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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme Pauverté Le problème de la pauvreté des masses Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le niveau de vie de beaucoup de populations dans le monde s'est amélioré de façon sensible. Toutefois, des centaines de millions d'autres n'ont pas eu cette chance. Pour elles, la vie n'est encore que privation et désespoir, et le chômage ou le sous-emploi chroniques, l'analphabétisme, la maladie, la faim et un milieu social et naturel nocif leur enlève tout espoir d'une vie productive et significative. La plupart des pauvres vivent dans les pays les moins développés du Sud, dont ils composent le quart de la population. L'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne sont des régions particulièrement désavantagées où l'on trouve un taux élevé de malnutrition infantile, un faible taux d'instruction et d'alphabétisation et une espérance de vie plus courte. De façon générale, les femmes, les enfants, les personnes âgées, et les personnes isolées socialement et géographiquement sont les plus pauvres des pauvres1. La pauvreté des masses provient en grande partie d'inégalités structurelles inhérentes à l'organisation sociale et économique à l'échelle locale, nationale et internationale. Elle est aussi à la fois cause et effet de l'échec du développement dans de nombreuses parties du monde. Un taux élevé d'analphabétisme et un faible niveau de vie, d'instruction et d'alimentation entravent la productivité et empêchent les gens d'atteindre leur plein potentiel humain ou de participer au processus de développement2. En fait, le développement est freiné lorsqu'un grand nombre de personnes vivent dans une pauvreté extrême. Dans ses efforts pour contribuer au développement durable, la communauté internationale a donc fait de l'éradication de la pauvreté une priorité importante3 . Pauvreté et Environnement La pauvreté des masses est une tragédie en raison des vies perdues qu'elle représente. Elle a aussi des répercussions importantes sur l'environnement mondial. La plupart des pauvres vivent en milieu rural et tirent leurs moyens d'existence, leurs sources d'énergie et leur nourriture des ressources naturelles. Lorsque les terres et les ressources se font plus rares, surtout lorsque la population s'accroît et de grandes aires agricoles productives sont réservées aux cultures d'exportation commerciale, ces personnes sont repoussées vers des régions de plus en plus isolées et écologiquement fragiles. Sur ces terres qui s'épuisent rapidement, elles essaient de continuer l'agriculture de subsistance, l'élevage et la recherche incessante de sources de combustible, particulièrement le bois de chauffage4. Il en résulte trop souvent la déforestation, l'érosion, l'envasement des ruisseaux et des rivières, l'inondation des basses terres et la désertification. Comme l'affirmait Maurice Strong dans le rapport du Programme alimentaire mondial publié juste avant la Conférence de Rio de 1992 (CNUED), « la pauvreté oblige les gens, pour survivre, à détruire les ressources dont dépend leur avenir. C'est un cercle vicieux dans lequel les besoins humains et la dégradation de l'environnement s'alimentent mutuellement5 ». Les pauvres sont les premiers à souffrir de la dégradation de l'environnement produit par leur propre quête de survie. L'épuisement de la terre, l'érosion, l'envasement et la crue des rivières, la désertification et la perte de biodiversité ont un effet direct sur leur existence déjà précaire. Ceux qui choisissent de fuir la pauvreté de la campagne rejoignent souvent les habitants des taudis des villes en pleine expansion. Ils y vivent dans des conditions d'insalubrité et de surpopulation où les services publics sont inadéquats ou inexistants6. Les facteurs démographiques contribuent à la pauvreté et à la dégradation de l'environnement. Les familles pauvres ont tendance à maintenir un taux de fécondité élevé pour s'assurer une force de travail suffisante pour leur survie économique, et pour prendre soin des parents âgés7. La pression exercée par ces populations nombreuses exacerbe les pénuries de terres et de combustible et accélère l'épuisement des ressources nationales et environnementales. La pauvreté des masses est plus fréquente dans les pays en voie de développement mais elle n'est pas que le lot de ces nations. Les pays en transition, comme les anciens membres du bloc soviétique, ont aussi de la difficulté à offrir des moyens d'existence durables et un niveau de vie convenable à leurs habitants puisqu'ils doivent composer avec une difficile mutation économique et politique. Dans les pays industrialisés du Nord, l'État providence qui a prévalu après la Deuxième Guerre mondiale perd du terrain aux mains d'une politique budgétaire d'austérité, ce qui entraîne une pauvreté accrue au milieu l'abondance8. Un développement qui ignore les grandes disparités de richesse et de perspectives d'avenir, et une croissance qui n'apporte pas des avantages universels, ne sont pas durables. Même dans le Nord, le développement durable est en péril si le bien-être humain n'est pas une priorité, tout comme ce doit l'être dans le Sud. Pour toutes les nations, une croissance économique durable et écologiquement viable nécessite que la réduction de la pauvreté soit mise au centre des processus d'élaboration de politiques et que ces derniers soient appuyés par une politique de dépenses publiques appropriée. À l'échelle internationale, il faudra faire des compromis pour que les pays pauvres puissent obtenir la latitude nécessaire pour placer la réduction de la pauvreté au centre de leurs efforts de développement. De nombreux pays en développement sont présentement étouffés par une dette extérieure faramineuse. Cette situation, combinée aux inégalités d'un système commercial mondial dominé par les pays industrialisés, gêne grandement leur capacité d'aider les pauvres. Sans appui sur ce point, on ne peut s'attendre à ce que ces pays fassent des progrès sensibles dans le domaine du développement durable9. Que font les Nations Unies pour répondre à ce défi? Action 21 énonce les objectifs que la communauté internationale doit poursuivre dans ses efforts pour combattre la pauvreté :
