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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 6, novembre 1998
Troisième Vigile mondiale : un vent paisible pour une force tranquille Quand le drapeau bleu de l’ONU ouvre la marche… Le 23 octobre, veille de la Journée des Nations Unies, l’Association canadienne pour les Nations Unies tenait une vigile à la chandelle à Ottawa pour appuyer l’ONU et dénoncer sa crise financière. Cette année, l’événement se déroulait simultanément dans plus de 43 villes aux quatre coins de la planète. Au Canada, il y a eu des vigiles dans au moins huit villes, y compris Ottawa, Montréal, Toronto et Vancouver. Aux États-Unis, plus de 250 personnes rassemblées à Washington ont eu le plaisir de voir l’acteur Michael Douglas se joindre à elles, tandis que 150 manifestants à New York ont eu la chance d’entendre les discours de personnes influentes dans le milieu des ONG et de l’ONU. Depuis que Erskine Childers a lancé l’idée il y a plus de trois ans, la question est de savoir si ces vigiles ont un effet réel sur la situation financière de l’ONU. Ces événements sensibilisent-ils véritablement la population aux grandes difficultés que doit affronter l’ONU? La situation a-t-elle évolué ? Jim Paul, directeur général du Global Policy Forum et coordonnateur mondial des vigiles, estime que même si ces manifestations n’attirent pas des milliers de personnes, elles ont un retentissement certain. « Les vigiles attirent l’attention et incitent les gens à penser à l’ONU la veille de la Journée des Nations Unies. C’est finalement la meilleure occasion que nous avons de faire connaître la crise financière de l’ONU et de conscientiser les médias, les ONG et la population. » Les États-Unis, premiers débiteurs de l’ONU, lui doivent actuellement 1,6 milliard de dollars, soit les deux tiers des créances de l’ONU; or, ils ne semblent pas avoir l’intention d’acquitter cette dette intégralement. « Les États-Unis paient ce qu’il faut pour conserver leur droit de vote en vertu de l’article 19 de la Charte, mais ils entretiennent un arriéré qui menace constament l’équilibre financier de l’ONU », explique Harry Qualman, directeur général de l’ACNU. «Au sujet de la dette des États-Unis, tout ce que j’ai à dire, c’est qu’il faut persévérer, renchérit M. Paul. De nombreux organismes sont actifs dans ce dossier depuis trois ans. Par conséquent, les ONG et le public sont plus conscients de ce grave problème. Le Congrès américain subit une grande pression et la mission de l’ONU ne nie plus que l’ONU vit une situation difficile qui est due principalement à l’attitude des États-Unis. » Selon Fergus Watt, directeur général du Mouvement canadien pour une fédération mondiale, les vigiles mondiales présentent un potentiel encore inexploité. « Je crois que nous pouvons faire plus. Il faut que ce problème soit plus connu et préoccupe davantage l’opinion. » À la vigile d’Ottawa, alors que M. Watt a dénoncé dans son discours l’attitude des États-Unis et les effets de la crise sur les opérations de maintien de la paix, Harry Qualman a insisté sur l’importance de l’ONU et la gravité de la situation. «Personne n’est optimiste en pensant à l’ONU. Le pire est peut-être à venir. L’année qui vient sera extrêmement ardue pour l’Organisation. » À Ottawa, une quarantaine de personnes ont participé à la Troisième Vigile mondiale, dont beaucoup d’étudiants en journalisme de l’Université Carleton. Suivant le drapeau de l’ONU, la foule grossissait à mesure qu’elle défilait dans les rues. Les vigiles ont pour but de montrer que les citoyens, les « peuples », ne sont pas apathiques et tiennent véritablement à cette organisation très importante. DERNIÈRE HEURE!!!! Le 4 novembre 1998, le gouvernement des États-Unis a versé 586 millions de dollars au titre du budget ordinaire et du budget de maintien de la paix. Les États-Unis conservent ainsi leur droit de vote à l’Assemblée générale. Leur arriéré s’établit maintenant à 1,28 milliard de dollars américains.
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