Français



 

Plan du site

Aide

 

Copyright ©2002 UNA-Canada.
Site by SUM Incorporated

 

Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Prévention des conflits et des catastrophes naturelles

Historique

Le développement mondial est régulièrement entravé par des catastrophes naturelles et des crises humaines qui déséquilibrent notamment la distribution des ressources. Le PNUD cherche à atténuer les effets de ces drames. Le PNUD voit son rôle en matière de protection civile comme intimement lié au développement humain durable (DHD), sachant que les catastrophes et les conflits annulent les acquis durement gagnés du développement.

En 1991, l’Assemblée générale de l’ONU a clairement confié au PNUD le mandat d’intervenir en cas de problème spécial dans les pays en voie de développement (PVD) : guerre, inondation, sécheresse. À chaque bureau de pays du PNUD est rattaché un représentant résident qui coordonne également les interventions humanitaires du PNUD. Cette formule est particulièrement utile pour répondre aux urgences complexes et aux situations de développement spéciales. Selon la résolution 46/182 de l’Assemblée générale, le coordonnateur résident « doit normalement coordonner l’aide humanitaire du système des Nations Unies au niveau des pays. Il surveille l’état de préparation du système des Nations Unies et contribue à une transition rapide entre une situation d’urgence et une situation de développement ».

La plupart des demandes d’aide proviennent de pays subissant les conséquences d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle. En pareil cas, le coordonnateur résident concerte l’aide internationale. À ce titre, il recrute les secours d’urgence, assure le transport et l’approvisionnement des secouristes, fournit le matériel de communication et distribue l’aide internationale. Une intervention efficace requiert la mise à contribution de l’administration publique, de la société civile, des dirigeants du milieu et des partenaires du système onusien aux niveaux national et local.  

Catastrophes naturelles et catastrophes causées par l’homme 

Les inondations, les incendies, les sécheresses, les glissements de terrain et les tremblements de terre sont des catastrophes naturelles. En 1998 seulement, ces catastrophes ont causé plus de 50 000 décès. À cela s’ajoutent les catastrophes technologiques, industrielles et écologiques. Toutes ont les mêmes conséquences : pertes de vie, disparition des moyens de subsistance, destruction des infrastructures matérielles, dégradation de l’environnement.

La protection civile est un nouveau secteur d’activité pour le PNUD. Les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou causées par l’homme, touchent les plus vulnérables. Pensons aux personnes qui vivent dans des conditions spéciales de développement en raison d’une pauvreté chronique, de l’exclusion socio-économique, de l’urbanisation sauvage, des lacunes de planification et de la croissance démographique. John Rogge, directeur du Programme de gestion des catastrophes du PNUD depuis 1998, a déclaré que « la croissance démographique et la pauvreté figurent parmi les principaux facteurs expliquant la multiplication et l’aggravation des catastrophes, qui tuent des humains et des bêtes d’élevage, détruisent les cultures et dévastent les maisons, les écoles et les centres sanitaires »

Les objectifs généraux du PNUD en matière de protection civile sont les suivants :

  • Réduire les risques de catastrophes et protéger les acquis du développement.
  • Réduire les pertes de vie et préserver les moyens de subsistance.
  • Veiller à ce que les mesures de reconstruction soient orientées en fonction du développement humain durable (DHD).

La Division des interventions d’urgence (DIU) est un service du PNUD. Elle compte deux directeurs, soit un à New York et l’autre à Genève. La DIU procure une aide sur le terrain aux bureaux de pays afin d’orienter les secours d’urgence en fonction du développement. Elle fournit une réponse efficace au défi particulier que posent les conflits et les catastrophes naturelles dans un PVD en gérant les fonds de manière à favoriser la réintégration ainsi que la reprise des activités et les transformations institutionnelles après la crise. Le PNUD a mis sur pied le Programme de la prévention des catastrophes et de la reconstruction, qu’il a confié à la Division des interventions d’urgence, en mars 1998, à la lumière de son nouveau mandat visant à intervenir dans les situations de développement spéciales.

Les objectifs spécifiques du Programme de la prévention des catastrophes et de la reconstruction sont les suivants :

  • Intégrer la protection civile aux politiques, stratégies, plans et programme de développement;
  • Développer les capacités des institutions à tous les niveaux en matière de protection civile;
  • Trouver de nouvelles méthodes pour accélérer la reprise des activités après les catastrophes en favorisant l’intégration des mesures d’atténuation aux programmes de restauration et de reconstruction;
  • Bâtir des partenariats, concourir à la création de réseaux et faciliter la coopération aux niveaux international, régional et national;
  • Faciliter la conception et l’exécution d’activités de formation et de perfectionnement de qualité;
  • Promouvoir et développer les politiques et stratégies de protection civile;
  • RReprésenter le PNUD dans les forums interorganisationnels sur le sujet; 
  • Apporter un soutien substantiel direct à des programmes nationaux intégrés et multisectoriels.

