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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 1, numéro 1, janvier 1997

« Retour à LIAISON Volume 1, numéro 1, janvier 1997

Faire face à nouvelle réalité - le Dr Mayor de l’UNESCO se prononce sur la réforme de l’ONU

Les changements et les conflits mondiaux de la dernière décennie ont exercé une pression croissante pour une réforme au sein des Nations Unies. Personne n’en est plus conscient que le Dr Federico Mayor, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), qui s’est exprimé lors d’une conférence de la série « Les dirigeants du monde prennent la parole », à Ottawa, le 28 novembre 1996.

Dans sa conférence, ayant pour thème « l’UNESCO et la réforme des Nations Unies », le Dr  Mayor a déclaré qu’il croit fermement que l’UNESCO, en tant qu’aile intellectuelle de l’ONU, prépare la voie à la réforme et par le fait même, assure la survie d’un organisme dont l’avenir est précaire.

Le Dr Mayor a expliqué que le départ des États-Unis et du Royaume-Uni de l’UNESCO dans les années 80 a provoqué un changement important et des réaménagements au sein de l’organisme. Cette expérience permet aujourd’hui à l’UNESCO de jouer un rôle de guide dans la réforme que l’on exige maintenant des Nations Unies. Ainsi, la stratégie de M. Mayor porte principalement sur les problèmes qui menacent particulièrement l’efficacité de l’organisation.

Le Dr Mayor a poursuivi en déclarant que l’objectif principal de l’UNESCO est de « parvenir à la paix dans le monde par le biais de la solidarité intellectuelle et morale ». Ainsi, l’un des aspects fondamentaux de la réforme est l’acquisition d’une perspective mondiale. « Nous n’avons pas besoin d’une vision individualiste ou nationaliste, mais bien d’une vision mondiale. L’UNESCO ne se limite pas à une institution située au coeur de Paris. L’UNESCO est là où il y a une école, là où il y a une association de journalistes, un artiste, un éducateur, un enseignant. C’est ça, l’UNESCO. »

Les Nations Unies ont été créées pour rétablir la paix et l’ordre dans un monde déchiré par la guerre et la souffrance. Selon le Dr Mayor, cette mission ne peut être accomplie que si toutes les générations, présentes et futures, unissent leurs forces. « [Les Nations Unies] ont été créées à la suite d’une promesse faite à nos enfants et à nos petits-enfants, la promesse que nous, peuples du monde, dans notre glorieuse diversité, avons décidé d’épargner les générations qui nous suivront du fléau de la guerre. Les programmes et les organismes des Nations Unies doivent contribuer à la paix dans le monde avec les moyens à leur disposition, et nous devons tous travailler ensemble pour y arriver. »

Le Dr Mayor a aussi parlé des dangers de « l’irréversibilité », terme qu’il définit comme la tendance à remettre à plus tard la résolution d’un problème ou à en discuter à outrance jusqu’à ce qu’une intervention devienne inutile, rendant ainsi la situation irréversible. Sur cette question, une réforme est essentielle.

Ce qui est crucial à la réforme, c’est la mise en oeuvre de solutions pratiques plutôt que de simples discussions. Le Dr Mayor fait appel à son expérience scientifique pour donner plus de poids à son propos. « Je suis biochimiste, un biochimiste du cerveau. Je travaille depuis des années à la prévention de la déficience mentale chez les enfants. Je sais très bien que ce qui importe le plus, c’est de prendre une décision au bon moment si le traitement est connu. Mais si vous n’appliquez pas le traitement, que vaut alors le diagnostic? Et que vaut le traitement? » La conférence donnée par le Dr Mayor faisait partie de la série « Les dirigeants du monde prennent la parole », une initiative lancée par l’Association canadienne des Nations Unies (ACNU) durant les célébrations entourant le cinquantième anniversaire de l’ONU. Les personnalités suivantes ont aussi prononcé des conférences : le Premier ministre Jean Chrétien, Lord Frank Judd, membre important de la Commission de gouvernance globale, et Son Excellence Boutros Boutros-Ghali.

Le Dr Mayor est directeur général de l’UNESCO depuis 1987. Il détient un Ph.D. en pharmacie et a déjà été membre du Parlement espagnol.