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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Forêts

Le défi

« Pendant la saison des feux de forêt, les aéroports de plusieurs villes amazoniennes doivent fermer à cause des dizaines de milliers de feux, pour beaucoup allumés pour défricher des terres, qui forment un brouillardépais, parfois sur tout le bassin amazonien. »1

Sous ce brouillard s’étend le patrimoine génétique inestimable des forêts tropicales humides brésiliennes, trésor qui, une fois perdu, ne peut être retrouvé. Tout comme dans le proverbe où la partie que l’on voit n’est que la partie émergée de l’iceberg, les forêts brésiliennes ne sont qu’un élément d’une tragédie bien plus importante. D’après le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), à la fin des années 1980, les forêts tropicales humides du monde disparaissaient au rythme d’environ 21,5 hectares par minute.2 Malgré les bonnes intentions exprimées en 1992, à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), cette situation ne s’est pas améliorée. Selon Sipi Jaakkola, responsable scientifique au PNUE, au lieu de s’atténuer, la « menace qui pèse sur les forêts de la planète n’a jamais été aussi sérieuse »3. Le problème vient de ce que les pays sont toujours

incapables de concilier les programmes économiques et environnementaux, de parvenir à des modèles de développement qui favorisent la prospérité sans détruire la base des ressources écologiques indispensables à un développement durable.

Où la perte est-elle la plus importante?

C’est dans les forêts du Sud, des pays en développement, que la perte est la plus importante. Dans les pays industrialisés du Nord, les efforts de reboisement et le retour à la nature ont permis une nette amélioration au cours de ce siècle. Il ne reste plus beaucoup d’espèces différentes et de bois anciens, mais au moins, la tendance à la perte s’est arrêtée. La Fédération de Russie est une exception. L’exploitation agressive que l’on y fait du bois d’œuvre inquiète. L’Amérique du Nord possède encore une grande partie de ses forêts et des mesures de conservation sont encouragées, particulièrement dans les régions où le peuplement est ancien.4 Ce qui ne veut pas dire qu’aucun danger ne plane sur les forêts du Nord. Il y a les pluies acides et d’autres pollutions, les feux et les maladies qui endommagent tous les arbres et qui exigent des mesures de réhabilitation.

Le PNUE déclare que, dans le Sud, « les régions boisées ont diminué de moitié au cours de ce siècle ».5 Les forêts tropicales sont réduites de 11 millions d’hectares par an. L’Afrique n’a plus que 30 p. 100 de ses forêts tropicales humides. Les pays de l’Asie et du Pacifique perdent plus de 4 p. 100 des leurs par an, avec des pertes très sérieuses en Thaïlande, au Bangladesh, au Pakistan et aux Philippines. On a noté qu’au rythme d’exploitation actuel, les réserves de bois d’œuvre asiatiques ne dureront peut-être pas plus de 40 ans. L’Amérique latine et les Caraïbes sont elles aussi exposées au risque de pertes catastrophiques. Ce qui se passe dans cette région revêt une importance particulière parce qu’à la fin des années 1990, quelque 28 p. 100 des régions boisées du monde et 52 p. 100 de ses forêts tropicales se trouvaient en Amérique latine et dans les Caraïbes. Qui dit destruction des forêts tropicales humides, où vivent la moitié des espèces animales et végétales de la planète, dit destruction du « patrimoine génétique » du monde.6

Pourquoi les forêts du monde sont-elles attaquées?

Les causes du recul des zones boisées et des dégradations faites aux forêts diffèrent d’un endroit à l’autre. En général, dans les pays industriels, les dommages sont causés par des feux, le changement climatique, la pollution de l’air et des sols, les insectes et les maladies. Dans les pays en développement, la pauvreté, la croissance démographique, les politiques de développement gouvernementales, y compris la construction de routes et les déplacements des populations, les feux de forêt (souvent allumés délibérément pour défricher des terres ou brûler la végétation), et l’expansion urbaine, industrielle et agricole contribuent tous aux pertes massives de régions boisées. Ces facteurs surviennent sur fond d’inégalités et de problèmes sociaux, économiques et politiques continus.7