Source : Programme de la prévention des catastrophes et de la reconstruction (Disaster Reduction and Recovery Programme) de la DIU.

Le Programme de formation à la gestion des catastrophes de l’ONU, pour encourager la coopération internationale

Le Programme de formation à la gestion des catastrophes de l’ONU a été adopté en 1998 conformément à l’objectif du PNUD visant à protéger les acquis du développement. À la fin de 1999, 29 pays ont reçu 12,8 millions $US pour la protection civile. Ces fonds étaient destinés aux institutions, à la formation et à l’élaboration des politiques, et ils encourageaient la coopération régionale ainsi que les démarches de reconstruction.

PNUD – Le conflit, résultat d’un problème de développement

Les conflits résultent souvent d’un problème de développement et de la distribution inégale des ressources. Partout dans le monde, on voit éclater des conflits internes dévastateurs. Selon Choices, la revue du PNUD portant sur le développement humain, la guerre civile-génocide du Rwanda a tué un million de personnes en 1994. On peut lire dans la même revue que la guerre entre Serbes et Musulmans, en Bosnie-Herzégovine, de 1991 à 1995, a fait de 150 000 à 250 000 morts. Le PNUD a pris des moyens pour que l’on tienne compte des impératifs du développement dans la planification des secours d’urgence après les conflits, de même qu’il a intégré la protection civile à sa stratégie de développement.

Réintégration

Le PNUD a instauré d’importants programmes de réintégration dans les pays ayant vécu un conflit. La réintégration est une mesure de première importance pour les populations touchées par la guerre : personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), rapatriés, ex-combattants. Le rapport de l’administrateur intitulé Meeting the challenge:  the role of UNDP in crisis, post-conflict and recovery situations, 2000-2003 indique que ces programmes sont exécutés avec l’aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de la Banque mondiale, de l’Organisation internationale du travail, du Bureau de l’ONU pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et des ONG. Les mesures de restauration, de création d’emplois et de reprise économique sont des éléments importants d’un programme de réintégration. C’est en effet la remise en état des infrastructures sociales et matérielles (écoles, logement, hôpitaux, etc.) qui mène à une reprise économique durable.

Élimination des mines terrestres

Le déminage fait partie des activités qu’il faut exécuter après un conflit et qui peuvent contribuer à la prévention de nouveaux conflits. Le rapport de l’administrateur, qui traite du rôle difficile du PNUD dans les situations de crise en 2000-2003, indique que « le PNUD se doit de jouer un rôle de chef de file dans les mesures visant à atténuer les conséquences socio-économiques de la prolifération des mines terrestres et à aider les responsables locaux à éliminer la menace qu’elles posent au retour à la normale, à la reconstruction et au développement ». Ces efforts sont dirigés par le PNUD de concert avec d’autres partenaires stratégiques dans l’exécution de programmes de déminage et autres programmes d’aide au développement. Le PNUD travaille en étroite collaboration avec le Service d’action contre les mines des Nations Unies.

Du pain sur la planche

Le PNUD pourrait encore améliorer ses résultats dans les situations spéciales de développement comme les conflits ou les catastrophes naturelles. Il reconnaît d’ailleurs la nécessité d’apporter des améliorations internes et externes. Dans l’avenir, le PNUD s’emploiera à :

  • consolider le réseau des coordonnateurs résidents et coordonnateurs des interventions humanitaires;
  • multiplier ses partenariats avec les organisations et institutions importantes;
  • perfectionner ses activités de prévention;
  • concerter les activités d’intervention suivant les conflits et les catastrophes dans le cadre des programmes de relance;
  • renforcer sa propre capacité d’intervention.

Le PNUD adopte donc en matière de protection civile une approche globale fondée sur un appui accru au Réseau des coordonnateurs résidents des Nations Unies dans tous les pays. Cette approche comprend planification commune, évaluation locale des besoins et capacités, répartition concertée du travail et financement souple des programmes de transition.

Dans son plan opérationnel 2000-2003, l’administrateur du PNUD traite de la nécessité des partenariats. De fait, le partenariat avec les grandes organisations et institutions est essentiel dans les situations de crise, qui peuvent mettre des vies en péril et compromettre les acquis du développement. Ainsi, on peut atteindre les objectifs du développement humain durable grâce à partenariats bien ciblés. L’administrateur du PNUD a mentionné des partenariats importants avec des acteurs multilatéraux et internationaux, comme la Banque mondiale, en plus des intervenants non étatiques et des organisations de la société civile.

