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Bulletin LIAISON > LIAISON Volume 1, numéro 1, janvier 1997

« Retour à LIAISON Volume 1, numéro 1, janvier 1997

Quand on veut, on peut; quand on ne peut pas, on écrit
(ou « mon voyage imaginaire au Sommet mondial de l’alimentation »)

Munie de mon sac à dos, de mon calepin et d’une tonne d’affiches et de dépliants, votre héros intrépide de l’ACNU était fin prêt à sauter dans le premier des trois derniers avions d’Air France à quitter Mirabel, à destination de Rome, pour assister à la Conférence mondiale de l’alimentation. Mais le destin en avait décidé autrement.

J’ai donc plutôt eu l’honneur de passer la première semaine du Forum des ONG et du Sommet mondial de l’alimentation (SMA) (du 11 au 18 novembre) terrassé par la grippe, confiné à notre résidence de banlieue d’Ottawa, où je me morfondais tout en m’émerveillant chaque fois que j’entendais un mot sur le Sommet à la radio.

Comme les fidèles membres de notre association s’en souviendront, l’ACNU avait fortement contribué à la préparation des ONG au cinquantième anniversaire de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et au Sommet mondial de l’alimentation. Et un beau soir du début de novembre, nos chargés de projet en matière de sécurité alimentaire, l’honorable David MacDonald (membre de la délégation canadienne officielle) et Gary Sealey (représentant du Réseau mondial de la sécurité alimentaire), embarquaient pour Rome, la valise bondée de documents.

Si la délégation canadienne officielle au Sommet, dirigée par le ministre de l’Agriculture, l’honorable Ralph Goodale, s’est employée à faire valoir tout un éventail d’intérêts — ONG, secteur privé, universités, producteurs agricoles, jeunesse — on voit à quel point le Sommet répondait à un besoin quand on constate le nombre de participants canadiens venus à leurs propres frais ou aux frais d’organismes aux budgets faméliques.

Comme il est habituel à ces conférences mondiales réservés aux grands de ce monde, un Forum des ONG a été tenu en parallèle, en l’occurrence de l’autre côté de la ville, dans un aérogare désaffecté. Près de 1 200 délégués ont afflué des quatre coins du monde deux jours avant le SMA pour se connaître et pour préparer une Déclaration des ONG à l’intention du Sommet. La version officielle de la Déclaration de Rome et du Plan d’action issue du SMA est nettement différente de la Déclaration des ONG sur plusieurs points importants. Pour la plupart des gouvernements, la mondialisation et la libéralisation des échanges demeurent les panacées qui mettront fin à la faim dans le monde, alors que la Déclaration du Forum des ONG émet des mises en garde contre la foi aveugle dans les forces du marché. Le libre-échange doit être assorti d’une éthique de la collectivité et de la culture.

On a toutefois réussi à faire adopter l’idée d’un instrument juridique international exécutoire sur le droit à l’alimentation. Dans la préparation du Sommet, l’ACNU avait activement participé, avec d’autres organismes et des juristes, à la rédaction d’une convention internationale sur la sécurité alimentaire. L’honorable Ralph Goodale a donné un coup de pouce à cette initiative dans son allocution au Sommet : « Nous (Canadiens) croyons que le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental qui doit être réaffirmé.. »

Au lendemain du Sommet, d’aucuns seront peut-être tentés d’affirmer que le processus autant que les résultats ne sont pas probants et que l’exercice s’est avéré futile et sans conséquence. La représentation des jeunes, par exemple, était encore excessivement faible, au Sommet comme au Forum. Un groupe de jeunes européens, A SEED (Action pour la solidarité, l’égalité, l’environnement et le développement), a réagi à cette situation en publiant une prise de position extrêmement critique à l’égard du Sommet et de son processus, les dénonçant comme une farce.

En dernière analyse, le Sommet a effectivement fourni à des organismes comme le nôtre l’occasion de faire oeuvre de sensibilisation et de mobilisation et de créer des liens avec un vaste auditoire, tout en augmentant notre visibilité auprès du public. Voilà ce qui pourrait s’avérer inestimable dans l’avenir.

Ven Neralla est agent de projet à l’ACNU et commence à se demander sérieusement s’il est vrai que tous les chemins mènent à Rome.

La majorité des documents cités ici peuvent être consultés par Internet à l’adresse http://www.unac.org/gnfs.htm.

Pour obtenir des exemplaires sur papier de la Déclaration de Rome, du Plan d’action et de la prise de position canadienne, veuillez envoyer 3 $ à :

ACNU
Attn: Ven Neralla
Bureau 900 - 130, rue de Slater
Ottawa (ON)
K1P 6E2