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Rapports annuels > Rapports annuels 1998 Cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme Le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948) a été un moment important pour la communauté internationale en général et pour l’ACNU en particulier. L’Association a profité de l’occasion pour mettre sur pied de multiples projets visant à sensibiliser et à faire participer le public. Parmi nos principales initiatives, notons la publication et la diffusion du Guide d’action : ressources pédagogiques sur les droits de la personne pour les écoles secondaires, la tenue d’un calendrier des activités liées aux droits de la personne et l’organisation d’un dîner-gala en l’honneur de Son Excellence Mary Robinson, haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Dans l’exécution de ces projets, nous avons eu le privilège de collaborer avec le ministère du Patrimoine canadien et le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique. Le Guide d’action vise à fournir une base aux étudiants du secondaire et à leurs professeurs qui souhaitent se familiariser avec la question des droits de la personne. Rédigé par Ian Wildeboer et Corinne Lennox, il a été distribué en février 1998 dans toutes les écoles secondaires du Canada. Il comprend notamment des réponses à certaines questions fondamentales sur les droits de la personne, une liste d’idées d’activités à organiser pour le cinquantenaire, des exemples concrets et des suggestions pour s’engager dans la défense des droits de la personne. Il présente également une liste exhaustive de monographies, de ressources vidéo et de liens Internet. Le Guide a reçu un accueil très enthousiaste. Pendant l’année du cinquantenaire, l’ACNU a réservé une partie de son site Internet à la promotion d’événements liés aux droits de la personne afin de fournir aux Canadiens une information à jour dans ce domaine. En plus d’un calendrier des activités, le site de l’ACNU proposait également des liens vers d’autres sites intéressants pour ceux qui souhaitaient approfondir la question. Le 28 novembre 1998, l’ACNU a organisé un dîner-gala en l’honneur de Son Excellence Mary Robinson, haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Cette soirée, qui a eu lieu à l’hôtel Château Laurier d’Ottawa, était présidée par le très honorable Ramon Hnatyshyn. David Kilgour, secrétaire d’État pour l’Amérique latine et l’Afrique, y représentait le gouvernement du Canada. Enfin, un dossier de trois pages sur les droits de la personne a été publié dans Liaison, bulletin de l’ACNU. Le Canada encore à l’honneur cette année Une fois encore, l’ACNU a eu le plaisir de collaborer avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Centre international de recherche sur le développement (CRDI) pour le lancement canadien du Rapport sur le développement humain (RDH), publié annuellement par le PNUD. Pour la cinquième année consécutive, le Canada se classe premier pour l’Indicateur de développement humain (IDH). Le RDH 1998 met l’accent sur les modes de consommation dans le monde et sur les disparités entre pays riches et pays pauvres. Si le Canada arrive en tête de l’Indicateur de développement humain, il convient de noter que dans le nouvel Indicateur de pauvreté humaine, qui tient compte de facteurs tels que la privation de longévité (personnes qui n’atteindront pas 60 ans), la privation de savoir (personnes analphabètes fonctionnelles), la privation de revenu (population vivant sous le seuil de la pauvreté) et l’exclusion sociale (population active en chômage depuis douze mois ou plus), notre pays n’arrive qu’en dixième position. Le lancement canadien du RDH 1998 a eu lieu le 9 septembre 1998 au Cercle national des journalistes d’Ottawa, en présence de Normand Lauzon (PNUD), du sénateur Lois Wilson et d’Huguette Labelle, présidente de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), sous la présidence de Maureen O’Neil, présidente du CRDI. Initiation de la jeunesse canadienne au système des Nations Unies Le Programme de stages internationaux pour les jeunes a connu en 1998 un plus grand succès encore que lors de sa première année. Au total, 29 jeunes Canadiens ont eu l’occasion, grâce à l’ACNU, de travailler avec des agences onusiennes dans le monde entier. À notre grande satisfaction, nous avons pu offrir des stages de calibre professionnel au sein d’organismes des Nations Unies présents dans différents pays, des îles Fidji à la Suisse. Ces stages ont permis à de jeunes Canadiens d’assimiler les réalités interculturelles