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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Modes de Consommation

Le défi posé par les modes de consommation non durables

Jusqu'à maintenant, les modes de consommation non durables ont été en grande partie l'apanage des pays industrialisés du Nord, qui consomment toujours une part disproportionnée des richesses naturelles du monde tout en produisant une part tout aussi excessive de la pollution mondiale. Toutefois, cette dynamique est en train de changer. Voyant les pays du Sud désireux de s'industrialiser et de se développer, on cherche désespérément de nouveaux modèles de développement qui n'imiteraient pas les modes de consommation du Nord des quatre ou cinq dernières décennies, car l'universalisation de ces modes provoquerait un désastre 1.

Les modes de consommation non durables sont ceux qui consistent à gaspiller les ressources naturelles et à utiliser des modes de production sans tenir suffisamment compte de leur effet sur l'environnement, que ce soit sur le plan des rebuts ou de la consommation des ressources. Ces modes de consommation découlent des comportements du consommateur et du producteur, qui entraînent une dégradation de l'environnement comme la pollution de l'air et de l'eau, la déforestation et l'épuisement des ressources non renouvelables. Ces modes de consommation ne sont d'ailleurs possibles qu'en raison des inégalités actuelles du système commercial mondial, qui permettent aux populations des pays riches de consommer les ressources des pays pauvres, lesquels dépendent de l'exploitation massive de leurs ressources naturelles pour mettre la main sur des devises étrangères 2. Ces scénarios ne sont pas durables et il est évident que les attitudes et les comportements doivent changer.

Au même moment, les pays en développement, pour vivre la croissance, doivent consommer des quantités accrues d'énergie et de ressources. Pour ne pas exploiter sauvagement les richesses naturelles comme l'ont fait les pays du Nord, ces pays auront besoin de la coopération et de la bonne volonté des pays riches. Le système commercial mondial devra exclure les politiques susceptibles de handicaper les pays pauvres, comme le protectionnisme ou, malgré les bonnes intentions, le fait de décourager l'achat des produits qui ne sont pas suffisamment « verts » selon les normes du Nord 3. De plus, il faut mettre à la disposition des pays en développement des technologies écologiquement viables dans l'intérêt d'une production plus efficiente et moins polluante. Toutefois, pour tous les pays, la technologie n'est pas le fin mot de l'histoire. Il faut aussi s'intéresser à la demande. Les marchés doivent encourager des modes de production écologiquement viables 4.

Que font les Nations Unies pour répondre à ce défi?

Action 21, le programme d'action de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED), fait le lien entre les modes de consommation non durables et la dégradation de l'environnement et demande aux États d'élaborer des stratégies pour y remédier. Dans ce domaine, les pays industrialisés doivent prendre les devants 5.

Les grands objectifs sont énoncés comme suit :

  • Promouvoir des schémas de consommation et de production de nature à réduire l’agression environnementale et répondre aux besoins essentiels de l’humanité;
  • Mieux comprendre le rôle de la consommation et des moyens de rationaliser davantage les modes de consommation.6

Cet énoncé fait un lien entre l’activité économique durable et les objectifs généraux du développement. On souligne que " [l]a modification des modes de consommation exigera de mettre en place une stratégie à plusieurs objectifs, axée sur la demande, la satisfaction des besoins essentiels des groupes les plus défavorisés et la réduction de [sic] gaspillage et de l’utilisation de ressources limitées dans le processus de production ". Il faut modifier les attitudes et les habitudes depuis la cellule familiale jusqu’aux officines gouvernementales. Il ne s’agit pas d’abaisser radicalement le niveau de vie des personnes qui ont été privilégiées jusqu’ici, mais d’inciter le consommateur à changer son comportement et d’encourager une utilisation différente, plus réfléchie, des ressources. Il faut, partout dans le monde, " créer de nouveaux concepts de richesse et de prospérité permettant d’améliorer les conditions de vie en modifiant les modes de vie et qui soient moins tributaires des ressources limitées de la planète et plus en harmonie avec sa capacité de charge ". Les gouvernements doivent encourager l’utilisation efficiente de l’énergie, y compris " des sources d’énergie nouvelles et renouvelables " et la poursuite du développement et de l’exploitation de technologies écologiquement saines. On doit par ailleurs aider les pays en voie de développement à se doter de ces mêmes technologies. Et surtout, il faut un effort de coopération internationale.7