La volonté du PNUD visant la création de partenariats stratégiques entraînera des alliances avec d’autres services comme le Département des affaires politiques, le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) du Secrétariat des Nations Unies, ainsi qu’avec d’autres organisations comme le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

On pourrait citer comme exemple de partenariat stratégique exceptionnel le projet « Premier sur le terrain » annoncé en 2000. Ce projet porte sur la fourniture de matériel de communication dans les opérations de secours en situation de catastrophe. Il a vu le jour grâce à un partenariat entre Ericsson, société de télécommunications, et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) de l’ONU, pour le système onusien. Le PNUD a joué un rôle déterminant dans la conception d’un plan d’activités avec le BCAH pour ce projet. Ce plan décrit les ententes de coopération à l’échelle mondiale et nationale. Un groupe de travail sur les télécommunications d’urgence assure la poursuite du partenariat.

PNUD – La prévention à l’échelle nationale

Bangladesh — Crues dévastatrices

En 1998, le PNUD est intervenu pour atténuer les effets d’inondations prolongées qui touchaient plus des deux tiers des provinces du Bangladesh. Cette catastrophe a détruit l’infrastructure sociale, économique et matérielle de la région. Elle a démoli plus de 353 000 maisons et en a endommagé plus de 1,2 million d’autres. Les flots ont emporté 800 000 hectares de cultures, 9 160 km de routes et 1 800 écoles. Les maladies d’origine hydrique se sont mises à frapper la population. Voyant la sécurité alimentaire et les conditions de vie menacées, l’ONU a réagi en allouant 1,16 million de dollars aux victimes. Mais surtout, le PNUD vise à renforcer la capacité du gouvernement à réagir aux catastrophes et à intégrer la protection civile à ses programmes de développement.

Mozambique – Stratégie de protection civile

Le PNUD est un des principaux partenaires des pays qui souhaitent intégrer la protection civile à leurs programmes nationaux. Le Mozambique est un de ceux-là. En mai 2000, 15 millions de dollars américains puisés à même les 450 millions obtenus dans le cadre d’une campagne visant à aider le Mozambique à se relever d’une inondation ont été affectés à des mesures visant à réduire la vulnérabilité du pays aux inondations, aux sécheresses et aux cyclones. Selon le représentant résident et coordonnateur du PNUD au Mozambique, Emmanuel Dierckx de Casterle, « la coopération régionale est indispensable à la protection civile car plusieurs des grands fleuves d’Afrique australe prennent leur source dans les pays voisins et se déversent au Mozambique ». La stratégie de protection civile du Mozambique comprend un système intégré d’annonce de crue, des plans antisinistres, l’amélioration des moyens de communication locale et l’information des populations habitant les zones les plus menacées.

Formation en gestion du déminage

Le PNUD exécute des programmes de formation et d’information des gouvernements nationaux qui veulent combattre les effets dévastateurs des mines terrestres sur le développement. Les mines terrestres non seulement menacent la vie des civils après la fin des conflits, mais elles empêchent en outre la restauration des infrastructures sociales et matérielles. Le Newsfront du PNUD du 27 septembre 2000 traite d’un cours sur la gestion du déminage offert au R.-U. afin de développer les capacités nationales.

Le cours de huit semaines, offert par la Cranfield University (Royaume-Uni), a rassemblé seize participants de treize pays, soit l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, la Croatie, la Jordanie, le Laos, le Liban, le Mozambique, la Somalie, le Tchad, la Thaïlande et le Yémen. « Le développement des capacités nationales est le premier objectif de ce cours », a déclaré le chef d’équipe responsable de l’action contre les mines à la Division des interventions d’urgence du PNUD, Ian Mansfield. Les gestionnaires des programmes d’action contre les mines ont ainsi pu parfaire leurs connaissances dans les domaines de la planification, de la rédaction de propositions, de l’informatique et de la gestion financière, toujours en fonction des programmes de déminage. Tous les gestionnaires ont préparé un modèle de plan national de déminage.

Rapport mondial sur la vulnérabilité

Le PNUD prépare un rapport mondial sur la vulnérabilité qui portera sur le développement des capacités des gouvernements nationaux en matière de protection civile. Depuis vingt ans, trois millions de personnes ont perdu la vie en raison de ces catastrophes naturelles, qui occasionnent des coûts de plus de 90 milliards de dollars US par année. Le rapport devrait être publié en 2001 et comprendre un indice mondial de la vulnérabilité. Cet indice comparera le degré de risque des pays, présentant notamment leurs vulnérabilités sociales et économiques.