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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 6, numéro 1, janvier 2002

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Les jeunes s’expriment à la Conférence mondiale de l’ONU contre le racisme
Ian Foucher et Christine Parsons

La Conférence mondiale contre le racisme (CMR) des Nations Unies, qui a eu lieu l’été dernier à Durban (Afrique du Sud), a soulevé de nombreuses questions, notamment au sujet des efforts consacrés à la mobilisation de la communauté internationale. Sans prétendre épuiser le sujet, nous espérons ici faire état brièvement de certains résultats des trois principaux événements : le Sommet international de la jeunesse, le Forum des ONG et les rencontres inter-gouvernementales onusiennes (Conférence mondiale contre le racisme, ou CMR).

Quatre jeunes délégués représentant l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) se sont rendus à Durban : Sebastian Margarit, Rida Abboud, Ian Foucher et Christine Parsons. Leurs buts étaient de représenter et de faire connaître aux militants des quatre coins du monde les forums jeunesse contre le racisme (FJCR) de l’ACNU, de présenter les recommandations des jeunes de notre pays, exprimées au FJCR et au Forum jeunesse national du gouvernement canadien, et d’observer les événements pour en rendre compte au Canada.

Le Sommet international de la jeunesse était le premier événement international pour la jeunesse sur le racisme à être reconnu par l’ONU. Son objectif était de produire une déclaration et un plan d’action (à lire à www.hri.ca/racism/youth). L’ACNU y a pris une part active, notamment en militant pour l’ajout d’un paragraphe sur la sensibilisation par les pairs, question jugée prioritaire dans les forums de l’ACNU aussi bien qu’au Forum jeunesse national du gouvernement du Canada, mais qui n’avait pas été traitée dans les documents du Sommet.

À mesure que le Sommet avançait, la mise sur pied d’un réseau jeunesse mondial de lutte contre le racisme s’est imposée comme une priorité. Le but du réseau est de coordonner des initiatives jeunesse entreprises dans le monde et de surveiller les suites données à la déclaration et au programme d’action de la CMR. Le Réseau jeunesse mondial contre le racisme regroupera quatre organes régionaux représentant l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Une jeune déléguée canadienne, Léonie Tchatat, a été nommée dans l’organe régional américain.

Après le Sommet, notre attention s’est tournée vers le Forum des ONG. Ce forum était un événement capital pour faire connaître le projet des FJCR, exprimer les positions et les recommandations des jeunes et établir des contacts avec d’autres organisations et délégués jeunesse. Nous avons tenu un stand d’exposition et animé un atelier expliquant en détail le projet des FJCR, en insistant sur la formule utilisée pour mobiliser les jeunes et en faisant état des défis, des succès et des enseignements.

Le Forum des ONG avait pour objet de faire entendre la voix des victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée – et de consigner ce qu’elles ont à dire dans la déclaration et le programme d’action. Rappelons que l’ACNU appuie le principe sur lequel s’est appuyé ce processus mais condamne certains passages des documents des ONG qu’elle juge antisémites, inexacts et provocateurs, ainsi que les mesures qui excluent ou réduisent au silence un groupe quelconque. (On peut lire ces documents, ainsi que de nombreux autres déclarations d’ONG sur le Forum, à www.hri.ca/racism/major.)

Après des délibérations intensives et parfois ardues sur plusieurs sujets, les gouvernements représentés à la Troisième Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme (les conférences précédentes ayant eu lieu en 1978 et 1983) ont adopté une déclaration et un programme d’action le 8 septembre 2001 (voir www.unhchr.ch/html/racism). Les gouvernements ont accepté de faire de l’esclavage un crime contre l’humanité, et aux dernières heures de la conférence, on a convenu d’une formulation pour décrire la situation au Moyen-Orient. On reconnaît dans les documents la nécessité d’accroître la sensibilisation au racisme et de faire participer les jeunes à l’élaboration des politiques nationales et internationales de lutte contre le racisme.

Pour l’ACNU, il reste maintenant aux pays signataires, y compris le Canada, à mettre en pratique la teneur de ces documents – sur leur territoire comme ailleurs. De plus, nous comptons résolument militer pour la tenue d’un bilan quinquennal de cet événement historique. Les ONG canadiennes commencent déjà à préparer cet exercice.

De retour au bercail, l’ACNU continue d’œuvrer à l’initiative des FJCR et au suivi qu’apporteront les jeunes au CMR. Les jeunes du Canada présents à Durban s’emploient actuellement à mettre au point, avec l’aide de Patrimoine canadien, une initiative qui permettrait aux jeunes de tout le Canada qui luttent contre le racisme de se mettre en lien et de s’entraider.

Au forum national de l’ACNU tenu en août dernier, l’équipe centrale des FJCR a défini ce que devait être exactement un modèle éducatif « par les jeunes, pour les jeunes » et s’est prononcé sur le produit principal du projet, à savoir, en un mot, une trousse de sensibilisation au racisme proposant une mine d’informations, de ressources et d’ateliers et complétée par un site web. Un plan d’action de huit mois est bien entamé et tout devrait être prêt pour le lancement officiel, prévu pour le 21 mars (2002), Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU.

(N.B. : Ceci est une version abrégée d’un article publié dans INSCAN: International Settlement Canada, vol. 15, n° 3.)