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Fiches d’information > INFO-ACNU - Mettre les choses au clair: quelques données factuelles sur l'ONU

Les Nations Unies sont aujourd'hui, plus que jamais, au service de tous les peuples et de toutes les nations du monde. Elles existent depuis plus de 51 ans, mais des problèmes financiers gênent leur fonctionnement. À moins que les États membres paient rapidement et au complet ce qu'ils doivent à l'Organisation , 4,2 milliards de dollars en tout, au 31 janvier 1997 , elle fera face à de graves difficultés, et sa capacité de remplir ses obligations et de satisfaire aux attentes que beaucoup nourrissent à son endroit sera grandement limitée.

Il est clair que la situation découle en partie de l'inintelligence généralisée chez le public de ce que l'ONU est vraiment et de ce qu'elle fait.

VOICI DES FAITS :

  • Le budget dont l'ONU dispose pour ses fonctions fondamentales , les activités du Secrétariat à New York, Genève, Nairobi et Vienne et celles de cinq commissions régionales , s'élève à 1,74 milliard de dollars par an, soit environ 1 % du budget fédéral canadien, 4 % du budget annuel de la Ville de New York, et un peu plus que les profits réalisés par la Banque royale en 1996 (1,43 milliard).
  • La part du budget ordinaire de l'ONU incombant au Canada en 1994 atteignait 41,7 millions, soit l'équivalent d'environ 1,20 $ par Canadien.
  • L'ONU n'a pas de forces armées. Les gouvernements lui fournissent volontairement des troupes et du personnel pour enrayer les conflits qui menacent la paix et la sécurité et/ou pour superviser des trêves. Les États membres du Conseil de sécurité, dont la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, et non pas le Secrétaire général, décident du moment et du lieu où il faut déployer des forces de maintien de la paix. Le Canada a siégé cinq fois (10 ans en tout) au Conseil de sécurité, et il fait des démarches pour obtenir un sixième mandat en 1999-2000.
  • L'ONU a, à son siège de New York, des effectifs de 4 730 personnes. En comparaison, la Région métropolitaine de Toronto compte environ 5 000 agents de police; les services administratifs de la Région de la Capitale nationale emploient 4 100 personnes, et la municipalité de Stockholm, capitale de la Suède, a 60 000 employés !
  • L'ensemble du système onusien, à l'échelle mondiale, y compris le Secrétariat et 25 autres organismes tels que l'UNICEF, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, emploie 53 333 personnes. Trois fois plus de personnes travaillent chez McDonald's, tandis que Disney World et Disneyland ont des effectifs de 50 000 membres.
  • Environ 1 700 Canadiens et Canadiennes travaillent à l’ONU. Certains occupent actuellement des postes de haut niveau au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et à l’Organisation maritime internationale (OMI). Le Canadien Maurice Strong est coordonnateur- directeur de la Réforme des Nations Unies.
  • Dans une proportion de 80 %, les efforts de l’ONU visent à aider les pays en développement à se suffire de plus en plus à eux-mêmes. Ainsi, l’Organisation encourage et protège la démocratie et les droits de la personne, elle arrache des enfants aux griffes de la famine et de la maladie, elle fournit des secours d’urgence aux réfugiés et aux victimes de catastrophes, elle lutte contre le crime, les drogues et la maladie partout dans le monde, elle prête main-forte aux pays dévastés par la guerre et elle combat la menace perpétuelle des mines terrestres.
  • L'ONU, ses Fonds et ses Programmes , UNICEF, PNUD, FNUAP et PAM , ont un budget socio-économique annuel de 6,1 milliards de dollars, dont ils se servent pour aider les pays sur divers plans : politiques démographiques, enfants, agriculture, distribution des aliments, etc. C’est l’équivalent de 106 cents par être humain. Or, en 1994, les budgets militaires de la planète se sont chiffrés à environ 1,04 billion de dollars, ce qui correspond à 179 $ par être humain.
  • En 1995, les opérations de maintien de la paix menées par l’ONU (dans l’ancienne Yougoslavie et à 13 autres endroits) ont coûté quatre milliards de dollars. Cela équivaut à 1,1 % du budget militaire américain et à moins de 0,3 % des dépenses militaires mondiales. On prévoyait qu’en 1996, le budget total du maintien de la paix diminuerait de moitié, surtout par suite de la fin de la majorité des opérations de l’ONU dans l’ancienne Yougoslavie.
