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Papiers de recherches et de dialogue de politique de l'ACNU > Série des Agendas pour le changement
par Russell Lawrence Barsh Les avis exprimés ci-dessus sont ceux de l'auteur et non nécessaires de l'ACNU. « Nous peuples des Nations Unies... .» La Charte de lONU commence avec ces termes émouvants, mais, comme ce fut le cas pour la Société des Nations, lOrganisation des Nations Unies a été constituée par des gouvernements, qui espéraient bien quelle demeurerait un club dÉtats privé. Cependant, des citoyens, des universitaires et des organisations non gouvernementales avaient contribué à susciter lélan nécessaire à la création des Nations Unies, et la Charte, dans larticle 71, a reconnu leurs contributions potentielles futures :
La participation populaire au processus décisionnel international remonte à la Conférence de paix de Versailles, en 1919, qui avait abouti à la création de lOrganisation internationale du Travail (OIT). La Constitution de celle-ci prévoit que des représentants des employeurs et des travailleurs siégeront à son conseil dadministration. Chaque délégation nationale est tripartite, cest-à-dire composée de trois personnes ayant le droit de vote et représentant respectivement le gouvernement, les employeurs et les travailleurs, et chaque comité de lOIT comprend trois catégories de membres votants. Vingt-cinq ans plus tard, lONU et ses institutions spécialisées navaient toujours pas suivi cette démarche. Au lieu de partager le droit de vote avec les groupes non gouvernementaux, elles ont décidé de « consulter » un nombre limité dorganisations accréditées. Cependant, les ONG ont démontré leur importance avec le temps et elles ont réussi à influer beaucoup plus quau début sur la politique onusienne.
Les origines Le Conseil économique et social (ECOSOC) a adopté sa politique de consultation avec les ONG à sa deuxième session, soit en juin 1946. Lobjet de la consultation, concluait le Conseil, consistait à solliciter des conseils auprès dexperts et à permettre aux organisations qui représentaient dimportants segments de lopinion publique dexprimer leurs vues directement. Pour quelle soit admissible à la consultation, lONG doit sintéresser aux mêmes problèmes que ceux dont le Conseil soccupe, et ses objectifs ainsi que sa raison dêtre doivent aller dans le même sens que la Charte; elle doit représenter un grand pourcentage des membres du mouvement organisé militant dans son domaine dintérêt, et elle doit avoir aussi le pouvoir de parler au nom de ses membres. Les ONG nationales, ajoutait le Conseil, doivent normalement sexprimer par lintermédiaire de leur gouvernement ou dONG internationales, à moins de posséder des compétences ou une expérience bien particulières. À lorigine, le Conseil a réparti les ONG en : a) organisations qui sintéressent fondamentalement à toutes les activités du Conseil ou à la plupart dentre elles et qui sont étroitement liées à la vie économique et sociale; b) organisations sintéressant à quelques activités du Conseil seulement ou, possédant des compétences dans les domaines relatifs à ces dernières; et c) organisations se préoccupant essentiellement dinformer le public. Un comité a été mis sur pied pour examiner les demandes dobtention du statut dONG, et ses premiers membres furent les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le comité a établi trois principes importants pendant sa première année dexistence. Le premier stipule que toutes les ONG dune catégorie donnée doivent jouir des mêmes droits. La question a été soulevée après que la Fédération syndicale mondiale eut persuadé lAssemblée générale de lautoriser à inscrire des points à lordre du jour du Conseil; les États-Unis ont alors fait valoir que toutes les ONG de la catégorie a) devaient avoir ce droit. Le deuxième principe veut quune ONG ne puisse être accréditée si elle est dirigée par un gouvernement; un précédent sest produit à cet égard, quand le Comité a déchu de leur statut les ONG qui avaient leur siège dans lEspagne fasciste. Troisièmement, le Comité a décidé quil naccréditerait normalement quune ONG par domaine. Cest ainsi quil a demandé à deux ONG luttant contre lesclavage de collaborer et de nenvoyer quun seul représentant aux réunions de lONU; ces deux groupes avaient à lorigine présenté une demande daccréditation chacun. Cette façon de limiter le nombre total des ONG a finalement échoué, mais pas avant quil ne fût signalé à beaucoup de requérants que dautres ONG soccupaient déjà de leurs domaines dintérêt. À la fin de 1947, 42 organisations non gouvernementales avaient été accréditées. Parmi les sept ONG mises dans la catégorie a), il y avait trois fédérations syndicales et deux associations demployeurs, ce qui rappelait le cas de lOIT. Le club initial des ONG consultatives comprenait surtout des groupes syndicaux et des associations dentreprises (19 %), des organisations féminines (26 %) et religieuses (12 %), et des associations professionnelles (12 %). Il y avait aussi une poignée de groupes de jeunes, dorganisations humanitaires (y compris le CICR), des défenseurs des droits de la personne, et des groupes sociaux ou des organismes de charité (les Lions et les Rotaries). Toutes ces organisations avaient leur siège en Europe ou en Amérique du Nord.
