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Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes

La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) est une commission régionale du Conseil économique et social (ECOSOC). Elle relève directement d’ECOSOC et rend compte à l’Assemblée générale des Nations Unies par son intermédiaire. La CEPALC se compose de 41 États de la région qui ont statut de membres à part entière (le Canada est membre à part entière depuis son adhésion en 1948) et de sept membres associés.

Mandat de la CEPALC

À sa création, en 1948, la Commission économique pour l’Amérique latine (les Caraïbes ont été ajoutées en 1984) a reçu pour double mission de faire en sorte d’intensifier l’activité économique en Amérique latine et de maintenir et renforcer les relations économiques des pays latino-américains, tant entre eux qu’avec d’autres pays du monde. Afin d’atteindre ces objectifs généraux, le Secrétariat de la CEPALC a défini neuf principaux domaines d’activité :

  • Fournir à la Commission et à ses organes subsidiaires des services techniques et des documents;
  • Entreprendre des études, des recherches et d’autres activités de soutien dans le cadre du mandat de la Commission;
  • Promouvoir le développement économique et social par le biais de la coopération et de l’intégration régionales et sous-régionales;
  • Réunir, organiser, interpréter et diffuser des données et des renseignements relatifs au développement économique et social de la région;
  • Offrir des services consultatifs aux gouvernements, à leur demande, et planifier, organiser et exécuter des programmes de coopération technique;
  • Définir et promouvoir une assistance technique et des projets qui correspondent aux besoins et aux priorités de la région et servir d’organisme d’exécution;
  • Organiser des conférences et des réunions de groupes intergouvernementaux et de groupes d’experts, et parrainer des ateliers de formation, des symposiums et des colloques;
  • Aider à apporter un point de vue régional relativement à des problèmes mondiaux et dans des forums internationaux, et vice versa;
  • Coordonner les activités au sein du système des Nations Unies et dans la région en ce qui concerne le développement économique et social afin d’éviter ou de réduire la répétition d’efforts.

Programmes et organismes associés

  • Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
  • Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)
  • Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)
  • Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
  • Banque interaméricaine de développement (BID)

Bref historique de la CEPALC

Depuis sa création en 1948, la Commission économique pour l’Amérique latine (puis pour l’Amérique latine et les Caraïbes) est devenue le partenaire régional privilégié pour les questions économiques, sociales et, maintenant, pour les questions touchant au développement durable. Cette évolution tient davantage à des décisions stratégiques judicieuses prises au moment de la création de la Commission et renforcées par les responsables successifs qu’à un heureux hasard.

Avant 1948, on manquant réellement des données et de recherches sur ce qui avait été réalisé dans la région et sur l’orientation future de celle-ci. Pour remédier à cette situation, la CEPALC a mis en place une méthodologie uniforme qui serait appliquée à un nouveau programme d’évaluations nationales. Après un travail statistique préparatoire indispensable, la CEPALC a lancé un programme ambitieux de recherche et de publication afin d’être en mesure de dispenser aux gouvernements nationaux des conseils pratiques en matière de politique de développement économique et social. Ainsi, aujourd’hui, la CEPALC est reconnue comme la principale source régionale de recherches et d’analyses sur l’économie et le développement. Sur le plan pratique, la CEPALC a beaucoup contribué à la formation de partenariats et à la coordination des efforts entre les programmes et les organismes de l’ONU, d’une part, et les gouvernements nationaux de la région, d’autre part.

Juste avant la CNUED, qui a eu lieu à Rio en 1992, la CEPALC a organisé une réunion régionale préparatoire à Mexico, en mars 1991. À cette occasion, elle a soumis aux membres un document sur l’avantage et la nécessité d’étudier sous un nouvel angle les questions relatives au développement économique et social. Le rapport acceptait la nouvelle approche du développement durable et cernait des caractéristiques clés régionales et mondiales dont il était nécessaire de tenir compte dans l’élaboration des politiques nationales et internationales. Les principes thématiques du rapport étaient que le développement et l’environnement ne doivent pas être considérés comme mutuellement exclusifs; que les pays en développement, tout particulièrement ceux de l’Amérique latine et des Caraïbes, sont confrontés à un ensemble de contraintes et de situations différentes par rapport au développement durable; que l’on ne peut ou que l’on ne devrait pas faire de nette distinction entre des phénomènes locaux, nationaux et mondiaux; que la durabilité doit être considérée dans un contexte mondial; que l’intégration des facteurs environnementaux dans les stratégies de développement demande une recherche systémique; et que les initiatives relatives au développement ou à l’environnement doivent être considérées ou mises en œuvre séparément. L’un dans l’autre, ce rapport annonçait les conclusions tirées au Sommet de la Terre qui sont énoncées dans Action 21.

