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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 1, numéro 6, novembre 1997

« Retour à LIAISON Volume 1, numéro 6, novembre 1997

« Le processus d'Ottawa » : d'abord un mouvement du peuple

Le 3 décembre prochain, des représentants de plus de cent gouvernements se réuniront à Ottawa pour la signature historique de la " Conférence de Signature de la convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transport des mines anti-Personnels".

Les négociations portant sur la version définitive du traité se sont conclues à Oslo, en Norvège, le mois dernier. Au début, des inquiétudes étaient apparues à la suite de la proposition des États-Unis d’apporter trois amendements de dernière minute qui risquaient d’être fatals au traité. Les amendements visaient à exclure les " mines intelligentes " (qui se désamorcent d’elles-mêmes après un certain temps) des dispositions de la convention, à renverser la disposition qui interdit un retrait du traité durant un conflit armé et à prévoir un délai de neuf ans avant l’entrée en vigueur du traité. Ces amendements étaient motivés par l’inquiétude des États-Unis au sujet de la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, où les mines terrestres sont perçues comme un élément essentiel de la défense de la frontière. Mais puisque les deux tiers de majorité nécessaires pour adopter la modification n’ont pas été obtenus, les États-Unis se sont vus dans l’impossibilité de signer le traité. Ce fut donc la versions stricte du traité qui fut adoptée.

Des pays puissants comme la Chine, l’Inde, le Pakistan et l’Iran ont aussi refusé de signer. La Russie a confirmé qu’elle signerait le traité, mais sans dire quand. Robin Collins, qui siège au comité directeur d’Actions Mines Canada au nom de l’ACNU, a proposé de laisser un fauteuil libre à la signature du traité à Ottawa comme une invitation aux gouvernements qui ne se sont pas encore engagés à le signer. Le fauteuil servirait aussi à commémorer les efforts de la princesse Diana pour faire des mines terrestres au sujet d’actualité à l’échelle mondiale. La princesse Diana devait en effet être présente à la signature.

Bien que des personnalités aussi importantes que la princesse de Galles et le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, aient joué un rôle très important dans le processus accéléré menant à une interdiction totale des mines antipersonnel, les véritables " héros " de cet exploit sont les organisations non gouvernementales (ONG) qui ont travaillé sans relâche à l’aboutissement de ce projet. L’attribution en octobre du prix Nobel de la paix à Jody Williams et à son organisation, la Campagne internationale contre les mines terrestres, a donné à la société civile la reconnaissance qu’elle mérite.

En réalité, au moment même où des représentants d’États signeront le traité, le public sera invité dans le foyer central du Centre de conférences d’Ottawa pour signer une déclaration appuyant le traité. Dans les jours qui suivront la signature du traité, de nombreuses ONG ainsi que de nombreux activistes et chercheurs se joindront aux fonctionnaires du gouvernement pour prendre part à des tables rondes, élaborer des plans d’action et renforcer leurs réseaux mondiaux.

Ces deux événements servent à attirer l’attention sur le fait que le traité d’interdiction est véritablement le " traité du peuple ", autant en raison de l’appui populaire reçu que du fait que la persévérance de la base est indispensable pour s’assurer que le traité puisse faire une différence dans la vie des victimes potentielles (et accélérer le déminage).

Actions Mines Canada offrira une trousse aux groupes intéressés à organiser dans leur milieu une séance de signature du Traité du peuple le 3 ou le 4 décembre. Prière de télécopier vos demandes au (613) 233-9028. Actions Mines Canada demandera aux groupes participants de lui faire parvenir les signatures recueillies.