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Suivi de l'ONU > L'ONU et les droits de l'homme

Biodiversité Séries "En Route vers le Brésil" de l’ACNU - Chapitre 6-

La biodiversité: Introduction

Des profondeurs de l’océan aux cimes enneigées, notre mondre regorge de vie. Une multitide de plantes, d’animaux et de micro-organismes coexistent dans un écosystème complexe et dans un large éventail d’habitats naturels. Personne ne sait exactement combien d’espèces différentes d’organismes vivants partagent la terre avec nous. Environ 1,7 millions d’espèces ont été dénombrées, mais il pourrait y en avoir plus de 30 millions qui n’ont pas encore été identifiées.

Au sein de chaque espèce, il y encore plus de diversité, mesurée par l’écart entre les gênes chez les mebres d’une même population. C’est cette variation génétique qui fait en sorte que certaines roses seront rouge et d’autres jaunes, et que certains poulets seront mieux adaptés à produire de la viande et d’autres des oeufs.

La biodiversité--la variation génétique, le nombre d’espèces et les divers écosystèmes où elles coexistent--est l’un de nos plus grand trésor. Et pourtant, en dépit des efforts de concertation déployé à l’écjhelle mondiale, nos ressources biologiques disparaissent. Des écosystèmes délicats, endommagés par les pluies acides, l’élimination des déchets et la déforestration, perdent leur capacité de maintenir la vie. Les récoltes excessives et l’élimination de certaines exopêces viennent ajouter au problème. Si le taux d’extinction actuel se maintien, le quart des espèces de la planète disparaîtront d’ici la fin du siècle.

Pourquoi la biodiversité est-elle importante?

Pour de nombreux spécialistes de la conservation, il y a un impératif éthique à protéger les diverses ressources biologiques de la Terre. Au-delà de notre rôle de gardien, toutefois, il existe des raisons plus pragmiatiques qui expliquent l’importance de la biodiversité.

En agriculture, l’existence d’une diversité génétique offre la possibilité d’améliorer les variétés de plantes vivrières et de bétail et de mettre au point de "nouvelles" esopèces de récoltes. Aux États-Unis, le Département de l’agriculture estime à un milliard de dollars par année l’augmentation de la productivitédes récoltes imputables à l’introduction de caractéristiques génétiques d’espêces sucvages dans d’importantes plantes vivrières.

La diversité des plantes sauvages et des espèces animales présentes un grand potentiel pour la mise au point de nouveau médicaments. Près du quart de tous les médicaments prescrits sont issus de substances organiques qui proviennent des forêts tropicales, l’endroit qui offre la plus grande diversité biologique.

En outre, les endroits comme les parcs et les réserves natirelles, où les gens se rendent pour voir des espèces sauvages et d’autres ressources naturelles, contribuent énormément à l’économie. Des études récentes ont démontré que les activités récréatives liées aux espèces sauvages re présentent des milliards de dollars dépensés au Canada chaque années. On commance à réaliser le potentiel des pays en voie de développementd’attirer des devises étrangères en faisant la promotion de l’écotourisme, mais il reste beaucoup à faire.

La raison la plus iomportante qui justifie la conservation de la diversité biologique est peut-être que toute vie, y compris la vie humaine, dépend de notre capacité de garder la planète en santé. Tous les organismes vivants interagissent avec leur environnement de sorte que le sort d’une espèce est étroitement lié à celui des autres. Nous comptons sur nos ressources environementales pour de nombreux avantages que nous prenons pour acquis--le recyclage des substances nutritives, la purification de l’eau, le contrôle des inondations, la décomposition des agents polluants, la protection des sols, l’énergie solaire et d’autres focntion de maitien de la vie.

Lorsque la diversité biologique est compromise, le système tout entier est en état de stress alors qu’il tente de balancer la nouvelleéquation. Même un tout petit changement peut avoir des résultats imprévisibles. La perte d’une spèce, par exemple, pourrait entraîner l’augmentation d’autres espèces utilosant les mêmes ressources ou encore la diminution d’espèces qui s’en nourrissaient. Compte tenu des limites de nos connaissances actuelles, pouvons-nous nous permettre de gaspiller des ressources biologiques qui pourraient s’avérer utiles, voire essentielles?

Qu’est-ce qui menace la diversité biologique?

En dépit des efforts de sensibilisation à la nécéssité de conserver la diversité biologique, de nombreux organismes continuent d’être exposé à de nombreuses menaces engendrées par les humains. La plus grave d’entre elles est la modification des habitats, souvent reliées à des changements touchant l’exploitation des terres, à l’échelle régionale, et impliquant une réduction massive de la végétation naturelle. Ce phénomène entraîne inévitablement la diminution du nombre des espèces indigènes, ainsi que la perte correspondante de la diversité génétique et une augmentation de la vulnérabilité aux maladies, à la chasse et aux fluctuations fortuites des populations.

