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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 3, numéro 5, septembre 1999
Cachemire – Timide diplomatie Cinquante années ont passé depuis la décolonisation, et donc l’indépendance, de l’Inde et du Pakistan, cinquante années de tribulations, de succès euphoriques, de déceptions amères, et de guerre. Les hostilités entre les deux voisins tournent autour d’une question, l’avenir du Cachemire. Lorsqu’on leur parle du Cachemire, la plupart des gens pensent à cet État pittoresque situé tout au nord de l’Inde, dans la chaîne de l’Himalaya. Dans les années 1970 et 1980, les touristes qui visitaient l’Inde y affluaient. Cependant, les problèmes ont commencé au moment même de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan. La Loi sur l’indépendance de l’Inde de 1947 donnait au Cachemire le choix entre un rattachement à l’Inde ou au Pakistan. Les combats ont commencé en 1948, peu après que la famille régnante du Cachemire eut opté pour un rattachement à l’Inde. Le Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies en Inde et au Pakistan (UNMOGIP) a été formé en 1949 et chargé de faire rapport sur l’évolution de la situation dans la région au Secrétaire général des Nations Unies, et ce Groupe existe toujours aujourd’hui. Il se compose de 45 observateurs militaires basés à Rawalpindi (Pakistan) et à Srinagar (Inde) qui doivent observer l’activité sur la ligne de cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan et à proximité de cette ligne. Quand le conflit s’est ravivé en 1965 à cause du même problème, le Conseil de sécurité a demandé que soit mise sur pied la Mission d’observation des Nations Unies pour l’Inde et le Pakistan (MONUIP), qui serait basée à Lahore (Pakistan) et à Amritsar (Inde). En mars 1966, à la fin de son mandat de supervision du cessez-le-feu le long de la frontière et du retrait des troupes qui y étaient massées, la MONUIP a été démantelée. Les deux pays se sont affrontés une troisième fois pour le contrôle de la région en 1972. Après le conflit, et en vertu des dispositions de l’Accord de Simla, une ligne de démarcation a été tracée afin de diviser le Cachemire en deux. L’Inde contrôle les deux tiers de la région et le Pakistan un tiers. Le Cachemire est très instable depuis dix ans, c’est-à-dire depuis que des terroristes ont commencé à résister au gouvernement indien de manière particulièrement violente. Ces moudjahidin, autrement dit ces combattants islamiques, comme ils se présentent eux-mêmes, sont soutenus par le Pakistan qui, cependant, déclare officiellement ne pas leur fournir d’appui militaire, même s’il croit en leur cause. Des troupes indiennes ont été dépêchées sur place pour évaluer la situation et, depuis neuf ans, elles y maintiennent une forte présence. Dernièrement, en mai 1999, après avoir découvert que des guérilleros fortifiaient des positions dans les secteurs de Kargil et de Batalik, les troupes indiennes ont organisé une énorme offensive pour les en chasser. Les pertes ont été lourdes de part et d’autre jusqu’à ce que les soldats indiens réussissent à repousser les guérilleros derrière la ligne de démarcation. L’Inde a toujours maintenu que le Pakistan participe à la préparation des “ combattants de la liberté du Cachemire ” et les arme, accusation que le Pakistan rejette catégoriquement. L’Inde affirme avoir de preuves que bon nombre des agents d’infiltration interceptés appartenaient à l’infanterie légère du Nord de l’Armée pakistanaise, mais le Pakistan répond que les rebelles du Cachemire sont indépendants de l’appareil militaire pakistanais. Au milieu du mois de juin dernier, il est devenu de plus en plus évident aux yeux de la communauté internationale que les militants dans la région disputée sont extrêmement bien organisés et qu’ils possèdent des armes et un matériel de pointe. Des officiels américains et allemands ont expliqué qu’il est hautement improbable que des combattants aussi bien formés et équipés soient simplement un groupe de moudjahidin ou de villageois pathans désillusionnés du côté indien de la ligne de démarcation. L’avenir du Cachemire reste au cœur du problème aujourd’hui. Dans l’idéal, ses habitants devraient pouvoir se prononcer dans le cadre d’un plébiscite, mais cela n’est pas possible aujourd’hui. Beaucoup des familles cachemiriennes originales de 1947 ont quitté le pays ou ont été tuées. Bien que très minoritaires au sein de la population, les Cachemiriens de confession hindou ont été littéralement chassés par les moudjahidin de part et d’autre de la ligne de démarcation. Même si les Nations Unies devaient intervenir dans la situation et organiser un vote, bien des villageois de la région ne voteraient pas. L’instabilité de la région a fait taire beaucoup de voixet celles qui se font entendre sont celles des moudjahidin et d’autres mouvements anti-indiens qui ne représentent pas toute la population locale. Malheureusement, la communauté internationale ne peut que surveiller l’évolution de cette situation, car l’Inde refuse la médiation d’une tierce partie. New Delhi affirme que le différend sera réglé bilatéralement et uniquement bilatéralement! Le Pakistan a demandé l’aide d’autres pays et des Nations Unies, mais l’Inde décline fermement toute proposition d’intervention extérieure dans le conflit. Depuis cinquante ans, l’UNMOGIP ne peut donc élargir son rôle dans la région. Les deux parties ne parviennent pas à mener des négociations sérieuses et, tant que cet aspect de l’Accord de Simla ne sera réalisé, l’UNMOGIP et la communauté internationale ne pourront que s’en tenir à une place d’observateur! M. Basu Ray a travaillé comme bénévole dans la section des droits de la personne cet été.
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