tout en leur offrant une expérience professionnelle inestimable et l’occasion de commencer à franchir le fossé entre l’université et le monde pratique du développement et des relations internationales. À leur retour, ces jeunes diplômés avaient gagné assez d’assurance et d’expérience pour poursuivre leurs objectifs de carrière à long terme. Le Programme de stages internationaux pour les jeunes a permis à l’ACNU de renforcer ses liens avec d’autres organismes de l’ONU. De même, en accueillant ainsi de jeunes Canadiens, ces organismes ont aujourd’hui une meilleure idée des priorités et des pratiques canadiennes en matière de développement et de politique étrangère. Le ministère des Affaires étrangères et du commerce international ainsi que l’Agence canadienne de développement international ont assuré le financement de cette initiative extraordinaire. Tout au long de leur vie, les jeunes Canadiens qui ont bénéficié de ce programme devraient faire connaître à leurs compatriotes l’importance du rôle joué par les Nations Unies dans notre vie quotidienne et notre avenir à tous. Des soirées spéciales pour des invités spéciaux Les soirées de gala permettent d’honorer des personnalités marquantes, d’informer les Canadiens des faits saillants de l’actualité internationale et d’apporter un soutien financier essentiel à l’œuvre de l’ACNU. L’année 1998 a été marquée par trois dîners de gala de ce genre. Lors de la Journée des Nations Unies, le 24 octobre, l’honorable Maurice Strong était l’invité spécial de notre premier gala, à Edmonton. Ce dîner, organisé en collaboration avec la Section d’Edmonton de l’ACNU, a grandement contribué à améliorer l’image de l’organisme auprès de nos concitoyens. M. Strong, qui a pendant de nombreuses années occupé différentes fonctions aux Nations Unies au rang de secrétaire général adjoint, s’est adressé à l’assistance, expliquant l’importance de la réforme des Nations Unies et soulignant les efforts qui y sont actuellement consacrés. Le dîner de gala qui a eu lieu à Montréal le 17 novembre en l’honneur de Klaus Töpfer, nouveau directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a permis de promouvoir le rôle central de Montréal dans les dossiers écologiques mondiaux. Cet événement couronné de succès a été l’occasion de réunir des représentants du monde des affaires et du milieu écologiste de Montréal. M. Töpfer a saisi l’occasion pour évoquer la nécessité de contrôles écologiques ainsi que les priorités actuelles du PNUE. Yves Fortier, ancien ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies, présidait la soirée. Le troisième et dernier gala de 1998 a eu lieu le 15 décembre. Il figurait au programme de la première visite officielle au Canada de Son Excellence Mary Robinson, haute commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui en était l’invitée d’honneur. Cette soirée mémorable, qui a réuni quelque 200 personnes, était présidée par le très honorable Ramon Hnatyshyn. La « société civile » et l’ONU Un important développement parallèle est intervenu en 1998. Un comité directeur composé de représentants des ONG a accepté une offre du Canada (avec le soutien financier de l’ACDI et du ministère des Relations internationales du Québec) relative à l’organisation de la Conférence mondiale de la société civile à Montréal, du 8 au 11 décembre 1999. Cette conférence réunira quelque 500 représentants d’organismes de la société civile, dont au moins un de chacun des États membres des Nations Unies, à l’hôtel Sheraton de Montréal, sur le thème « Bâtir des partenariats pour la gouvernance mondiale ». L’ouvrage rédigé par l’ACNU servira de document de référence pour cette conférence, ainsi que pour l’Assemblée des peuples du millénaire qui se tiendra à New York en août 2000. L’ACNU a mis en branle le projet « La société civile et les Nations Unies » en juin 1996, lorsque Angus Archer, directeur du développement, et Bill White, président de la Charles Stewart Mott Foundation de Flint (Michigan), se sont rencontrés lors d’une réunion du CIVICUS à Toronto. En 1997, l’ACNU recevait une subvention de 30 000 $US pour conduire une étude de faisabilité sur les relations entre la « société civile » et les Nations Unies. La « société civile » est définie comme étant le « tiers secteur », les autres secteurs étant constitués par le gouvernement et les entreprises. Elle inclut les organismes de mobilisation populaire (comme les coopératives et les syndicats), les organisations commerciales et professionnelles, ainsi que ce que l’on appelle communément les