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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 3, mai
Les droits des enfants Il y a près de cinquante ans, la Déclaration universelle des droits de l’homme était adoptée à l’unanimité par tous les États membres des Nations Unies. Cette décision constituait une véritable percée en matière de droit international et ouvrait la voie à d’autres lois sur les droits de l’homme à l’échelle nationale et internationale.
À peine dix ans plus tard, le 20 novembre 1959, l’Assemblée générale affirmait que les droits d’un groupe social en particulier, que les auteurs de la Déclaration avaient oublié, méritaient une attention particulière, et fut alors adoptée la Déclaration des droits de l’enfant de l’ONU. Après trente ans de délibérations sur le texte final d’une convention exécutoire, l’Assemblée générale a finalement adopté à l’unanimité, le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l’enfant. La Convention relative aux droits de l’enfant, l’instrument légal le plus complet à l’échelle internationale en matière de droits des enfants, protège à la fois les droits civils, sociaux, économiques, politiques et culturels des enfants. Elle confère à l’enfant le statut d’une personne qui a des droits particuliers, d’un individu apte à participer à la vie de la société et à son propre développement. Elle expose tous les droits fondamentaux que tous les enfants sont en droit de faire respecter, c’est-à-dire :
Jusqu’à maintenant, 191 États ont ratifié la Convention, ce qui en fait le traité sur les droits de la personne le plus important à ce jour. En ratifiant la Convention, les États parties s’engagent à respecter un certain nombre d’obligations. D’abord, ils acceptent de soumettre des rapports périodiques au Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Ensuite, ils consentent à faire largement connaître les principes et les dispositions de la Convention, " par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants ". Finalement, ils s’engagent à garantir les soins de santé et la sécurité sociale aux enfants de façon à leur assurer un niveau de vie convenable. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a été créé afin de mettre en application et de faire respecter la Convention. Il contribue à la promotion des droits de l’enfant et met tout en œuvre pour venir en aide aux pays qui s’efforcent de faire respecter la Convention. De plus, la publicité entourant les études et les rapports du Comité vient faire pression sur les gouvernements qui ne remplissent pas leurs obligations. Il reste encore un grand bout de chemin à parcourir avant que ne se réalisent les promesses que la Convention a faites aux enfants du monde entier. Autant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement, les enfants vivent dans la rue et souffrent de la pauvreté, d’abus, de négligence, de maladies pourtant évitables, d’un accès inégal à l’éducation et de systèmes judiciaires qui ne reconnaissent pas leurs droits particuliers. Les enfants issus de groupes minoritaires, particulièrement, vivent souvent ces difficultés. Il est d’abord du devoir des gouvernements de respecter la Convention, mais les communautés, les familles et les particuliers ont également un rôle important à jouer. Comme l’explique le protecteur des enfants de Norvège, " les lois, nationales et internationales, ne sont que des mots sur du papier. Elles peuvent codifier des attitudes, mais leur succès dépend de la façon dont elles sont mises en application et de ce qui est fait pour les respecter et atteindre l’idéal qu’elles proposent. " Comme on le précise dans la Charte de l’ONU, c’est " [n]ous, peuples " qui formons les Nations Unies; il incombe donc à nous tous, en bout de ligne, dans notre communauté, notre région et notre pays, de s’assurer que les droits des enfants deviennent réalité. Tara Collins est administratrice chargée des contacts jeunesse à l’ACNU et coordonnatrice de la recherche à la Coalition canadienne pour les droits des enfants.
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