La majorité des circonstances entourant la modification des habitats peuvent être associées à l’augmentation des populationshumaines. Avec l’augmentation de notre population, des forêts ont été détruites et des terres humides et des marécagesont été perdusdans le but de trouver de nouvelles terres pour le bétails ou les récoltes ou le développement urbain.

Dans les forêts où de vastes espaces ont été dégagés pour fournir du bois d’oeuvre et du bois de chauffage, la régénération naturelle est susceptible de ne pas se produire parce que les graines nécessaires sont absentes et que les sols se sont dégradés. Cela est particulièrement vrai dans forêts tropicales, où les graines des espèces ont été mal dispersées, où l’étroite interdépendance avec des micro-organismes est prbablement chose cxommune et où les substances nutritives sont rapidement lessivée du sol exposé. Il en résulte une diminution des sols, des sécheresses, des inondations, des interruptions des approvisionnements en eau et un héritage de terres improductives.

Dans l’océan, les bans de coraux sont gravement menacés. Ces écosystèmes fragiles et riches en espèces sont menacés par une exploitation intensive reliée à la production de béton et par la vente commerciale de corail.

La diversité écologique n’est pas uniquement menacée par la destruction physique des habitats. De nombreux habitats ont été gravement pollués et dégradés par la contamination chimique et par une mauvaise élimination des déchets.

Les récoltes commerciales excessives ont entraîné une élimination presque complète de plusieurs espèces. Lorsque des espèces sont cueillies à un taux plus rapide que la capacité naturelle de reproduction, il y a un danger pour la diversité biologique.

Les changements climatiques constituent un autre factuer important souvent relié à la modification de l’exploitation des sols. Le réchauffement mondial de l’effet de serre aura à n’en pas douter un grave impact sur de nombreux écosystèmes.

Que peut-on faire?

Les gouvernements ont adoptés de nombreuses mesures pour faire face à différents aspects du problème, y compris des prigrammes nationaux deconservation, des conventions internationales et d’autres instruments. En Indonésie, par exemple, des amendes sont ijmposées et des permis d’exploitation forestière sont révoqués lorsuqe des compagnies coupent des arbres de plus petite taille que ne le permet la lopi ou lorsqu’elles déciment de forêts. L’Australie veut que le reste de ses forêts ombrophiles fasse partie de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui obligerait le pays à "préserver, conserver, et reboiser" les forêts et à en interdire le développement.

À la fin des années 1960, l’Inde faisait face _ une hérragie massive de sapopulation de tigres, car l’augmentation des populations humaines manaç et détruisait les derniers sanctuaires des tigres. L’Inde a relevé le défi et a lkancé en 1972 le projet Tigre.

Des conventions internationales ont été rédigées et des lois ont été adoptées ,pour protéger les tigres, qui sont devenus un symbole poiur toutes les richesses naturelles de la faune et des terres sauvages du sous-continent.

Des réserves spéciales ont été établies. Un personnel plus important et mieux entraîné a été chargé de gérer ces réserves. Les planificateurs économiques ont relevé les défis que posait la création de ces réserves et des régions forestières avoisinantes pour en faire des éléments positifs des programmes de développement économique et d’exploitation des terres. Décimer la jungle et tuer des tigres ne pouvait plus être considéré comme la marque du progrès, comme c’était le cas auparavant.

Malheureusement, il n’existe aucun programme international exhaustif visant à considérer la conservation et l’utilisation de diversité biologique comme composante du développement durable. Les programmes actuels sont fragmentés, mal financés et ne tiennent pas compte des réalités éconmomiques qui sont à la source du problème.

La triste vérité, c’est que les régions possédant la plus grande diversité biologique sont fréquemment celles qui possèdent le moins de moyens économiques pour mettre en oeuvre des programmes de conservation. La majorité des pays en développement \font face à des problèmes plus immédiats que ceux qui touchent l’environnement, comme la réduction de leur dette massive. Pour les pays biologiquement riches mais économiquement pauvres comme le Zaire, la Birmanie et l’Indonésie, utiliser leurs ressources pour générer des revenuis destinés à leurs population sans cesse croissante, voila ce qui prime.

Les efforts internationaux

La conservation de la diversitébiologique est l’objectif d’un certain nombre de convention internationales. C’est notament le cas de la Convention internationale de 1946 pour la réglementation de la chasse à la baleine (destinée à protéger toutes les espèces de baleines et à établir un système de conservation), la Convention de 1972 relative aux zones humides (pour contenir la diminution progressive des terres humides et reconnaître leur importance fondamentale pour l’écologie), la Convention du patrimoine mondial de 1972 (pour promouvoir la conservation et la préservation des sites du patrimoine), la Convention de 1973 sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction et la Convention de 1979 sur la conservation des espèces migratoire appartenant à la faune sauvage (pour protéger celles qui franchissent les frontières nationales ou migrent à proximité).

