils font la promotion
de choix opposés. Enfin, le désaccord entre le Canada et les États-Unis
en ce qui concerne le paiement des obligations envers les Nations
Unies est un exemple de conflit entre pays
Les groupes qui composent la société ont différents besoins,
intérêts et valeurs qui parfois sont incompatibles. Par exemple,
les groupes pro-vie et pro-choix font la promotion de choix opposés
: on ne peut pas être à la fois pour et contre l’avortement. De
plus, ces groupes n’ont pas le même pouvoir et les mêmes ressources
humaines, financières et matérielles. Ainsi, ils peuvent être
en concurrence les uns avec les autres pour les ressources, pour
la reconnaissance de la part du public et pour leur existence
sociale. Par exemple, les partis politiques, les groupes communautaires,
religieux et les ONG se font concurrence entre eux afin d’attirer
les gens au sein de leur groupe. Cela leur permet d’obtenir des
ressources financières de manière à attirer les médias et être
connu du plus grand nombre.
Célébrons les conflits
Cependant, les différences ne conduisent pas toujours à des conflits.
Il existe d’autres formes de relations sociales que les relations
conflictuelles. L’entraide et la collaboration sont d’autres exemples
d’établissement de contacts avec autrui. Par exemple, deux ONG
peuvent collaborer ensemble sur des projets précis ou encore deux
partis politiques peuvent s’entendre pour défendre une cause commune.
Il demeure toutefois, que les conflits sont présents dans notre
vie quotidienne. Cependant, contrairement à la croyance populaire
les conflits ne sont pas mauvais en soi. En fait, les conflits
ne sont ni bons, ni mauvais, tout est dans la façon de les aborder,
de les régler. Il y a des conflits violents, mais aussi des conflits
‘pacifiques’.
Des conflits dits ‘pacifiques’ sont des conflits où les parties
en présence gèrent leurs différends d’une façon non-violente.
Un conflit devient violent lorqu’une des deux parties essaie de
dominer ou d’éliminer l’autre afin d’arriver à ses fins. Les lois,
les tribunaux, les élections, la famille, sont différents mécanismes
et institutions qui existent afin de nous aider à régler pacifiquement
nos conflits. Toutefois, il arrive que les gens aient recours
à la violence avant même d’utiliser les institutions mises à leur
disposition. De plus, il existe d’autres manières que le recours
à la justice ou aux institutions publiques pour régler pacifiquement
nos conflits. Ces manières nous font non seulement gagner du temps
et sauver des sous, mais en plus elles nous font grandir.
Face à un conflit, que pouvons-nous
faire?
Lorsque nous sommes partie prenante à un conflit, nous ne savons
pas toujours comment réagir. Souvent, nous n’avons même pas le
temps de penser à notre réaction. Voici une liste de réactions
potentielles à un conflit:
L’indifférence
L’ignorance
L’introspection
La discussion
La violence
L’indifférence et l’ignorance peuvent sembler être les meilleures
solutions à un conflit. Pourtant ce n’est pas le cas : ces réactions
ne font, souvent, qu’envenimer la situation. Pensons-y un instant:
quoi de plus insultant que d’être ignoré lorsque nous ne sommes
pas d’accord avec les actions de quelqu’un ou d’un groupe? En
fait, l’indifférence et l’ignorance peuvent aisément conduire
à la violence. Des actes ou des paroles violents attirent l’attention.
Il est aussi important de pratiquer l’introspection, se demander
si notre comportement peut être à la source d’un conflit. Ainsi,
il est important de réfléchir sur soi afin d’identifier les causes
du conflit. Les questions que l’on peut se poser sont : est-ce
que ce genre de situation se produit souvent dans ma vie, est-ce
que je peux en réévaluant mes valeurs, mes façons de faire, changer
ces situations de sorte à éliminer ces conflits de ma vie? De
cette discussion intérieure peut ensuite suivre une discussion
avec les parties du conflit. Cependant ce n’est pas la solution
la plus facile. Trop souvent le recours à la violence nous apparaît
comme étant la meilleure solution alors que ce n’est pas le cas.
Par contre, la violence peut prendre des formes que nous ne connaissons
pas.
À quoi reconnaît-on la violence,
comment pouvons-nous l’éviter?