  • Le Canada a versé 127,7 millions de dollars à l’ONU pour les opérations de maintien de la paix en 1994; c’est là moins du quart du budget de fonctionnement du Service de police de la Ville de Montréal. La part canadienne du budget onusien du maintien de la paix est passée de 3,125 % en 1994 à 3,083 % en 1995.
  • Les États membres partagent les risques inhérents aux opérations onusiennes de maintien de la paix et de la sécurité. Le Canada a joué un rôle clef dans ce contexte, après que le Canadien Lester B. Pearson, lauréat du prix Nobel de la Paix, en eut inventé le concept. Depuis 1956, plus de 100 000 Canadiens ont porté le casque bleu; notre pays a ainsi participé à la quasi-totalité des opérations de maintien de la paix et d’observation jamais mises sur pied par l'ONU.
  • Depuis 1945, près de 1 500 « soldats » de l’ONU sont morts dans l’exercice de leurs fonctions. Plus de 100 Canadiens ont sacrifié leur vie pour préserver la paix mondiale.
  • Grâce à son savoir-faire en matière électorale, le Canada a aidé, sous l'égide de l'ONU, à organiser et à surveiller des scrutins dans des pays tels que le Cambodge, la Namibie et le Salvador et, ainsi, à préserver la paix et à sauver des vies humaines dans diverses parties du monde.
  • Le budget du Secrétariat de l’ONU a un taux de croissance nulle. Au cours de chacune des deux prochaines années, il s’élèvera à 1,74 milliard de dollars, ce qui représente des économies supérieures à 250 millions obtenues grâce à une amélioration de l’efficacité et à l’élimination de 1 000 postes (10 % de tous ceux du Secrétariat).
  • Le Secrétariat de l’ONU a déjà réduit son personnel de 10 % depuis 1988 et il poursuit son plan de restructuration et de rationalisation. En prenant ses fonctions en 1992, le Secrétaire général d'alors s'est empressé de prendre des mesures pour supprimer le quart des postes de direction. De nouvelles normes rigoureuses d’évaluation du personnel ont été adoptées. Environ un tiers du salaire des fonctionnaires onusiens est prélevé à la source et tient lieu d’impôt.
  • Le Bureau des services de contrôle interne, créé en 1994, poursuit sa mission qui consiste à promouvoir l’efficacité de la gestion et enrayer gaspillage, fraude et mauvaise administration. Il comporte un service spécial d’enquête et est muni d'une ligne téléphonique directe.
  • Les frais de fonctionnement totaux de tout le système onusien , y compris la Banque mondiale, le FMI et tous les fonds, programmes et institutions spécialisées de l’ONU , s’élèvent à 24,3 milliards de dollars par année, ce qui est inférieur au revenu annuel d’une grande société telles que Dow Chemical, dont le chiffre d’affaires a dépassé 26,7 milliards en 1994 !
  • Les huit pays dont la quote-part du budget de l’ONU est la plus élevée sont les É.-U. (25 %), le Japon (15,7 %), l’Allemagne (9,1 %), la France (6,4 %), le Royaume-Uni (5,3 %), l’Italie (5,2 %), la Russie (4,3 %) et le Canada (3,1 %). L’ensemble de leurs contributions représente plus de 74 % du budget ordinaire de l’ONU.
  • Les Américains sourcillent devant le pourcentage du budget de l’ONU qui leur incombe (25 %), mais ils oublient que l’Organisation, ses institutions et ses corps diplomatique et consulaire apportent chaque année 3,2 milliards de dollars à la seule économie new-yorkaise (selon l’ancien maire, Rudolph Giuliani). Voilà qui a engendré 30 600 emplois et 1,2 milliard en salaires !
  • Le Canada est fier d’être au nombre des pays qui, chaque année, paient à temps leurs contributions complètes à l'ONU.
  • Outre qu’elle établit des normes internationales, encourage l’exportation et protège les droits d’auteur, l’ONU favorise directement les affaires commerciales; ainsi, elle a dépensé environ cinq milliards de dollars en biens et services en 1995. Le groupe des entreprises canadiennes arrive au neuvième rang des fournisseurs de biens et de services à l’ONU, son chiffre d’affaires total dépassant 138 millions. Les possibilités d’accroître ses ventes à l’ONU et ses profits sont excellentes.

La présente fiche d’information s’inspire beaucoup d’un document semblable publié par le Département de l’information de l’ONU en novembre 1996 (DPI/1753/Rev. 10). Nous en avons révisé des parties et nous avons ajouté des données comparatives se rapportant au Canada, demanière à accroître la pertinence du document pour le lectorat canadien. Tous les chiffres cités le sont en devises canadiennes. Quand il a fallu convertir des dollars américains en dollars canadiens, nous avons utilisé le taux de 1,3386 pratiqué par la Banque du Canada à midi le 21 janvier 1997.