L’année 1998 marquera le cinquantenaire de la
Déclaration universelle des droits de l’homme (adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1948). Au cours des quelque 18 prochains mois, de nombreux organismes de tous les secteurs de la société s’attacheront tout particulièrement à préparer la célébration de cet important événement et à favoriser ainsi la participation communautaire, le tout devant aboutir à des activités spéciales qui auront lieu en décembre 1998.
En prévision du cinquantenaire, l’honorable Walter F. McLean et Peter-André Globensky ont mené une consultation nationale au nom de l’ACNU pour établir si les Canadiens et les Canadiennes souhaitaient souligner cette occasion spéciale. Ils ont constaté que le projet suscitait un solide intérêt tant dans les milieux gouvernementaux que non gouvernementaux dans tout le pays. Dans le rapport rédigé après la consultation, ils mentionnent 101 activités susceptibles de servir à marquer le cinquantenaire de la Déclaration. Les idées exprimées ne concernaient pas uniquement notre Association! Celle-ci a fait circuler le rapport dans les bureaux du gouvernement et auprès des organismes qui avaient participé d’une façon ou d’une autre au processus de consultation. Nous donnons plus bas des précisions sur certains des concepts et activités afin de faire naître des idées sur la manière dont vous pourriez célébrer l’Anniversaire tout en faisant mieux découvrir et comprendre la Déclaration universelle. Aucune de ces idées n’est coulée dans le béton! Et vous auriez avantage à en transmettre un bon nombre à d’autres intervenants pour qu’ils y donnent suite, au lieu de vous en charger directement. Il n’est pas nécessaire de tout faire soi-même (ce n’est sans doute pas possible, non plus). Nous pouvons cependant servir de catalyseurs pour faire agir d’autres éléments de nos collectivités. Ne soyez pas effrayés par la longueur des idées exprimées : limitez-vous à celles qui vous intéressent le plus et qui stimulent votre imagination!
Comme il s’agit là d’une priorité de l’Association en 1997 et surtout en 1998, nous demandons à chaque division de réfléchir à la façon dont elle intégrera la célébration du cinquantenaire à ses programmes. Vous devez trouver des formules adaptées à vos propres ressources et priorités, mais ce peut aussi être un dossier permettant tout particulièrement de mener des activités d’une portée élargie et de sensibiliser la collectivité.
1. Mettre à profit des activités déjà connues :
Bien que ce soit enrichissant, organiser une activité d’envergure à partir de zéro exige énormément de temps et d’efforts. Or, certaines activités ont lieu tous les ans dans chaque collectivité, et vous pourriez en profiter pour y intégrer un thème sur les droits de la personne. Pour épargner temps et travail de manière à pouvoir ensuite vous consacrer à des activités commémoratives plus particulières ou spéciales, envisagez de communiquer avec les organisateurs d’activités déjà établies pour voir si vous ne pourriez pas collaborer avec eux ou vous charger entièrement de telle ou telle activité en y intégrant le thème de la Déclaration en 1998. Voici quelques idées :
- Abordez les organisateurs d’activités existantes (par ex., la Marche de la Journée de la femme, la Journée de fierté des lesbiennes et des gais, la Semaine des aînés, etc.) pour attirer l’attention sur les droits de la personne, tant les droits de groupes précis (les femmes ou les enfants, par exemple) que ceux de la collectivité en général.
- Abordez les organisateurs des festivals locaux (multiculturalisme, arts, musique, etc.) et faites valoir auprès d’eux l’avantage d’axer leur programme sur la Déclaration des droits de l’homme. Ils ont besoin de donner des thèmes à leur saison, de toute façon!
- Adoptez la même démarche auprès des établissements culturels de votre localité. Chaque troupe de théâtre ou ensemble musical, chaque galerie ou musée a besoin de planifier une série de programmes pour sa saison 1998. Pourquoi ne pas fonder ces plans ou une partie d’entre eux sur un thème relatif aux droits de la personne ?
- L’idée vaut aussi pour les grandes manifestations locales telles que le Stampede de Calgary, les grandes foires estivales, Bal de neige ou le Festival des tulipes à Ottawa, ou encore la Semaine des vieilles maisons à Charlottetown, pour faire de la publicité sur le cinquantenaire. Demandez aux organisateurs de l’activité d’intégrer un thème sur les droits de la personne à leurs plans.
