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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme Protection de l’atmosphère Séries "En Route vers le Brésil" de l’ACNU - Chapitre 2- Le climat Le climat est le résultat d’une série d’interactions complexes entre l’atmosphère, la terre et les océans. L’atmosphère terrestre est en grande partie perméable à l’énergie du soleil. Une partie de cette énergie est renvoyée dans l’espace, mais une autre partie est absorbéee par la surface de la terre et par les nuages et convertie en chaleur. Plusieurs gaz absorbent cette chaleur et, à leur tour, réchauffent l’atmosphère. Ce réchauffement ou "effet de serre" est essentiel à la vie sur terre. Sans lui, la surface de la terre serait plus froide d’environ 35 degrés et la vie telle que nous la connaissons serait impossible.1 mais au cours des dernières années, de nombreuses preuves démontrent que la terre a commencé à se rechauffer plus rapidement que jamais auparavant. Plusieurs des "gaz à effet de serre" qui contribuent le plus à la capacité de l’atmosphère d’emmagasiner la chaleur ont connu une augmentation rapide résultant des activités humaines. Une augmentation rapide pourrait entraîner des pertubations importantes des conditions climatiques et de vie sur terre. Les principaux gaz è effet de serre sont la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, le méthane et plusieurs autres, y compris les chlorofluorocarbones(CFC) -- les gaz libérés dans la production de la mousse et l’utilisation des réfrigérants. Les CFC sont doublement dangereux, car ils détruisent la couche d’ozone protectrice de la stratosphère qui empêche les rayons ultraviolets nocifs d’atteindre la surface terrestre. Les conséquences de l’amincissement de la couche d’ozone constituent une menace pour la vie à l’échelle mondiale. Elles incluent une plus grande incidence du cancer de la peau, la suppression des systèmes immunitaires du corps humain, la réduction des récoltes et l’augmentation des dangers pour la faune marine en raison de la sensibilité du phytoplancon aux rayons ultraviolets. Environ la moitié de l’augmentation des gaz à effet de serre engendrés par les humains provient du dioxyde de carbone (CO2), principalement attribuable aux combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) et au déboisement à grande échelle. La quantité de CO2 dans l’atmosphère est demeurée aux environs de 275 parties par million (ppm) pendant des milliers d’années et ce, jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle. Depuis lors, elle est passée à 350 ppm et augmente actuellement de 2,5 ppm par année.2 Selon les prévisions actuelles, le maintien de l’augmentation rapide des concentrations de CO2 pourrait entraîner une augmentation de la température moyenne de l’ordre de 0,3 degré Celsius par décennie -- une augmentation supérieure à celle que le monde a connu au cours des derniers 10000 ans de l’histoire de l’humanité. Les conséquences seraient énormes. On assisterait à une hausse importante du niveau de la mer qui serait catastrophique pour les basses terres, particulièrement si elle était accompagnée d’une plus grande probabilité de tempêtes. les îles des Caraïbes dépendent fortement de leurs plages au chapitre de l’emploi et des devises étrangères. Pourtant, ces plages n’ont en moyenne que 20 mètres de large et diminueront d’un mètre pour chaque hausse d’un centimètre du niveau de la mer. D’autres pays pourraient perdre des régions côtières où se trouve la majeure partie de leur population et de leur richesse économique. Certaines îles seraient menacées de disparition.3 Le réchauffement de la planète augmenterait également la probabilité de nouvelles sécheresses, et donc de désertification, dans des régions agricoles du monde entier. D’autre part, cela pourrait encourager l’agriculture à s’établir plus près des pôles au fil du prolongement des saisons des récoltes. La pollution de l’air constitue une autre menace à l’atmosphère terrestre et elle ne connaît ni frontières nationales ni obstacles régionaux. Les polluants de l’air tuent les arbres et les lacs et endommagent les bâtiments et les trésors culturels, parfois à des milliers de kilomètres de leur source d’origine. Les pluies acides sont un sujet de controverse entre le Canada et les Etats-Unis depuis plusieurs années. Elles constituent également un grave problème en Europe, causant tout particulièrement de graves dommages aux forêts. Cinquante millions d’hectares, soit 35% des forêts d’Europe, sont endommagés, morts ou en voie de l’être.4 Le réchauffement de la planète, la diminution de la couche d’ozone et la pollution de l’air découlent des mêmes causes: l’augmentation de la population humaine et la richesse. Elles prennent leurs sources