Sur le plan sociétal, il faut promouvoir la réduction du gaspillage, le recyclage et les produits et emballages écologiques. Les gouvernements doivent se pencher sur leurs propres pratiques et politiques. Et surtout, il faut faire le compte du coût écologique de notre niveau de vie; autrement dit, nos calculs économiques doivent tenir compte des coûts réels de l’utilisation des ressources et du gaspillage. Les ressources renouvelables, comme les minéraux et les combustibles fossiles, doivent être bien gérés pour être préservés. En somme, comme nous y invite la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, il faut " changer la nature de la croissance pour en faire un processus moins vorace en matières et en énergie et plus équitable quant aux résultats" 8.

Pour poursuivre les objectifs d’Action 21, l’ONU surveille les schèmes mondiaux de consommation et de production, repère les tendances et étudie les relations entre les habitudes de consommation et la détérioration de l’environnement. Elle encourage aussi les gouvernements des États membres à se diriger vers une utilisation plus rationnelle de l’énergie et des ressources, l’adoption de techniques écologiques, l’amélioration de la gestion des déchets, la canalisation de la demande des consommateurs et l’évaluation de l’incidence environnementale de leurs modes nationaux de production.

Les pouvoirs de surveillance des Nations Unies en matière d’habitudes de consommation échoient à la Commission du développement durable (CDD). La Commission examine les progrès à ses réunions annuelles. À sa troisième session, en 1995, la CDD a adopté un programme de travail international sur la modification des modèles de consommation et de production qui comporte des objectifs de surveillance et de lignes directrices.9

Liens

Lien vers la CDD dans le site de l’ACNU.

Lien vers le site du développement durable de l’ONU (http://www.un.org/esa/sustdev/) (en anglais seulement). Cliquer sur Consumption and Production, ce qui vous mènera à http://www.un.org/esa/sustdev/conprod.htm et vous fournira des liens, notamment vers des pages sur la technologie et l’industrie et vers le site de l’IIDD. Ce dernier est d’ailleurs très riche en informations et présente un bon nombre de définitions de schèmes de consommation et de production durables (voir Instruments for Change à http://iisd.ca/susprod/) (en anglais seulement).

Lien vers le site d’Environnement Canada. On peut faire une recherche par mots-clés en allant directement à http://www.ec.gc.ca/search_f.html.


1  Organisation de coopération et de développement économiques, Vers des modes de consommation durables : le point sur les initiatives des pays Membres, 1998, 41.
2  V. Bhaskar et Andrew Glyn, Chapitre 1, The North the South: Ecological Constraints and the Global Economy Andrew Glyn, Tokyo, United Nations University, 1995, 2.
3  OCDE, Vers des modes de consommation durables, 41, 45-47.
4  Ibid., 7, 47-48.
5  Nations Unies, Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (Action 21), Chapitre 4 @ gopher://gopher.un.org/00/con/unced/French/a21_04.txt%09%09%2B, 3.
6 Ibid., 2.
7 Ibid., 2-4. Voir aussi OCDE, Vers des modes de consommation durables, 8-22. env.
8< Ibid., 4-5; et Commission mondiale sur l’environnement et le développement, Notre avenir à tous, Genève, CMED, 1987, p. 52 env. (La traduction figurant ici peut différer de celle du document.)
9 http://www.un.org/esa/sustdev/cpp13.htm et http://www.un.org/esa/sustdev/cpp122.htm (en anglais).