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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 6, novembre 1998
Le Canada militera-t-il pour l’abolition des armes nucléaires ? Vous avez déjà pensé à influencer la politique du gouvernement en matière d’armement nuclélaire? C’est peut-être le temps. Le Comité permanent des affaires étrangères chargé d’étudier ce dossier au Parlement dépose son rapport à la fin de novembre. Or, certains signes laissent croire qu’il se pourrait que le Canada appuie ouvertement la « Coalition pour un nouveau programme » (New Agenda Coalition - NAC), regroupement de gouvernements déterminés à faire amorcer des négociations sur l’élimination des armes nucléaires. La NAC s’inspire entre autres d’une opinion rendue en 1996 par la Cour internationale de justice confirmant que l’abolition des armes nucléaires constitue une obligation juridique des gouvernements et que ce processus doit être entamé le plus tôt possible. Le Canada a appuyé l’opinion de la Cour à l’Assemblée générale tout en votant toutefois contre l’amorce de négociations immédiates sur cette question, deux gestes que l’on peut à bon droit considérer comme contradictoires. Lorsque les représentants de l’Initiative des puissances moyennes (parmi lesquels figurait la vedette hollywoodienne Michael Douglas), dirigés par le sénateur Doug Roche, ex-président national de l’ACNU, ont rencontré le ministre Axworthy au début de l’automne, ils ont eu droit à un accueil particulièrement chaleureux puis ont été présentés au premier ministre Chrétien. On croit que c’est de bon augure. Selon des informations de presse, le Département d’État américain exhorterait le Canada à ne pas réclamer de l’OTAN qu’elle renonce à utiliser l’arme nucléaire en premier. Jusqu’ici, la solidarité de l’OTAN tient bon, mais il s’est dessiné une faille sur la scène publique lorsque deux membres de l’OTAN se sont abstenus de voter à l’Assemblée générale l’an dernier sur la résolution réclament l’amorce immédiate des négociations pour l’abolition. Dans les milieux de l’OTAN, une abstention équivaut à un « non ». Une politique consistant à ne pas utiliser l’arme nucléaire en premier est considérée comme un geste partiel mais très important, surtout pour l’OTAN. On considère en effet que si toutes les puissances nucléaires adoptaient cette politique, il ne serait plus justifié de conserver les armes à titre défensif (en supposant qu’il est possible de surveiller et d’étouffer la prolifération). S’il est impossible d’utiliser l’arme en premier, la possession a encore moins sa raison d’être et tous les espoirs sont permis pour une abolition complète. Mais il faut profiter du mouvement en marche. Actuellement, plus de 90 p. 100 des Canadiens et Canadiennes veulent que le Canada appuie ouvertement une campagne d’interdiction des armes nucléaires, et même en prenne la tête.
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