Dans notre société actuelle la violence est omniprésente : à
la maison (violence familiale), à l’école (attaques dans les écoles,
‘taxage’, vandalisme, racisme, sexisme, harcèlement verbal et
physique, …), dans les sports (le hockey,…), dans les rues et
sur les routes (le phénomène de la rage au volant,..). En fait,
dans le monde contemporain la violence se présente comme une façon
acceptable de régler nos différends, comme une manière de démontrer
notre puissance, une façon de se faire entendre, voir et reconnaître.
D’ailleurs certains de nos comportements sont violents : violence
verbale, impatience, agressivité, intolérance,…. On peut accepter
cette présence de la violence comme étant normale. Pourtant, la
violence est un choix, elle n’est pas inévitable. Construire une
culture de la paix veut dire reconnaître la présence de la violence
et surtout y proposer une alternative : la non-violence. Nous
devons trouver des moyens pacifiques, non-violents pour extérioriser
notre désaccord, notre impatience et notre agressivité. La violence
c’est l’affaire de tous. Voilà pourquoi chacun nous peut veiller
à ce qu’elle ne soit pas présente dans notre communauté.
Quel est la meilleure façon
de régler nos différends?
Il y a trois approches possibles au règlement pacifique de nos
différends:
La négociation
L'approche de groupe
La médiation
Ces trois approches nécessitent un dialogue : on doit se parler
et surtout s’écouter. Ceci demande du respect, de la tolérance,
de la confiance et surtout de la bonne volonté de la part des
différentes parties. Chacun doit vouloir parvenir de façon pacifique
à une entente.
La négociation est
un processus formel qui se déroule entre des groupes (2 ou plus)
dont les besoins et les objectifs diffèrent mais qui désirent
en arriver à une entente. Puisqu’il s’agit d’un processus inter-personnel,
chaque négociation est différente et est influencée par les aptitudes,
capacités et le style de chacune des parties[4].
Dans l’approche de la négociation les parties en présence ne
sont pas obligatoirement égales. Par exemple, la négociation est
possible entre parents et enfants pour l’heure des repas. Les
employeurs pratiquent souvent la négociation avec leurs employés
afin de conclure une entente sur les conditions de travail. Le
gouvernement et les parents ont un plus grand pouvoir que les
enfants et les employés, c’est pourquoi l’on dit qu’ils ne sont
pas des égaux.
The group approach is more
informal. This approach is most often used within one group. For
example, we can settle our differences among friends. Nonetheless,
the group approach can also be used between two groups. Neighbours
can decide to meet informally to decide the exact place where
a fence will be set. This approach, however, is only effective
when the two groups are equal or when everyone agrees to move
forward and find a solution to the problem.
L’approche de groupe est
une approche plus informelle. Cette approche est surtout utilisée
au sein d’un même groupe. Par exemple, nous pouvons régler ‘entre
amis’ nos différends. Cependant, l’approche de groupe est aussi
utilisée entre deux groupes. Des voisins peuvent décider de se
rencontrer, de façon informelle, afin de s’entendre sur l’endroit
exact où la clôture devra être poser. Cependant, cette approche
est efficace lorsque les groupes en présence sont des égaux et
lorsque tout le monde est d’accord pour aller de l’avant et trouver
un terrain d’entente au problème.
La négociation et l’approche de groupe demandent de la bonne
volonté de la part des deux parties, de la tolérance, du respect
et surtout de la confiance. Malheureusement, ces ingrédients nécessaires
au succès des négociations et de l’approche de groupe ne sont
pas toujours disponibles. La médiation est une autre approche
qui permet de régler des conflits qui semblent insolubles.
Lorsque des groupes et des individus pensent que leurs différences
sont inconciliables, leurs relations sont extrêmement tendues
et un sentiment de défiance règne. De forts sentiments d’angoisse,
de colère et d’hostilité ne sont pas propice au dialogue et au
rapprochement. Dans ces situations, ni la négociation ni l’approche
de groupe ne sont efficaces.
Le recours à la médiation
a l’avantage de fournir un forum de discussion ou les parties
peuvent exprimer leurs soucis et inquiétudes à l’aide d’une tierce
partie. La médiation est un processus de communication qui aide
à reconstruire la confiance entre les groupes et les individus
grâce à la présence d’une tierce partie. Cette tierce partie est
couramment appelée le médiateur (arbitre) et son rôle est d’aider
les belligérants à arriver à un accord. Pour ce faire, la tierce
partie doit premièrement s’assurer qu’un climat de confiance règne
de nouveau. Une fois le climat de confiance rétabli, le dialogue
et la négociation peuvent prendre place et ainsi conduire à la
résolution du désaccord.