dans l’industrialisation, les changements technologiques, la dépendance énergétique, la recherche de la croissance économique et dans une multitude d’autres moyens grâce auxquels les humains tentent d’améliorer leur qualité de vie. Progrès touchant la couche d’ozone "Le trou dans la couche d’ozone est le fusil encore fumant qui fournit une preuve réelle que les humains menacent la vie sur terre" fait remarquer Michel Oppenheimer, un scientifique du Environmental Defense Fund des Etats-Unis.5 Enraison des conséquences potentiellement désastreuse de l’amincissement de la couche d’ozone, des politiques ont été adoptées relativement rapidement pour combattre les chlorofluorocarbones (CFC) produits par l’homme etd’autres substances (par exemple les produits chimiques appelés haloalcanes utilisés pour éteindrele feu) qui contribuent largement à l’amincissement de la couche d’ozone. Pourtant, il a fallu au mains une décennie pour rétablir réaliser des progrès touchant l’amincissement de la couche d’ozone. En partie en raison des lacunes des données scientifiques, il a fallu attendre 1985 pour signer la première convention sur l’amincissement de la couche d’ozone. Depuis lors, l’augmentation des inquiétudes touchant la rapidité de l’amincissement de la couche d’ozone a mené en 1987 à la signature du Protocole de Montréal portant sur les substances qui amincissent la couche d’ozone, protocole qui appelait une réduction de 50% des émissions de CFC d’ici l’an 2000. Ce protocole est entré en vigueur le 1er janvier 1989, mais l’encre n’était pas encore sèche que les nations se réunissaient de nouveau pour tenter d’en renforcer les dispositions. Il en a résulté un accord encore plus important que 93 nations ont signé à Londres en juin 1990. Elles s’y sont engagées à mettre fin graduellement à la production et à l’utilisation des CFC d’ici l’an 2000, alors que deux autres produits chimiques à base de chlore feront l’objet de restrictions importantes.6 Par-dessus tout, un nouvel organisme international a été créé pour administrer unfonds qui servira à aider les pays pauvres à adopter des technologies ne faisant pas appel aux CFC. Ce nouveau fonds -- qui pourra atteindre 240 millions de dollars américains pour les trois premières années -- est financé par les pays industrialisés; sa création a amené d’importants pays en développement comme la Chine et l’Inde -- qui avaient refusé de signer le Protocole de Montréal -- à accepter les dispositions du protocole révisé et à recommender sa ratification leurs gouvernements respectifs. Les résultats de la Conférence de Londres auront une influence importante sur d’autres négociations touchant la protection de l’atmosphère -- et elles sont légions. Beaucoup de personnes espèrent que l’expérience acquise avec la question de l’amincissement de la couche d’ozone pourra servir de modèle pour d’autres négociations sur les changements climatiques. La question clé, c’est de savoir si les pays riches sont disposés à venir en aide aux pays en développement grâce à un financement et à des transferts technologiques à des taux inférieurs aux taux commerciaux pour assurer la mise en oeuvre de programmes concrets de prévention. Questions touchant l’amincissement de la couche d’ozone Voici certaines des quesions clés que la CNUED devra prendre en considération: trouver des moyens de contrôler le respect des ententes et des conventions internationales en vigueur; trouver des moyens d’assurer des transferts technologiques pour aider les pays en développement à respecter les normes mondiales touchant l’amincissement de la couche d’ozone, y compris la question des droits de propriété intellectuelle et des moyens de faire participer activement l’industrie. Un défi à relever Le défi que représentent le réchauffement de la planète, l’amincissement de la couche d’ozone et la pollution de l’air est essentiellement le reflet d’un conflit entre deux systèmes vastes et complexes: le système écologique de la planète et le système socio-économique. Le momentum de ces systèmes garantit déjà certains changements, même s’il est difficile de prévoir dans quelle mesure. Toutefois, les retards signifieront presque certainement que les conséquences seront plus graves et qu’elles dureront plus longtemps. Notre connaissance de la météorologie, à l’échelle mondiale, est considérable. Elle a permis d’établir des "modèles généraux de circulation", en faisant appel à des super-ordinateurs, qui donnenet des indications du climat auquel il faut s’attendre à l’échelle mondiale si les gaz à effet de serre doublent en importance au cours du prochain demi-siècle. Toutefois, ces modèles demeurent à un stade initiel de développement et la complexité du système météorologique est telle que certaines