Les organismes des Nations Unies visent également la conservation et l’utilisation de la diversité biologique en améliorant l’évaluation et le contrôle des ressources génétiques et des écosystèmes. À cette fin, les Nations Unies cherchent à encourager l’adoption d’outils et de mécanismes appropriés à l’échelle nationale et internationale.

Les efforts des Nations Unies et des organismes internationaux sont guidés par les principes que renferment plusierus documents clés, notamment la Charte mondiale de la nature de 1982 et la Stratégie mondiale de la conservation de 1980. La Stratégie, qui a été un point tournant dans la conception du développement économique et de la protection de la biosphère, a été commandée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement et préparée par trois organisations non gouvernementales internationales.

La Stratégie fait de la conservation une préoccupation primaire de tout le sefcteur économique au sein du gouvernement, plutôt que la responsabilité d’un ministère distinct. Elle prévoit des politiques environnementales qui peuvent "prévoir et prévenir" plutôt que "d’agir et guérir".

Les plans d’action à l’échelle nationale visent à conserver les ressources renouvlables comme les pêcheries, les forêts et les terres cultivées; à protégerles réserves naturelles et à contrer la pollution. Les plans d’ation internationaux visent à protéger le "patrimoine commun": l’atmosphère, les océans et l’Antartique.

Malheureusement, la Stratégie ne renfermait aucune disposition pour stimuler les efforts ou contrôler les progrès réalisés. C’est peut-être pourquoi elle est appliquée de façon ponctuelle. Certains pays l’ont endossé, mais ce sont des individus et des organisations qui ont respectés ses objectifs et l’utilisent comme lkiste de contrôle pour l’élaboration des politiques.

Toutefois, près de dix ans après sa publication, il existe 54 autres stratégies en voiie d’élaboration ou déjà rédigées dans 41 pays, et l’Union internationale pour la conservation de la nature--qui a participé à rédaction de la Stratégie originale--est entrain d’établir une base de données pour les répertorier.

L’adoption et le lancement de la deuxième Stratétégie mondiale de la conservation est l’un des points les plus imporatnts à l’ordre du jour international sur le plan de la diversitébiologique, avant la Conférence des Nations Unies de 1992 sur l’environnement et le développement (CNUED), au Brésil. L’une des priorités de la nouvelle Stratégie consistera a améliorer la coordination et la mise en oeuvre des divers plans d’action, stratégies, accords et convention sur la conservation.

La conférence du Brésil

On s’attend à ce que la CNUED fournisse l’occasion d’adopter un instrument juridique international sur la diversité biologique. Le processus de négociation devant mener à l’adoption d’une convention a déjà été lancé sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Le Canada appuie ce processus; l’adoption d’une convention sur la diversité biologique pourrait être l’une des réalisations les plus iomporatnte de la CNUED. Dans un même temps, il est à espérer que la CNUED permettre d’adopter des instruments juridiques internationaux sur les changements climatiques et les forêts, instrument qui auraient également un impact important sur la diversité biologique à l’échelle mondiale.

Questions devant être traitées à la CNUED:

La CNUED pourra se pencher sur un certain nombre de lacunes qui peuvent être résumées dans les points clés suivants:

  • il faut effectuer, à l’échelle mondiale, une évaluation de la diversité biologique afin de meiux comprendre la situation actuelle et les politiques nécessaires;
  • il faut établir un plan d’action exhaustif à l’échelle nationale et internationale pour conserver la diversité biologique existante;
  • il faut apprendre à mieux connaître la valeur économique de la diversité biologique et des ressources génétiques;
  • il faut adopter des mesures d’urgence pour protéger les forêts tropicales où l’on retrouve environ 70% des espèces du globe, et plus particulièrement:
  • le Plan d’action forestier tropical demeure gravement sous-financé;
  • la déforestationdemeure un fléau important et les politiques gouvernementales de nombreux pays continuent d’encourager le défrichement des forêts, que ce soit délibérément ou par inadvertance;
  • il faut adopter une approche intégrée pour établir un équilibre entre les besoins des populations locales et la protection des ressources génétiques.

La conservation de la diversité biologique passe surtout par les activités et les comportements des êtres humains. Pour améliorer ces comportements, la perception fondamentale qui doit être corrigée lors de la CNUED est l’illusion que les pays pauvres ont avantage à exploiter aujourd’huileur ressource plutôt que de les conserver.

Le défi consiste à sensibiliser les preneurs de décisions et à faire participer les collectivités pour qu’ils réalisent que la conservation ne veut pas dire de ne pas utiliser ces ressources, mais plutôt de les utiliser de façon àles préserver et à les améliorer. Vue sous cet angle, la conservation de la diversité biologique devient un moyen de développement économique et, par-dessus tout, un moyen de garantir la vie sur Terre.