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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 3, numéro 1, janvier 1999
Colloque sur les droits de la personne à Edmonton, du 17 au 29 novembre : « Un plan pour la paix, la justice et la liberté - Droits universels et valeurs humaines » Tenue à l’occasion du cinquantenaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, le colloque sur les droits de la personne à Edmonton visait à offrir un déversoir commun à tous les ruisseaux qui contribuent au grand fleuve du milieu florissant des droits de la personne. Dans la veine historique, nous avons entendu parler de John Peters Humphrey, juriste canadien auteur de la première version de la Déclaration, et d’Eleanor Roosevelt, grâce à qui ce document reflète les aspirations du milieu des organisations non gouvernementales (ONG). Nous avons entendu parler des dévelopements qui ont ensuite amené l’ONU à préciser dans d’autres conventions certains aspects de ces droits : droits civils et politiques, droits économiques, sociaux et culturels, droits des femmes et des enfants, et à préparer d’autres conventions qu’il reste à conclure, sur les droits des Autochtones, la torture, le génocide, le racisme, les droits des émigrants, des réfugiés et des personnes déplacées par la guerre civile ou les catastrophes environnementales. Ensuite venait le tour de la classe politique. Beaucoup de ces personnes ont répondu à la voix du peuple réclamant la mise sur pied de commissions devant traiter de certains droits, mais en général, toutes reconnaissent qu’il reste encore beaucoup à faire. L’hon. Anne McLellan a dû marcher sur la corde raide, évitant de se montrer sur la défensive à la veille de la publication à Genève des critiques sévères des résultats du Canada en matière de droits économiques, sociaux et culturels. En effet, malgré sa prospérité relative, le Canada n’a pas réussi à réduire la pauvreté, et en particulier la pauvreté des enfants et l’écart entre les riches et les pauvres, ni à régler de façon satisfaisante le problème des Autochtones. Fidèles à l’engagement de dresser le bilan des cinquante dernières années, reconnaissant les progrès comme les reculs depuis 1948 et confiants en l’avenir pour diffuser une culture universelle des droits de la personne, les responsables du colloque avaient organisé une séance d’une demi-journée au cours de laquelle les jeunes ont pu rencontrer Craig Keilburger, de l’organisme Enfants libres, et d’autres jeunes militants pour tracer eux-mêmes la voie qu’ils comptent suivre. Les personnalités qui m’ont marquée… L’archevêque Desmond Tutu, qui a fait sourire une assistance de 1 500 personnes en esquissant quelques pas de danse aussi simples que passionnés sur un air joué par un groupe latino-américain après avoir enfilé le manteau de la baie d’Hudson qui venait de lui être remis. Son Excellence Mary Robinson, qui a livré un message d’espoir inspiré des événements d’Irlande. Rosalie Abella, juge fédérale, qui a vivement dénoncé la pente glissante sur laquelle se trouve le Canada, lui faisant faire passer les préoccupations du pouvoir économique avant les droits de la personne. Ed Broadbent, qui a parlé des travailleurs et travailleuses d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande qu’il a rencontrés personnellement et qui ont goûté à l’envers de la médaille de la mondialisation de l’économie. David Schindler, professeur d’écologie titulaire d’une bourse commémorative Killam à l’Université de l’Alberta, qui a énuméré les conséquences tragiques des pratiques économiques actuelles sur l’environnement de la planète. Fatoumata Diakite, syndicaliste du Mali qui a mené une longue lutte stratégique pour mettre un terme à la pratique de la clitoridectomie. Wei Jingsheng, arrivé aux États-Unis en 1997 après avoir passé 18 ans en prison pour avoir défendu les droits de la personne en Chine. Naomi Segal-Bronstein, directrice générale de la CANADA CARES Children’s International Foundation, qui a raconté, diapositives à l’appui, son expérience personnelle auprès des enfants orphelins, négligés, blessés et faméliques de l’Asie du Sud-Est et de l’Amérique latine. Elle-même a adopté six de ces enfants. Elle a passé sa vie active à réclamer des mesures non seulement pour qu’on aide ces enfants partout sur la planète, mais aussi pour mettre en lumière le fait que ce sont maintenant les enfants et leur famille qui sont sur la ligne de front dans les conflits militaires, que la guerre et la production d’armes ont des conséquences intolérables pour les droits de la personne et qu’il faut redoubler d’efforts pour trouver des moyens pacifiques de résoudre les conflits peu importe où ils éclatent. De quoi je me plains…? Il y avait trop de choses à voir et à entendre : tant de séances simultanées, de stands interactifs et de personnes intéressantes à rencontrer! Cependant, puisque tous ces éléments sont signes d’un colloque réussi, il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre. Je suis sortie du colloque plus mobilisée que jamais pour la cause de l’universalité des droits de la personne et plus consciente de faire partie d’un mouvement mondial qui connaît un souffle nouveau. Les commanditaires publieront un rapport complet sur l’événement; je vous le recommande.
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