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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 3, numéro 1, janvier 1999
La lutte pour la liberté de la presse à l’ère de l’économie planétaire Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme La liberté, l’indépendance et la responsabilité de la presse font partie des droits humains fondamentaux. Pourtant, dans nombre de pays, il faut se battre pour obtenir une information juste, et les journalistes qui veulent dire la vérité se font persécuter ou bâillonner. La mondialisation tisse entre les pays des liens de plus en plus étroits à la faveur du libre-échange. Obnubilés par l’expansion des marchés, les gouvernements ont tendance à se concentrer sur les négociations commerciales. Ainsi oublie-t-on souvent la nécessité de développer et de protéger les médias, agents de progrès de l’économie, de la démocratie et de la saine gestion. Le 13 novembre a eu lieu à Kuala Lumpur (Malaisie) la première réunion de l’International Monitoring Group on Free Media and Trade, qui s’est donné pour mandat de faire valoir la liberté de la presse dans les négociations commerciales. Organisé conjointement par l’Institute for Media, Policy and Civil Society (IMPACS) du Canada et l’Asian Institute for Development Communication (AIDCOM) de Malaisie, l’événement rassemblait des personnalités de la presse d’Asie, du Canada et du Pacifique. Cette première rencontre fut l’occasion de réfléchir aux liens entre libéralisation du commerce et liberté de la presse et d’élaborer un plan d’action pour défendre la liberté des médias dans la région. Le plan consistera à surveiller la couverture médiatique du sommet annuel de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), à promouvoir la liberté de l’information économique et à réclamer la nomination d’un rapporteur sur la liberté de la presse à l’APEC. Le groupe s’alliera à des organisations non gouvernementales nationales du secteur des médias pour mettre en œuvre ses stratégies. Pour la première année, il se concentrera exclusivement sur l’APEC, après quoi il élargira son champ d’intérêt. Le groupe international s’est doté d’une approche décentralisée et multidimensionnelle pour saisir les enjeux et accroître la liberté de la presse. Pour Shauna Sylvester, fondatrice du groupe et directrice générale de l’IMPACS, la liberté, l’impartialité et la fiabilité de la presse sont indispensables à la transparence et à la saine gestion. La participation de l’IMPACS au groupe international de surveillance s’intègre dans une stratégie triennale de promotion de la liberté de la presse intitulée Open Market, Open Media? Des organismes canadiens et internationaux luttent activement contre la censure et la répression. Malgré les efforts importants consacrés à la mise en valeur de l’article 19 dans le milieu des droits de la personne, les liens entre liberté de la presse et libre-échange sont encore peu étudiés. Dans la nouvelle conjoncture, le groupe international de surveillance a adopté une approche unique pour favoriser la liberté, l’ouverture et la responsabilisation de la presse.
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