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Prises de position

Déclaration au sujet de la menace de guerre contre l'Irak (le 29 janvier 2003)

À la suite de la remise du rapport des inspecteurs en armement du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Association canadienne pour les Nations Unies demeure profondément inquiète des conséquences d'une guerre contre l'Irak. Plus précisément, une action militaire unilatérale se fondant sur une doctrine de prééminence enfreint les principes mêmes sur lesquels s'érigent les Nations Unies et risque de mettre en péril notre système de gouvernance mondiale. Seules les Nations Unies peuvent, en vertu de leur mandat, légitimer une intervention armée contre l'Irak et cette décision doit être justifiée par une agression claire et sans équivoque de la part de l'Irak.

Sans aucun doute, une guerre contre l'Irak menacerait sérieusement la sécurité humaine de millions d' iraquiens, en particulier les femmes et les enfants. Le mouvement de réfugiés qui en résultera déstabilisera encore davantage cette région déjà instable. Si le gouvernement iraquien est renversé par un effort de guerre, le vide ainsi créé pourrait entraîner des menaces encore plus sérieuses à la sécurité humaine et des répercussions graves qui mineront, dans l'avenir, à la fois la lutte contre le terrorisme et la stabilité internationale.

Par conséquent, la guerre ne doit être sanctionnée que si toutes les autres solutions pacifiques ont été tentées. C'est dans le but d'éviter le pire des scénarios que l'ACNU fait les recommandations suivantes :

- Les inspecteurs en armement de l'ONU doivent disposer du temps et des ressources adéquates pour mener à bien, et de manière approfondie, leur mission. Ce n'est qu'une fois le rapport complet compilé que la portée réelle de la menace posée par l'Irak ne pourra être évaluée et que les façons d'y réagir ne pourront être définies.

- Les solutions diplomatiques, telles que celles employées en Corée du Nord, doivent être utilisées comme des moyens de réduire la tension de la rhétorique et de désamorcer le conflit.
- Plutôt que d'opter pour la guerre, le Conseil de sécurité doit examiner d'autres options afin de tenir Saddam Hussein responsable du non-respect des droits de la personne et de la coopération internationale, ainsi que de sa violation possible de la résolution 1441. Cela comprend le recours aux " sanctions intelligentes " ciblées imposées à l'élite gouvernementale.

- Les organisations non gouvernementales qui œuvrent en Irak et dans la région devraient être intégrées au processus visant à trouver des solutions pacifiques à la situation actuelle. Ces organisations ont bien souvent une compréhension profonde de la situation régionale, des effets potentiels d'une guerre et des issues possibles quant à la résolution du conflit.
- Le Canada doit jouer un rôle de premier plan en demandant la tenue d'une réunion spéciale de l'Assemblée générale, dont le but sera de tenter de résoudre la crise par des moyens qui seront conformes à la Charte des Nations Unies.


En 1945, lorsque les Nations Unies furent constituées, un système de sécurité collectif fut mis sur pied afin d'empêcher que les horreurs de la guerre vécues au cours de la Deuxième guerre mondiale ne se répètent. Pour être efficace, ce système a besoin de l'appui et de l'adhésion de tous les états membres de l'ONU et il est aujourd'hui sérieusement en péril. L'Association canadienne pour les Nations Unies fait appel au Canada et tous les états membres de l'ONU de réaffirmer leur appui aux Nations Unies comme mécanisme légitime de résolution des crises internationales.