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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 2, numéro 1, janvier 1998
Le droit à l’alimentation : le temps d’agir? Le 10 décembre marque l’anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme et amorce une année d’activités qui souligneront tout au long de 1998 le cinquantième anniversaire de cet événement historique. Le Cinquantenaire est l’occasion pour le gouvernement canadien de se rappeler qu’il n’a toujours pas rempli l’engagement qu’il a pris de satisfaire le droit le plus fondamental de l’être humain, le droit à l’alimentation, et de prendre des mesures qui régleront enfin le problème grandissant de la faim au Canada et ailleurs. Une semaine avant la date anniversaire, le débat sur le droit à l’alimentation a continué de progresser à l’occasion d’une réunion du Comité des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels. La commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Mary Robinson, a demandé au Comité de mieux définir comment s’intègre le " droit à l’alimentation " dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Des spécialistes ont affirmé qu’il était du devoir du Comité de promouvoir le droit à l’alimentation et d’obliger les gouvernements à concevoir un modèle socio-économique et de le mettre en œuvre. Le Comité a également insisté sur l’importance de la reddition de comptes dans l’exécution du programme. Le Canada, comme beaucoup d’autres pays, s’est engagé en 1976 à fixer des normes nationales sur le bien-être et à établir le droit fondamental à l’alimentation lorsqu’il a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Il a ensuite confirmé son adhésion au principe du droit fondamental à l’alimentation en appuyant le Plan d’action mondial, fruit du Sommet mondial de l’alimentation de 1996. Malheureusement, les actions du Canada se sont avérées moins éloquentes que ses paroles. Quelques jours avant le 10 décembre, des représentants du Réseau mondial de la sécurité alimentaire (RMSA) de l’ACNU et leurs partenaires de l’Association canadienne des banques alimentaires ont assisté à la présentation d’une pétition nationale de 2600 signatures exhortant le gouvernement fédéral à remplir ses engagements. " Lorsque le Pacte a été signé, a fait remarquer David MacDonald, président du RMSA, il n’y avait pas de banques alimentaires au Canada. Aujourd’hui, il y en a plus de 900. Trop de Canadiens croient encore que la faim dans le monde ne touche que les autres pays. Peu d’entre eux savent à quel point ce problème est présent dans leur propre milieu. " Un rapport récent de la Daily Bread Food Bank estime que 670 000 personnes par mois recouraient aux banques alimentaires au Canada en mars 1997, comparativement à 330 000 en mars 1989. Devant cette flambée, des groupes de société civile de partout dans le monde sont à élaborer un Code international de conduite concernant le droit à l’alimentation, qui favoriserait le passage à l’acte au milieu de toutes les belles paroles. Le code, rédigé par le Food First Information and Action Network (FIAN) et la World Alliance for Nutrition and Human Rights, énonce l’obligation de respecter, de protéger et de satisfaire le droit à l’alimentation. Depuis 1995, l’ACNU et les partenaires du RMSA font la promotion du " droit à l’alimentation " et du code de conduite. En février 1998, des partenaires importants du RMSA contribueront à la mise sur pied d’un atelier public organisé par le FIAN en Californie pour susciter un appui accru des gouvernements du monde à l’égard du " droit à l’alimentation " et du code de conduite.
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