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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Développement humain durable

Le principe 1 de la Déclaration de Rio établit que &« les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature ». Peu après la Conférence de Rio, le terme &« développement humain durable » remplace le terme plus étroit de &« développement durable » dans la plupart des discussions. Ce nouveau terme exprime la conviction que la pauvreté, l'inégalité et la croissance démographique galopante sont à la base de la crise écologique mondiale. Ainsi, le développement humain durable commence par les êtres humains, en particulier ceux qui sont marginalisés.

Dans leurs efforts de valorisation du potentiel des pays en développement en vue d'un développement durable, les Nations Unies accordent beaucoup d'attention en particulier aux groupes sociaux traditionnellement marginalisés : pauvres, femmes, enfants, handicapés et autochtones23. Le développement durable suppose un minimum pour chacun, notamment une alimentation suffisante, un logement et un emploi, de même que l'accès aux soins de santé et à l'éducation. Il requiert également le respect des droits de la personne et l'affranchissement de l'oppression et de la criminalité.

La plupart des problèmes écologiques sont directement liés à la non-satisfaction de ces besoins élémentaires. Par exemple, l'insuffisance ou la précarité des revenus conduit les personnes défavorisées à des pratiques nuisibles telles que le défrichement des forêts tropicales pour pratiquer une agriculture de subsistance ou la récolte de bois à brûler jusqu'à la destruction totale des arbres proches de l'endroit où elles vivent. L'absence de possibilités d'éducation les prive du libre arbitre et les empêche de participer aux processus décisionnels. Elle augmente aussi la pression démographique, ce qui conduit au dépassement des limites de la tolérance de l'environnement.

La participation des femmes aux efforts de développement est fondamentale, et les Nations Unies œuvrent à l'amélioration de leurs statuts économique, social et juridique. Les besoins spécifiques des enfants et des adolescents reçoivent une attention particulière, et les connaissances écologiques spécifiques des autochtones et leur compréhension de l'environnement, qui doivent être prises en compte dans les politiques de développement, sont reconnues et respectées24.

Le renforcement des capacités opéré par les Nations Unies est fondé sur la reconnaissance de l'absence, dans la plupart des pays en développement, des structures institutionnelles, politiques et culturelles élémentaires nécessaires au développement, et du fait que ce manque est à la fois la cause et la conséquence de la pauvreté. Ces pays partent pour ainsi dire de zéro. Dans ce but, les Nations Unies favorisent, entre autres, la création d'institutions compétentes, l'adoption de systèmes de gouvernement participatifs et ouverts, responsabilisés dans le processus décisionnel, et les transferts de technologie des pays développés vers les pays sous-développés. Elles encouragent également la volonté de traiter les causes sociales de la pauvreté et les efforts d'utilisation rationnelle des ressources et de gestion des déchets. Tous ces aspects allant de pair, les différents organes des Nations Unies travaillent en étroite relation.

Le rôle joué par les Nations Unies dans les efforts de développement durable ne se limite pas au tiers monde. La Commission Brundtland et la CNUED ont conclu toutes deux que le niveau de consommation des pays riches ne peut et ne doit pas devenir universel; l'écosystème n'y survivrait pas. En fait, l'écosystème des pays riches lui-même ne survivrait pas au maintien d'un tel niveau de consommation. Aussi les pays développés sont-ils encouragés à intégrer les nouveaux principes et les priorités en matière de développement durable dans leurs politiques nationales, régionales et locales, et à rester conscients des conséquences écologiques de leurs décisions à l'échelle mondiale.

De même, les pays en développement préconisent un changement des relations Nord-Sud, notamment en ce qui concerne l'économie internationale25. En effet, la domination économique des pays industriellement avancés contraint les pays les plus faibles à miser sur l'exploitation sans merci des ressources naturelles en matières premières pour pouvoir exporter, ce qui leur apporte les revenus et les devises internationales dont ils ont cruellement besoin. Prisonniers du cercle vicieux de la pauvreté, de la dette et de la dépendance, les pays en développement ne peuvent engranger les profits nécessaires pour investir dans les infrastructures, seul moyen pouvant leur permettre d'atteindre le développement durable et de réduire la dégradation de leur environnement26.


23 Governance for Sustainable Human Development, (op. cit.), pages 1-2.
24 Grubb, Koch, Munson, Sullivan et Thomson, (op. cit.), page 154.
25 Runnalls et Cosbey, (op. cit.), page 22.
26 Voir Bhaskar et Glyn, (op. cit.), page 2, et Runnalls et Cosbey, (op. cit.), page 11.