- Profitez des journées concernant indirectement les droits de la personne au cours de l’année (Journée du patrimoine autochtone, Fête du travail, Journée internationale de la femme, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale). Organiser des activités ces jours-là, ou y participer, constitue une bonne façon de mettre les droits de la personne en lumière et d’en faire découvrir de nombreux aspects au cours de l’année. Cela donne aussi aux médias un axe particulier à suivre.
- Mettez-vous en rapport avec des groupes locaux de bienfaisance; ils tiennent des réunions hebdomadaires ou mensuelles et pourraient profiter de vos idées sur les thèmes à examiner. Ce pourrait être une bonne occasion de militer pour l’ONU devant un nouvel auditoire.
2. Activités spéciales
Il y a des milliers d’activités de différents genres que l’on peut organiser pour souligner l’anniversaire de la Déclaration. Tenez une séance de remue-méninges pour choisir celles qui sont les plus indiquées dans votre localité. Voici plusieurs idées issues de la consultation; elles vous aideront peut-être sur d’autres pistes.
- Organiser une conférence ou un colloque sur la Journée des droits de l’homme (le 10 décembre), afin d’informer la population sur les droits de la personne et de donner aux médias un point de mire. À la faveur d’une conférence, vous pourriez renseigner la population sur diverses questions relatives aux droits de la personne et le faire plus en profondeur qu’au moyen de nombreuses autres activités. Cela pourrait même devenir une activité annuelle destinée à souligner l’une des plus importantes journées du calendrier de l’ONU.
- Demander à un éminent membre des milieux littéraires de parler en public de l’importance de la liberté d’expression, ou encourager la bibliothèque locale à mener un tel projet pour contribuer aux fêtes du cinquantenaire.
- Organiser un concours à l’intention des dessinateurs humoristiques ou des artistes en leur demandant de présenter des œuvres sur le thème des droits de la personne; ce peut être là un bon projet à mener en collaboration avec l’école d’art de votre localité.
- Organiser et encourager la création de murales communautaires sur les murs de propriétés publiques ou privées (après avoir obtenu les permissions nécessaires, bien sûr). Le thème : la Déclaration!
- Demander aux universités de décerner un diplôme honorifique à des militants s’étant distingués au nom des droits de la personne. Le travail de ces « apôtres » sera ainsi reconnu, et vous donnerez aussi aux médias un point de départ d’où ils pourront couvrir la question des droits de la personne.
- Organiser une série de conférences ou de réceptions sur les droits de la personne en y invitant des spécialistes de ces derniers à l’échelle locale, nationale ou internationale. Songez à inviter des universitaires, des défenseurs des droits de la personne ou des observateurs chargés de veiller au respect de ces droits, des casques bleus, des travailleurs de l’aide humanitaire, ou des membres de la commission locale des droits de la personne.
- Mettre l’accent sur des membres de la collectivité dont les droits ont été violés. Ce peut être l’occasion idéale de nouer des liens avec d’autres organismes locaux pour mener des activités avec eux. Le sort des réfugiés, surtout ceux qui viennent de pays où les droits de la personne sont bafoués, constitue à cet égard un thème ayant un rapport clair avec l’ONU. Vous prêterez ainsi main-forte à des groupes ayant besoin d’aide et mettrez en lumière les souffrances de millions de personnes subissant des violations flagrantes de leurs droits personnels; vous mobiliserez peut-être l’opinion publique en l’amenant à réclamer une promotion et une protection accrues des droits de la personne.
- Demander à des marchands-détaillants de monter dans leurs vitrines des expositions sur les droits de la personne et sur le cinquantenaire de la Déclaration. Il serait peut-être possible de transformer cette activité en concours, de manière à souligner publiquement la contribution des gagnants (et des autres participants).
- Reprendre la même idée dans des endroits publics : bibliothèques, hôtels de ville, centres communautaires, etc.
- Dresser une « fiche des résultats », comme le fait souvent le mouvement écologique, pour évaluer ce que font les gouvernements national et provincial en faveur des droits de la personne.
- Songer à des façons de rendre hommage aux héros locaux des droits de la personne, en particulier à ceux qui sont méconnus. Cela donne un thème précis aux médias et peut inciter des gens à se mettre à promouvoir les droits de la personne.
- Monter des « foires de la justice sociale », où le public peut se renseigner dans le contexte d’un festival. Nous sommes tous plus disposés à apprendre quand nous pouvons le faire dans un cadre agréable.