Afin d’être efficace, la médiation a de nombreux pré-requis.
Premièrement, les parties doivent être d’accord pour recourir
à la médiation et sur le choix du médiateur. Enfin, le médiateur
lui-même doit être juste et non-partisan. Sans ces conditions
le climat de confiance entre le médiateur est les parties liées
au conflit ne peut être établi. Le mandat d’un médiateur n’est
donc pas de prendre les décisions et de trouver des solutions,
mais bien de guider et d’accompagner les groupes dans la résolution
de leurs différends[5]
La médiation est un processus de résolution de conflit qui s’utilise
couramment. Ainsi, on la retrouve au niveau international pour
régler des conflits entre pays, au niveau national, pour résoudre
un différend entre deux organismes et dans la vie privée des gens
comme dans les cas de séparation. On peut aussi l’utiliser dans
les écoles afin de régler des conflits entre élèves. C’est ce
qu’on appelle la médiation entre pairs. Dans les écoles ou encore
sur les lieux de travail, la médiation entre pairs peut être une
solution attirante. En effet, la médiation entre pairs, contrairement
à la médiation, signifie que le médiateur est un égal qui provient
du même milieu que les parties. Par exemple, dans le cas des étudiants,
ce sont d’autres jeunes qui participent à la médiation. Il peut
être efficace de responsabiliser les gens de l’entourage dans
la résolution pacifique des conflits.
La négociation
- Entre deux groupes ou plus
- Pas nécessairement entre égaux (parents/enfants, employeur/employés)
- La négociation est un processus formel (se fait autours d’une
table, dans une pièce précise…)
- Le succès de la négociation dépend des qualités de chacun
et de leur bonne volonté
- Demande un climat de confiance dès le départ
- Chaque négociation est différente
L'approche de groupe
- Se fait entre généralement au sein d’un groupe (groupe d’amis,
employés d’une même compagnie,…)
- Est appropriée lorsque les gens impliqués sont des égaux
- Il s’agit d’une approche informelle que nous pratiquons dans
notre vie de tous les jours (où allons-nous manger, quel film
allons-nous voir, …)
- Demande de la bonne volonté
- Le climat de confiance doit être présent
La médiation
- Se fait entre deux groupes ou plus
- Il s’agit d’un processus formel
- Est efficace lorsque la négociation ou l’approche de groupe
ont échoué
- Exige la présence d’un médiateur (arbitre)
- Chacune des parties doit s’entendre sur le choix du médiateur
- Le rôle du médiateur est de favoriser le dialogue et de rétablir
le climat de confiance entre les parties
- Le médiateur doit être juste et non partisan
- La médiation se pratique entre parties égales et dans les
relations de pouvoir
- La médiation peut se pratiquer entre pairs
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Activités que l’on peut
faire pour apprendre à régler pacifiquement les conflits
1. Simulation de médiation: On peut
organiser des simulations où les gens doivent jouer le rôle
de médiateur et de partie prenante au conflit. Cependant,
pour être efficace une telle simulation doit se faire avec
la présence d’un professionnel.
2. Simulation d’une situation d’approche
de groupe: On peut organiser des simulations où les gens
sont en situation de conflit où l’approche de groupe est
préférable. Cependant, pour être efficace une telle simulation
doit se faire avec la présence d’un professionnel.
3. Simulation de négociation: On
peut organiser des simulations où les gens doivent jouer
le rôle de négociateur ou de partie prenante au conflit.
Cependant, pour être efficace une telle simulation doit
se faire avec la présence d’un professionnel.
4. Atelier: Organiser dans notre
milieu de travail ou à l’école un atelier qui présente des
moyens autres que la violence pour régler nos conflits.
5. Conférences: Participer ou organiser
des conférences portant sur la résolution des conflits dans
notre vie de tous les jours.
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[1] Voir la fiche qui s’intitule: Qu’est que le
Manifeste 2000? [2] Ceci est traité dans la fiche qui s’intitule:
Est-ce que la paix dans le monde est une utopie? [3] Le Petit
Robert, 1993. [4] Basic Negotiating Tip, http://www.work911.com/articles/negotiate.htm
[5] Inspiré d’un document de YouCAN préparé pour la conférence
de Mars 2000 et qui s’intitule Peer Mediation.
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