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LES RÉPONSES DES JEUNES DU MONDE ENTIER
Vous venez de terminer la lecture des propos exprimés
par des jeunes et des travailleurs auprès des jeunes; au
fil des conversations, ceux-ci nous ont livré leur opinion
sur ce qui se fait et sur ce qui devrait se faire sur la scène
du VIH/sida au Canada. Nous jetterons maintenant un coup d'il
sur la façon dont des jeunes d'autres pays réagissent
à la crise mondiale du VIH/sida, puis énumérerons
quelques conseils pratiques qui vous aideront à entreprendre
des projets d'éducation sur le VIH/sida qui auront du succès
auprès des jeunes. Ainsi, un aperçu des programmes
qui fonctionnent bien dans d'autres contextes que le vôtre
vous inspirera peut-être et vous incitera à "
importer " et à mettre en branle un modèle
d'intervention dans votre propre région; qui sait, cette
lecture fera-t-elle naître une foule d'idées nouvelles
LA RÉALITÉ
À la fin de l'année 2001, 12 millions de jeunes
vivaient avec le VIH/sida et, depuis cette date, plus de 7 000
jeunes sont infectés chaque jour.
Que signifient vraiment ces chiffres? Que signifient-ils pour
les jeunes qui vivent dans les régions les plus gravement
touchées - par exemple, en Afrique subsaharienne, où
plus de 70 % des jeunes sont séropositifs pour le VIH?
Faisons le calcul : au Canada, dans une école secondaire
de dimension moyenne à grande, on compte environ 1 500
étudiants; donc, ce nombre correspond à quatre écoles
secondaires qui verraient, chaque jour, toute sa population étudiante
devenir infectée par le VIH. Et encore, nous ne parlons
que des jeunes.
DES OBJECTIFS GLOBAUX
Mais les nouvelles ne sont pas que désolantes. Ainsi,
grâce à des stratégies nationales énergiques,
combinées aux efforts et à l'expertise du gouvernement,
du secteur privé et des ONG, des pays comme le Brésil,
la Thaïlande, l'Ouganda et le Sénégal sont
en voie de maîtriser l'épidémie chez eux.
Par exemple, la Thaïlande a réduit son taux d'infection
par le VIH en le faisant passer de 140 000 cas par année,
il y a 10 ans, à 30 000 cas par année, aujourd'hui.
En Ouganda, la prévalence du VIH chez les femmes enceintes
est passée de 29 % en 1992 à 11 % en 2000.
Nous assistons également à un mouvement de plus
en plus manifeste qui dénote une préoccupation mondiale
envers les questions relatives au VIH/sida. Les dirigeants mondiaux
ont convenu, au cours de la Session extraordinaire de l'Assemblée
générale des Nations Unies (SEAGNU) consacrée
au VIH/sida, en juin 2001, de poursuivre des objectifs communs;
plus tard, en août 2001, des jeunes dirigeants réunis
à Dakar au Sénégal, à l'occasion du
4e Forum mondial de la jeunesse, ont exhorté les gouvernements
- en utilisant un langage légèrement plus direct
- à remplir ces engagements en faisant appel à la
participation des jeunes et de la société civile.
Dans la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, les
États membres des Nations Unies ont qualifié "d'urgence
mondiale" l'épidémie mondiale de VIH/sida et
ont convenu de :
- élaborer et mettre en uvre, avec la participation
des jeunes, des stratégies nationales visant à
combattre le VIH/sida, parmi lesquelles figurent des plans de
financement (avant 2003)
- réduire de 25 % la prévalence du VIH chez les
jeunes âgés entre 15 et 24 ans (avant 2010)
- veiller à ce que 90 % des jeunes âgés
entre 15 et 24 ans aient accès à l'information,
à l'éducation et aux services nécessaires
à la réduction de leur vulnérabilité
à l'infection au VIH (avant 2005)
LES STRATÉGIES DÉPLOYÉES PAR LES JEUNES
Des jeunes de partout ont déjà commencé
à réagir à la crise du VIH/sida - grâce
à des initiatives conçues par et pour les jeunes
et à leur rayonnement dans toute la collectivité,
à l'échelle locale, nationale, régionale
et mondiale. En voici quelques exemples.
Virage des tables
} kenya
Africa Alive! est un réseau africain d'organisations de
jeunes qui se consacrent à la prévention du sida
et font valoir des pratiques sexuelles sans risque par le biais
d'activités de divertissement populaire. Le message prônant
la prévention est intégré à des bandes
dessinées, des paroles de chanson, des messages d'intérêt
public qui misent en scène par des artistes professionnels,
des articles publiés dans les journaux et les magazines
et des émissions de télévision, pour n'en
nommer que quelques-uns.