- Organiser la confection d’une courtepointe des droits de la personne et demander à chaque collectivité ou groupe participant de créer un morceau. Chaque morceau peut illustrer un aspect particulier de la question ou se rapporter à une personne ou à un groupe qui « a influé sur le cours des choses ».
- Concevoir un mécanisme pour désigner des personnes de votre localité qui ont fait progresser la cause des droits de la personne au Canada et à l’étranger. Demander à un jury de choisir les gagnants et de leur rendre hommage comme il convient.
3. Administration locale et groupes communautaires
De toute évidence, on peut faire beaucoup plus pour marquer le cinquantenaire si d’autres groupes se mettent aussi de la partie. Plus nous amènerons d’autres intervenants à sensibiliser toujours davantage le public au texte de la Déclaration et aux droits de la personne en général, mieux cela vaudra. Voici quelques idées-cadres sur des partenaires que vous réussirez peut-être à convaincre de prendre activement des mesures pour célébrer le cinquantenaire.
- Encouragez les municipalités à vous aider à sensibiliser l’opinion aux droits de la personne. Comme elles font souvent des proclamations, demandez-leur de consacrer des journées à des thèmes relatifs aux droits de la personne, de faire venir alors des conférenciers et de présenter des activités. Invitez-les à participer à des programmes coopératifs sur ces droits par l’entremise de leurs organismes d’affiliation tels que la Fédération canadienne des municipalités. Proposez aux localités de trouver des moyens de souligner divers aspects de la Déclaration, par exemple en profitant de dates importantes sur les plans local ou national (Journée de la femme, Journée des autochtones, Fête du Travail, etc.). Ces questions dépassent de loin le cadre du 10 décembre, et il y a dans l’année toutes sortes de dates dont le thème peut servir de point d’ancrage (si l’une ne s’y prête pas bien, une autre conviendra mieux!).
- Cherchez des façons de travailler dans une coalition d’organismes dont l’objectif commun consiste à mettre la Déclaration en lumière; chacun s’occupe alors d’activités données et/ou assume des responsabilités particulières, et l’on fait le plus de publicité possibile sur les diverses activités. Dressez une liste d’activités et transmettez-la aux membres de la coalition.
- Faites le lien avec d’autres décennies en cours (ONU) et faites valoir les rapports existant avec d’autres groupes s’intéressant à toutes ces questions. Mentionnons ici deux options évidentes : la Décennie internationale de l’élimination de la pauvreté et la Décennie internationale des populations autochtones. Il conviendrait aussi de songer aux défis qu’il y aura à relever au-delà de 1998, en établissant un lien avec le thème de 1999, Année internationale des personnes âgées.
- L’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme a marqué le début d’une évolution remarquable dans la rédaction et la proclamation d’importants instruments juridiques en la matière : les déclarations et les conventions ultérieures sont de plus en plus devenues les normes par rapport auxquelles les pays ont dû rendre des comptes quant à la manière dont ils traitent et protègent les droits de toutes les personnes. Cherchez des façons de faire participer des membres de la profession juridique de votre localité à des discussions sur cette extraordinaire évolution des choses.
4. Éducation
La meilleure façon de protéger les droits de la personne consiste sans doute à renseigner la population sur la question et à en favoriser la compréhension. Par conséquent, « éduquer » les gens, et surtout les jeunes, sur les droits de la personne représente un objectif primordial de la célébration du cinquantenaire de la Déclaration. Voici quelques idées sur des activités permettant de renseigner la population, et en particulier les jeunes, sur les droits de la personne.
- Sollicitez activement les écoles qui organisent déjà des simulations de l’ONU ou qui y participent, et encouragez-les à ajouter un volet « droits de la personne » à leur travail, en réservant, par exemple, une journée aux activités de la Commission des droits de l’homme.
- Intéressez les jeunes enfants à la question grâce à des activités scolaires et parascolaires créatrices. Lancez, par exemple, un concours de création d’affiches sur chacun des articles de la Déclaration; un jury de pairs examinera les affiches et choisira les meilleures. Ou encore, un concours de « dissertations » ou un débat. Il est parfois possible de trouver un commanditaire local qui fournira les prix à remettre aux gagnants et qui financera les campagnes de publicité nécessaires.
- Encouragez les clubs de bienfaisance à mener ou à soutenir des activités d’information sur les droits de la personne à l’intention expresse des jeunes, ou des personnes âgées.