En harmonie avec ce plan d'action, le Principe 5 de la Déclaration de Rio de 1992 (CNUED) et la Déclaration de Copenhague pour le développement social de 1995, les Nations Unies font de l'élimination de la pauvreté mondiale une priorité de la plus grande importance et « un thème prioritaire du développement pour les années à venir11 ». Les Nations Unies traitent aussi la pauvreté comme une question de droits de l'homme. Selon le Rapport sur la pauvreté 1998 du Programme des Nations pour le développement (PNUD) : « Un concept multidimensionnel de la pauvreté reflète une compréhension intégrée des droits de l'homme dans laquelle les droits civils et politiques sont indissociables des droits sociaux, économiques et culturels. La pauvreté et l'injustice sont une menace à la stabilité sociale et aux droits politiques. De ce fait, la fin de toutes les formes de discrimination et de marginalisation fondées sur le statut social, le sexe, la religion, la race ou l'ethnie permettrait d'éliminer certaines des causes principales de la pauvreté12. » Dans leur travail visant à encourager la coopération internationale en vue d'intégrer la réduction de la pauvreté aux stratégies de développement durable, les Nations Unies reconnaissent ce " concept multidimensionnel de la pauvreté " et adoptent une approche globale qui traite des causes profondes de l'appauvrissement et reconnaît les multiples formes que ce dernier peut prendre. Le PNUD, " premier organe anti-pauvreté des Nations Unies ", fait une distinction importante entre la " pauvreté de revenu " (défini par le fait de gagner moins que le seuil de pauvreté reconnu, soit 1 $ par jour) et la " pauvreté humaine ", soit l'absence " de capacités humaines essentielles, comme l'alphabétisme ou la nutrition convenable ". Cette distinction reconnaît que la pauvreté n'est pas que le manque d'argent : c'est le produit des " déficits " sociaux et politiques et de l'inégalité des chances à laquelle on ne peut remédier qu'avec la coopération et la participation de tous les membres de la société13. Grâce à ses organismes et à des organisations associées, dont le PNUD, le FIDA, l'OMS, l'UNESCO, l'UNICEF, le FNUAP, l'UNIFEM, le HCR, le WFD et la FAO, les Nations Unies favorisent une approche de développement " centrée sur l'humain " qui encourage la " mobilisation sociale " afin d'aider les gens à échapper à la pauvreté et à s'affranchir des tendances et comportements qui détruisent leur environnement. L'aide fournie consiste à rendre accessible aux pauvres des soins de santé et une éducation de base, des vivres en quantité suffisante, de l'eau potable, des infrastructures d'assainissement et d'autres services gouvernementaux. On favorise activement l'autonomie des femmes et on offre l'expertise et la technologie nécessaires pour encourager les pratiques agricoles durables. Parallèlement, on aide les États à mettre en place des structures politiques ouvertes, participatives et basées sur le régime de droit. On croit que ces mesures sont indispensables pour que le développement soit équitable, durable et apte à éliminer la pauvreté extrême qui mine les efforts actuels et perpétue la destruction de l'environnement14. Les Nations Unies ont désigné les années 1996 à 2006 première Décennie des Nations Unies pour l'élimination de la pauvreté. Elles ont aussi désigné une Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté (le 17 octobre) durant laquelle se tiendront des activités publiques de sensibilisation à la pauvreté et à ses conséquences15. Page de l'ACNU sur la population. La question de la pauvreté et de ses relations avec la démographie, le développement et l'environnement est traitée dans de nombreux sites web des Nations Unies. Commencer par le site du Programme des Nations Unies pour le développement durable (http://www.un.org/esa/sustdev/) en cliquant sur « Poverty ». On y trouve des informations sur les Nations Unies et l'élimination de la pauvreté, y compris des rapports du secrétaire général. On y trouve aussi des liens vers des sites connexes. Le site des Nations Unies est assez complet si l'on veut connaître les objectifs globaux de l'organisation dans ce domaine, mais pour approfondir la question de fond, on se reportera à des publications comme les Rapports annuels du PNUD sur la pauvreté ou les Rapports mondiaux sur le développement humain (PNUD). On trouvera aussi de l'information sur la manière dont la CDD a traité le thème de la pauvreté au site de la Commission : http://www.un.org/esa/sustdev/csd.htm. Archives Nous recommandons vivement la lecture des Rapports mondiaux du PNUD sur le développement humain et des Rapports annuels sur la pauvreté. Nous recommandons aussi la lecture du chapitre 3 d'Action 21. 1 Nations Unies, Rapport
du PNUD sur la pauvreté 1998, New York, Programme
des Nations Unies pour le développement, 16, 33 env.;
PNUD, Rapport mondial sur le développement humain
1997, Paris, Économica, 1997 32, 35, 47 env.;
Maurice Strong, " The Challenge of Environment and
Development ", WFP and the Environment, Rome,
Italie, WFP, s.d., 15. |