organisations non gouvernementales (ONG). L’étude de faisabilité préconisait que le projet soit développé pour prendre la forme d’une étude substantielle (qui donnera naissance à un ouvrage de 250 pages) devant servir de base aux multiples conférences mondiales programmées pour la fin de 1999 et toute l’année 2000 sur le sujet. En 1998, la Fondation Mott a accordé un important financement complémentaire (100 000 $US) pour cette deuxième phase. Programmes éducatifs Depuis plus de 50 ans, l’ACNU constitue de facto le centre d’information sur l’ONU au Canada. L’ACNU diffuse, auprès de la population canadienne de tous les milieux, des renseignements concernant les organismes onusiens et l’information émise par eux afin de faire connaître le mieux possible le rôle et les objectifs de l’ONU et d’inciter le gouvernement et le public à continuer de mettre l’ONU au cœur de la politique étrangère de notre pays. C’est là une tâche aussi exigeante que passionnante. Le service de l’information répond à des demandes qui portent sur tous les domaines d’intervention de l’ONU et proviennent de tous les milieux : jeunes faisant une recherche scolaire ou se préparant à une simulation de l’ONU; parlementaires et fonctionnaires désirant s’informer sur des décisions ou des textes de l’ONU; citoyens et citoyennes cherchant les coordonnées des bureaux de l’ONU ou un emploi dans un organisme onusien; personnes souhaitant contester ou appuyer une initiative de l’ONU. Nous faisons de notre mieux pour servir toutes ces clientèles.
Le réseau Internet est devenu le moyen d’information favori de bien des gens. L’ACNU s’est résolument tournée vers cette nouvelle technologie, et son site web Internet devient un moyen de communication privilégié pour diffuser auprès de nos membres et du grand public canadien des fiches d’information, des documents pédagogiques et des nouvelles de l’Association, mais nous n’avons pas abandonné le papier pour autant. Nous menons toujours des campagnes postales sur les dossiers de l’heure tout en offrant à nos membres de moyens concrets (sondages, pétitions) de se faire agents actifs du progrès. Notre bulletin, Liaison, est offert par abonnement, ainsi que par Internet, aux personnes qui veulent se tenir au courant de l’actualité de l’Association. L’Association produit aussi souvent des documents de travail ou d’information dans le cadre d’ateliers ou d’assemblées publiques et les diffuse gratuitement ou à un coût minime. Et n’oublions pas que l’Association est distributrice de maintes publications produites et mises en vente par l’ONU elle-même. L’ACNU tire sa force et sa raison d’être de chacun et chacune de ses membres, sympathisants et sympathisantes. Elle accordera toujours une priorité absolue à la communication personnelle. Le développement durable, un projet à suivre La notion de développement durable se retrouve dans à peu près tous les travaux du réseau de l’ONU. Si les secours d’urgence et l’aide humanitaire sont souvent indispensables dans l’immédiat, il importe à long terme que chaque milieu et que le monde entier trouvent des modes de fonctionnement quipermettent la durabilité et l’épanouissement de toutes les formes de vie sur la planète. Cette préoccupation a été au cœur d’une série de grandes conférences de l’ONU au début des années 90 et continue d’inspirer nombre de programmes de l’ONU, comme le Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et la Banque mondiale. L’ACNU, témoin du travail de l’ONU, se donne pour mission d’expliquer les initiatives onusiennes et d’aider les Canadiens et Canadiennes à s’informer à ce sujet. L’ACNU remercie le Centre de recherches pour le développement international, qui apporte son soutien financier à la production d’une série exhaustive de fiches d’information et de liens Internet qui constitueront un volet important de notre site web. Coup de pouce vert à l’écoagriculture Grâce à une subvention du Centre de recherches pour le développement international et à l’appui du Musée de l’agriculture, l’ACNU a mis sur pied un projet de développement de l’écoagriculture, de promotion de saines habitudes alimentaires et d’appréciation de la valeur des plantes médicinales. L’ACNU vise ainsi à faire valoir les possibilités et les avantages auxquels on peut se donner accès en s’inspirant de l’expérience des autres pays dans nos pratiques agricoles. L’agent de projets en écoagriculture, Priyantha Wijeweera, a joué un rôle moteur dans plusieurs initiatives : exposés et concours d’affiches dans deux écoles secondaires de la région d’Ottawa; démonstration