Le mouvement des ONG prend de lampleur Depuis 1947, on a assisté à une croissance sensible de la taille, de la diversité et de linfluence des ONG membres de lECOSOC. En outre, le Sommet de la Terre de 1992 a marqué lentrée en scène dune nouvelle grande famille dONG, y compris un nombre beaucoup plus grand dorganisations communautaires et des pays du Sud. Les mécanismes de consultation ont été profondément révisés en 1968, avec ladoption de la résolution 1296(XLIV) de lECOSOC. Bien que les catégories daccréditation aient été modifiées, le critère fondamental dadmissibilité est resté essentiellement le même : I (ONG à vocation internationale générale), II (ONG à mission internationale spéciale ou limitée), et une liste dONG régionales et nationales, ou dONG accréditées auprès des institutions spécialisées de lONU. Les droits des ONG ont été clarifiés, ce qui est encore plus important. Dès lors, celles-ci ont pu assister à toutes les sessions du Conseil, de ses commissions techniques et de ses organes subsidiaires, y intervenir et y distribuer des documents officiels. Les ONG de la catégorie I purent aussi proposer dinscrire des points à lordre du jour. La distinction faite entre les différentes catégories dONG, daprès la longueur des documents présentés et la nécessité de solliciter ou non une permission spéciale pour assister à certaines réunions, a disparu en pratique vers le début des années 80. La participation des ONG à la réalisation des projets opérationnels de lONU sur le terrain remonte à lépoque de la reconstruction en Europe, après la Seconde Guerre mondiale; des ONG humanitaires travaillaient alors directement avec les bureaux des Nations Unies pour les réfugiés. Lhistoire de la coopération des ONG sur le terrain, quand se produisaient des situations durgence ou des catastrophes, a commencé aussi à la même époque. Il sagissait surtout dONG munies de fonds et de personnels importants, et intervenant bien sûr depuis des pays riches. Dans les années 60, les ONG ayant leur siège dans des pays du Nord se sont mises à aider les institutions onusiennes à réaliser des projets de développement, et un nombre croissant dONG du tiers-monde consultaient les institutions de lONU aux niveaux national et communautaire. Les responsables de lONU ont bien accueilli ce genre daide pratique fournie par les ONG, ce qui était tout à fait différent des consultations menées à New York ou à Genève sur des questions stratégiques. Le Service de liaison non gouvernemental de lONU a été créé sous la forme dune instance inter-institutions pour faciliter la participation des ONG aux activités de lONU dans le domaine du développement. Ironiquement, limportance des ONG dans les activités opérationnelles de lONU sest accrue quand celle-ci sest enfoncée dans une grave crise financière dans les années 80. Avec un personnel réduit et des budgets plus minces, les responsables de lONU chargés de laide au développement ont dû recourir de plus en plus aux ONG internationales pour trouver des fonds et des compétences, et aux ONG communautaires, pour réunir le personnel voulu. Cette décentralisation des Nations Unies a permis aux ONG de mieux connaître et de mieux critiquer la politique onusienne de développement socio-économique. Les ONG allaient donc inévitablement finir par réclamer un rôle plus important dans le processus décisionnel fondamental. Cest dans le domaine des droits de la personne que la participation des ONG au processus décisionnel de lONU a grandi le plus vite. Dans les années 80, le nombre dONG qui assistaient aux réunions annuelles de la Commission des droits de lhomme et de sa sous-commission, organe consultatif formé dexperts, a constamment augmenté et est passé de 12 à plus de 100. En outre, les ONG ont pris une plus grande part du temps de parole et commencé à faire pression sur les délégations et à influer sur lordre du jour des réunions. Une percée importante a eu lieu pendant la négociation de la Convention relative aux droits de lenfant (1979-1989). Les ONG défendant les droits de lenfant sétaient coalisées et