- Encouragez l’organisation de programmes de formation du personnel enseignant (au niveau préparatoire, à l’École normale, et dans le cadre des journées de perfectionnement professionnel), pour l’aider à se préparer à présenter en classe la matière relative aux droits de la personne.
- Reproduisez la Déclaration sous diverses formes (signets de livre, brochures, boîtes de céréales, contenants de lait) et distribuez-la pour la faire connaître et comprendre davantage (autre occasion de se gagner l’appui d’entreprises commerciales).
5. Les médias
Les médias sont essentiels pour communiquer au grand public les messages du cinquantenaire. Il est donc primordial de collaborer étroitement avec eux et d’obtenir qu’ils fassent la promotion de vos manifestations (sous autant de formes et en aussi grand nombre que possible). Les médias peuvent soutenir votre travail de bien d’autres façons :
- Demandez aux médias locaux d’écrire des articles sur la situation des droits de la personne dans votre collectivité, pour souligner le cinquantenaire de la Déclaration.
- Les journaux de quartier ou les journaux communautaires mettent souvent en évidence des personnalités locales; encouragez-les et aidez-les à trouver des gens qui ont fait avancer la cause des droits de la personne. C’est là une question qui intéresse tout autant les groupes locaux que le pays tout entier.
- Les mêmes idées valent pour les stations locales de radio et de télévision.
Comment transformer une idée en une réalisation concrète
Une fois que vous avez cerné des projets réalistes auxquels vous pourriez donner suite, il faut les réaliser. Les problèmes habituels relatifs aux ressources humaines et financières se posent. Il importe aussi que ce soit un projet présentant de l’intérêt pour une bonne proportion de la collectivité et offrant de nombreuses possibilités de collaboration. Voici quelques conseils dont vous pourriez tirer parti au moment où vous dresserez vos plans annuels (ou pluriannuels).
- Tous les gouvernements provinciaux ont fait savoir qu’ils souligneraient le cinquantenaire d’une façon ou d’une autre. En fait, les premiers ministres se sont engagés à l’intégrer aux plans de leurs provinces respectives, dans la déclaration qui a été publiée à la fin de la Conférence annuelle des premiers ministres en 1996. Rappelez-leur cette promesse! Il doit bien y avoir des ressources dont les ONG pourraient profiter.
- Songez à des moyens d’amener les entreprises locales à souligner le cinquantenaire. Même les petites entreprises peuvent commanditer des activités communautaires si elles reçoivent une publicité appropriée en échange.
- Voyez comment vous pourriez profiter du fait que nous sommes au milieu de la Décennie de l’éducation sur les droits de l’homme (l’UNESCO étant l’organisme promoteur).
- Demandez-vous comment vous pourriez évoquer le rôle que le Canadien John Peters Humphrey (qui a rédigé la première ébauche de la Déclaration et dirigé pendant plusieurs années la Division des droits de l’homme de l’ONU) afin d’accroître l’intérêt à l’égard de la Déclaration et de sensibiliser davantage la population à ce qu’elle signifie. Comment porter à l’attention du public les grandes réalisations de cet homme, pourtant si peu connues ? La Société canadienne des postes émettra sans doute un timbre commémoratif; le bureau de poste local accepterait-il de commanditer une activité connexe (ou de vous laisser organiser dans ses locaux une exposition d’‘uvres d’artistes locaux) ?
- Abordez la question des liens existant entre les responsabilités inhérentes à la citoyenneté et les droits de la personne. Incitez les gens à réfléchir aux responsabilités leur incombant du fait que leurs droits sont garantis : avoir des droits, c’est bien beau, mais ces droits s’accompagnent de responsabilités!
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Ces idées ont pour seul but d’exciter votre appétit et de stimuler votre imagination. À mesure que vous concevez vos projets, n’oubliez pas de partager vos informations avec le reste de la collectivité. L’ACNU songe à élaborer et à diffuser un calendrier permanent des activités, afin de susciter l’intérêt et la participation des gens et d’aider à faire naître dans la population une vague de soutien en faveur des idéaux que la Déclaration universelle des droits de l’homme présente comme étant des normes que tous les citoyens et citoyennes du monde devraient suivre.
Prière d’adresser vos idées ou vos informations sur vos activités à :
Association canadienne pour les Nations Unies
30, rue Slater, Bureau 900
Ottawa, ON K1P 6E2
Télécopieur: (613) 563-2455
Courriel: info@unac.org