Au Kenya, tandis que 14 % de la population adulte (âgée
de 15 à 49 ans) étaient séropositives pour
le VIH à la fin de 1999, la prévalence au sein de
populations distinctes (par ex., les femmes enceintes, les jeunes,
les travailleurs du sexe) est sans doute beaucoup plus élevée.
Chez les travailleurs du sexe qui ont subi un test de dépistage
à Nairobi, la prévalence du VIH est très
élevée : de 62 % en 1985, elle atteint 82 % avant
1992.
La section régionale du Kenya d'Africa Alive! a observé
que les DJ jouissaient d'une position unique pour rejoindre les
jeunes et leur transmettre des messages clés sur la réduction
des pratiques à risque. Ils travaillent dans des boîtes
de nuit : des endroits où les jeunes - hommes et femmes
- se rencontrent, boivent, se mélangent, dansent et éventuellement,
font la connaissance de nouveaux partenaires sexuels. Les DJ constituent
l'âme des boîtes de nuit - et ont tendance aussi à
devenir des modèles auxquels s'identifient les jeunes.
Après avoir participé à un atelier de formation
portant sur les façons d'incorporer à leurs spectacles
des messages de prévention du VIH/sida, des DJ qui travaillent
dans des boîtes de nuit à Mombasa, Nairobi, Kisumu
et Eldoret ont commencé à faire passer ces messages
dans les endroits les plus fourmillants de la vie nocturne de
ces villes. Les résultats préliminaires ont indiqué
que les jeunes, lorsqu'ils se retrouvent dans l'atmosphère
détendue et divertissante des boîtes de nuit, sont
ouverts à entendre ce message.
Adresse Web : www.africaalive.org
Le respect et la crédibilité sont des éléments
importants lorsque vient le temps de communiquer avec les jeunes.
Incarner un modèle de rôle est une façon d'y
arriver. Proposer une expérience de première main
par rapport aux problèmes dont on veut parler en est une
autre. Edwin Odera, un jeune vivant avec le VIH/sida, a animé
une campagne auprès des étudiants afin de les encourager
à créer et à animer des clubs anti-sida dans
leurs écoles. Avec la collaboration de la Kenya Society
for People with AIDS (KEPSA), à l'ouest du Kenya, Odera
a inspiré le regroupement de milliers de jeunes provenant
de différentes écoles et a amené ces derniers
à entreprendre des mesures concrètes pour réagir
face au VIH/sida. Odera est mort du sida en juin 1997 mais sa
campagne de sensibilisation, confiée à la KEPSA,
lui a survécu.
Adresse Web : www.annea.or.tz
Des violations à l'action
} états-unis
Tout comme les étudiants et les jeunes des États-Unis
s'étaient mobilisés autrefois pour manifester contre
la guerre, l'apartheid et les violations des droits de la personne,
la Student Global AIDS Campaign (SGAC) cherche à rassembler
les jeunes américains afin de lutter contre la pandémie
du VIH/sida - en pointant cette fois les politiques de leur propre
gouvernement.
Tandis que seulement 3,79 % des 40 millions de personnes vivant
avec le VIH/sida viennent des pays développés, la
grande majorité des dépenses allouées chaque
année pour enrayer le VIH/sida sont encore engagées
dans des pays riches et industrialisés comme les États-Unis.
Par le biais d'activités organisées (de pression,
de sensibilisation et de formation) et de l'action directe, des
centaines de membres de l'ensemble du pays exigent une augmentation
massive des dépenses globales des États-Unis consacrées
au sida, l'annulation bilatérale et multilatérale
complète de la dette et l'accès garanti aux traitements
et aux soins.
Sur le site Web de la SGAC, on trouve une liste très claire
qui énumère tous les gestes qu'il est possible de
poser pour défendre cette cause. Ainsi, les membres (et
les visiteurs du site) sont invités à communiquer
avec leurs élus, à devenir membres d'une section
locale de la SGAC, à se servir des médias pour faire
passer leur message, à organiser des conférences
à l'échelle régionale ou à devenir
un " leader national " de la campagne, qui voit à
définir des stratégies et diriger les activités
de la campagne, qui se divisent en plusieurs volets : lobbying,
création de nouvelles sections, recherche et éducation,
et partenariats internationaux.
Adresse Web : www.fightglobalaids.org
Un homme mort ne peut plus jouer
} afrique du sud
Le soccer est un sport assez unique, en ce sens qu'il suscite
la participation de masse des groupes, tant chez les joueurs que
chez les partisans, et attire tout particulièrement les
membres du groupe d'âge qui s'avère le plus vulnérable
à l'infection au VIH, c'est-à-dire les jeunes hommes.
Le soccer est un sport qui se pratique - et suscite de l'intérêt
- tant dans les régions rurales que dans les centres urbains.
Et il jouit d'une attention énorme de la part des médias.
Voilà bien tous les ingrédients qu'il fallait pour
lancer une campagne de sensibilisation du public influente.
