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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 5, numéro 2, juillet 2001
Les sommets mondiaux et leur lien avec les politiques sociales intérieures canadiennes Les conférences de l’ONU fixent des objectifs et recommandent des procédures. Elles ne jouissent d’aucun pouvoir exécutoire, et les États membres peuvent suivre ou non leurs recommandations à leur gré. Toutefois, il est difficile de faire fi des déclarations des sommets lorsqu’il existe des mécanismes de suivi et que l’on planifie des conférences-bilans. Au Canada, les déclarations et les conventions de l’ONU doivent normalement être traduites en lois nationales. Quelque 170 chefs d’État ou de gouvernement ont assisté au Sommet du millénaire de septembre 2000. La barre était haute. Cependant, certains des objectifs énoncés dans la Déclaration du millénaire peuvent être utopiques. Par exemple : « De réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur à un dollar par jour et celle des personnes qui souffrent de la faim; et de réduire de moitié, d’ici à la même date, la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable ou qui n’ont pas les moyens de s’en procurer; Que, d’ici à la même date, les enfants partout dans le monde, garçons et filles, seront en mesure d’achever un cycle complet d’études primaires et que les filles et les garçons auront à égalité accès à tous les niveaux d’éducation. » (Déclaration du millénaire de l’ONU) De plus, on a demandé aux pays de l’OCDE : « - D’adopter, de préférence avant cette conférence (3e Conférence de l’ONU sur les pays les moins avancés en mai 2001), une politique d’admission en franchise et hors quota pour la quasi-totalité des produits exportés par les pays les moins avancés; - D’appliquer sans plus de retard le programme renforcé d’allégement de la dette des pays pauvres très endettés et de convenir d’annuler toutes les dettes publiques bilatérales contractées par ces pays s’ils démontrent en contrepartie leur volonté de lutter contre la pauvreté; - D’accorder une aide au développement plus généreuse, notamment aux pays qui font un effort sincère pour appliquer leurs ressources à la réduction de la pauvreté. » Ces objectifs constitueront un défi pour l’ACDI, en particulier en ce qui concerne les politiques canadiennes de commerce et d’aide internationale, qui ne sont pas aussi généreuses qu’elles pourraient l’être (nous sommes à la queue de la liste des pays de l’OCDE pour ce qui est de l’engagement du 0,07 % à l’égard de l’aide internationale). De plus, alors que le Canada est resté bon premier dans l’Indicateur du développement humain en 2000, il a reculé sous certaines rubriques, tombant onzième au sein de l’OCDE pour l’incidence de la pauvreté et dixième pour la valeur de la contribution aux organismes de l’ONU. De plus, les mesures prises par le Canada pour réduire ses émissions de dioxyde de carbone n’ont pas réduit la part du total planétaire qui lui est attribuable, soit près de deux pour cent. (Cette observation est importante quand on pense aux engagements pris à la conférence de l’ONU de 1992 sur l’environnement et le développement et à la conférence Rio + 10 prévue pour 2002.) Pour ce qui est des objectifs du Sommet mondial pour les enfants de 1990, le Canada peut être assez fier de ses résultats, bien que ceux-ci ne soient pas sans faille. Selon l’étude décennale du Canada à ce sujet : « La plupart des familles canadiennes ont dû faire face à une augmentation des pressions économiques et des contraintes de temps, mais la majorité d’entre elles ont bien maîtrisé la situation, et la mise en place de quelques mesures a même semblé améliorer la situation. En 1996, 93 p. 100 des enfants canadiens âgés de 13 ans et moins vivaient dans des familles qui fonctionnaient de manière adéquate, ce que l’on définit par la capacité des membres d’une famille de faire face aux problèmes de tous les jours, de communiquer et d’interagir entre eux. Cette définition a permis d’établir que seulement 7 p. 100 des familles étaient considérées comme éprouvant de la difficulté à fonctionner de façon saine, ce qui représente une légère amélioration par rapport à 1994. » (Rapport national du Canada : Étude décennale du Sommet mondial pour les enfants, p. 26) Au vu de la progression de la pauvreté et des inégalités dans le monde et des projections annonçant de 9 à 11 milliards d’habitants sur la Terre d’ici 2150, il appert que le Canada se doit de faire davantage pour renverser la vapeur, aussi bien pour des motifs de solidarité mondiale que pour son intérêt national. En effet, la situation actuelle ne peut qu’entraîner les trois conséquences suivantes : 1) augmentation du nombre de réfugiés; 2) dégradation de l’environnement; 3) risques de troubles et de violence dans les pays d’où viennent un grand nombre des immigrants canadiens.
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