![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
![]() |
| |
Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 4, juillet 1998
Le Canada aura-t-il sa place au Conseil de sécurité? Il y aura de l’électricité dans l’air en octobre au ministère des Affaires étrangères du Canada. C’est ce mois-là que l’on saura si le Canada a décroché ou non un des sièges non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU pour 1999 et 2000. Le Canada obtient traditionnellement un siège au Conseil tous les dix ans. Mais la tradition n’est plus ce qu’elle était. L’an dernier, l’Australie s’est fait tirer le tapis sous le pied juste au moment où elle allait prendre place, au profit du Portugal. Cette année, les deux concurrents du Canada sont les Pays-Bas et la Grèce. Les trois pays lorgnent les deux sièges réservés aux États d’Europe occidentale et autres. Les huit autres sièges non permanents sont répartis comme suit : cinq aux États d’Afrique et d’Asie, deux aux États d’Amérique latine et des Antilles et un aux États d’Europe orientale. La Chine, la France, la Fédération russe, le Royaume-Uni et les États-Unis sont membres permanents depuis 1945. Puisque l’on s’attend à un vote en bloc des pays de l’Union européenne en faveur des deux pays de ce continent, le Canada ne peut que compter sur les voix d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. La partie sera chaude, ne serait-ce que parce que la Grèce est absente du Conseil de sécurité depuis 1952 et que les Hollandais semblent déjà vissés à l’autre siège. Mais le Canada ne s’est jamais vu refuser un siège au Conseil, et sa position semble solide. Pour l’élection des membres non permanents au Conseil de sécurité, on demande aux pays de tenir compte de la contribution des membres de l’ONU au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde et aux autres objectifs de l’Organisation. Or, le Canada a toujours été au cœur, non seulement de la création de l’ONU, mais aussi de son évolution depuis lors. Plusieurs Canadiennes et Canadiens se sont distingués dans une carrière à l’ONU et ont joué un rôle majeur dans son développement. Citons pour mémoire :
Sans compter que tous les arguments traditionnels jouent en notre faveur. Le Canada est une puissance moyenne multiculturelle, non menaçante et non partisane qui entretient des liens — par son appartenance à toutes les organisations sauf l’Union européenne! — avec presque tous les pays du monde. Au surplus, c’est le huitième contribuant en importance de l’ONU et il paie toujours sa quote-part en entier, à l’échéance et sans condition. Des esprits cyniques prétendent que l’expression " puissance moyenne " est un euphémisme destiné à masquer notre absence d’influence sur la scène internationale. Mais ont-ils raison? Le Canada a joué un rôle-clé dans la mise sur pied d’une capacité d’intervention rapide pour l’ONU; il a été un des principaux protagonistes dans l’accélération du processus d’interdiction mondiale des mines antipersonnel; aujourd’hui, il préside le regroupement des États militant pour l’institution d’une Cour pénale internationale permanente. On peut dire que le rôle traditionnel du Canada commence à porter ses fruits, et que le moment n’a jamais été aussi propice de lui faire une place au bout de la table. La confiance règne, mais gageons que d’ici à ce que les urnes soient vidées et l’élection du Canada confirmée, nos amis des Affaires étrangères auront leur lot de nuits blanches.
|