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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 3, numéro 4, juillet 1999

« Retour à LIAISON Volume 3, numéro 4, juillet 1999

Pour la paix et la justice au XXIe siècle
Fergus Watt, Directure général du Mouvement canadien pour une fédération mondiale

L'Appel de La Haye pour la Paix (ALHP) 1999, qui a eu lieu du 11 au 15 mai, n'a pas été une conférence de la paix comme les autres. Ce n'était pas une conférence diplomatique de représentants gouvernementaux convoqués pour mettre un terme à un conflit en particulier. C'était une conférence mondiale animée par des organismes de citoyens et citoyennes ayant pour but rien de moins que la mise en place des conditions susceptibles d'empêcher tout conflit futur et en fin de compte d'abolir la guerre.

En fait, de nombreux gouvernements n'étaient pas intéressés par ce genre de conférence. Après les conférences réussies tenues par l'ONU au cours de la présente décennie sur l'environnement et le développement, la population, les droits de l'homme, les établissements humains, le développement social et les femmes, on parlait de plus en plus d'une conférence sur la paix pour la fin du siècle. Mais lorsque certaines grandes puissances ont refusé d'appuyer la tenue d'une autre grande conférence de l'ONU, la société civile a organisé toute seule l'Appel de La Haye pour la Paix.

Et c'est plus de 8 000 personnes des quatre coins du monde qui se sont présentées, soit le double de ce qu'on attendait. Que pouvait-on souhaiter de plus?

La conférence a réuni des gens de toutes provenances, de la société civile et du monde gouvernemental, du Nord comme du Sud. On y trouvait notamment le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, deux chefs d'État, quelques ministres des Affaires étrangères, des chefs d'organismes onusiens et d'organisations internationales, trois lauréats du prix Nobel de la paix, des écrivains, des artistes, des universitaires et des représentants de plus de 700 organisations non gouvernementales. Mais surtout, ce n'était pas un rassemblement de militants. C'était une conférence qui avait pour but de définir ce qu'il y avait à faire et de mener une campagne pour le changement.

Le rôle des citoyens et citoyennes a été rappelé tout au long de la conférence. Bill Pace, secrétaire général de l'ALHP (et directeur général du Mouvement pour une fédération mondiale), a déclaré : « Nous sommes ici parce que les méthodes traditionnelles ont échoué lamentablement au cours de notre siècle, et qu'elles continuent d'échouer lamentablement à l'heure où nous nous parlons. »

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a ajouté : « Personne n'a jamais dit qu'il serait facile de libérer le monde du fléau de la guerre, qui est si profondément ancré dans l'histoire de l'humanité. […] La mesure qui est probablement la plus importante consiste à opérer un changement profond dans la société civile, afin de faire éclore une culture dans laquelle les hommes d'État et les diplomates savent ce que l'on attend d'eux. Ils doivent savoir qu'aux yeux de leurs concitoyens, le crime le plus abject ne consiste pas à perdre un intérêt national réel on imaginaire. Le crime le plus abject consiste à ne pas profiter d'une chance de faire la paix, et de condamner ainsi son peuple à la misère indicible de la guerre. »

Alors, concrètement, qu'est-ce qu'on voit quand on se présente à un rassemblement aussi énorme?

Global Forum, dans une salle grande comme trois arénas, a présenté plus de 900 installations et stands d'information de partout dans le monde.

Plus de 400 ateliers (dont certains comportant des centaines de participants) ont été organisés, avec dans chaque cas un panel de conférenciers et une période de commentaires sur les façons de mettre en pratique les idées exprimées.

Un document officiel, plan d'action intitulé Agenda for Peace and Justice in the 21st Century, constitué par une longue liste de campagnes et de propositions (on prévoit plus de 50 sections dans la version finale, qui ne sera pas publiée avant la fin de l'été). Le programme est structuré selon les quatre axes de l'Appel de La Haye : droit humanitaire international et droits de la personne; désarmement et sécurité humaine; transformation et prévention des conflits; et édification d'une culture de paix.

Mais au-delà des documents et des programmes, des installations et des démonstrations, des longues réunions, des files d'attente perpétuelles dans les centres de photocopie, de télécopie et d'informatique, il y avait un fourmillement constant qui a laissé aux délégués l'impression que même s'ils n'ont vu qu'une partie infime d'un événement gigantesque, ils ont fait partie d'un processus qui a donné un second souffle au pacifisme dans le monde.

Il est trop tôt pour dire quelles seront les retombées de cet événement historique. En fait, celles-ci dépendent peut-être autant de la publicité que l'on accordera à l'événement que de ce qui s'y est passé comme tel. Les gens qui étaient là ne font que commencer à saisir l'influence que cet événement a eue sur eux. Seul le temps nous dira quelle aura été l'influence de l'Appel de La Haye pour la Paix sur le monde.

Fergus Watt est directeur général du Mouvement canadien pour une fédération mondiale (MCFM). Le MCFM a servi d'organe de coordination pour le réseau canadien et le processus préparatoire de l'ALHP. On peut se procurer le Hague Appeal Agenda for Peace and Justice in the 21st Century aux bureaux du MCFM.