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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 2, mars 1998

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l’importance constante du Canada aux Nations Unies
Par Geoffrey Pearson

Depuis le jour où le Président Roosevelt a créé l’expression " Nations Unies ", le Canada a toujours appuyé fermement le concept et la mise en place d’une organisation internationale dotée d’une structure officielle. Cet appui découle des leçons que le Canada a tirées de sa participation active aux deux guerres mondiales. Ces événements lui ont enseigné deux choses importantes: le meilleur moyen d’assurer la sécurité passe par une action collective, et le Canada doit prendre part aux décisions destinées à élaborer une telle structure.

Depuis le début, la position du Canada est celle d’une "puissance moyenne " prête à contribuer de façon substantielle aux forces (de maintien de la paix) de l’ONU et à occuper un siège au Conseil de sécurité à intervalles réguliers. De fait, le Canada est en lice pour l’obtention d’un siège au Conseil de sécurité en 1999-2000.

Ses longs états de service et son succès à l’ONU font du Canada un interlocuteur plus que valable à la table des affaires internationales. Depuis 1948, le Canada a été membre du Conseil une fois par décennie et a pris part à presque toutes les opérations militaires de l’ONU, depuis la Palestine jusqu’au Cachemire, en passant par la Bosnie et Haïti. Les hommes d’État canadiens ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration et l’exécution d’un mécanisme de maintien de la paix visant à dissuader toute agression au Moyen-Orient et en Afrique au cours des années 50 et 60, et depuis, à rétablir la paix dans les sociétés déchirées par la guerre partout dans le monde. Le monument érigé en l’honneur des casques bleus au centre d’Ottawa, illustre bien l’importance réelle et symbolique que les Canadiens attachent à leur participation aux activités collectives de l’ONU.

Bien sûr, l’ONU représente de plus grands idéaux que le simple maintien de la paix et de la sécurité. À vrai dire, la politique canadienne prête maintenant au terme " sécurité " le sens des principaux buts de la Charte. Les menaces à la sécurité humaine et nationale ont une portée tout autant mondiale que régionale: la maladie, la pollution et les armes nucléaires ne connaissent pas de frontières. Seule une organisation mondiale, regroupant des organismes mandatés pour répondre à des besoins précis, peut garantir à tous les peuples et à tous les gouvernements l’égalité sur le plan des droits et des chances de répondre aux problèmes auxquels ils doivent faire face à l’échelle planétaire. Les Canadiens sont originaires des quatre coins du globe et habitent le deuxième pays au monde en superficie. Leur patrimoine multiculturel et la place qu’ils occupent sur le globe les incitent à penser et à agir dans une perspective planétaire.

En 1945, le Canada souhaitait que l’ONU soit capable de "préserver les générations futures du fléau de la guerre". Bien des années plus tard, on constate que la Charte promettait plus que ce que l’ONU pouvait accomplir. On sait aussi que l’ONU doit s’adapter et se renouveler si elle veut conserver la confiance de ses membres et, à ce titre, nous appuyons les propositions du secrétaire général de l’ONU.

Par ailleurs, nous croyons aussi que les buts et les principes de la Charte demeurent valides. Ils ont toutefois besoin d’un nouveau souffle, qui doit être le fait surtout des États-Unis - le membre le plus puissant de l’ONU - afin que " nous, peuples des Nations Unies " puissions vivre ensemble, tous plus libres et plus égaux.

Geoffrey Pearson, vice-président de l’ACNU, a été directeur général du Bureau des affaires des Nations Unies dans l’ancien ministère des Affaires extérieures du Canada.