Globalement, c’est l’expansion agricole qui contribue le plus, et le plus immédiatement, à un déboisement massif dans les pays en développement. Les forêts reculent à mesure que l’agriculture avance (en superficie, pas en termes d’efficacité accrue, ce qui aiderait beaucoup à résoudre le problème). Les frontières agricoles s’étendant, l’exploitation non durable suit à petite et à grande échelle. Les exploitants forestiers, même s’ils sont moins directement responsables du recul des forêts que l’agriculture, contribuent à ce recul en ceci que la construction de routes pour faciliter l’exploitation (tout comme on construit des routes pour l’exploitation minière ou à d’autres fins commerciales) rend les forêts plus accessibles qu’elles ne l’ont jamais été.8 Le PNUE estime que 55 p. 100 des forêts exploitées finissent par se déboiser,9 principalement parce que des gens suivent les bûcherons dans les forêts et défrichent des terres pour les cultiver. Souvent, des grandes entreprises qui font de l’élevage fermier, par exemple, arrivent juste derrière.10

Les personnes ou les groupes repoussés dans des régions marginales par les forces économiques ou politiques appliquent trop souvent des méthodes non durables qui épuisent et dégradent les sols déboisés, ce qui les rend rapidement impropres à d’autres activités humaines. Les gens doivent alors repartir vers des terres encore plus fragiles sur le plan écologique. Le reboisement ou même des périodes de jachère assez longues permettraient à la forêt et aux sols de se régénérer, mais des impératifs économiques apparents rendent ces mesures de durabilité peu souhaitables.11

La recherche constante de combustible pour se chauffer ou pour cuisiner a des conséquences tout aussi graves. Dans les pays en développement, c’est presque toujours du bois que l’on cherche. Le bois de chauffage est surtout prélevé dans les forêts « ouvertes » (sans couvert continu), par opposition aux forêts tropicales humides, mais il en résulte quand même que plus d’arbres sont abattus ainsi que pour l’exploitation forestière.12 Dans certains pays, explique Mostafa Tolba dans son livre Saving the Planet :

« ... le bois est la principale source d’énergie. Il fournit plus de 80 p. 100 de la consommation d’énergie dans des pays comme le Soudan, le Nigéria, le Niger, l’Éthiopie, le Mali, le Népal, la Tanzanie et le Burkina Faso... À cause de la demande croissante de bois de chauffage et de l’amenuisement rapide des ressources, en 1980, environ 100 millions d’habitants des pays en développement ne pouvaient pas se procurer suffisamment de bois pour satisfaire à leurs besoins énergétiques minimaux, et près de 1,3 milliard consommaient des ressources en bois de chauffage plus vite qu’elles ne se reconstituaient. D’ici l’an 2000, en l’absence de mesures correctives, quelque 2,4 milliards de personnes seront dans l’incapacité de satisfaire à leurs besoins énergétiques minimaux ou elles devront consommer du bois plus vite qu’il ne repousse. »13

Quelles sont les conséquences du déboisement pour la planète?

Les pressions exercées sur les ressources forestières par opportunisme à court terme ont des incidences importantes à long terme. Pour des millions de pauvres dans le monde, les produits (bois et autres) des terrains forestiers représentent une ligne de vie essentielle qui leur fournit de la nourriture (végétaux et animaux), des matériaux de construction, des sources d’énergie, des produits médicinaux et des possibilités de revenu (les forêts fournissent diverses matières qui peuvent être récoltées et travaillées avant de les vendre). La survie de ces personnes est compromise par la destruction des arbres et de l’habitat qu’ils abritent. Au mieux, ils sont encore plus pauvres; au pire, ils sont contraints de rejoindre les rangs toujours plus nombreux des réfugiés environnementaux. Déjà, dit Adam Rogers dans Taking Action, des millions de personnes ont dû quitter leur foyer en Amérique centrale, dans les Caraïbes, en Afrique et en Asie, dont plus d’un million dans la seule île de Java.14

Les forêts représentent aussi un élément important de l’économie nationale dans son ensemble, car elles fournissent :

