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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Poser le fondement de la démocratie

L’accès à Internet : droit du citoyen et fondement de la liberté en Estonie

Dans ce petit pays limitrophe de la Russie et de la mer Baltique qu’est l’Estonie, les citoyens ont vu leur Parlement leur accorder un nouveau droit : l’accès garanti à Internet. Plus d’un Estonien sur dix utilise Internet, soit une proportion plus élevée qu’en France ou en Italie. Désireux de développer le potentiel d’un pays aux ressources limitées, les dirigeants ont choisi de miser sur le capital humain. En effet, depuis la chute de l’Union soviétique et à cause de l’instabilité des marchés, certaines communautés de ce pays isolé ont vu baisser les revenus qu’elles tiraient de l’agriculture et de la pêche.

La surexploitation de l’environnement en vue d’un gain rapide, causée par l’exploitation désordonnée des ressources forestières, et l’exode des jeunes sont certains des problèmes que l’on tente de résoudre avec des projets informatiques comme le programme Tiger Leap. Dans ce pays où existe un fort taux de chômage, l’accès à Internet est un moteur du développement économique. Comme le géographe Toomas Kokovkin, qui produit des cartes numériques de grande qualité pour ses clients suédois, d’autres professionnels peuvent maintenant travailler depuis l’île reculée de Hiiumaa.

Poser le fondement de la démocratie

Démocratie et accès à l’information vont de pair. Grâce à l’informatique, un pays aussi isolé sur le plan géographique que l’Estonie, qui vient de sortir d’un régime communiste, et disposant de peu de ressources pour participer pleinement à l’économie mondiale, se retrouve au centre du monde.

 Le projet Tiger Leap, qui a été lancé en 1997 par le président du pays en personne, Lennart Meri, est un des programmes clés implantés en Estonie pour le développement des technologies de l’information. La Fondation Tiger Leap réunissait le ministère de l’Éducation et des entreprises d’informatique en vue de la création d’une infrastructure pour le développement des technologies de l’information en Estonie. Le programme Tiger Leap a amené beaucoup de changements et de bienfaits dans la vie de la population.

Divers ministères du pays utilisent Internet pour promouvoir la transparence de l’administration et accroître la participation des citoyens à la vie publique. Plus de 280 services publics sont offerts par Internet. Le ministère des Finances publie quotidiennement les comptes de l’État par Internet. L’objectif ultime du président est d’en arriver à la création d’un « gouvernement virtuel » pour réduire les effectifs de la fonction publique.

En Estonie, les entreprises du secteur informatique collaborent étroitement avec le gouvernement. Des consultants en informatique sont invités à participer aux réunions du Cabinet et jouent un rôle de guide à la lumière de l’importance prise par les technologies de l’information dans le développement du pays. Quand on sait que 85 % de la population, selon les estimations, utilise Internet pour faire des transactions bancaires, il est évident que les Estoniens se sont vus assurer un accès aux technologies de l’information. Tous les coins du pays sont en train d’être connectés, des cybercentres de visite s’ouvrent partout et des fermes sont converties en centres de visite par Internet. 

Grâce aux capitaux des pays scandinaves, voisins de l’Estonie, les entreprises de conception de pages HTML ainsi que les autres entreprises informatiques poussent comme des champignons. Une nouvelle école d’informatique vient d’ouvrir à Tallinn, offrant aux jeunes une formation de qualité et des possibilités d’emploi dans leur propre pays.

Informatique et développement : la participation du PNUD

Le PNUD était un des parrains de la campagne Tiger Leap lancée par le président Meri en 1997. Le PNUD a aussi joué un rôle de premier plan dans l’ouverture des quatre premiers centres publics d’accès Internet. Plus de 300 centres publics seront ouverts d’ici 2002. En tant que consultant, le PNUD a également apporté son expertise et fait preuve d’initiative dans la production d’un rapport-cadre. Ce rapport, fruit d’une collaboration avec des experts nationaux en informatique et le gouvernement, émettait des recommandations qu’on retrouve aujourd’hui dans la nouvelle loi sur les télécommunications adoptée par le pays. Comparés aux retombées de ce programme dont le succès ne se dément pas, les 200 000 $ qu’a investis le PNUD sont bien peu de choses.