Depuis Rio, la CEPALC a montré le chemin en réalisant ou en commanditant des études dans le domaine de l’économie et du développement, et en favorisant des partenariats entre des acteurs régionaux, des gouvernements nationaux et des instituts internationaux. Parmi les questions prioritaires de la CEPALC dernièrement, citons l’intégration de progrès techniques dans les entreprises de production, notamment les PME; la mise au point de technologies qui ne nuisent pas à l’environnement qui permettent d’utiliser les ressources naturelles de la région; l’augmentation des économies intérieures et leur orientation vers des investissements productifs; la mise en place d’un contexte institutionnel favorisant l’investissement, la croissance et la bonne gouvernance; l’investissement dans les ressources humaines, avec des améliorations du système éducatif et des services de santé; des dépenses publiques pour venir en aide aux groupes de population à faible revenu et une plus grande participation aux processus décisionnel; et le renforcement des institutions qui servent de fondation aux systèmes politiques pluralistes et participatifs.

Ces questions s’inscrivent dans un programme de travail établi par le Secrétariat de la CEPALC pour ses divisions fonctionnelles et ses partenaires. En 1998-1999, la CEPALC s’est concentrée sur les liens avec l’économie mondiale, la compétitivité et la production; l’intégration, le régionalisme ouvert et la coopération régionale; le développement productif, et technologique et l’esprit d’entreprise; les réformes et les politiques économiques et institutionnelles; les aspects sociaux sous-jacents du développement économique; les projections statistiques et économiques; les activités sous-régionales au Mexique et en Amérique centrale; et les activités sous-régionales dans les Caraïbes.

L’engagement Canadien au sein de la CEPALC

En plus d’être membre à part entière et actif de la CEPALC, à l’heure actuelle, le Canada participe principalement à la Commission par le biais du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). En s’appuyant sur l’expérience du Canada et sur ses domaines de compétence, le CRDI et la CEPALC ont conclu plusieurs ententes sur des projets de partenariat. Le premier projet porte sur la restructuration industrielle, l’innovation et la compétitivité internationale en Amérique latine. Le deuxième projet donnera le jour à une monographie sur le développement économique, social et le développement durable qui aura pour titre « Le nouveau modèle latino-américain. Le troisième projet vise à associer les connaissances et les expériences des producteurs de minéraux de l’Amérique latine et des Caraïbes avec le savoir-faire canadien dans une étude intitulée « Stratégie de développement du groupe des ressources naturelles : le cas de l’exploitation minière ». Cette étude a pour but d’accroître la productivité et la rentabilité des activités minières de la région ALC, tout en s’assurant que les dommages environnementaux seront minimes. Une quatrième étude de la CEPALC et du CRDI est en cours sous le titre : « Minga : autres approches de la gestion des ressources naturelles pour l’Amérique latine et les Caraïbes ». De manière générale, tous les projets et études commandités par la CEPALC ont pour objectif de définir les problèmes et les possibilités, ainsi que de repérer et favoriser les meilleures pratiques dans les domaines du développement socio-économique et de la protection de l’environnement.

Liens

La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes gère un bon site Web d’intérêt général. Malheureusement pour les internautes anglophones, bon nombre des rapports détaillés et des documents de la CEPALC ne peuvent être lus ou téléchargés qu’en espagnol. Voici l’adresse de la CEPALC : http://www.eclac.cl

Le site du Conseil économique et social des Nations Unies donne un bon aperçu de l’organisation d’ECOSOC ainsi que des commissions régionales et techniques, et il propose des hyperliens directs avec les sites des organes subsidiaires. L’organigramme des différents organes subsidiaires d’ECOSOC et les services de son Secrétariat sont présentés à http://www.un.org/esa/coordination/ecosoc/subsidiary.htm

Pour de plus amples renseignements sur le mandat, l’organisation et les activités du CRDI, ainsi que sur les possibilités d’emploi et de financement de recherche, voir à http://www.idrc.ca