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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Biotechnologie Séries "En Route vers le Brésil" de l’ACNU
- Chapitre 8-

 

La biotechnologie: Introduction

Notre planète fourmille d’organismes vivants, et une bonne partie d’entre eux sont trop petits pour être décelés à l’oeil nu. Les êtres humains ont depuis longtemps utilisé ces micro-organismes ou microbes pour améliorer leur qualité de vie depuis le début des temps. Un simple repas de pain, de fromage et de bière, par exemple est rendu possible que par les activités de microbes qui transforment le lait en fromage, produisent des gaz pour faire lever le pain et convertissent le sucre mêlé à l’orge en alcool.

Au cours des dernières années, à mesure que nos connaissances de ce monde microscopique ont augmenté, la biotechnologie--l’utilisation pratique des cellules des microbes, des plantes et des animaux--s’est imposée comme une technique capable d’apporter des avantages énormes à l’humanité:

  • augmentation de la production alimentaire;
  • réduction de la dépendance envers les fertilisants et les pesticides artificiels;
  • amélioration de la santé grâce à la création et à la production de masse de nouveaux médicaments, d’antibiotiques et d’hormones
  • contrôle de la production en faisant appel à des microbes qui peuvent dévorer les déchets dangeureux; et
  • augmentation de la capacité industrielle.

Il existe quatre types de base de biotechnologie:

  • manipulation des gènes ou technologie de recombinaison de l`’ADN;
  • manipulation des cellules ou création de substances spécifiques grâce à la fusion de cellules normales et anormales;
  • technologie de fermentation ou croissance à grande échelle d’organismes vivants et extraction de substances qui en résultent; et
  • technologie des enzymes ou production de substances qui ont la capacité d’améliorer les réactions chimiques et de former divers produits à partir de substances diverses

Chacune de ces techniques offre des possibilités illimitées d’améliorer la vie sur Terre. La manipulation génétique constitue la facette la plus spectaculaire de la biotechnologie, car elle permet de manipuler les éléments de base de la vie pour produire les caractéristiques souhaitées au niveau cellulaire. Ce n’est qu’au cours des vingt dernières années que les scientifiques ont découvert qu’ils pouvaient greffer des renseignements génétiques totalement étrangers à des microbes pour créer de nouvelles formes de vie. Dans les laboratoires du monde entier, les experts en génétique ont déjà créé des microbes pour fabriquer des douzaines de substances au potentiel inestimable comme l’insuline et de nouveaux médicaments pour combattre des maladies virales.

Toutefois, d’autres techniques de biotechnologie se sont avérées tout aussi importantes. La recherche sur la manipulation des cellules, par exemple, a ouvert la porte à la création de nouvelles récoltes qui croîtront plus rapidement et qui exigeront moins de fertilisants.

Les excitantes possibilités inhérentes à la biotechnologie s’offrent à nous en raison de l’incroyable diversité de la vie microscopique. On trouve des microbes presque partout, mêne dans les milieux les plus inhospitaliers comme la glace, l’huile et l’eau bouillante. De plus certains peuvent se nourrir de matières apparemment non nutritives comme le plastique, l’huile et même le roc solide. Cela signifie que les microbes pourraient servir à nettoyer les nappes de pétrole ou à éliminer les déchets de plastique, un matériau qui, en l’absence de la biotechnologie est virtuellement non biodégradable. On a également utilisé des micro-organismes pour dégager des métaux comme l’uranium et le cuivre de minérais de faible qualité.

Pour réaliser le potentiel qu’offre la biotechnologie, il est essentiel de préserver la diversité biologique de la planète. La diversité biologique touche la variation génétique, le nombre d’espèces et les différents éconsystèmes où elle cohabitent. Même si un certain nombre de projets de conservation ont été lancés pour préserver la diversité biologique, les ressource biologiques sont en voie de disparition à un rythme accéléré au fil de l’augmentation des comportaments néfastes (voir le chapitre 6 sur la diversité biologique).

La biotechnologie peut-elle être dangereuse?

Les promesses de la biotechnologie s’accompagnent d’un éventail de préoccupation qu’on ne peut ignorer. Même si les avantages sont évidents, les accidents de laboratoires, la mauvaise utilisation délibérée des ouvelles techniques, les interactions inattendues avec l’environnement et la création de produits ayant des conséquences dangereuses à long terme constituent des possibilités très réelles.

Il faut évaluer au préalable les risques que que poserait, par exemple, l’échappement non contrôlé des matériaux génétiques greffés sur des organismes sauvages grâce à des processus de transfert de gênes qui surviennent naturellement dans l’environnement. Il faut également évaluer, dans chaque cas, les risques et les avantages environnementaux et soci-économique.

Il faut également examiner sérieusement la possibilité que la biotechnologie serve àla mise au point d’armes de masse ou même de destruction mineure. Le Protocole de Genêve de 1925 interdisait l’utilisation des armes chimiques et des méthodes de guerre bactériologiques. À la fin des années, toutefois, on reconnaissait que les armes biologiques recelaient un potentiel de dévastation beaucoup plus important que les armes chimiques.Il en a résulté, en 1972 l’adoption de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) et à toxines. Elle exigeait aussi l’élimination des armes existantes.

En 1975, 111 États avaient ratifié la convention et 25 autres l’avaient signée, mais il reste difficile de vérifier si un pays se conforme aux modalité de la convention. En 1986, on a organisé une conférence pour étudier ces problèmes, qui touchent sustout les mesuresz reliées à la confiance. L’adoption de nouvelles mesures juridiques en ce qui a trait à la convention sur les armes biologiques dépendent du parachèvement des négociation visant l’établissement d’une convention sur les armes chimiques.