« ... de la pâte pour le papier, du bois de sciage, du contre-plaqué, des gommes, des huiles, des résines, des plantes pharmaceutiques et de nombreuses autres matières dont on a grand besoin. Dans bien des pays, ces exportations sont importantes. Une mauvaise gestion des forêts ou une gestion axée sur l’exploitation réduisent inévitablement les possibilités et se traduisent d’abord par une diminution des exportations, avant que le pays se retrouve dans une situation où il doit payer ses importations de plus en plus cher. Bien que 33 pays en développement soient actuellement exportateurs nets de produits forestiers, seuls 10 devraient l’être encore d’ici l’an 2000.15

Au-delà des produits de consommation humaine, les forêts jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’environnement local et dans sa régulation. À cause de la perte de racines d’arbres et d’humus issu de la végétation forestière, le sol n’est plus aussi capable de retenir l’eau, ce qui entraîne la modification ou la disparition de cours d’eau et des ruissellements qui provoquent des inondations dans des régions de terres basses. On a vu l’effet de ruissellements excessifs sur les habitants des vallées et des bassins hydrographiques lors des inondations catastrophiques qui ont frappé des pays comme le Bangladesh au cours des dernières décennies.16 La perte d’arbres entraîne également l’érosion des sols lorsque le sol que la croissance forestière maintenait en place est emporté par le vent ou par l’eau, laissant des terres déboisées et incultivables et des rivières, des ruisseaux, des réservoirs et des barrages envasés. Le déboisement dans les régions arides et semi-arides peut mener à la désertification lorsque la disparition de toute végétation boisée laisse le sol se dessécher et perdre sa capacité de retenir l’eau.17

À l’échelle mondiale, le déboisement risque d’avoir des conséquences catastrophiques dans les pays en développement. Les forêts contribuent à la régulation climatique en ceci que les arbres peuvent piéger les gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone, empêchant leur dispersion dans l’atmosphère terrestre.18 Chaque année, le déboisement des zones tropicales, explique Cheri Sugal dans Vital Signs 1997, libère environ 1,5 milliard de tonnes de carbone dans l’atmosphère, soit environ 19 p. 100 des émissions mondiales de carbone.19 La perte de diversité de la forêt tropicale humide peut elle aussi se révéler lourde de conséquences. Ainsi, Cheri Sugal note que :

« Plus de la moitié des médicaments délivrés sur ordonnance dans le monde contiennent des ingrédients actifs qui proviennent d’espèces sauvages et, plus particulièrement, de plantes tropicales. On estime que 80 p. 100 de la population des pays en développement recourt à la médecine traditionnelle pour ses problèmes de santé et que 85 p. 100 des médicaments traditionnels sont à base d’extraits de plantes. Cependant, au rythme où va le déboisement aujourd’hui, entre 20 et 75 espèces végétales et animales disparaissent chaque jour. D’ici 2015, 6 p. 100 à 14 p. 100 environ des espèces devraient disparaître. »20

La gestion durable est le seul espoir de sauver les forêts de la planète et les bienfaits qu’elles rapportent. Jusqu’à présent, cela s’est avéré impossible parce que de nombreux groupes ne tiennent pas compte de « la valeur économique réelle d’une forêt sur pied ». Le coût véritable de l’exploitation – érosion éventuelle des sols, perte de biodiversité et destruction de moyens de subsistance locaux, pour ne nommer que les plus immédiats – est mal évalué. « Il n’est tenu compte des services environnementaux ni dans le calcul des piètres chances de survie des très pauvres ni dans l’évaluation de la puissance numérique des très riches, explique Marc Dourojeanni dans la revue du Programme des Nations Unies pour l’environnement Choices. La pauvreté, la marginalisation, des régimes d’occupation des terres archaïques et inéquitables, et un endettement national paralysant perpétuent l’utilisation non durable des forêts, tandis que les gouvernements cherchent à progresser en repoussant les frontières au lieu d’encadrer un développement durable.21

Que font les Nations Unies pour relever le défi des forêts mondiales?

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement juge l’état des forêts préoccupant depuis un moment, et il encourage vivement la coopération internationale dans leur gestion.

