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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 3, numéro 5, septembre 1999
ACNU : Penser mondial et agir à l’échelle locale Les principes et les objectifs de la Charte de l’ONU inspirent depuis longtemps les femmes et les hommes d’État canadiens. Louis St-Laurent, qui fut le premier secrétaire d’État aux Affaires étrangères, parla en 1946 de la vocation de l’ONU comme étant également celle du Canada et, depuis lors, tous les gouvernements canadiens agissent dans cet esprit. Cela ne veut pas dire que la Charte est sacro-sainte à leurs yeux. Loin s’en faut. Dès le début, le Canada a eu des inquiétudes par rapport au droit de veto des membres permanents et, depuis quelque temps, il cherche à faire modifier la Charte afin que plus d’États siègent au Conseil de sécurité. De plus, l’interdiction faite par la Charte d’intervenir dans les affaires intérieures des États membres va à l’encontre de la priorité que le Canada accorde à la protection des droits de la personne. Néanmoins, le concept et, souvent, la réalité de la coopération internationale destinée à maintenir la paix et à promouvoir les normes et l’application d’un même droit pour tous dans un monde toujours plus interdépendant conviennent au Canada, dont la place dans ce monde en tant que nation dépend de la libre circulation des biens et des personnes. De plus, ils apportent un jugement assez impartial et objectif sur les problèmes et les Bien entendu, le Canada est un pays privilégié comparé à la plupart des pays membres de l’ONU, et il risque soit d’attendre trop par rapport au comportement d’autrui soit de se refermer sur lui-même pour débattre de la nature des menaces qui pèsent sur sa propre identité et sur son avenir. Cependant, ce débat même reflète de plus en plus les relations entre les peuples du monde. En tant que nation d’immigrants venus de nombreuses contrées, nous devrions être à l’avant-garde de la conciliation des différences ethniques et culturelles et de l’élaboration d’un régime général de comportement international. Les efforts déployés pour débarrasser le monde des mines et créer un tribunal pénal international représentent, en fait, cette correspondance entre le Canada et le monde en mutation. Cependant, il ne fait aucun doute que les Nations Unies restent et resteront pendant longtemps une association d’États souverains. Il incombe et il incombera à l’ACNU et à tous les Canadiens concernés d’essayer de concilier les pratiques des États membres de l’ONU, et particulièrement les soupçons de notre puissant voisin, aux fins de la Charte, et les tendances de notre temps. Pensez mondial et agir à l’échelle locale demeure un bon slogan. L’ACNU essaie de faire les deux en aidant les Canadiens à comprendre et à soutenir les idéaux relatifs à l’ordre mondial et à l’équité qui motivaient les fondateurs des Nations Unies.
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