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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 5, septembre 1998
Action mondiale pour la jeunesse : Portugal, août 1998 Revenue du Portugal depuis un certain temps déjà, je suis tout de même encore toute imprégnée de l’esprit du Troisième Forum mondial de la jeunesse du Système des Nations Unies, qui a eu lieu à Braga du 2 au 8 août, et de la Conférence mondiale des ministres de la jeunesse, tenue à Lisbonne du 8 au 12 août 1998. Cette expérience mémorable m’a fait rencontrer des gens des quatre coins du monde tout en travaillant à la défense des droits de la jeunesse et en faisant progresser l’idée de créer un organisme national des jeunes au Canada. Troisième Forum mondial de la jeunesse du Système des Nations Unies La séance plénière d’ouverture était impressionnante : une multitude d’organisations non gouvernementales (ONG) de 150 pays avaient répondu à l’appel des Nations Unies. Tous étaient là pour contribuer au thème du Forum, soit la participation de la jeunesse dans le développement humain, de concert avec l’ONU. Personnellement passionnée pour les droits de la personne, j’ai participé au groupe de travail sur les droits de la jeunesse. Au Deuxième Forum mondial de la jeunesse, tenu à Vienne en 1996, on avait recommandé la rédaction d’une charte internationale des droits de la jeunesse. Mon expérience dans ce domaine m’a convaincue de la nécessité d’un instrument de défense des droits pour étayer les revendications des jeunes. Ce fut donc avec surprise que je vis le groupe rejeter cette idée après un débat préliminaire. À l’idée de la charte, on opposait avec vigueur une orientation portant sur la mise en application effective des droits de la jeunesse. Ce fut un débat stimulant qui faisait écho à tant d’autres discussions de l’ONU sur les vertus respectives de l’universalité et de la spécificité. En fin de compte, tout en appuyant la rédaction de chartes régionales pour l’Amérique latine, l’Afrique et l’Europe, on a décidé de se concentrer sur la mise en application des droits des jeunes définis dans les traités internationaux existants. Dans la foulée de cette décision, j’ai participé à plusieurs autres séances de travail d’un sous-groupe qui a formulé une recommandation visant la nomination d’un rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de la jeunesse. Selon Bill Angel, de l’Unité de la jeunesse de l’ONU, le mandat que nous avons rédigé pour ce poste révolutionne le processus de nomination habituel. Nous avons insisté sur le fait que la personne soit jeune (pas plus de 35 ans) et jouisse d’une expérience valable en droits de la personne et auprès des ONG. De plus, nous avons indiqué que les mises en candidature devaient être effectuées par l’intermédiaire des ONG nationales d’ici août 1999, soit un an après le Forum. C’est ensuite le secrétaire général de l’ONU qui nommerait la personne parmi les candidats et candidates avant la fin de 1999. Un des buts principaux de la Conférence étant de resserrer les liens entre l’ONU et les ONG-jeunesse, cette recommandation concrète permettait à notre avis d’établir un contact sensible et dynamique entre ces deux univers. Toute la semaine, on entendait des rumeurs selon lesquelles le secrétaire général Kofi Annan ne pourrait assister à la plénière de clôture en raison des problèmes en Irak; ce fut donc le délire lorsqu’il apparut : applaudissements à tout rompre, sifflets, vivats, tout montrait que pour les jeunes, M. Annan dépasse d’une tête n’importe quelle vedette rock! En recevant le " programme d’action de Braga ", somme des recommandations formulées par les groupes de travail, M. Annan a appelé de ses vœux une collaboration entre l’ONU et les ONG-jeunesse qui se traduise par des gestes concrets et des résultats. Son discours fut des plus motivants pour les militantes et militants de la jeunesse. Conférence mondiale des ministres de la jeunesse : 8 au 12 août 1998 La Conférence des ministres était un événement beaucoup plus formel et de plus grande envergure. Il s’y trouvait plus de 1000 participantes et participants du monde entier, dont de nombreux ministres. Il n’était pas exceptionnel de coudoyer le ministre de la Jeunesse du Mali, du Gabon ou de Jordanie, que ce soit dans la file d’attente de la cafétéria ou dans la navette. C’était assez impressionnant de rencontrer des personnalités politiques canadiennes si souvent citées ou photographiées dans les journaux. Au Forum comme à la Conférence des ministres, je ne suis pas la seule à avoir été agréablement marquée par l’intérêt sincère pour les jeunes et le sourire chaleureux de la secrétaire d’État Ethel Blondin-Andrew. Je garde un aussi bon souvenir de mes contacts avec le ministre des Ressources humaines Pierre Pettigrew, dont j’ai pu constater le sérieux etl’ardeur au travail. La participation de ces deux ministres a fortement contribué à l’atteinte de tous les objectifs du Canada à cet événement. Un grand nombre de participantes et participants du Forum assistaient aussi à la Conférence des ministres comme délégués des ONG. Les négociations ardues entre les États au sujet des diverses dispositions du projet de Déclaration de Lisbonne ont mis en évidence le manque de communication entre les délégations nationales et les représentants et représentantes des ONG. C’est ainsi que plusieurs personnes se sont senties inutiles et rejetées pendant un certain temps, les ONG étant reléguées à un rôle de parure. Aussi plusieurs délégués des ONG ont-ils vivement réclamé que la prochaine conférence favorise une communication réelle entre les délégations des gouvernements et celles des ONG. Malgré ces lacunes, j’ai pris la parole au nom de l’ACNU dans le groupe de travail concernant l’importance d’une participation réelle des jeunes. J’ai mis en relief la pertinence du programme d’action de Braga élaboré en grande partie par les jeunes, ainsi que l’importante recommandation visant la nomination d’un rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de la jeunesse. C’est n’est donc pas sans joie que j’ai constaté que ce point avait fait l’objet d’une recommandation du groupe de travail le dernier jour de la conférence. Si le Forum et la Conférence ont permis de faire avancer les dossiers-jeunesse à l’échelon international, il importe de ne pas perdre cet élan. Ces événements doivent servir de catalyseurs pour une action concertée en faveur de la jeunesse sur les scènes nationale et internationale. Or, il faut reconnaître que les Canadiennes et Canadiens sont rares dans les tribunes internationales de jeunes. Contrairement à beaucoup d’autres pays, le Canada n’a pas de conseil national de la jeunesse qui pourrait faire valoir les revendications des jeunes. Aussi les représentantes et représentants des ONG canadiennes ont-ils tenu des réunions à Lisbonne pour se concerter. Nous croyons que les jeunes doivent s’associer pour faire valoir leurs préoccupations à l’échelle nationale et veiller à ce que le Canada respecte les engagements qu’il a pris envers la jeunesse en adhérant à la Déclaration de Lisbonne, au programme d’action de Braga et aux recommandations formulées lors de la consultation nationale des ONG, Youth Café Jeunesse. Nous sommes déterminés à faire en sorte que cet événement international trouve un écho au pays.
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