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L’ONU, organe et forum mondial
respecté sur les enjeux planétaires -- dont la paix et la sécurité
-- prend à nouveau l’initiative de presser les sociétés de s’acheminer
sur la voie de la réconciliation. C’est l’Organisation
des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
qui est responsable de la promotion de la Décennie internationale
de promotion d’une culture
de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde
(2001-2010). Cette décennie rappelle les principes de non-violence
mis en valeur avec vigueur par l’Année internationale de la culture
de la paix (AICP-2000), en insistant cette fois sur le sort tragique
de millions d’enfants dans le monde et sur la nécessité de mettre
en oeuvre des stratégies non violentes pour soulager leurs fardeaux.
Le Programme de culture de la paix (PCP) a été créé en 1994 pour
promouvoir la coexistence pacifique. C’est ce programme qui a
débouché sur la déclaration de l’Année de la culture de la paix
(2000). Constatant la popularité des principes de cette Année
et la motivation des défenseurs de la paix et de la non-violence,
l’Assemblée générale de l’ONU a instauré la Décennie internationale
de promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au
profit des enfants du monde par sa Résolution
53/25.
Le
Manifeste 2000 est une charnière déterminante entre
l’Année et la Décennie. Rédigé par un groupe de lauréats du prix
Nobel, le Manifeste a remporté une remarquable popularité tout
au long de l’AICP. Même s’il a été remis à l’automne 2000 au président
de l’Assemblée générale, M. Harry Holkeri, de Finlande, il demeure
ouvert aux signatures. Lors de sa remise à l’Assemblée générale,
60 millions de personnes l’avaient signé, s’engageant ainsi à
respecter les principes de paix et de non-violence qui y sont
exprimés. Le Manifeste assure la continuité des principes de l’Année
en les inscrivant dans la Décennie. Ainsi, la Commission nationale
pour l’UNESCO de l’Inde, a reçu 24,8 millions de signatures, tandis
que celle du Brésil en a reçu 5,9 millions. Il ne s’agit pas ici
de simples statistiques. En posant ce geste, les signataires se
sont engagés personnellement à adopter un mode de penser pacifique
et à contribuer concrètement à la poursuite des objectifs du Manifeste.
La Décennie internationale de promotion d’une culture de la non-violence
et de la paix au profit des enfants du monde n’est pas la simple
continuation de l’AICP. Le mandat qui lui est rattaché insiste
sur la nécessité pour la communauté internationale de valoriser
et de mettre en oeuvre des stratégies qui garantissent une aide
aux enfants aux prises avec des situations violentes et douloureuses.
Pour que cet objectif soit atteint, il importe que les enfants
aient la possibilité d’y participer et de centrer les interventions
sur leurs besoins réels. Il va de soi que les décideurs qui n’entendent
pas les commentaires ni les suggestions des premiers intéressés,
soit les enfants, ne pourront pas instaurer une infrastructure
efficace pour l’exécution d’activités visant à inculquer une mentalité
de non-violence. La participation des gens touchés par la violence
est nécessaire à la création de politiques et de pratiques efficaces.
L’éducation est un des secteurs
d’intervention les plus importants à ce titre. En effet, c’est
à l’école et dans les autres lieux d’enseignement que l’on acquiert
les connaissances, les compétences, les valeurs, les attitudes
et les comportements liés à la non-violence. Les valeurs et les
attitudes à l’égard de la vie énoncées dans la résolution de l’Assemblée
générale instaurant la Décennie sont considérées par l’ONU comme
au cœur des principes de la non-violence.
Les médias jouent un rôle majeur dans l’évolution et la promotion
des principes de non-violence et de paix. Surtout au cours de
la dernière décennie, le secteur des communications a connu une
véritable mutation. L’Internet
est devenu un outil bien implanté qui démocratise la connaissance
et fournit un moyen de communication individuel. L’Internet permet
particulièrement aux enfants de communiquer efficacement entre
eux, avec des organismes d’information et avec des organismes
de pression et d’élaboration de politiques partout dans le monde.
Il existe cependant des régions dans le monde où l’Internet et
l’ordinateur demeurent inaccessibles et où les gens ne sont pas
encore suffisamment outillés pour profiter de cette technologie
en plein essor. Il existe une nécessité pour les organisations
régionales et internationales de mettre en place des programmes
d’information populaire. Il importe en outre que les messages
soient adaptés aux besoins de la clientèle cible : les enfants.
Il faut aussi trouver des moyens plus diversifiés de formuler
et de mettre en oeuvre des mesures de communication efficaces.
Par la suite, il faut mettre en place des ressources et des plans
de rechange afin d’universaliser l’accès aux réseaux de communication.
La communication est essentielle pour que les gens s’organisent
et puissent mettre sur pied des groupes d’intérêt capables de
se faire entendre.
Les médias peuvent dénoncer
des problèmes considérés comme inacceptables par la société. Ce
faisant, ils peuvent devenir des agents de changement. Par exemple,
par leurs reportages, les médias peuvent s’allier à d’autres groupes
pour inciter certaines industries à améliorer leur environnement
de travail. La circulation de l’information est source de débat
et peut toujours encourager la recherche et la mise en oeuvre
de solutions visant l’éclosion d’une culture durable de non-violence.
L’Année internationale de la culture de la paix a eu l’avantage
de procurer, à des groupes comme le Parlement mondial des enfants,
une tribune légitime et bien en vue pour exprimer leurs convictions
et leurs inquiétudes grandissantes pour eux-mêmes et pour tous
ceux et celles qui, comme eux, doivent faire face aux périls d’un
monde violent. Ces jeunes ont rédigé le Manifeste des jeunes pour
le vingt et unième siècle, qui a été présenté à la Conférence
générale de l’UNESCO le 6 octobre 1999 et au Parlement canadien
le 20 avril 2000. L’Année a donné un élan au mouvement en faveur
de la paix. Il est possible d’étendre ce mouvement dans d’autres
pays en faisant participer les enfants pour leur propre bénéfice.
C’est grâce à ce genre d’intervention que la paix peut devenir
un sujet de préoccupation de l’opinion publique.
L’éclosion d’une culture de la paix durable est indissociable
de la capacité de tolérer les différences
de mentalités et d’opinions. D’autres années et décennies désignées
par l’ONU se combinent ainsi à la Décennie internationale de promotion
d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants
du monde. Par exemple, il y a l’Année
des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations
(2001), dont la réussite passe obligatoirement par l’information
et la communication. Un des messages pivots de cette Année concerne
le fait que la communication est indispensable non seulement entre
les nations, mais aussi de façon interne et internationale entre
les groupes de gens ayant des liens et des intérêts communs, pour
assurer l’enracinement et l’épanouissement d’une culture de paix
et de tolérance.
Les principes fondamentaux de l’Année internationale de la culture
de la paix continuent d’avoir cours et ont été confirmés avec
l’inauguration de la Décennie internationale de promotion d’une
culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants
du monde. La sensibilisation
à la non-violence est indispensable à l’avancement d’une culture
de la paix pendant la première décennie du nouveau millénaire.
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