estivale de jardin d’herbes multiculturel au Musée de l’agricultue, ouvert le 1er juin et accordant une place spéciale aux plantes antillaises; démonstrations et expositions concernant des variétés de riz, le sorgho et le millet tenues au Musée le jour de l’Action de grâces. Le Canada au Conseil de sécurité En 1998, le Canada briguait un sixième mandat comme membre non permanent du Conseil de sécurité. L’Association a contribué à cet effort couronné de succès par des mesures de sensibilisation. Elle s’est en effet employée à expliquer les défis et les perspectives que représente un siège au Conseil pour le Canada. À ce titre, elle a publié des articles dans Liaison, mentionné l’événement dans ses communications avec les membres et distribué une brochure d’information qui a donné naissance à une section de son site Internet. L’Association, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), a aussi organisé une table ronde sur la sécurité internationale axée tout particulièrement sur les nouveaux objectifs de sécurité humaine que le Canada a inscrits dans son programme d’action. Étaient présents des hauts fonctionnaires du MAECI, de l’ACDI et de la Défense nationale, des chercheurs universitaires canadiens et des représentants permanents à l’ONU qui sont également représentants accrédités au Canada. On peut se procurer sur papier et par notre site Internet les documents préliminaires et un rapport sur le colloque. Hommage à un Canadien qui se distingue L’ACNU est fière de la tradition annuelle par laquelle elle rend hommage à une personne qui poursuit l’œuvre de Lester B. Pearson en se distinguant par ses réalisations exceptionnelles au service de la communauté internationale et par sa compréhension des questions internationales. La vingtième médaille Pearson pour la paix a été décernée à Pat Roy Mooney, figure dominante de la « société civile mondiale » depuis plus de deux décennies et spécialiste de renommée internationale en matière de sécurité alimentaire, de développement durable et de génétique végétale. Son Excellence le très honorable Roméo LeBlanc, gouverneur général du Canada et patron honoraire de l’ACNU, lui a remis la décoration à l’occasion d’une cérémonie tenue le 15 décembre à Rideau Hall. M. Mooney a acquis une réputation internationale enviable, aussi bien auprès de ses amis que de ses ennemis, pour ses recherches inédites et ses prises de position publiques concernant l’érosion génétique agricole. Depuis le début des années 70, avec ses collègues, il met le monde en garde contre les graves conséquences de la régression du fonds génétique végétal et propose des stratégies de protection de la biodiversité et de la diversité agricole. Durant les années 80, il a animé une campagne mondiale contre l’application du principe des droits de propriété intellectuelle aux ressources alimentaires du monde, ralliant des organisations de tous les continents. Fort de son organisation non gouvernementale, la Fondation internationale pour l’essor rural (RAFI), il demeure l’âme dirigeante d’une campagne en plein essor contre le « brevetage de la vie ». Le flambeau des Nations Unies L’ACNU lutte pour l’efficacité et le dynamisme des Nations Unies. Comme beaucoup, l’ACNU est profondément préoccupée par la crise financière persistante des Nations Unies, provoquée pour une grande part par le refus de certains États membres, les États-Unis d’Amérique en tête, de s’acquitter de leurs obligations financières en payant leur quote-part. L’ACNU est d’ailleurs fière que le Canada ait toujours versé sa quote-part, intégralement et à l’échéance. Pour protester contre cette crise financière forcée, l’ACNU et le Mouvement canadien pour une fédération mondiale ont organisé une vigile à la chandelle à Ottawa le 23 octobre, veille de la Journée des Nations Unies. Des manifestations semblables ont été organisées dans plus de huit villes canadiennes, dont Montréal, Toronto, Vancouver et Victoria. Des chandelles ont également été allumées dans d’autres pays, y compris dans de nombreuses villes des États-Unis, où des Américains inquiets ont demandé à leur propre gouvernement de faire face à ses obligations conventionnelles. À la manifestation d’Ottawa, plus de 40 personnes ont défilé dans le centre-ville en direction du Monument des droits de la personne, récemment inauguré, puis de la Colline parlementaire, devant l’ambassade des États-Unis. Fergus Watt, directeur général du Mouvement canadien pour une fédération mondiale, et Harry Qualman, directeur général de l’ACNU, ont fait de courtes allocutions. |