En Afrique du Sud, une femme nommée Gethwana Makhaye dirige
des équipes de soccer composées de jeunes hommes
dans le cadre du programme Shosholoza. Au début, ses activités
de sensibilisation sur le VIH/sida s'adressaient aux femmes mais
elle s'est vite rendue compte que des projets de conscientisation
et de modification des comportements qui ne viseraient que les
femmes négligeaient un aspect important du problème.
Ainsi, les jeunes joueurs de soccer (de sexe masculin) qui participent
au programme suivent une formation qui les transformera en éducateurs
auprès de leurs pairs - il s'agit d'une forme d'apprentissage
qui fait appel au counseling, au travail d'équipe et même,
à la couture. Par la suite, ces jeunes interviendront,
quand et où ils le pourront, auprès d'autres jeunes
et parleront de prévention du VIH/sida, de sexualité
et d'égalité des sexes, les encourageant à
modifier leurs comportements en donnant l'exemple.
À la fin de 1999, déjà 20 % de la population
adulte de l'Afrique du Sud étaient séropositives
pour le VIH et on croit que la prévalence actuelle parmi
les jeunes serait encore plus élevée. Dans la province
où travaille Makhaye, le Kwazoulou-Natal, 36,2 % des femmes
enceintes qui ont fréquenté, en 2000, des centres
de consultation prénatale étaient séropositives
pour le VIH.
Dans un tel contexte, les raisons qui motivent ces jeunes ambitieux
à prendre part au programme Shosholoza et à tenir
compte des messages de prévention sont plus que justifiées.
Le programme le dit clairement : une fois morts, ils ne pourront
jouer aux côtés de leur équipe nationale tant
vénérée, Bafana Bafana.
Des jeunes prennent d'assaut l'industrie du spectacle
} bangladesh
Une étude effectuée récemment au Bangladesh
a révélé que 96 % des filles et 88 % des
garçons âgés entre 15 et 19 ans ne connaissaient
aucun moyen de se protéger contre l'infection à
VIH. De toute évidence, les efforts d'éducation
à propos de la prévention ne portent pas fruit.
Des jeunes bénévoles, en collaboration avec la
Family Planning Association of Bangladesh (FPAB) se prêtent
présentement à un exercice qui consiste à
se servir des médias de masse pour rejoindre les jeunes
: ils travaillent dans le domaine de la réalisation d'émissions
de télévision qui aident à faire circuler
de l'information sur la santé auprès du grand public.
Après le succès qu'a connu plusieurs émissions-débats
diffusées à la radio et à la télévision
et qui portaient sur la santé sexuelle et génésique
des adolescents, la FPAB a décidé de produire un
drame télévisé de sept épisodes qui
intégrerait les questions liées au VIH/sida ainsi
que d'autres questions sociales et liées à la santé
pouvant toucher les jeunes. Cette fois-ci, cependant, les jeunes
ont joué un rôle prépondérant dans
la conception de la série; ils ont veillé à
ce que les messages que l'on voulait livrer par le biais du synopsis
soient axés sur les besoins des jeunes, aient une pertinence
tant pour les jeunes des régions rurales que ceux des régions
urbaines et soient attirants. Cette nouvelle approche a bien fonctionné
: après la diffusion des sept épisodes, 60 000 téléspectateurs
ont rédigé leurs commentaires sur la série.
Adresse Web : www.ippf.org
Graffitis
} canada
L'un des nouveaux risques sérieux qui touchent les jeunes
au Canada est ce sentiment d'invincibilité devant le VIH/sida.
Plusieurs jeunes croient que la pharmacothérapie les sauvera
- eux et leur qualité de vie - s'ils deviennent séropositifs
pour le VIH, tandis que d'autres ont pour conviction que le VIH/sida
ne menace que certains groupes de personnes. Pourtant, tous les
jeunes sont vulnérables à l'infection au VIH. L'éducation
préventive est encore - et très manifestement -
une nécessité; et de plus en plus, les besoins de
la prodiguer se font sentir.
La Société canadienne du sida (SCS) est une coalition
nationale d'organismes de service liés au VIH/sida qui
uvrent dans la collectivité; la SCS se sert de l'art
- des graffitis artistiques muraux - pour engager et éduquer
les jeunes à la prévention du VIH/sida et inciter
ces derniers à sensibiliser d'autres jeunes par le biais
de l'art. Ainsi, en collaboration avec un collectif d'artistes
professionnels, la SCS met en action un projet de graffitis ayant
pour thème le VIH/sida qui doit amener les jeunes créateurs
d'une peinture murale à prendre eux-mêmes le contrôle
du projet et à faire passer un message éloquent
sur la prévention auprès du grand public grâce
à l'art des lieux publics.