De nombreux problèmes compoliquent la mise au point d’une arme biologique. Toutefois, le fait que la recherche et le développement soient encore permis à des fins de défense et que des méthodes de vérification soient difficiles à appliquer, continuent de préoccuper la communauté internationale.

La biotechnologie et le tiers monde

Il est ironique de constater, alors que l’énorme richesse des espèces biologiques (et donc la diversité génétique requise) est surtout l’affaire du tiers monde, que c’est presque uniquement au sein du secteur privé des pays industrialisés que l’on retrouve la technologie de point, la main d’oeuvre spécialisée et les capitaqux nécessaires à la recherche. Cela pourrait facilement conduire à l’exploitation des ressources naturelles des pays en voie de développement, ce qui ne ferait qu’élargir le fossé déjà existant entre le Nord et la Sud.Pendant des années, des chercheurs ont recueilli librement des plantes sauvages et des graines pour effectuer des croisements avec certaines récoltes. Une variété de blé de la Turquie aide les récoltes de blé de l’Amérique du Nord à résister à la rouille jaune. Un gène de l’Éthiopie contribue à protéger les récoltes d’orge contre les maladies. Des substances tirées de plantes sont à la base de plus du quart des médicamanets modernes. Le National Cancer Institue des États-Unis recueille à lui seul des milliers d’échantillen de plantes chaque année provenant de l’Asie, de l’Afrique et de lAmérique latine, dans se recherche pour mettre au point de nouveau médicaments contre le cancer.

Les pays d’où proviennent ces plantes ont rarement été dédommagés, étant donné que les spécimens ont été considérés comme faisant paryie du patrimoine commun de l’humanité. Dernièrement, toutefois, le concept de droit de propriété pour les plantes acommencé à prendre de l’ampleur. Certaines nations commencent à limiter l’accès aux échantillons de plantes sauvages ou demandent un dédommagement pour leurs ressources génétiques, comme ils le font pour leur ressources minérales.

Il faut aussi tenir compte de l’impact de la biotechnologie sur les économies locales. La biotechnologie pourrait détruire les moyens de subsistancesdes producteurs traditionnels en permettant la mise au point de substitu provenant de matériaux génétiques, recueillis, dans certains cas , dans ces même pays.

Au Kenya, par exemple, le gouvernement a retiré son appui en 1982 à des programmes de biotechnologie pour la production d’alcool énergétique parce que les principaux ingrédients bruts utilisés étaient les cultures des vivrières de base. Les importations d’aliments ont grimpés en flèche pendant la période où le gouvernement a appuyé ces programmes. D’un autre côté, même si l’utilisation des cultures vivrières pour la produstion énergétiques peut entraîner des pénuries alimentaires, la possibilité de voir des récoltes plus résistantes pousser sur des terres auparavant inutilisable s aurait ultimement l’effet inverse. On ne peut que se demander quel sera l’effet à long terme de ces forces opposés. À court terme toutefois, la biotechnologie pewut avoir des conséquences néfastes sur les économies locales et nationales et poser des dilemmes importants aux gouvernements, alors qu’ils tentent de limiter les dommages pour leurs populations.

À mesure que progresseront les recherches sur la biotechnologie, l’économie mondiale sera secouée par des forces conflictuelles. À mesure que le taux de mortalité diminuera grâce aux nouveau médicaments, les populations augmenteront et avec elles les besoins en éb\nergie, en aliments et en eau potable.

Les efforts des Nations Unies

Les Nations Unies cherchent à superviser les travaux de nombreuses organisations privées, publiques et internationales qui participent au développement de la biotechnologie. Les organismes des Nations Unies fournissent un large éventail de service touchant l’interrelation de la biotechnologie et de l’avgriculture, de la santé, de l’industrie et de l’environnement. Par l’entremise de ces organismes, des programmes de gestion de l’environnement, des systèmes de production agricole et alimentaire et de sécurité, et le travail des centres de recherche microbiologique du monde entier sont examinés et améliorés. On met l’accent sur l’aide technique, l’accélération de la recherche technologique, la formation et la diffusion de l’information.

En s’appuyant sur les travaux en cours au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques, un groupe de travail inter-agence sur la sécurité dans le domaine de la biotechnologie a été mis sur pied sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, du Programme des Nations Unies pour l’environnement, de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture.

Ce groupe de travail est chargé d’accélérer l’élaboration de lignes directrices de base en matière de sécurité et de préparer un code d’éthique international. Son travail est essentiel aux travaux préparatoires de la CNUED, comme vous le constaterez en examinant les principales questions qui seront traitées et qui sont énumérés ci-après.

Questions devant être traitées à la CNUED

  • élaboration de lignes directrices de base sur la sécurité dans le domaine de la biotechnologie;
  • facilitation de l’établissement d’un code d’éthique international;
  • participation à la préparation d’un document juridique international sur la diversité biologique.

De nombreux nouveaux développements en biotechnologies ne sont pas pleinement compris (particulièrement dans toute leurs ramifications possibles) par les gouvernements, ni par le grand public. En général, les travux entrepris sans tenir suffisament compte de l’équilibre de la nature ou dont le seul motif consiste à réaliser des profits, entraînent habituellement un désastre quelconque.

Au bout du compte, les règlements, les mesures de contrôle et l’éducation sont tous des éléments importants d’une stratégie sur la biotechnologie. Mal exploitée, toute nouvelle découverte pourrait s’avérer un désatre économique et environnemental, plutôt que la bénédiction qu’elle peut sembler être à l’origine.