elles ont été autorisées à présenter leurs propres propositions préliminaires, à les faire valoir en public et, à dans certains cas, à participer à des réunions de travail privées et informelles entre représentants dÉtats membres. Le groupe de travail de la Commission des droits de lhomme, qui saffairait à rédiger une déclaration sur les minorités, a lui aussi adopté cette formule, et le groupe de travail de la sous-commission des peuples autochtones est allé encore plus loin en autorisant toutes les organisations qui représentaient les peuples concernés, quel que fût leur statut auprès de lECOSOC, à participer à ses réunions. En outre, de 1989 à 1992, les ONG militant au nom des autochtones se sont directement rendues à lAssemblée générale pour réclamer la proclamation dune Année internationale, bien que le Secrétariat de lOrganisation les eût prévenues quelles navaient pas le droit de ce faire. Entre-temps, les ONG communautaires de développement intervenaient de plus en plus dans les opérations onusiennes sur le terrain, en particulier en Afrique, continent où les Nations Unies affrontaient une crise monstrueuse causée par la famine, la détérioration et la contraction des infrastructures économiques. Lors dune réunion qui a eu lieu en 1990, à Arusha, en Tanzanie, les États et ONG africains ont convenu que les nations ne peuvent être édifiées sans le soutien et la pleine participation de leurs populations, et que :
Cétait la première fois que la participation des ONG était considérée comme un moyen direct de renforcement du développement et de la démocratie, plutôt quune façon de fournir une aide technique aux gouvernements. Cette évolution a contribué à préparer la transformation révolutionnaire de la participation des ONG, dans le contexte de la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement (CNUED), ou « Sommet de la Terre », qui a eu lieu à Rio de Janeiro, en 1992.
À la veille de Rio En 1992, à la veille du « Sommet de la Terre », 650 organisations non gouvernementales avaient un statut consultatif auprès de lECOSOC; 293 autres ont été incluses dans la liste en raison de leurs relations avec les institutions spécialisées telles que lUNESCO, lOMS, la FAO et lOIT. Un quart des ONG accréditées auprès de lECOSOC étaient des associations professionnelles et techniques, y compris des centres de recherche. Les organisations militant pour les droits de la personne étaient beaucoup plus nombreuses (11 %); venaient ensuite les ONG travaillant dans les domaines de lenvironnement, du développement et de la population (9 %), les organisations daide humanitaire (5 %), et celles soccupant du développement de léducation et de la promotion de la santé (4 et 2 %, respectivement). Pour ce qui est des « principaux groupes » de la société, le club des ONG de 1992 représentait les entreprises et les employés (14 %), les églises et les mouvements religieux (7 %), les femmes (5 %), les jeunes (3 %), les peuples autochtones et les minorités (2 %), et les personnes handicapées, les personnes âgées et les retraités, les consommateurs, les coopératives, les parlementaires, les municipalités, les prisonniers et les anciens combattants (5 %). Certaines de ces ONG, dont le nombre grandissait, avaient des noms familiers, comme la Croix-Rouge et Amnestie internationale. Mais la plupart dentre elles étaient peu connues et avaient même des appellations quelque peu étranges : la Housewives in Dialogue (Royaume-Uni), lAssociation internationale contre le bruit (Suisse), lInstitute of International Container Lessors (États-Unis), lAssociation internationale de la savonnerie et de la détergence (Belgique), la Fédération internationale des piétons (États-Unis), et lOrganisation internationale des experts (France), par exemple. Malgré leur grande diversité thématique et sociale, seulement 12 % de ces ONG avaient leur siège dans des pays du tiers-monde. La plupart dentre elles étaient installées à Londres, à Paris, à Genève, à New York et à Washington, bien quelles fussent nombreuses à avoir aussi des bureaux régionaux ou nationaux.
