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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 1, numéro 5, septembre 1997

« Retour à LIAISON Volume 1, numéro 5, septembre 1997

« Rénover l’ONU : un programme de réformes »

Admettant la lenteur de l’ONU à s’adapter aux changements géopolitiques qui se déroulent partout dans le monde, Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, a élaboré un ensemble de réformes qui revitaliseront cette organisation secouée.

Le 16 juillet dernier, M. Annan a présenté la deuxième phase d’un processus de réforme qui a commencé dès qu’il est entré en fonction en janvier. Il espère que ces mesures et ces propositions orienteront l’ONU dans " le sens d'une plus grande convergence des objectifs, d’une cohérence plus poussée des efforts et d’une plus grande souplesse afin de lui permettre de faire face aux exigences d’un monde de plus en plus dynamique et complexe ".

Les priorités de réforme se divisent en cinq catégories correspondant chacune à des objectifs précis mais interreliés.

1) Mettre en place une nouvelle structure de direction et de gestion aux Nations Unies. Le rapport recommande : 

  • la création d’un poste de vice-secrétaire général dont le titulaire serait appelé à représenter le secrétaire général lorsque celui-ci serait absent du Siège, à veiller à la cohérence des activités intersectorielles de l’Organisation et à diriger les efforts de mobilisation de fonds aux fins du développement;
  • la mise sur pied d’un groupe de la planification stratégique relevant du Cabinet du secrétaire général pour recenser et analyser les questions et tendances qui se font jour dans le monde;
  • le renforcement du rôle des quatre comités exécutifs chargés d’orienter les travaux de l’Organisation dans ses principaux domaines d’activité;
  • la décentralisation du processus de prise de décision au niveau des pays et la consolidation de la présence des Nations Unies sous un seul drapeau.

2) Rationaliser l’Organisation. Doter les organismes d’une nouvelle composante de gestion et de direction dans le but de rationaliser l’Organisation. Ainsi,

  • le secrétaire général a proposé un budget à croissance zéro pour 1998;
  • le Secrétariat passera de douze à cinq unités;
  • 1 000 postes seront supprimés;
  • les politiques et pratiques en matière de ressources humaines veilleront à ce que le personnel satisfasse aux normes les plus strictes en matière d’indépendance et d’intégrité, qu’il dispose d’une formation qui lui donne toutes les compétences requises pour travailler efficacement et que la répartition entre les régions du monde et entre les sexes soit autant que possible équilibrée;
  • la documentation de l’ONU sera réduite de 30 % d’ici la fin de l’année.

3) Faire du développement soutenu et durable un des objectifs prioritaires de l’Organisation. En procédant à la réforme, M. Annan espère rehausser l’importance du développement dans le programme de l’ONU. On compte par conséquent :

  • regrouper les fonds et programmes de développement en un seul groupe de développement des Nations Unies, ce qui facilitera leur consolidation et leur coopération sans compromettre leurs particularités ni leur identité;
  • créer un nouveau bureau du financement du développement, placé sous la direction du vice-secrétaire général, pour trouver des moyens novateurs de mobiliser de nouvelles ressources financières pour le développement;
  • transférer des ressources de l’administration aux activités économiques et sociales sous forme de " dividendes pour le développement ", avec un versement initial en janvier 1998 à partir des économies réalisées dans le budget actuel;
  • renforcer la dimension écologique des activités de l’ONU en accentuant le rôle du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

4) Assurer la solvabilité et la viabilité de l’Organisation. Puisque trop d’États membres versent leur quote-part en retard ou en les assortissant de conditions, le rapport propose de créer un fonds d’avances renouvelables qui pourrait atteindre au départ un milliard de dollars obtenus par contribution volontaire des membres ou par d’autres moyens. 

5) Réforme des organes subsidiaires. Différentes mesures seront aussi mises en place pour :

  • déployer plus rapidement les opérations de maintien de la paix et les autres opérations sur le terrain;
  • renforcer la capacité de l’ONU en matière de consolidation de la paix au lendemain d’un conflit;
  • créer un département du désarmement et de la réglementation des armements, chargé de la question de la réduction des armements et armes de destruction massive et de la réglementation qui s’y rattache;
  • consolider les programmes de lutte contre la criminalité et la drogue de l’ONU;
  • intégrer les questions relatives aux droits de l’homme aux principaux programmes et activités de l’ONU;
  • créer un nouveau bureau de la coordination des secours d’urgence qui remplacerait le Département des affaires humanitaires et faire en sorte que les moyens dont il dispose lui permettent de répondre plus efficacement aux situations d’urgence complexes;
  • posséder un service d’information plus dynamique afin que les gens connaissent mieux les objectifs, le rôle et les activités de l’ONU, dans un contexte mondial autant que régional.

Le rapport comprend aussi une série de mesures qui ne pourront être adoptées qu’avec l’approbation des États membres.