La première étape concrète dans cette direction a été franchie en 1983, avec la conclusion, sous l’égide de la CNUCED, de l’Accord international sur les bois tropicaux qui prévoit une coopération entre les producteurs et les consommateurs afin de parvenir à une gestion durable des forêts. Puis est venu le Plan d’action pour la protection de la forêt tropicale, élaboré sous les auspices de la FAO, qui est une autre initiative internationale destinée à promouvoir la gestion des forêts, cette fois grâce à des approches coordonnées par les organismes des Nations Unies. Lorsque le Plan d’action s’est heurté à des perspectives et à des intérêts nationaux divergents, la FAO a demandé instamment que soit conclue une convention internationale sur les forêts liant les parties qui servirait de base à une politique future. Cette proposition a été examinée durant les préparatifs de la CNUED, où la recherche d’un consensus qui permettrait d’assurer la protection durable des forêts s’est poursuivie.22

CNUED et Action 21

À Rio de Janeiro, en 1992, la question du déboisement mondial a été présentée au chapitre 11 d’Action 21. On y fait remarquer sous forme de litote que « les politiques, méthodes et mécanismes adoptés pour soutenir et développer les rôles écologique, économique, social et culturel multiples des arbres, des forêts et des terres forestières souffrent de graves insuffisances ». Pour remédier à cette situation, il est recommandé d’adopter une « approche rationnelle et holistique du développement durable et écologiquement rationnel des forêts » qui fasse intervenir tous les paliers de la société et des gouvernements. Le principal objectif doit être la conservation et la réhabilitation par un renforcement des institutions forestières nationales, par l’encouragement de l’éducation, la promotion de la recherche, la collecte de données et des évaluations des incidences environnementales, ainsi que l’amélioration de l’administration. Au niveau international, la coopération et la coordination sont favorisées, y compris le partage de l’information et la surveillance de l’état des forêts de la planète. On espère que tous ces efforts permettront d’inverser le processus de déboisement et de renforcer la protection des forêts contre une ingérence humaine non durable. Dans tous les cas, cependant, on reconnaît « les causes sociales et écologiques sous-jacentes » de l’agriculture en mutation qui est responsable d’une bonne partie des dégâts causés aux terres peu productives. Cette activité, espère-t-on, finira par être éliminée.23

Action 21 demande aux États de calculer les coûts et les avantages des forêts et de leur exploitation :

« Faire en sorte que l’on reconnaisse davantage les valeurs sociales, économiques et écologiques des arbres, des forêts et des terres forestières, y compris les conséquences des dommages causés par l’absence de forêts; [et] promouvoir des méthodologies visant à incorporer les valeurs sociales, économiques et écologiques des arbres, des forêts et des terres forestières dans les systèmes comptables des économies nationales... »24

Ces « valeurs sociales, économiques et écologiques » doivent se refléter dans « la structure de fixation des prix des produits du bois et des autres produits fondée sur le marché... »25

Les principes relatifs aux forêts

La CNUED n’a pas donné naissance à une convention sur les forêts, mais elle a produit des Principes relatifs aux forêts, qui constituent un accord international à caractère facultatif. Les États y reconnaissent que les concepts « de gestion, de conservation et de développement durable de tous les types de forêts » doivent être intégrés dans l’équation de l’environnement et du développement ainsi que dans les efforts visant au développement durable au niveau national et international.26

Ces 15 Principes demandent que l’on « rende le monde plus vert », tout en affirmant le droit des États d’exploiter leurs ressources forestières comme ils le jugent approprié, à condition que cette exploitation ne porte pas préjudice à d’autres États et que « l’utilisation durable » soit l’objectif primordial. Il y est reconnu que les pays industriels et les pays en développement ont des défis différents à relever en ce qui concerne la durabilité des forêts, et il y est stipulé que le coût de l’intégration et de la mise en œuvre de pratiques de gestion durables doit « être partagé équitablement par la communauté internationale », concession à la réalité suivante : les obstacles financiers compliquent l’équilibre entre écologie et économie dans les pays en développement.27

Comme le chapitre 11 d’Action 21, les Principes appellent à la protection, à la perpétuation et même au renouvellement (par un reboisement actif) des diverses ressources des forêts de la planète. Le renforcement des institutions nationales et internationales et la participation de tous les paliers de la société, y compris, et sans doute tout particulièrement, des peuples autochtones et des femmes, sont également recherchés. La communauté internationale ne ferme pas les yeux sur le besoin pressant de sources de combustible dans les pays en développement. Le document dit, à cet égard, que « la contribution que peuvent apporter les plantations d'essences tant autochtones qu'allogènes à l'approvisionnement en bois de feu ou en bois à usage industriel doit être reconnue ».28