Rio : le tournant Quand les États membres des Nations Unies ont entrepris de préparer le Sommet de la Terre en 1989, les ONG ont fait pression pour y participer. À strictement parler, le Sommet sinscrivait dans le prolongement de lAssemblée générale et il dépassait donc le niveau de lECOSOC. Cependant, les gouvernements étaient persuadés que les résultats de la conférence seraient beaucoup mieux connus, auraient davantage dintérêt aux yeux des populations, et une plus grande chance dêtre appliqués si les ONG participaient largement à chaque étape du processus. À la première réunion du Comité préparatoire du Sommet, les ONG et les pays en développement ont fait valoir la nécessité dune représentation plus solide des nations du Sud. Et ils ont trouvé des alliés en la personne du Canadien Maurice Strong, Secrétaire général de la conférence, et en celle du Singapourien Tommy Koh, président du Comité préparatoire. Dans une tentative audacieuse et controversée, ils ont convaincu les États de laisser le Secrétariat accepter les demandes de participation de toutes les organisations dotées dune expérience « pertinente », quel que fût leur statut auprès de lECOSOC, y compris les organisations nationales et communautaires. Cest ainsi que 350 organisations participaient aux activités du Comité préparatoire au moment où il a achevé ses travaux en avril 1992; 58 % dentre elles navaient pas été accréditées auprès de lECOSOC auparavant, et 18 % avaient leur siège dans des pays du tiers-monde. Et un plus grand nombre dONG, des pays du Sud notamment, ont assisté à la conférence, qui a eu lieu en juin. Outre quil a encouragé une participation plus vaste et plus représentative des ONG, le Sommet de la Terre a établi des précédents pour ce qui est de faire intervenir les ONG dans le processus décisionnel même. La plupart des États pensaient que les ONG se contenteraient de prononcer quelques brefs discours aux sessions publiques « plénières » du Comité préparatoire. Mais les ONG ont réclamé le droit dassister aux réunions privées des comités et des groupes de travail, réunions où se déroulaient les vraies négociations. Ce qui leur a été concédé avec prudence. Les ONG ont aussi fait circuler leurs propres propositions, qui, même si elles navaient aucune valeur officielle, ont été prises au sérieux et utilisées comme documents de travail par les États. Les ONG ont accru leur influence au maximum en sorganisant en vastes coalitions : femmes, groupes de défense de lenvironnement, peuples autochtones, groupes communautaires de pays du Sud, etc. Ainsi, des centaines dONG sont parvenues jour après jour à coordonner leurs efforts mieux, dans certains cas, que les États. En collaborant plus étroitement avec les ONG pour préparer le Sommet de la Terre, les États se sont montrés plus enclins à partager le pouvoir avec elles. En effet, les pays en développement, qui avaient dabord semblé sopposer vivement à lidée dattribuer aux ONG un plus grand rôle à lONU, ont constaté quils avaient grandement bénéficié de laction militante des ONG en faveur de la justice sociale et ont donc adopté un point de vue beaucoup plus positif sur la participation des ONG dans lavenir. La Conférence mondiale sur les droits de lhomme (Vienne, 1993) et la Conférence internationale sur la population et le développement (Le Caire, 1994) ont consolidé cette nouvelle atmosphère de collaboration, de même que le Sommet mondial pour le développement social, qui a récemment lieu à Copenhague (mars 1995). Les ONG jouent un rôle actif dans la Commission du développement durable et dans la négociation de nouveaux traités sur la désertification, sur les petits États insulaires et sur la pêche hauturière, un rôle que lon naurait jamais cru possible il y a cinq ans à peine, en dehors du domaine des droits de la personne. Le Groupe de travail intergouvernemental sur les forêts, coparrainé par le Canada et la Malaisie, représente un projet important lancé après la conférence de Rio. Le rapport quil a présenté à la troisième session de la Commission du développement durable encourage une plus grande participation populaire au processus décisionnel des Nations Unies dans le domaine de lenvironnement. Les 40 États membres, qui ont travaillé sur le rapport, ont aussi convenu que les ONG jouent un rôle politique et technique dans les affaires internationales :
LAssemblée générale a fini par admettre que toutes les ONG qui avaient participé au Sommet de la Terre à Rio, ou qui peuvent satisfaire au critère de la « pertinence », peuvent être accréditées auprès de la Commission du développement durable et pour dautres conférences postérieures à celle de Rio. Par conséquent, deux catégories dONG ont vu le jour : (1) les ONG accréditées par lECOSOC, qui ont le droit daccès général à celui-ci et à ses organes subsidiaires; (2) les ONG accréditées spécialement pour la conférence de Rio et dautres conférences connexes sur lenvironnement et le développement; il sagit dun groupe plus varié dONG qui, en règle générale, sont plus petites, plus locales, et plus tiers-mondistes que celles de la première catégorie. En outre, beaucoup dinstitutions spécialisées des Nations Unies ont conçu leurs propres programmes de consultation des ONG. Il existe actuellement plusieurs groupes dONG dont les fonctions se chevauchent, chacun travaillant auprès dune instance différente du système onusien, selon des règles dadmissibilité différentes et des normes de participation différentes.