Les jeunes participent à tous les aspects du projet, de
la planification et la collecte de fonds jusqu'à la publicité
et à l'évaluation. Et " le moyen d'expression
" qui leur est offert ne se limite pas aux graffitis artistiques
eux-mêmes. Les participants du projet sont aussi chargés
de produire du matériel publicitaire et d'information (notamment
des articles de journaux, des affiches, des cartes " rave
"), de planifier et de réaliser les graffitis et de
procéder au lancement de leur peinture murale. Un atelier
préparatoire de cinq jours s'attarde exclusivement à
l'éducation sur le VIH/sida - afin de s'assurer que ce
thème est bien présent dans le projet de Graffitis
lui-même - et comprend aussi une formation pratique en art.
Adresse Web : www.cdnaids.ca
QU'EST-CE QUI FONCTIONNE? LES LEÇONS TIRÉES
DE 20 ANS D'EXPÉRIENCE
Les stratégies énumérées précédemment
ne sont que quelques exemples illustrant les différents
moyens que des jeunes ont pris pour répondre efficacement
à la crise mondiale du VIH/sida. Mais qu'ont en commun
ces exemples? Que devez-vous faire pour vous garantir le succès
de votre initiative?
En 2001, l'UNESCO et ONUSIDA ont rédigé un guide
à l'intention des organismes de jeunes qui portait sur
le VIH/sida et sur les droits de la personne; ce guide avait pour
thèmes centraux l'éducation du public, l'éducation
par les pairs, la défense des droits et les initiatives
de soins et de soutien. Ils ont observé que, parmi les
programmes qui se consacrent à ces thèmes, ceux
qui remportent le plus grand succès partagent les caractéristiques
suivantes :
- ils font appel à la participation des personnes vivant
avec le VIH et de la collectivité en général,
à chacune des étapes de leur mise en uvre
(planification, mise sur pied et évaluation)
- ils tiennent compte de la réalité quotidienne
des personnes à qui ils s'adressent et ils prennent d'abord
en considération les besoins et les intérêts
de celles-ci (plutôt que, par exemple, de se baser sur
leurs propres perceptions face aux connaissances, aux croyances
ou aux attitudes des personnes qu'ils visent)
- ils offrent une ouverture à la diversité et
acceptent les gens tels qu'ils sont (plutôt que de les
critiquer ou de poser des jugements)
- ils ont recours à des images positives et des messages
bienveillants (plutôt que des messages menaçants
ou autoritaires)
- ils permettent de parfaire les compétences et les connaissances
(plutôt que de dire aux gens ce qu'ils doivent faire)
- ils gagnent l'appui des personnes qui détiennent une
certaine autorité (par exemple, les enseignants, les
médecins, les chefs religieux, les associations professionnelles,
les représentants du gouvernement)
- ils reconnaissent le fait que même les approches les
mieux planifiées peuvent échouer (et ainsi, ils
examinent l'évolution du programme et l'ajustent au besoin)
- ils prévoient des formes d'évaluation, même
sommaire (pour permettre au même groupe ou, dans l'avenir,
à d'autres groupes, de répéter les activités
du programme ou de les améliorer)
Si l'initiative que vous avez prévue prend la forme d'une
campagne de sensibilisation du public, l'UNESCO et ONUSIDA vous
suggèrent de :
- consulter et d'intégrer à votre campagne les
groupes communautaires, y compris des personnes vivant avec
le VIH/sida
- livrer des messages brefs, directs et adaptés au mode
de vie et aux motivations du groupe visé
- mettre à l'essai les images et les messages que vous
comptez livrer en obtenant les réactions d'un échantillon
représentatif de personnes
- au besoin, provoquer et susciter la controverse, mais éviter
d'attaquer les gens
- présenter des images positives; rappelez-vous que les
personnes vivant avec le VIH et le sida peuvent vivre longtemps
en ayant une vie bien remplie
- chercher à motiver les gens - c'est beaucoup plus efficace
que de dire aux gens ce qu'ils doivent faire
ET ICI?
Alors, quelle est la suite? Enfin - nous espérons que
ce rapport vous a aidé à approfondir votre compréhension
de la crise mondiale du VIH/sida. Mieux encore: nous espérons
que vous avez envie, vous aussi, de bouger et d'emboîter
le pas de la lutte contre le VIH/sida. Soyez unique dans votre
façon de prendre part à cette lutte; les idées
spontanées (et même celles que vous auriez planifiées
comme il se doit!) sont souvent les plus efficaces.
Tenez-vous au courant de ce qui se fait : renseignez-vous sur
la situation de la crise mondiale du VIH/sida, sur les gestes
posés par votre gouvernement et sur les initiatives entreprises
dans votre propre collectivité.
Pour finir - même si en réalité cela doit
passer en premier - ne cessez pas de remettre en question et de
modifier vos comportements et vos attitudes.
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