Les Principes demandent qu’aide et soutien soient apportés aux pays en développement sous forme d’aide financière destinée aux forêts, de compétences technologiques, de transferts de technologie, d’accès équitable aux marchés pour les exportations de produits forestiers et de mesures de soulagement de la dette.29 Des pratiques commerciales loyales sont jugées très importantes pour faciliter la lutte contre le déboisement. Il est donc demandé ce qui suit :

« La réduction ou la suppression des barrières et obstacles tarifaires à l'octroi d'un meilleur accès aux marchés et de meilleurs prix pour les produits forestiers à valeur ajoutée plus élevée et leur transformation locale devraient être encouragés de manière à permettre aux pays producteurs de mieux conserver et gérer leurs ressources forestières renouvelables. »30

Après Rio

Après la réunion de 1995 de la Commission des Nations Unies sur le développement durable, un groupe de travail intergouvernemental sur les forêts a été chargé de fournir des analyses et des évaluations constantes des questions relatives aux forêts. En 1997, l’Assemblée générale des Nations Unies réunie en session extraordinaire a créé le Forum intergouvernemental des forêts (FIF), qui a remplacé le groupe susmentionné. Ce Forum était une autre initiative destinée à favoriser un consensus international et des travaux vers une convention sur les forêts.31 L’Équipe de travail interorganisations sur les forêts qui relevait de l’ancien groupe de travail a été maintenue, sa mission étant d’examiner les thèmes suivants dans le cadre de la recherche de solutions au recul mondial des forêts :

  • Causes sous-jacentes du déboisement et de la dégradation des forêts;

  • Conservation forestière et zones protégées;

  • Besoins des pays à faible couverture forestière.32

La recherche continue d’un consensus

Malgré les efforts déployés par les Nations Unies pour promouvoir la conservation et protéger le milieu forestier, et malgré les Principes relatifs aux forêts de 1992, annoncés comme « un premier consensus mondial sur les forêts »33, il n’y a pas encore de véritable consensus, ce qu’illustre parfaitement l’absence continue de convention internationale sur la gestion des forêts liant les parties. Le débat très politique se poursuit, regrette M. Jaakkola du PNUE, autour de la conciliation des enjeux économiques et environnementaux. La solution n’apparaîtra que lorsque les États s’entendront sur une formule qui permettra l’exploitation tout en garantissant la densité de terres forestières nécessaire dans le monde et la biodiversité qu’elles recèlent.34

Action du PNUE en ce qui concerne les forêts

En tant que principal acteur des Nations Unies pour les questions environnementales, le PNUE prête activement assistance aux États membres sur des questions se rapportant aux forêts.35 Ces dernières années, on lui a demandé d’agir face aux feux de forêts catastrophiques au Brésil, dans la Fédération de Russie et en Indonésie, où une intervention des organisations et des secours internationaux étaient nécessaires face à une urgence environnementale.

Au Brésil, en 1997 et en 1998, la sécheresse et les feux allumés sur des terres agricoles ont déclenché des feux non maîtrisés qui ont détruit 33 000 km2 de forêts. En 1998, la sécheresse et le défrichement illicite de forêts sont considérés comme responsables de « feux de forêts immenses et non maîtrisés » en Russie orientale. À un moment donné, rapporte le PNUE, les autorités essayaient de maîtriser 94 feux simultanément. En tout, il a fallu étouffer 1 028 feux. Quelque 20 000 km2 de forêts ont disparu et les dommages à l’environnement et à divers secteurs de l’économie russe ont été énormes. Les feux qui brûlaient en Russie étaient considérés importants à l’échelle internationale à cause de leurs « répercussions éventuelles sur le climat mondial, des risques de pollution atmosphérique transfrontière... et la destruction à grande échelle de la biodiversité (y compris de nombreuses espèces présentant une importance internationale qui sont menacées d’extinction) ».36