conséquences sont plus certaines que d’autres. Par example: Les prévisions touchant les variations du niveau de la mer sont probablement plus fiables que celles du climat des régions habitées; les prévisions de la température de l’air sont plus fiables que celles des précipitations; et les prévisions des changements lalitudinaux (nord-sud) sont plus fiables que celles des changements intervenants d’est en ouest à travers un continent.7 Ces écarts ne diminuent pas l’importance des modèles de circulation, mais elle met en lumière la difficulté d’établir une politique sur des prévisions climatiques qui demeurent spéculatives. Notre seule justification tient à l’énormité des problèmes auxquels nous faisons face. Fondamentalement, les changements climatiques sont causés par les pays développés et c’est d’eux que doit venir la solution. Un expert affirmait: "La direction prudente consiste à prendre certaines mesures dès le départ dans l’espoir d’empêcher les pires résultats possibles. La direction imprudente consiste àne rien faire et à attendre une confirmation plus complète des modèles."8 La profonde différence entre les pays en développement et les nations industrialisées, tant au chapitre des causes que des conséquences, vient compliquer la situation. Aujourd’hui, les pays en développement sont responsables du tiers environ de toutes les émissions de gaz à effet de serre, mais à mesure qu’augmenteront leurs populations et leur développement économique, ce pourcentage augmentera. Pourtant, la réduction des gaz à effet de serre n’est une priorité dans de nombreux pays en développement. Certains pays croient bénéficier du réchauffement de l’atmosphère en profitant de périodes plus longues et plus productives sur le plan agricole. Même si les pays en développement acceptent la gravité du défi, ils auront besoin de beaucoup d’argent, d’une main-d’oeuvre spécialisée et d’une technologie de pointe pour respecter leurs objectifs.9 Leur participation est cruciale. Toute réduction des émissions des pays industrialisés provenant de combustibles fossiles pourrait facilement être effacée par l’augmentation des émissions d’une poignée seulement de pays en développement. À elle seule, la Chine possède l’une des plus importantes réserves de charbon au monde et prévoit construire 200 nouvelles usines alimentées au charbon. Le problème n’est pas que les pays en développement peuvent empêcher d’en arriver à un accord, mais bien qu’ils peuvent refuser de signer, de ratifier ou de mettre en oeuvre un accord jusqu’à ce que leurs préoccupations économiques et autres aient été prises en ligne de compte.10 Quelle sera l’impact de la Conférence du Brésil? Les dirigeants du Groupe des 7 (les principaux pays industrialisés), lors du Sommet de Paris de juillet 1989, déclaraient dans leur communiqué final que "la conclusion d’une convention parapluie sur les changements climatiques visant à établir des principaux généraux ou des lignes directricess’imposent de toute urgence." Ayant anticipé leurs préoccupations, deux organismes des Nations Unies (l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement) ont établi, en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental pour l’étude du changement climatique, qui avait pour mandat de fournir une évaluation plus complète des données scientifiques sur les changements climatiques. Ce groupe établi trois sous-groupes, dont chacun a préparé des rapports pour la deuxième Conférence mondiale sur le climat, tenue à Genève à l’automne de 1990. Leurs conclusions indiquaient notamment que si les émissions de gaz à effet de serre demeuraient non réglementées, la température moyenne à l’échelle du globe augmenterait de trois degrés Celsius au maximum et que le niveau de la mer s’élèverait de trois quarts de mètre au maximum d’ici la fin du siècle prochain. Des négociations en vue de l’établissement d’une convention internationale sur les changements climatiques ont débuté à Washington en février 1991 sous les auspices de l’Assemblée générale des Nations Unies. En théorie, une convention cadre renfermerait l’engagement de prendre des mesures pour combattre les changements climatiques et leurs conséquences et tiendrait compte des besoins particuliers et des priorités de développement des pays en développement pour les aider à faire face aux menaces liées aux changements climatiques et à participer aux solutions. Cette convention serait suivie dès que possible par l’établissement de protocoles prévoyant des obligations supplémentaires (objectifs cibles et échéanciers). Questions touchant les changements climatiques Voici certaines des questions qui devront être traitées par la CNUED ou dans le cadre de négociations menant à la conférence ou parallèles à cette dernière:
évaluer de nouveaux mécanismes d’administration et d’application. Cela pourrait inclure un système d’échange des émissions à l’échelle internationale grâce auquel diverses compagnies auraient lec choix de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre soit dans leurs propres usines, soit en achetant les dégrèvement d’autres compagnies, selon la solution la plus économique. Questions touchant la pollution atmosphérique transfrontière Voici les grandes questions qui devront être traitées: élargir la participation d’un plus grand nombre de pays aux accords juridiques existants ou faciliter l’établissement de nouvelles ententes régionales, indépendamment de celles qui existent en Amérique du Nord et en Europe -- cela pourra s’avérer préférable à la "mondialisation" des ententes existantes; chercher des technologies pour réduire la pollution atmosphérique et améliorer l’harmonisation à l’échelle mondiale des normes techniques actuelles concernant les émissions; promouvoir de nouvelles stratégies de rendement énergétique et d’utilisation rationnelle de l’énergie et éliminer les subventions et les mesures d’encouragement économique pour les combustibles fossiles. Le défi demeure Relever le défi du rechauffement de l’atmosphère ne sera pas chose facile. Il est difficile d’en arriver à un consensus, compte tenu de l’incertitude des prévisions. Pour en arriver à une entente, il faudra trouver des réponses à deux grandes questions: 1) Lorsqu’il est question de réduire les émissions de gaz, qui doit être vertueux et à quel point? et 2) Comment les pays en développement qui signeront une entente seront-ils dédommagés? Dans le premier cas, les pays qui utilisent l’énergie de façon efficiente, comme le Japon, seront réticents à accepter les mêmes pourcentages au chapitre des réductions que les pays innaficaces comme le Canada. La Grande-Bretagne a adopté une date ultérieure, pour la stabilisation de ses émissions (2005), à celle de ses partenaires de la Communauté européene (2000). Tous les pays du tiers monde ne peuvent pas être traités de la même façon. Certains d’entre eux, comme le Brésil, avec ses forêts en flamme, dégagent une énorme quantité de gaz à effet de serre; d’autres n’en émettent pratiquement pas. Le simple fait de s’entendre sur les quantités des émissions de chaque pays sera difficile en raison de la complexité des calculs. Pourtant, le principal engagement doit venir des pays développés dont l’utilisation excessive des combustibles fossiles est la cause principale de la crise. Leur engagement à réduire leurs émissions constitue l’étape la plus importante. Il est également difficile de répondre à la deuxième question. Même si le Protocole de Montréal révisé (accord de Londres) prévoit le dédommagement des pays en développement, les Américains, qui auparavant s’opposaient le plus à cette méthode, ont déclaré sans équivoque qu’en acceptant ce principe, ils n’établissaient pas un précédent.Pourtant, le fait demeure qu’en arrivant à un accord dans les négociations sur la couche d’ozone, on a réussi à impliquer là, avaient refusé de s’impliquer. En outre, ce sera bientôt chose commune de dédommager les victimes de la pollution atmosphérique dans les pays de l’Europe de l’Est. Déjà, la Suède fournit à la Pologne une technologie visant à prévenir les pluies acides, alors que d’autres gouvernements de l’Europe de l’Ouest envisagent des ententes similaires. "Ils reconnaissent qu’un dollar investi en Euope de l’Est achète des améliorations plus marquées de la qualité de l’air qu’un dollar investi chez eux."11 Toutefois, our que des marchés soient conclus, il est clair que les négociations seront très difficiles. Face à ces défis, un spécialiste a formulé l’avertissement suivant: "À moins qu’elle ne soit submergée par un consensus public sans équivoque et durable ou par un leadership politique qui n’est pas encore manifesté, la scène politique nationale et internationale ne donnera vraisemblablement pas lieu à l’adoption de politiques importantes avant que l’incertitude entourant les changements climatiques ne soit grandement réduite etprobablement pas avant que les preuves du réchauffement atmosphérique ne soient palpables. Cette conclusion s’impose, même si le climat de la terre est susceptible de subir des changements irréversibles et certaines des prévisions s’avèrent exactes."12 Contre cette prévision plutôt sombre, le seul remède est celui qu’offre le journaliste et réalisateur canadien Boyce Richardson dans un livre récent portant un titre qui en dit long -- Time to Change (Le temps de changer). Voici l’ingrédient d’espoir essentiel qu’il propose pour l’avenir de l’humanité: "des citoyens actifs et bien informés qui obligent leurs gouvernements à faire ce qui doit être fait."13 |