Les défis à venir Lan dernier, lECOSOC a commencé de revoir ses mécanismes de consultation avec les ONG. Un groupe de travail spécial formé de représentants gouvernementaux a été mis sur pied; on la chargé de se réunir avec les ONG et de rédiger, si possible, lébauche dune nouvelle charte sur la participation des ONG, charte qui remplacerait la résolution 1296 de lECOSOC. Le Canada et les ONG canadiennes ont, jusquici, joué un rôle de premier plan dans cet examen. Trois préoccupations ont motivé lexamen. La « nouvelle génération » dONG issue de la conférence de Rio veut participer davantage aux négociations que lONU a amorcées sur lenvironnement après le Sommet de la Terre et avoir accès à dautres instances du système onusien, y compris lAssemblée générale. Alors quen général, ils sont heureux de la contribution des « nouvelles » ONG aux activités menées pendant et après la conférence de Rio, les États craignent de plus en plus dêtre submergés par elles et de devoir leur céder une plus grande part du pouvoir réel. Enfin, le groupe des ONG accréditées par lECOSOC a peur que son influence aux Nations Unies samenuise par suite de lafflux de nouvelles organisations assujetties à des critères dadmissibilité moins stricts. Dans un exposé commun présenté en novembre 1994 au groupe de travail de lECOSOC, un certain nombre dorganisations canadiennes ont formulé cinq recommandations principales :
Ces cinq grands aspects (égalité, ouverture, autonomie, décentralisation des consultations, et facilitation de laccès des ONG au système onusien) pourraient constituer des éléments importants dune nouvelle « charte » de la participation populaire au processus décisionnel international. Dans son examen, le Conseil aurait avantage à se pencher sur plusieurs autres questions :
Il reste aussi une question stratégique importante que les ONG doivent résoudre pour elles-mêmes. Comment peuvent-elles représenter le mieux les peuples et les communautés, et faire contrepoids aux États ? Doivent-elles modifier leur tactique, maintenant que le processus décisionnel international se déroule davantage dans des organisations restreintes, comme le GATT (ou lOrganisation mondiale du commerce) et le FMI qui, contrairement à lONU, nont pas de mécanismes de consultation des ONG et qui tendent à être contrôlées par les pays industrialisés les plus riches du monde ? Une nouvelle « charte » des Nations Unies accroîtrait la participation populaire au système onusien lui-même serait le plus beau cadeau que le club des États-nations pourrait offrir aux « peuples des Nations Unies » à loccasion du cinquantenaire de lOrganisation. Parallèlement, lECOSOC pourrait examiner avec profit lune des conclusions du Groupe de travail intergouvernemental sur les forêts :
- - - - - - - Russel Barsh participe depuis 1981 aux réunions délaboration des politiques des Nations Unies relatives aux droits de la personne, au développement et à lenvironnement, en sa qualité de représentant du Conseil des points cardinaux, un ONG installé au Canada et défendant les intérêts des peuples autochtones dAmérique du Nord. Il a par ailleurs été expert-conseil auprès du Centre des Nations Unies pour les droits de lhomme et du Programme des Nations Unies pour le développement, dans les domaines de lintégration sociale, des paramètres indicateurs du progrès des droits de la personne, et du « droit au développement ». Il enseigne les études autochtones américaines à lUniversité de Lethbridge. |