En 1997 et 1998, l’Indonésie a elle aussi été la proie de feux catastrophiques dus à la sécheresse et au défrichage. Plus de 9 000 km2 de forêts ont brûlé et « la fumée dégagée par les incendies a touché six pays et leurs 70 millions d’habitants. Les usines, les écoles et les bureaux ont fermé. Le tourisme a beaucoup baissé dans les régions touchées. Une vingtaine de millions de personnes n’ont pas vu leur ombre parfois pendant trois semaines. »37

Il n’est guère surprenant que ces trois pays aient été incapables de maîtriser des feux d’une telle ampleur. Une aide leur a été fournie par le biais de l’équipe de réserve des Nations Unies chargée de l’évaluation et de la coordination en cas de catastrophe (UNDAC), qui a travaillé en collaboration avec les gouvernements nationaux afin de trouver la meilleure réponse face à l’urgence. Dans le cas de l’Indonésie, tout le système des Nations Unies s’est mobilisé afin d’apporter aide et secours internationaux à la région. Plus de 10 millions de dollars US ont été recueillis dans la communauté internationale et du matériel de lutte contre les incendies a été livré sur place. Pour ce qui est du long terme, les Nations Unies ont proposé de mettre sur pied en Asie du Sud-Est un système de surveillance et d’alerte rapide, de sensibiliser la population aux meilleures pratiques de défrichage existantes et à d’autres solutions, et de s’efforcer de diffuser les leçons tirées de l’expérience indonésienne.38

Liens 

Lien avec des questions relatives à la désertification et à la biodiversité sur ce site.

Lien avec le site du PNUE. Il contient des documents récents sur les activités relatives aux forêts. Cependant, il ne contient pas de documents qui donneraient un aperçu précieux ou accessible ou une bonne idée de la nature et des causes du problème.

Lien avec le site de la CDD. Voir « Forest News » au sujet des forêts et de la toute dernière réunion de la CDD : http://www.un.org/esa/sustdev/csdup54/page4.htm.

Lien avec le site de Ressources naturelles Canada. Vous y trouverez des renseignements sur les forêts canadiennes et sur les efforts déployés dans ce pays pour promouvoir la conservation et la gestion durable. Commencez à la page d’accueil, cliquez sur Ressources naturelles, puis sur Forêts. Cela vous conduira à la Stratégie nationale sur les forêts 1998-2003 intitulée « Durabilité des forêts ». Pour une explication de la façon dont le Canada gère ses forêts, voir http://www.nrcan.gc.ca/cfs/nfs/strateg/control_f.html.

Archives :

Aplin, Graeme (et coll.), Global Environmental Crises: An Australian Perspective, Melbourne :

Oxford University Press, 1995.

Brown, Lester R, Michael Renner et Christopher Flavin, Vital Signs 1997: The Environmental

Trends That Are Shaping Our Future, New York : W.W. Norton & Company, 1997.

Dourojeanni, Marc J., « Valuing the Forests Not Just the Trees », Choices: The Human

Development Magazine. 7.2 (avril 1998) 5-6.

Kolk, Ans, Forests in International Environmental Politics: International Organisations, NGOs and the Brazilian Amazon. Utrecht, Pays-Bas : International Books, 1996.

Programme des Nations Unies pour l’environnement, Global Environment Outlook, New York :

PNUE (Oxford University Press), 1997.

Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment: Reconciling Short-Term Needs With Long-Term Sustainability, Nairobi : Programme des Nations Unies pour l’environnement, 1995.

Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests. UNEP

Environment Brief No 3, Nairobi : PNUE, n.d. (années 1990).

Tolba, Mostafa K., Saving Our Planet: Challenges and Hopes, Londres : Chapman & Hall, 1992.


[1]Marc J. Dourojeanni, « Valuing the Forests Not Just the Trees », Choices: The Human Development Magazine 7.2 (avril 1998) 5.
[2]voir Adam Rogers (sous la dir.), Taking Action: An Environmental Guide for [Programme des Nations Unies pour l’environnement, UNEP Environment Brief No 3, The Disappearing Forests (Nairobi : Programme des Nations Unies pour l’environnement, n.d.) 2.
[3]voir « Statement by Mr. Sipi Jaakkola, Senior Scientific Officer, Programme des Nations Unies pour l’environnement « Forest Economy 2000 », au symposium international sur les tendances mondiales en matière de conservation des forêts sept ans après Rio, Mainz (Allemagne), 14-16 avril 1999 », à http://www.unep.org/unep/products/oed/sp99-07.htm, 1-2.
[4]Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 2; Programme des Nations Unies pour l’environnement, Global Environmental Outlook (New York : PNUE (Oxford University Press), 1997) 63, 97; et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment: Reconciling Short-Term Needs With Long-Term Sustainability (Nairobi : Programme des Nations Unies pour l’environnement, 1995) 37-38.
[5]Communiqué du Programme des Nations Unies pour l’environnement, « Message of UNEP Executive Director, Klaus Toepfer, 26-28 May [1999] at United Nations, Gigiri » à http://www.unep.org/unep/per/ipa/pressrel/r05-3199.001; et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 38.
[6] Programme des Nations Unies pour l’environnement, Global Environment Outlook, 26, 44, 45, 81; Mostafa K. Tolba, Saving Our Planet: Challenges and Hopes (Londres : Chapman & Hall, 1992) 21; et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 4.
[7]Programme des Nations Unies pour l’environnement, Global Environment Outlook, 2, 3, 35, , 63, 70, 81; Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 38; Ans Kolk, Forests in Environmental Politics: International Organizations, NGOs and the Brazilian Amazon (Utrecht, Pays-Bas, International Books, 1996) 68-70; et Tolba, 69-70.
[8]Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 1-3.
[9]Ibid., 3.
[10]Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 38.
[11]Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 3; et Adam Rogers (sous la dir.), Taking Action: An Environmental Guide For You and Your Community (Nairobi : Programme des Nations Unies pour l’environnement, 1995) 168.
[12]Ibid., 2-4; et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 38-39.
[13]Tolba, 69.
[14]Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 39-40; Tolba, 71; et Rogers, 164.
[15]Rogers, 164.
[16]Programme des Nations Unies pour l’environnement, Poverty and the Environment, 39; Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 4; Cheri Sugal, « Forest Loss Continues », Vital Signs 1997: The Environmental Trends That Are Shaping Our Future, Lester R. Brown (et coll.), (sous la dir.) Linda Starke (New York : W.W. Norton & Company, 1997) 96; et Tolba, 68, 71.
[17]Programme des Nations Unies pour l’environnement, The Disappearing Forests, 4; Tolba, 70; et Sugal 96.
[18]Tolba, 68, 71.
[19]Sugal, 96.
[20]Sugal, 97.
[21]Voir Kolk, 70; et Duorojeanni, 5.
[22]Graeme Aplin (et coll.), Global Environmental Crises: An Australian Perspective (Melbourne : Oxford University Press, 1995) 256-257; et Tolba, 73.
[23]Nations Unies, Chapitre 11, Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement [Action 21], 1-6, 13-14 à gopher://gopher.un.org:70/00/conf/unced/french
[24]Ibid., 9.
[25]Ibid., 10.
[26]Nations Unies, Annexe III [Principes relatifs aux forêts], Rapport de la Conférence des Nations sur l’environnement et le développement à gopher://gopher.un.org:70/00/conf/unced/french, titre de l’accord.
27Ibid., 2-3.
[28]Ibid.
[29]Ibid., 4-5.
[30]Ibid., 5.
[31]http://www.iisd1.iisd.ca/forests/equityf3. htm et http://www.un.org/esa/sustdev/forestsmandate.htm, 1-2.
[32]« Statement by Mr. Sipi Jaakkola », 3.
[33]Principes relatifs aux forêts, 1.
[34]« Statement by Mr. Sigi Jaakkola », 2.
[35]Programme des Nations Unies pour l’environnement, « Forest Fires in Brazil » à http://www.unep.org/unep/per/for_fire/brazil.htm, 2.
[36]Programme des Nations Unies pour l’environnement, « Forest Fires in the Russian Federation » à http://www.unep.org/unep/per/for_fire/russia.htm, 1,2.
[37]Programme des Nations Unies pour l’environnement, « Forest Fires in Indonesia » à http://www.unep.org/unep/per/for_fire/indo2.htm, 2.
[38]Ibid., 4, 5, 6.